Des rumeurs enflaient depuis
longtemps sur l’existence d’une troisième DS dans les cartons de
Nintendo, prête à bondir sur les marchés pour relancer les ventes de la
console. La DSi est finalement annoncée en grande pompe le 2 octobre
2008, tout comme les différentes fonctionnalités qui vont avec. Deux
objectifs photo, l’un orienté vers soi façon webcam et l’autre vers
l’extérieur, lecteur de carte SD, 256 mégas de mémoire intégrée, deux
écrans plus grands et de meilleure qualité… mais aussi des trucs en
moins, comme la disparition du port GBA. Bref, tout ceci nous est connu
depuis bien longtemps. Notre première rencontre avec la DSi fut surtout
l’occasion de la prendre en main et de nous laisser convaincre, ou non,
de ses nouveaux atouts. Déjà, premier constat, la console est plus fine
du fait de la suppression du port GBA, et surtout finies les traces de
doigts intempestives grâce à la nouvelle texture de la coque. Allez
hop, on allume la console, avec un bouton ingénieusement placé en
dessous de l’écran et non plus sur la tranche. Vu l’absence de jeux
profilés exclusivement pour la DSi, la présentation se concentrait sur
le menu de la console, bien plus fourni et pour cause. Tout comme sur
la Wii et ses chaînes, vides ou remplies, la DSi compte accueillir une
multitude de petits programmes, payants ou gratuits, comptant dans ses
rangs des jeux comme des applications variées. Le DSiWare, l’Apps Store
façon Nintendo ? C’est ce qu’on peut espérer, bien que nos premières
impressions sur les applications montrées soient mitigées.
Il y
a d’abord le logiciel de capture photo. Grâce aux deux caméras, on peut
prendre des photos, ou se prendre soi-même, dans une qualité pas
folichonne certes, mais les photos prises avec la console n’ont pas
pour but de rivaliser avec un compact numérique. Elles servent surtout
à… jouer, rien d’étonnant sur une console de jeux finalement. Jouer
d’abord directement avec votre tronche : divers menus permettent de
déformer votre visage, ajouter des effets, des icônes (bulles de texte,
cœurs, casquette de Mario, etc.) pour ensuite sauvegarder votre œuvre
et l’envoyer aux copains-copines. En gros, la DSi permet de faire ce
que l’on fait déjà depuis des années sur nos téléphones portables.
Drôle au début, mais pas bien utile sur la longueur. | Ce qui
risque plus de nous intéresser, c’est l’utilisation de la caméra dans
les jeux. Nous avons également eu droit à une petite démo du DSiWare
Wario Ware : Photograph, dont les mini-jeux s’axent autour de
l’utilisation de la caméra. Le joueur doit tour à tour bouger les
mains, la tête, tout son corps, pour venir à bout des défis assez
originaux et, tradition oblige, poilants. A la fin du niveau, le jeu se
fout même de la gueule du joueur en affichant des photos bien ridicules
de lui prises pendant la partie. Plutôt pas mal donc, surtout comparé à
ce qui a été pour l’instant annoncé sur DSiWare. Aux côtés de jeux
conceptuels comme la série Art Style qui fait son grand retour ou des
jeux de puzzle peu originaux comme Dr. Mario, figurent des gadgets à la
limite de l’arnaque comme des calculatrices ou des horloges aux thèmes
kawaii. Alors certes, l’argument du « si j’aime pas j’achète pas »
tient la route, mais le DSiWare n’est clairement pas orienté vers la
population de hardcore gamers qui n’y trouveront aucun intérêt… pour
l’instant. Le catalogue est en effet basé plus sur la quantité que la
qualité, tout comme l’Apps Store, et se caractérise par une simplicité
d’utilisation qui le rend accessible à tous. De plus, le firmware de la
console est évolutif puisque sujet à des mises à jour, à l’image de
toutes les consoles du moment. On peut donc s’attendre à des surprises
de la part de Nintendo, qui s’offre ainsi une grande souplesse dans la
gestion de la vie de sa console comme l’ont fait les autres
constructeurs et leurs mises à jour à répétition.
Il y a quand
même des points qui font hurler, a.k.a. la partie du dossier que tout
le monde attendait. Évidemment, la suppression du port GBA fait grincer
de nombreuses dents. Celles des possesseurs de jeux sortis un peu tard
comme Final Fantasy VI et qui, procrastination aiguë oblige, n’ont pas
le temps de finir leur précieuse collection (n’est-ce pas Inferno ?).
Ceux-ci sont d’ores et déjà exclus des potentiels acheteurs de la
machine. Les autres grincements de dents viennent d’éditeurs comme
Activision, qui va devoir trouver une autre solution pour faire jouer
les possesseurs de DSi à Guitar Hero faute de slot pour brancher le
grip, ou même Nintendo qui dit adieu à son rumble pak et son capteur de
mouvements. Par contre, ceux qui ont acheté le navigateur Opera pour DS
tank & Lite seront heureux d’apprendre qu’Opera version DSiWare
sera téléchargeable gratuitement et annoncé comme plus rapide et
performant que la version cartouche. C’est déjà ça. Niveau multimédia,
la console est un peu à la rue, avec un lecteur de musique qui
n’accepte que le format AAC et pas de MP3. Et la lecture de vidéos,
n’en parlons pas, puisque rien n’est prévu.
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| La problématique
formulée est donc de savoir si cela vaut le coup d’abandonner son port
GBA pour s’adonner aux joies du DSiWare et des logiciels à profusion.
Pour le profane qui ne possède pas de DS (ni d’iPhone…), la question ne
se pose presque pas : la DSi est un très bon produit aux
fonctionnalités nombreuses. Par contre, il sera très difficile de
convaincre les joueurs sur DS Lite du fait du faible intérêt du DSiWare
et de l’adieu au port GBA. En fait, si l’on vise plus large la DSi est
une console qui apporte beaucoup de choses à la DS, mais qui arrive
trop tard. Bien trop tard même, au moment où tout le monde s’est déjà
rué sur les versions précédentes de la portable à deux écrans qui a
écrasé toute concurrence, peu importe le modèle. | Comme cela a été
indiqué dans les rumeurs précédant sont annonce, la DSi hérite donc de
la tâche d’assurer la « fin de vie » de la console. Entre guillemets,
oui, puisqu’il s’agit d’une fin de vie qui risque d’être longue, et
plutôt riche. Comparée à la Game Boy Micro, qui fut aussi une troisième
version d’une console portable en fin de vie et un semi-échec pour
Nintendo, la DSi devrait logiquement mieux s’en sortir du fait de son
redesign à l’extérieur mais surtout à l’intérieur.
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