LA DSI DANS NOS MAINS
DOSSIER
Thème :
Console
Auteur :
Blayrow
Date :
1er mars 2009
forum podcast
signé :
DOSSIER

 

Ça y est, la DSi a enfin une date de sortie. Ça sera donc le 3 avril prochain, à un prix que l’on estime à 170 euros. Mais au fait, la DSi, qu’est-ce, et qu’est-ce que ça apporte aux joueurs ? Des questions légitimes pour ceux qui gèrent leur porte-monnaie avec parcimonie. Ça tombe bien, Nintendo-Difference a pu approcher la bête en privé, et découvrir ses nouvelles fonctionnalités. Tour d’horizon et nos impressions dans ce dossier.

La DSi dans nos mains

La DSi dans nos mains

Impressions et détails

DS 1.5 ou innovation ?

La DSi dans nos mains

   
   

Impressions et détails

Des rumeurs enflaient depuis longtemps sur l’existence d’une troisième DS dans les cartons de Nintendo, prête à bondir sur les marchés pour relancer les ventes de la console. La DSi est finalement annoncée en grande pompe le 2 octobre 2008, tout comme les différentes fonctionnalités qui vont avec. Deux objectifs photo, l’un orienté vers soi façon webcam et l’autre vers l’extérieur, lecteur de carte SD, 256 mégas de mémoire intégrée, deux écrans plus grands et de meilleure qualité… mais aussi des trucs en moins, comme la disparition du port GBA. Bref, tout ceci nous est connu depuis bien longtemps. Notre première rencontre avec la DSi fut surtout l’occasion de la prendre en main et de nous laisser convaincre, ou non, de ses nouveaux atouts. Déjà, premier constat, la console est plus fine du fait de la suppression du port GBA, et surtout finies les traces de doigts intempestives grâce à la nouvelle texture de la coque. Allez hop, on allume la console, avec un bouton ingénieusement placé en dessous de l’écran et non plus sur la tranche. Vu l’absence de jeux profilés exclusivement pour la DSi, la présentation se concentrait sur le menu de la console, bien plus fourni et pour cause. Tout comme sur la Wii et ses chaînes, vides ou remplies, la DSi compte accueillir une multitude de petits programmes, payants ou gratuits, comptant dans ses rangs des jeux comme des applications variées. Le DSiWare, l’Apps Store façon Nintendo ? C’est ce qu’on peut espérer, bien que nos premières impressions sur les applications montrées soient mitigées.

Il y a d’abord le logiciel de capture photo. Grâce aux deux caméras, on peut prendre des photos, ou se prendre soi-même, dans une qualité pas folichonne certes, mais les photos prises avec la console n’ont pas pour but de rivaliser avec un compact numérique. Elles servent surtout à… jouer, rien d’étonnant sur une console de jeux finalement. Jouer d’abord directement avec votre tronche : divers menus permettent de déformer votre visage, ajouter des effets, des icônes (bulles de texte, cœurs, casquette de Mario, etc.) pour ensuite sauvegarder votre œuvre et l’envoyer aux copains-copines. En gros, la DSi permet de faire ce que l’on fait déjà depuis des années sur nos téléphones portables. Drôle au début, mais pas bien utile sur la longueur.
Ce qui risque plus de nous intéresser, c’est l’utilisation de la caméra dans les jeux. Nous avons également eu droit à une petite démo du DSiWare Wario Ware : Photograph, dont les mini-jeux s’axent autour de l’utilisation de la caméra. Le joueur doit tour à tour bouger les mains, la tête, tout son corps, pour venir à bout des défis assez originaux et, tradition oblige, poilants. A la fin du niveau, le jeu se fout même de la gueule du joueur en affichant des photos bien ridicules de lui prises pendant la partie. Plutôt pas mal donc, surtout comparé à ce qui a été pour l’instant annoncé sur DSiWare. Aux côtés de jeux conceptuels comme la série Art Style qui fait son grand retour ou des jeux de puzzle peu originaux comme Dr. Mario, figurent des gadgets à la limite de l’arnaque comme des calculatrices ou des horloges aux thèmes kawaii. Alors certes, l’argument du « si j’aime pas j’achète pas » tient la route, mais le DSiWare n’est clairement pas orienté vers la population de hardcore gamers qui n’y trouveront aucun intérêt… pour l’instant. Le catalogue est en effet basé plus sur la quantité que la qualité, tout comme l’Apps Store, et se caractérise par une simplicité d’utilisation qui le rend accessible à tous. De plus, le firmware de la console est évolutif puisque sujet à des mises à jour, à l’image de toutes les consoles du moment. On peut donc s’attendre à des surprises de la part de Nintendo, qui s’offre ainsi une grande souplesse dans la gestion de la vie de sa console comme l’ont fait les autres constructeurs et leurs mises à jour à répétition.

Il y a quand même des points qui font hurler, a.k.a. la partie du dossier que tout le monde attendait. Évidemment, la suppression du port GBA fait grincer de nombreuses dents. Celles des possesseurs de jeux sortis un peu tard comme Final Fantasy VI et qui, procrastination aiguë oblige, n’ont pas le temps de finir leur précieuse collection (n’est-ce pas Inferno ?). Ceux-ci sont d’ores et déjà exclus des potentiels acheteurs de la machine. Les autres grincements de dents viennent d’éditeurs comme Activision, qui va devoir trouver une autre solution pour faire jouer les possesseurs de DSi à Guitar Hero faute de slot pour brancher le grip, ou même Nintendo qui dit adieu à son rumble pak et son capteur de mouvements. Par contre, ceux qui ont acheté le navigateur Opera pour DS tank & Lite seront heureux d’apprendre qu’Opera version DSiWare sera téléchargeable gratuitement et annoncé comme plus rapide et performant que la version cartouche. C’est déjà ça. Niveau multimédia, la console est un peu à la rue, avec un lecteur de musique qui n’accepte que le format AAC et pas de MP3. Et la lecture de vidéos, n’en parlons pas, puisque rien n’est prévu.

DS 1.5 ou innovation ?

La problématique formulée est donc de savoir si cela vaut le coup d’abandonner son port GBA pour s’adonner aux joies du DSiWare et des logiciels à profusion. Pour le profane qui ne possède pas de DS (ni d’iPhone…), la question ne se pose presque pas : la DSi est un très bon produit aux fonctionnalités nombreuses. Par contre, il sera très difficile de convaincre les joueurs sur DS Lite du fait du faible intérêt du DSiWare et de l’adieu au port GBA. En fait, si l’on vise plus large la DSi est une console qui apporte beaucoup de choses à la DS, mais qui arrive trop tard. Bien trop tard même, au moment où tout le monde s’est déjà rué sur les versions précédentes de la portable à deux écrans qui a écrasé toute concurrence, peu importe le modèle. Comme cela a été indiqué dans les rumeurs précédant sont annonce, la DSi hérite donc de la tâche d’assurer la « fin de vie » de la console. Entre guillemets, oui, puisqu’il s’agit d’une fin de vie qui risque d’être longue, et plutôt riche. Comparée à la Game Boy Micro, qui fut aussi une troisième version d’une console portable en fin de vie et un semi-échec pour Nintendo, la DSi devrait logiquement mieux s’en sortir du fait de son redesign à l’extérieur mais surtout à l’intérieur.