Ce qu'il faut comprendre |
Tous les objets de ce
dossier ont été réalisés et commercialisés par Nintendo. Ainsi, après
avoir lu ce dernier vous comprendrez que Nintendo a toujours misé sur
l’innovation et que c’est cette stratégie qui l’a propulsé en tant que
leader du jeu vidéo. Toutefois, vous constaterez que le bilan de ce
dossier reste contrasté et que Nintendo n’a peut être pas profité de sa
créativité aux bons moments.
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Les color TV Game |
Les color
TV game sont les premières consoles de salon de Nintendo, uniquement
sorties au Japon en 1977.
Il en est sorti 5 modèles : Color TV-Game 6 Color TV-Game 15 Color TV-Game Racing
112 Color TV-Game Block Kuzushi Computer TV-Game
Les
deux premières sont sorties le même mois, elles présentaient toutes les
deux différentes versions du jeu Pong (6 versions pour la première et
15 pour la seconde). Ce jeu consistait à diriger une raquette,
schématisée par un trait vertical, le long de l’écran pour intercepter
la balle et la renvoyer vers l’adversaire : un jeu de tennis simplifié.
Le déplacement de la raquette se faisait grâce à une molette située sur
la console elle-même pour la CTVG 6 et en pad "câblé" pour la CTVG 15.
Mais les caractéristiques principales de ces deux consoles sont l’image
en couleur et la possibilité de jouer à deux personnes. Sachant que les
consoles du moment étaient pour la plupart en noir et blanc, et
proposées à des prix dépassant les 20 000 Yens (150 euros). Il n’est pas
étonnant que Nintendo et ses 9800 Yens (77 euros) pour la Color TV-Game
6 (version bas de gamme) et 18 000 Yens (142 euros) pour la Color TV
game 15 (version bien plus puissante) aient dépassé les 1 000 000
d’exemplaires. Pour la petite anecdote il est dit que Nintendo décida de
vendre la CTGV 6 à moins de 10 000 Yens (79 euros) - alors que celle-ci
aurait dû se vendre 12000 Yens (95 euros) - dans le but de promouvoir
la CTVG 15 qui s’avérait bien plus rentable. Ce qui explique les
différents défauts de la CTVG 6 : comme le fonctionnement à piles, des
molettes peu confortables etc.
La Color TV-Game Racing 112 est
sortie l'année suivant les CTGV 6 et 15 au prix de 12 500 Yens (99
euros). Cette console se sépare du jeu Pong pour simuler une course de
voiture. En effet, au volant de cette console vous devez piloter votre
bolide en évitant les autres véhicules. Malheureusement la console ne
permet pas d’afficher plus de 4 véhicules à l’image mais elle se
rattrape sur les effets de vitesse qui, pour l’époque, sont très
réussis. De plus, on note qu’il existe plusieurs modes de jeu : 112
comme indiqué dans le nom à en croire Nintendo. L’entreprise justifie ce
nombre en comptabilisant les différentes possibilités de modes, de
difficultés, de largeurs de route, de couleurs... En réalité seule une
dizaine de mode de jeu existe. A l’instar de ses sœurs, la CTVG Racing
112 est jouable à deux en utilisant les deux manettes filaires de la
console, le volant se trouvant inutilisable en mode Versus. Malgré, la
touche innovante de Nintendo en incorporant un volant directement sur la
console, le succès se veut mitigé avec 160 000 unités vendues. Nous
sommes loin des 700 000 CTGV 15. |
C’est en 1979 que sort la
troisième version Color TV-Game, la Block Kuzushi qui reprend le célèbre
principe du « casse briques ». C’est la première console entièrement
conçue par Nintendo, d’où le logo clinquant sur le dessus de la console.
Toujours en accord avec la politique de prix bas de Nintendo, celle-ci
est vendue au prix de 13 500 Yens (107 euros). Elle profite de la vague
Breakout qui envahi le Japon, la CTVG rencontre un franc succès et se
vend à plus de 400 000 exemplaires. Mais l’attrait des Japonais pour les
casses briques n’est pas la seule raison de ce succès. Il faut
également souligner les efforts effectués par les ingénieurs de Nintendo
pour le confort et la précision en termes de maniabilité. La créativité
n'est pas en reste concernant les différents modes disponibles dont
Block lighter dans lequel certaines cases scintillent et doivent être
détruites en priorité, ainsi que Block Through où la balle passe à
travers les cases en les effaçant, le but étant de toutes les effacer le
plus rapidement possible. Et comme la créativité de Nintendo est sans
limite, des réglages sont possibles concernant le nombre de balles et
leur vitesse.
Enfin, c’est la Computer TV Game qui clôt la saga
Color TV-Game en 1980 avec son tarif exorbitant de 48 000 Yens (379
euros) ! D’ailleurs, aucune de ses capacités n’expliquent ce tarif. La
console exécute le jeu Othello disponible sur les bornes d’arcade du
Japon. L’image est en noir et blanc, le faible processeur de la console
permet à toute personne de battre l’ordinateur en mode difficile avec
peu d’entrainement, les pions s’affichent en forme de croix et de carrés
par manque de puissance de la console. Cette console restera donc une
énigme dans l’histoire de Nintendo, la seule explication plausible
serait l’intérêt plus important de Nintendo pour ses Game and Watch
sorties sur la même période. Aucune information circule concernant les
ventes de cette console, aussi infimes soient-elles, ce qui en fait un
objet rare et très prisé des collectionneurs.
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Les accessoires
Family Computer |
La Family Computer est sortie en 1983 au Japon,
elle est connue sous le nom de NES en occident. De nombreux accessoires
sont sortis sur cette console, le Japon a eu la chance d’avoir les plus
innovants d’entre-eux.
En 1984, Nintendo permit à ses joueurs de
créer eux-mêmes leurs jeux vidéo à l’aide du Family BASIC (le
logiciel), du Famicom Keyboard (le clavier) et du Famicom Data Recorder
(le support d’enregistrement) ; le tout pour plus de 24 000 Yens (189
euros). Ce système fut inventé par Nintendo en collaboration avec Sharp
et Hudson Soft. Le Family BASIC permettait aux joueurs de programmer en
langage « BASIC » leurs softs et de les enregistrer sur K7 avec le
Famicom Data Recorder. C’est ainsi que de nombreuses personnes ont
découvert les joies de la programmation de jeux vidéo et en ont fait
leur métier. Le logiciel s’est vu amélioré, trois versions ont été
commercialisées par la suite.
Mais l’accessoire ayant obtenu le
plus grand succès fut le Disk System, sorti 21 février 1986 au prix de
15000 Yens (118 euros). En effet, cet accessoire offrait la possibilité
aux Japonais d’acheter un jeu pour 500 misérables Yens (4 euros) ! Le
principe était simple : il fallait posséder le Disk System qui
permettait de lire des disquettes dont la capacité de mémoire était plus
grande que celle des cartouches de jeu standard. Ensuite, il fallait
acheter un Disk vierge (sorte de disquette) qui valait 2 500 Yens (20
euros), contre 5 000 (40 euros) pour un jeu standard, et se rendre dans
un Famicom Shop où se trouvaient des Disk Writer. Ces derniers
proposaient les derniers titres sortis et les gravaient sur la
disquette, ils pouvaient également les effacer puisqu’ils étaient
ré-inscriptibles. En plus des jeux téléchargeables à partir des Disk
Writer, Nintendo sortit de nombreux jeux directement sur Disk.
L’avantage de ce support, outre le prix, était la possibilité de stocker
plus d’informations, c’est pourquoi la qualité sonore des jeux sur Disk
étaient bien meilleure que les jeux « cartouches ». Finalement, 4,5
millions de Disk System furent vendus dont 2,24 millions la première
année. Il faut dire que Nintendo n’a pas hésité à proférer des
déclarations « chocs », comme lors d’une conférence de presse où la
firme annonce que tous les jeux Nintendo sortiraient sur Disk. Au vu de
ce succès, l’incompréhension demeure sur la non-sortie de ce système aux
USA et, dans une moindre mesure, en Europe. |
En 1989, Nintendo
espère former une communauté de joueurs de la Family Computer en ligne.
C’est la première fois que la notion de networking est utilisée dans les
jeux vidéo. Pour ce projet ambitieux, la firme invente le Famicom
Network System et le vend au prix de 19 800 Yens (156 euros).
Malheureusement, Nintendo n’obtient des contrats qu’avec JRA
(l’association japonaise de courses de chevaux) et différents groupes de
courtage. Ainsi, le périphérique sera essentiellement distribué dans
les entreprises et dans quelques foyers. Il permettait donc d’effectuer
des paris en ligne sur les courses hippiques mais aussi de vendre,
d’acheter et de suivre le cours de ses actions en ligne. Le succès est
par conséquence assez limité, avec seulement 13 000 unités vendues.
En
conclusion de cette première partie de dossier, on peut constater que
malgré les outils technologiques limités et très couteux de l’époque,
Nintendo a su proposer des consoles innovantes et accessibles comme les
CTVG 6 et 15. En plus de sa stratégie de prix bas, la firme a su être
pionnière dans plusieurs domaines et ainsi montrer ses ambitions
d’innovation dans le secteur du jeu vidéo. On retiendra essentiellement
le Disk System et le Famicom Network System, des accessoires fabuleux
pour leur époque.
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