La suite qui n'en est pas une |

« La suite qui n'en est pas une » est un pur procédé destiné à faire vendre plein de jeux en utilisant un nom connu. L'exemple le plus flagrant est représenté par la Saga Final Fantasy : des épisodes qui n'ont aucun lien entre eux et pourtant les mots « Final fantasy » sont présents sur chaque pochette. Les joueurs veulent leur « Final » et se désintéressent du reste. Ainsi quand Square s'attaque à d'autres séries possédant une qualité similaire, le jeu se vendra largement moins bien. C'est l'exemple flagrant que l'on a pu voir ces derniers mois au japon entre Unlimited Saga et FFX-2. Il s'agit de 2 productions de Square, sauf que l'une d'entre elles s'est vendue 10 fois plus que l'autre (vous n'aurez pas trop de mal à deviner laquelle !). La raison ? Il ne faut pas la chercher dans la qualité de ces jeux : Unlimited Saga, sans être un chef d'œuvre, vaut largement un FFX-2. Le double F a donc frappé une fois de plus, ces deux lettres suffisent à faire vendre des millions de jeux quelque soit leur qualité. De tout ceci découle une déduction logique : tant que Square fera des RPG, il y en aura, au moins une fois tous les 2 ans, un qui aura le double F assorti d'un chiffre derrière qui fera partie du lot. En tout cas tout ce que demande un joueur c'est un univers constamment renouvelé, des nouveaux persos, des nouveaux mécanismes de jeu : la série Final Fantasy propose tout cela à chacun de ses épisodes et donc on ne va pas s'en plaindre. | Par contre cette technique a tendance à éclipser d'autres jeux de bonne qualité : il est rageant de voir qu'au Japon seuls les FF, Dragon Quest et, à la rigueur, les Tales Of se vendent bien. Les joueurs sont de parfaits moutons et voir des titres comme Xenosaga, Unlimited Saga, Suikoden, Breath of Fire et autres passer presque inaperçus, c'est énervant. Au final c'est la créativité qui en prend un gros coup, le public, préférant ne pas s'aventurer dans des terrains inconnus, se bornera à acheter ce qu'il connaît bien.
Pour finir dans ce domaine : il est amusant de voir que Crystal Chronicles porte le symbole Final Fantasy devant son nom alors que rien ne ferait supposer que c'est un FF ! On nous aurait montré ce jeu sans nous dire de quelle série il découlait, on aurait eu les pires difficultés à le rapprocher des Final Fantasy ! Alors bien sûr pour se justifier Square colle des Chocobo ou des Mog dans ce titre mais n'importe quel nom aurait pu très bien lui convenir. Une fois de plus il n'y a rien à blâmer à ceci, c'est juste un constat. Square aurait décidé de sortir Unlimited Saga 2 sur GC on aurait peut-être eu un jeu d'une qualité similaire à FFCC, mais les ventes auraient été bien moins importantes ! Nintendo en profite bien : ce n'est pas un RPG qu'ils ont voulu que Square fasse, c'est un Final Fantasy qui était demandé, la nuance est importante. Idem pour Namco avec son Tales of Symphonia, comme c'est étrange... un « Tales of »
Tout cela pour dire que le nom est très important dans un jeu et dans ses suites. Les développeurs qui cherchent vraiment à innover n'iront pas pour autant mettre de côté un nom capable de leur rapporter un maximum de bénéfices et nous font une suite... qui n'en est pas une.
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La suite telle qu'on la connaissait |
| Voici la suite classique, celle que l'on connaît bien, qui ne réserve pas de surprise. Généralement dans ce jeu on retrouve le héros, certains éléments et un univers bien particulier. Qui imaginerait un Zelda sans Link ? Un Metal Gear sans Snake ? On se plaint sans cesse de voir les 83ème Mario et pourtant si Nintendo l'enlève et colle un inconnu, on dira forcément que c'est moins bien (sans chercher plus loin). Il suffit de voir MSG2 avec Raiden pour se rendre compte qu'on a qu'une envie : Snake revient ! Malheureusement dans ce cas il y a de très nombreux abus comme l'a fait Eidos avec la série des Tomb Raider : 1 ça va, 2 pourquoi pas, après : bonjour les dégâts ! Les suites ne sont devenues que de pâles copies des 2 premiers, n'innovant que rarement, se risquant dans aucun domaine, ne communiquant que sur son héroïne et le nombre de polygones qui composent sa poitrine.... Une fois encore le joueur achète un nom, pas un contenu. Imaginons que demain Mario 128 sorte : on ne connaît absolument rien de ce jeu, pas d'image, pas de vidéo, aucune idée du gameplay, et aucun test : pourtant il se vendra comme des petits pains. Maintenant imaginons encore que Infograme sorte demain Superman Cube sans qu'on ait la moindre info : personne n'achètera ce jeu, les raisons sont au nombre de 2 : Superman a toujours eu une carrière catastrophique en jeu vidéo, tandis qu'Infograme n'inspire pas particulièrement la confiance sur la qualité de ses titres (contrairement à Nintendo). Ici la suite a un sens un peu moins commercial que dans la première partie : on n'imagine pas un jeu où l'on trouverait Mario, Bowser, Peach, Toad... ne pas s'appeler Mario xxx, les joueurs en veulent, en redemandent, alors les développeurs ne vont pas se priver pour nous en resservir autant de fois qu'on en voudra. Après tout, tant que les ventes suivent pourquoi s'arrêter ?
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La suite « obligatoire » |
Voici sans doute le phénomène le plus récent dans cette technique de suites en tout genre. Voici le jeu « alors si tu achètes pas la suite, et bien tu connaîtras pas la fin du jeu ». Procédé particulièrement frustrant et de plus en plus souvent utilisé dans les RPG. L'exemple que l'on retient assez facilement est Golden Sun : il est énervant de voir que le jeu ne se finit pas et que pour connaître la véritable fin il faudra acheter l'opus suivant. Mais Camelot n'a pas innové dans ce domaine et ne fait pas partie des plus « sadiques ».
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Golden Sun
| Au premier rang on trouve sans doute Sega avec sa saga Shenmue : une histoire immense, composée de 16 chapitres. Mais voilà : Shenmue 1 contenait uniquement le chapitre 1 ! La fin n'en était pas une, le jeu posait énormément de questions auxquelles on n'avait pas de réponse... bref bien énervant tout ça. Est alors arrivé Shenmue 2 qui lui regroupait les chapitres 2, 3 et 4 de cette série, mais voilà il répond à très peu de questions du 1 et nous en pose de nouvelles qui trouveront une réponse dans... Shenmue 3, voir 4... ou peut-être 5. D'autres séries utilisent ce procédé et ceci devient de plus en plus fréquent : on se rappellera aussi de Xenosaga : un jeu composé en 6 épisodes (6 jeux donc) et pour connaître la fin de l'histoire il faudra bien entendu aller jusqu'au bout.
| Ces trois séries (Golden Sun, Shenmue, Xenosaga) sont loin d'être les seules, ce ne sont pas non plus les dernières dans ce genre, bien d'autres suites de ce genre vont apparaître dans le futur.

Peut-on pour autant dire du mal de ce procédé ? A première vue il ne s'agit que d'une technique marketing très simple qui consiste à faire acheter plusieurs jeux alors que le joueur n'en veut qu'un. A la base, oui il n'y a qu'un jeu, qu'un univers, si l'idée de base semble donner une durée de vie un peu trop importante, alors l'envie est grande de couper le jeu en 2 pour en tirer bien plus de profits. Mais dans les 3 cas précités, aucun n'abuse de ce procédé : Shenmue 2 garde la trame principale mais change les personnages (sauf le héros) et l'emplacement de l'intrigue tandis que Golden Sun 2 change l'équipe des héros dans son 2nd volet. Le renouveau est suffisamment présent pour ne pas avoir l'impression de ne jouer qu'à un « add on » de l'original. Mais il va falloir quand même se méfier, cette technique va de plus en plus se banaliser et les abus seront présents. En tout cas pour le moment, à part le sentiment de frustration émis par chacun de ces jeux, on n'ira pas blâmer les développeurs de profiter de ce genre de suites.
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Chez Nintendo |
Venons en maintenant à Nintendo qu'il ne faut pas vraiment idolâtrer dans ce domaine. Nintendo maîtrise les suites, les licences et nous en ressert dès que c'est possible. Non on n'ira pas critiquer le fait d'avoir un nouveau Zelda ou un nouveau Mario puisqu'on est les premiers à réclamer ces jeux. Par contre le manque d'innovation est flagrant chez Big N depuis l'époque N64 surtout quand on regarde en interne, chez EAD : 2 ans que le Cube est disponible et seulement 2 jeux sortant de la logique des suites : Luigi's Manson et Pikmin ! Et quand on regarde l'avenir... ben rien, que dale, nada. Pourtant Nintendo innove : sur N64 avec les Mario Party, Smash Bros, Mario Golf et Tennis... oui mais à chaque fois ce n'est pas EAD qui est derrière, c'est un first party et on retrouve le même état de fait sur le Cube avec Eternal Darkness, Starfox Adventure.
Mais en ce moment l'heure n'est pas trop appropriée pour râler : comme dit plus haut EAD a énormément innové pour la sortie du Cube (Pikmin et Luigi), effort qui est appréciable, mais il semble que cette équipe a désormais fermement décidé de se reposer sur ses licences (pour le moment) et c'est assez problématique de ne voir absolument rien de neuf à venir.... enfin Iwata cherche à renouveler sa gamme de mascottes, ce qui n'est pas un mal. Le strict minimum semble quand même acquis grâce aux first party mais tout ça c'est bien léger quand même, surtout que Nintendo, en tant que constructeur, doit montrer la voie...
Si le cas Nintendo pose problème c'est pour la simple raison que les autres éditeurs tentent quand même de sortir de nouveaux jeux, voir de nouvelles séries à succès (car l'innovation sert surtout à ça). Capcom réputé pour ses suites sans fin (Street Fighter, Megaman) innove énormément depuis l'arrivée de la PS2 avec Omunishua, Devil May Cry, Auto Modelista, sans oublier les jeux de Studio 4 : Viewtiful Joe, PN03, Dead phoenix et Killer 7. Sega de son côté a aussi fait un gros travail même si depuis l'arrêt de la Dreamcast les nouveautés de l'éditeurs sont bien rares mais assez présentes toutefois (Monkey Ball, Soccer Slam, Beach Spiker, tout ceci sur le cube uniquement) et je n'ose à peine parler de l'époque Dreamcast / Saturn où Sega a innové bien plus que Nintendo, car bien que je parlais du manque d'innovation sur le Cube, tout ceci remonte en fait à la N64 qui, elle aussi, a marché grâce aux licences juteuse tandis que Sega nous a fait entre temps du Panzer Dragoon, Shenmue, F355, Jet Set Radio, Virtua Fighter, Sega Rally, Nights .... Et j'en oublie un très gros paquet.
Mais il faut nuancer tout cela : Nintendo (EAD) et Sega ce n'est pas du tout la même taille : Nintendo a toujours tiré profit de ses first party pour obtenir un grand nombre d'exclusivités sur ses consoles, tandis que Sega fait tout maison avec 8 équipes très compétentes et forcément le nombre de jeux faits maison est bien plus important et le nombre de nouveautés augmente, mais ça n'explique quand même pas un si grand écart. | Mais si on ajoute tous les first party à Nintendo on se retrouve au final avec un nombre très acceptable de titres complètements nouveaux... c'est un peu dommage car on aimerait voir plus souvent EAD s'activer dans ce domaine, mais les first party sont suffisamment talentueux pour nous gaver de nouveautés.

Malgré tout on ne peut pas éternellement se reposer sur les mêmes licences : au bout d'un moment leur influence diminue et c'est ce que Nintendo connaît en ce moment : Mario Sunshine et Zelda The Wind Waker, ont fait et feront environ 2 fois moins de ventes dans le monde que leurs prédécesseurs (M64 et Ocarina). Peut-on attribuer ces scores médiocres au seul fait que ces titres ne sont pas aussi révolutionnaires qu'avant (en ajoutant le problème Cel-Shading pour Zelda) ? Ceci n'explique pas tout. On peut dire sans trop se tromper que ces licences sont un peu moins (pas beaucoup !) porteuses qu'avant, mais plusieurs conditions expliquent ces ventes médiocres, la principale étant qu'à l'époque la 3D apportait quelque chose de nouveau propre à innover et aussi que sur N64 il y avait tellement peu de jeux qu'on achetait les rares qui sortaient. Bref analyser ces chutes de ventes relève de l'impossible et donc on s'arrêtera ici concernant ce problème.
On sait à quel point une véritable nouveauté, apportant un gameplay inédit est capable de générer comme ventes : le dernier exemple est GTA3 et son succès s'explique ainsi, mais dans quelques années, dès les GTA 5 ou 6 la série commencera à s'essouffler, c'est dans l'ordre logique : le concept s'use et on ne peut pas innover éternellement. Ainsi pour éviter une usure trop rapide il y a 2 solutions : soit on étale le plus possible les sorties comme l'a souvent fait Nintendo avec des Mario/Zelda tous les 5 ans, soit on essaie de lancer la série sur de nouveaux rails (GTA3 justement). Nouveaux problèmes chez Nintendo : pour essayer d'améliorer les ventes du Cube, ces licences phares seront utilisées tous les 2 ans environ : c'est le cas de Pikmin sorti en octobre 2001 et qui aura sa suite en cette fin d'année, mais aussi de Mario qui est apparu en été 2002 et dont la suite a été annoncée pour fin 2003 (faut pas réver, comptez milieu 2004 !), idem pour Metroid dont la suite a été montré en vidéo à l'E3 et enfin pour Zelda on ne sait pas grand chose mais un nouvel épisode sera sans doute disponible fin 2004. Nintendo use et abuse de ses licences ? C'est peut-être le cas : la N64 a connu 2 Zelda, Majora s'est vendu deux fois moins qu'Ocarina. Cette baisse a sans doute de multiples raisons mais le fait est qu'on était pas spécialement en manque de Zelda quand Majora est sorti. Mais la durée de vie d'une licence est bien plus complexe à connaître : comment peut-on expliquer le succès de Pokemon GBA alors que cette licence a été utilisée jusqu'au bout des ongles à l'époque du Game Boy et GBC ?
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Conclusion |
La suite est donc un procédé ultra classique qu'il ne faut pas blamer tant que la qualité est au rendez-vous. Chacun d'entre nous souhaite avoir une suite de son jeu favori plutôt que de voir le développeur en question se lancer dans un jeu totalement inédit au concept qui ne nous plaira pas spécialement. Le cas de Nintendo est un peu plus problématique : il serait bon de voir un jour ou l'autre une véritable nouveauté relancer cette marque comme l'ont fait Mario, Zelda, F-Zero, Pokemon à leurs époques respectives. Pour le moment les licences du Big N s'usent et ne vivront pas éternellement. Pour le moment il n'y a pas grand chose à craindre, mais s'intéressera t-on toujours à Mario dans 10 ans autant qu'aujourd'hui ? | Enfin on peut se demander : que serait le jeu vidéo sans ses immenses sagas comme Mario (près de 50 jeux où il apparait), Castlavania, Megaman, Robot taisen, Sonic, Final Fantasy, Dragon Quest .... toutes ces légendes, tous ces noms qui apparaissent dans plus de 20 jeux ? Rien ou bien peu de choses. Ces titres existent depuis plus de 10 ans et la qualité qui émane de ces noms fait qu'ils ne sont pas près de disparaitre. Ils ont forgé les bases de très nombreux gameplay et contribueront grandement à apporter des idées neuves dans le futur. |