LA GRAVURE, CETTE TUEUSE DE JEU !
DOSSIER
Thème :
Analyse
Auteur :
Draco
Date :
15 Mars 2003
courrier forum chat
signé :
DOSSIER

 

On a bien souvent pensé que la gravure n'influençait en aucune manière la réalisation des jeux vidéo dans le monde ou sur le manque à gagner certain que cela provoque. Mais à travers cette pensée qui se projette sur chaque personne essayant de fuir une quelconque responsabilité il y a bel et bien une grosse crise. La gravure ne date pas d'hier car à l'époque des tous premiers Amstrad ou Commodore 64 (pour ne citer qu'eux) la quasi-totalité des possesseurs avait des jeux copiés. Mais le marché de cette époque n'était pas aussi démocratisé qu'il ne l'est aujourd'hui et les répercutions bien que présentes ne pesaient pas réellement le même poids qu'aujourd'hui.
Mais il y a plusieurs années une console est arrivée sur le sol mondial, la Playstation de Sony qui tout en apportant une masse considérable de gens nouveaux (Le grand public) va créer un raz-de-marée, celui de la "Gravure".

La gravure, cette tueuse de jeu !

Que la gravure soit...

... Et que la qualité fut !

Personne n'y échappera sauf un !

Monsieur bonne parole conclue

Que la gravure soit...

A cette époque là, on a déjà fait des jeux sur CD et des consoles CD mais la Playstation va faciliter considérablement le boulot des pirates en herbes en ayant une console au hardware très facile d'emploi pour eux. D'une simple puce on pouvait lire jeux gravés et jeux imports, ce qui n'arrangeait en rien la sauce et le pain de nos éditeurs mais aussi des développeurs et de tout ce qui s'en suit.
Sony vendra une quantité effroyable pour la seule et unique raison que chez eux on pouvait avoir des jeux pour seulement 10 anciens francs (foutue monnaie, on te regrettera).
Il est évident que çela n'a pas été qu'un phénomène de passage puisque beaucoup de magasins étaient saturés de demande pour la pose de ces puces. Le comble c'est qu'elles se voulaient très faciles à installer mais aussi et surtout à obtenir. Si bien qu'on a pensé que la gravure arrangeait les affaires de Sony et en ce sens, c'est vrai qu'ils avaient l'atout majeur par rapport aux autres consoles. Mais on se rend compte que les royalties perçues par Sony ont du coup, bien baissé puisque les jeux vendus étaient moindres (Le mystère reste encore entier).

... Et que la qualité fut !

Alors que les éditeurs ne gagnaient plus assez d'argent, qu' Internet commençait à proposer des jeux en téléchargement, Sony ne bougeait toujours pas.
Au fil du temps le résultat en fût consternant puisque les développeurs qui, jusqu'à présent réalisaient de bons jeux (pour la plupart des cas, je précise), ont commencé à baisser les financements des jeux. Les jeux à moindre coût et au développement rapide, ont commencé à débarquer sur la console et ce, en masse affligeante. Il est clair que cette arrivée de daubes n'est pas seulement due à la gravure mais malgré tout s'en est un des points essentiels. Il faut aussi savoir que les développeurs qui font de mauvais jeux à moindres coûts, rentabilisent toujours leurs productions car le grand public est là pour leur rappeler qu'il y aura toujours des pigeons pour se vautrer sur une de leur fricassée sauce barbecue.

La gravure a été un des facteurs responsable de la rarification des chefs d'oeuvres.
Il faut savoir que la gravure n'a jamais rien apporté de bon dans le jeu vidéo et si vous aimez ou vous estimez tout simplement fan de jeu vidéo vous ne pouvez pas graver (incompatible avec vos idées, il me semble). Et si vous n'adhérez pas à cela vous ne seriez tout au plus que le gars je-m'en-foutiste qui croit que son cd gravé ne va pas changer la face du monde.
L'argument choc c'est le fait que les jeux soient vendus trop cher et qu'on n'a pas forcément les moyens de se payer 2 ou 3 jeux par mois à 60 Euros la pièce (prix moyen pour des jeux de consoles de salon).
Il faut déjà savoir qu'à l'heure actuelle, en plus du piratage vidéo ludique dont vous êtes pour beaucoup responsables, (tiens, toi là-bas le gars à gauche par exemple ! Allez tabassons-le à mort !) il y a le coût de développement qui a augmenté de façon considérable obligeant ainsi beaucoup de sociétés à mettre la clef sous la porte. Pour pallier à cela certains développeurs (on ne citera pas de noms mais il y en a de beaux exemples) font des jeux a moindre coûts en un laps de temps très limité, on appelle ça communément des daubes (j'en parlais plus haut). Jusqu'à maintenant il y en avait suffisamment mais pas en quantité énorme pour que ça reste très bien rentable. Désormais, les mauvais jeux sont beaucoup trop nombreux à sortir, parfois en même temps. Conséquence : même le joueur lambda du dimanche, devra choisir parmi une dizaine de mauvais titres et les éditeurs verront leurs parts du gâteau rétrécir. Ce mode de création ne gagnerait-il plus assez ? Possible.

Toujours est-il que l'éditeur qui ne gagne plus assez d'argent en donne forcement moins aux développeurs. Bien qu'impuissants, nous pouvons donner un coup de pouce à la création en arrêtant de prendre des jeux sur le net ou en arrêtant de se faire poser des puces.

Personne n'y échappera sauf un !

Au rayon du : " pour vendre mes consoles j'attire les pirates " je demande Microsoft. Ce n'est évidemment pas de leurs fautes, d'ailleurs ils en sont fort mécontents de ce nouveau procédé qui semble bien à la mode en ce moment.

Pour 100 Euros des Magasins de jeux vidéo ou encore des sites online vous proposent d'installer sur votre console Xbox : un disque dur de 120 Gigas avec 40 jeux déjà installés sur le dur. Voyez combien on économise sachant qu'un jeu coûte en moyenne 60euros et réfléchissez ensuite sur les conséquences que cela risque de donner à échelle mondiale.
Bien entendu Microsoft, qui n'entend pas rester silencieux, a trouvé une belle parade : celle d'empêcher tout utilisateur ayant une console Xbox génétiquement modifié de se connecter au Xbox Live, d'ailleurs le nombre d'inscrits en amérique reste fort décevant.

Pour certaines console la gravure s'est avérée être un véritable carnage. Evoquons le cas de la Dreamcast qui fût l'une des consoles la plus facilement piratable. Puisqu'avec un seul CD Boot vous pouviez faire tourner le jeu gravé de votre choix. Facile à dénicher sur le web, la console qui lisait les GD-Rom lisait aussi les CD basiques. L'énorme manque à gagner par rapport à ces pratiques et les faibles ventes de la Dreamcast ont fait que les éditeurs n'ont, pour la plupart, jamais développé, attendant certainement de meilleurs jours qui ne sont finalement jamais arrivés.
Lors de l'annonce de sa mort, Sega a enregistré une hausse de 300% des ventes, un soutient des fans bien trop tardif, malheureusement. (A ce jour, rare sont les possesseurs de Dreamcast ne possèdant pas de jeux gravés). On s'en rend compte avec La PS2 et la Xbox en ce moment. Triste affaire.

Puis vient Nintendo qui a finalement toujours réussi à se tenir à l'écart de toutes formes de piratage grand public. Prenons par exemple la Nintendo 64. Le seul moyen d'avoir des jeux copiés était de se procurer le Doctor 64 qui coûte à l'époque la peau des fesses. Une fois le problème réglé, il s'agissait de se procurer des cartouches vierges ce qui s'avérait être encore plus difficile. Résultat : ce moyen a tout juste du être employé par 2% des possesseurs de la console et n'a eu aucune répercutions sur Nintendo ou sur les éditeurs tiers. Vient ensuite le Gamecube ou Nintendo savait que l'abandon des cartouches était inévitable. Tour de force réussi puisqu'ils acquéraient le format DVD 8cm. Il n'est donc pas possible d'y rentrer un CD standard. Pour graver un jeu, cela reste possible mais très compliqué puisqu'il faut déjà posséder un graveur de DVD, trouver les jeux sur le net mais aussi et surtout trouver des DVD de 8 cm. Finalement, graver des jeux sur Gamecube s'avère être une technologie pour riche et les riches n'ont généralement pas besoin d'en venir a ces procédés. Les éditeurs vendent donc pleinement leurs jeux. D'ailleurs on dit souvent que les royalties sont plus élevées chez Nintendo mais il ne faudrait peut être pas oublier que la technologie Gamecube (entre autre) c'est zéro billet vert de perte sur le piratage. Par contre je ne parlerais pas du Cas GBA car ce n'est pas aussi rose, avec des FA-Linker de plus en plus répandus et l'émulation informatique (Pour les F.A je ne dirais pas où ils s'achètent ni à quoi ils servent, cela pourrait donner de mauvaises idées à celui qui ne serait pas encore passé du coté obscur).

Monsieur bonne parole conclue

Cette analyse des conséquences du piratage n'est pas un message de bonne conscience de ma part mais plutôt l'envie d'expliquer que pirater c'est tuer une industrie.
L'usage du monde conduit à la défiance, la défiance mène aux soupçons, les soupçons mènent à la finesse, la finesse à la méchanceté, et la méchanceté à tout (Merde ca c'est du proverbe chinois). L'argument du jeu trop cher est valable mais ne justifie pas ce recours au piratage.
J'ai toujours eu comme intime conviction le fait que posséder des jeux pirates ne nous laissait pas profiter pleinement du jeu car c'est bien connu, une chose que l'on ne paye pas ne procure jamais le même plaisir (Comme on dit, Chameau mal acquis ne profite jamais).
Le piratage des jeux n'entraîne pas les mauvais jeux mais y contribue car c'est l'un des gros facteurs noirs avec les coûts de développement.

Ce qui était vrai hier, l'est encore aujourd'hui : mais ce qui est mauvais aujourd'hui, pourra ne plus l'être demain. (Tout dépend de nous je dirais)