Parce qu'on ne sait encore que trop peu de choses sur la prochaine console de Nintendo, parce qu'elle sait - comme à l'habitude de la marque - susciter tous les ...
Parce qu'on ne sait encore que trop peu de choses sur la prochaine console de Nintendo, parce qu'elle sait - comme à l'habitude de la marque - susciter tous les espoirs, toutes les interrogations et tous les fantasmes, il semble nécessaire de se pencher sur ce que l'on croit déjà savoir au sujet de l'objet mystérieux et de spéculer sur ce qu'elle saura apporter au commun des gamers.
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Les certitudes
Commençons tout d'abord par ce qui peut être considéré comme certain et acquis, même si avec Nintendo, personne n'est à l'abri d'un changement de dernière minute.
Ainsi la machine en question est une console de jeu de prochaine génération, au même titre que la Xbox 360 de Microsoft et que la PlayStation 3 de Sony, développée par Nintendo. On sait également que, comme pour le GameCube, IBM sera en charge de la conception du processeur principal (nom de code Broadway, peut être un dual-core) et qu'ATI s'occupera de la partie graphique (GPU Hollywood). Le format DVD a été adopté pour les softs et la console sera optionnellement en mesure de lire les DVD vidéo. De plus, Nintendo assure une rétrocompatibilité avec les titres des consoles de salon ancienne génération et des possibilités réseaux offertes par l'ASFI (ou WIFI pour ennemis de la francisation officielle). La machine devrait être peu onéreuse et les coups de développement bien inférieurs à ceux de ses concurrentes. Terminons par Mario 128 et d'un Smash Bros online comme premiers titres prévus sur la machine ainsi que l'annonce de Metroid Prime 3 et nous aurons fait le tour des certitudes, en l'occurrence, le tour de pas grand-chose. #row_end

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Entre flou, contradictions et maladresse
Les informations sont donc bien maigres pour le moment et l'E3 2005 fut loin d'être l'avalanche de révélations espérée. Nintendo, sous couvert d'un simulacre de paranoïa industrielle, aurait préféré ne montrer que le strict minimum, ce qui pousse les incrédules à se demander si réellement il y avait quelque chose à montrer. La conférence pré E3 des amis des champignons sonnait tellement faux que même Link, dont le rôle n'était plus vraiment de sauver Zelda mais plutôt de faire oublier par sa présence le coté chaotique d'une présentation aux limites du ridicule, n'a pas réellement su sauver la mise. Certains sont même allés jusqu'à soupçonner Reggie et cie d'avoir prévu d'en montrer beaucoup plus mais que, voyant les effluves de millions de polygones de la concurrence, nos compères auraient remaniés leur intervention au dernier moment, histoire de se laisser le temps de réviser une copie qui aurait fait pâle figure devant les shows de Sony et de Microsoft.

Tout cela ne sera certainement jamais vérifié, mais cependant, au-delà des spéculations, du scepticisme et du « I want to believe » mulderiesque, les faits sont là : le design d'un hypothétique prototype (certainement une boite vide), des spécifications techniques inconnues (« trois fois plus puissante que le GameCube » ne veut strictement rien dire), une rétrocompatibilité dont les modalités sont incertaines, des capacités réseaux présentes mais à l'infrastructure inconnue, une date de sortie très vague et une manette brillant par son absence.
Tout cela peut fasciner ou effrayer, mais au fond, ça n'est que du vide. Le discours de Nintendo sur la Revolution semble depuis le début comparable au bafouillement mal à l'aise de l'élève qui assure avoir fait son travail mais n'a pas de devoir à rendre. Ainsi se sont succédés fausses certitudes et contradictions, notamment sur la date de sortie. La console de Nintendo ne devait pas être en retard sur la concurrence puis on nous assurait une sortie pour 2005 et aujourd'hui se profile un vague « courant 2006 » que certains interprèteront volontiers comme une sortie en 2007, soit dans tous les cas après tout le monde. Autre exemple, celui de Mario 128, longtemps prévu sur GameCube, confirmé encore récemment par Miyamoto lui-même puis reporté sur Revolution avec la mauvaise foi de l'éleveur de Pikmin « je crois que les journalistes n'ont pas compris ce que je voulais dire ou alors je me suis mal exprimé et je m'en excuse, mais Mario 128 sortira bien sur Revolution ». #row_endEt bien entendu, des essais sont toujours en cours pour déterminer comment le jeu pourra être le meilleur possible. Discours malheureusement mâché et remâché depuis des lustres et accompagnant le fameux « La Revolution modifiera complètement le comportement des joueurs ».

Confiance et optimisme sont certainement les deux mots clés de la politique de communication de Nintendo sur la Revo et illustrés par des petites phrases comme celle sus-citée. Mais tout doit être décrypté car dans le marketing, la rhétorique est reine et ce que l'on croit comprendre n'est pas forcément ce qui sera réellement. Ainsi la DS ne devait pas être une console portable, et pourtant, bien malin celui qui réussira à démontrer aujourd'hui qu'elle n'en est pas une. Nintendo annonce vouloir toucher tous les publics, toute la famille, les non-joueurs et notamment les femmes et les séniors. Doit-on voir dans « toute la famille » une recrudescence de la politique maintes fois décriée par les joueurs et consistant à favoriser les jeux aux traits enfantins ? Toujours est-il que l'exemple de la DS avec, entre autres, ses softs de dictionnaire, de réflexion, de puzzle et d'élevage de chiens peut être bon à suivre, quoique peut-être trop approprié au domaine des portables pour être réellement concrétisé sur console de salon.

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Un jeu dangereux
Toute cette stratégie marketing est excessivement dangereuse. Le nom de la console lui-même place la barre si haut que la chute peut en être brutale. Ce que promet Nintendo entraîne les fans entre fantasmes et hystérie comme le témoigne l'effet « Nintendo ON ». Cette fameuse vidéo fake présentant la vision de la Revolution par un fan a suscité un engouement démesuré et une chasse aux indices digne d'un roman de Sherlock Holmes. Ainsi beaucoup auraient juré que la vidéo était un message codé annonçant que quelque chose de magique allait se produire à une heure et une date précise. Une sorte de one shot en pleine tête pour Sony et Microsoft. L'heure et la date passées, certains ont abdiqué, déçus, d'autres ont ri, sceptiques et les plus rêveurs des fanboys se sont mis à fantasmer de plus belle, passant des nuits blanches pour être les premiers à découvrir le messie et y croyant jusqu'au bout, jusqu'à la fin de l'E3 quand Reggie interviewé par GameSpot trouve que la vidéo en question est très bien et précise que son auteur a beaucoup de talent et d'imagination, sonnant ainsi le glas des derniers espoirs. Pourtant, certains irréductibles veulent encore croire et cherchent leur vérité dans les dizaines de fakes parus sur le web.
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L'avenir
#row_endEssayons tout de même d'être optimistes. Si Nintendo déçoit si souvent, c'est que dans le cœur de beaucoup de joueurs, la firme a toujours été celle qui a été la plus proche de réaliser des rêves ludiques de mômes et la magie d'un Zelda ou les qualités d'un Mario sont très rarement égalées. Ainsi ce savoir faire, cette expérience et cette qualité de jeu ne peuvent certainement pas s'essouffler pour des bourdes marketing et on est en droit d'espérer une machine vraiment intéressante. Cependant, comment juger ce qu'on ne voit pas ? Inutile de parler de manettes gyroscopiques, d'écran tactile, de casque virtuel puisque rien de tout cela n'a été annoncé autre part que dans les cerveaux des plus imaginatifs d'entre nous. Restons impartiaux et patientons le temps de voir ce que vaut réellement la machine et surtout, quelle nouvelle expérience de jeu elle sera en mesure de proposer, si nouvelle expérience il y a.