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LES BONGOS : UN INVESTISSEMENT RENTABLE ?
Thème :
Accessoires
Auteur :
Kiklox
Date :
11 Mai 2005

 C’est la question que l’on est en droit de se poser, car toute innovation a un prix, et celle des Bongos n’échappe pas à la règle. Apparus avec le jeu musical Donkey Konga, ces instruments sont-ils, finalement, rentables à la fois pour Nintendo et pour le consommateur ? |
Les Bongos : un investissement rentable ?L'explication |
L'explication | |
![]() Annoncé il y a déjà plus de deux ans, Donkey Konga avait fait l’effet d’une véritable petite bombe, car les jeux musicaux sur GameCube n’étaient absolument pas légion, et c’était avec une joie certaine que les joueurs attendait ce titre qui avait tout pour plaire : des musiques rafraîchissantes et entraînantes, des graphismes colorés, un personnage poilu tout aussi culte que King Kong, et des instruments étranges mais ô combien attirants : les bongos… ![]() Les bongos, aussi appelés Congas, sont deux petits tam-tam en plastique, imitant la forme et la couleur de véritables bongos en bois; une touche « Start » est disposée entre les deux pour faire office de bouton, utile par exemple pour confirmer un choix dans un menu ou pour mettre un jeu en pause, et au-dessus se trouve un petit micro permettant de capter les claquement de mains (ND Pierre : ou les différentes obsénités que vous pourrez déblatérer en jouant au jeu). La qualité du produit, sans être faramineuse, reste de très bonne facture et le tout est fabriqué de matériaux assez solides, ce qui est suffisant pour supporter les coups dévastateurs des paumes de mains agressives. Volontairement, Nintendo a donné un rendu assez coloré et cartoon à ces bongos, pour respecter une fois de plus l’univers décalé de Donkey Kong. La première apparition de ces instruments date donc de la sortie de Donkey Konga, et ce au prix de 60€ (soit le prix d’un jeu neuf quelconque) avec le jeu, ou 35€ sans le jeu. Bien que le coût du pack ne soit pas tellement contestable, celui des bongos seuls reste assez élevé : pour moins cher le joueur peut se procurer un jeu neuf dans la gamme Players’s Choice. C’est ici que l’on vient à se demander si finalement, pour Nintendo, les bongos sont une affaire rentable. Avec un prix si élevé, et un jeu qui n’attend qu’à se faire connaître et se forger une réputation, le doute s’installe quant à l’intérêt économique d’une telle innovation, surtout sur un marché où la concurrence se fait rude et imposante. Innovation d’ailleurs qui marque le début d’une nouvelle ère pour Nintendo: celle de sa politique prônant la révolution à l’évolution. ![]() Avec la DS et son écran tactile, Mario Party et son microphone, Zelda Four Swords et les liaisons GameBoy – GameCube, il va de soi que, chez Nintendo, on cherche tout d’abord une nouvelle façon de goûter au jeu, et non pas une simple évolution logique des choses. Mais est-ce que tous ces « gadgets » ont-ils suffisamment d’incidence pour créer cette tant attendue révolution, pour franchir cette étape nécessaire vers un stade supérieur du jeu vidéo ? Tout d’abord, inventer de telles choses coûte de l’argent et du temps, ce qui n’est pas à portée de tous. Par exemple Nintendo aura beau sortir un outil inédit, qui nous dit que les développeurs suivront ensuite et s’en serviront, ou l’utiliseront à pleine capacité ? On l’observe avec les débuts de la DS, peu de studios osent franchir le pas pour développer un jeu à la fois innovant et utilisant l’écran tactile de façon inédite. Cela demande de l’argent, du temps et du talent, et comme de nos jours les petits studios laissent de plus en plus place à de gros éditeurs, on pourrait espérer que des changements s’opèrent à ces niveaux-là, mais ce n’est pas le cas : les grandes industries préfèrent alors se contenter d’un multi plateforme bête et méchant, qui à coup sûr leur sera bénéfique. Pourquoi se mouiller la chemise quand on peut tout faire sans le moindre effort ? C’est donc pourquoi, pour en revenir aux bongos qui sont tout de même le sujet de cet article, il est quasiment certain de ne voir aucun jeu d’éditeurs tiers y faisant appel. Et c’est un coup bas porté à Nintendo comme au jeu vidéo en général, si personne ne soutient l’innovation, le joueur devra se suffire avec des titres qui se ressemblent tous, et qui ne mettent en avant aucun attrait particulier. ![]() Heureusement pour Nintendo, Donkey Konga a été un succès commercial, rares ont été les jeux aussi convoités par des personnes de tout âge. Qui n’a jamais vu une bande de jeunes autour des bornes disposées à la sortie du jeu dans les magasins ou alors une grand-mère tentant désespérément de comprendre où et quand il faut frapper dans ses mains pour suivre le rythme de la musique qui s’affiche à l’écran ? Quelle bande de sadiques aussi, riche idée de lui mettre la musique d’introduction de Super Smash Bros. Melee en difficile ! Une réussite qui cependant couvre des doutes bien plus profonds, notamment pour les joueurs. Car on le sait, une fois les bongos en possession, et une fois l’effet Donkey Konga atténué, Nintendo a tout intérêt à rendre l’instrument rentable, pour éviter qu’il ne finisse sa vie au fond d’un placard sous une épaisse couche de poussière, et éviter ainsi une dépense somme toute importante aux acquéreurs du produit. C’est pourquoi, en l’absence de tout allié, et tel un croisé sur le chemin de la vérité, Nintendo se lance à l’assaut de suites, histoire de donner à cet accessoire une longévité : Donkey Konga devient une série qui, à l’instar des Mario Party, a donné le ton et est devenue une sorte « d’à côté » vidéoludique, s’assurant plus ou moins de faire à chaque nouvel opus des bénéfices, tout du moins au Japon, car il est évident que si en Europe les jeux s’élèvent à des prix supérieurs à 30€ sans les bongos, peu de gens risquent de se les procurer à cause de l’intérêt un peu limité qu’ils proposent: des musiques différentes, des mini-jeux un poil plus nombreux et… c’est tout. ![]() Des suites qui finalement font que ces instruments trouvent leurs limites, et ne sont utilisés qu’à certaines occasions. Les jeux musicaux étant surtout réservés à un usage en famille ou en soirée, c’est pourquoi d’ailleurs mieux vaut-il avoir plusieurs de ces bongos, soit en les achetant séparément ce qui équivaut à très vite se ruiner, soit en ayant des amis qui en ont aussi. Les cerveaux de Nintendo ont donc fortement réfléchi l’an passé à la manière dont ils pourraient mettre en avant les mérites d’un tel outil, et ce toujours sous l’ordre de l’innovation, car dorénavant il est de leur devoir d'essayer de garder une longueur d'avance vis-à-vis des autres entreprises, comme Sony ou Microsoft, qui eux aussi percent le marché avec des produits inédits. Alors que chez la concurrence, on vante les capacités de l’Eye Toy pour les mini-jeux, les Bongos eux, vont enfin avoir un sens de plus à leur existence avec le tout premier jeu de plateforme qui ne se contrôle pas avec une manette ordinaire : Donkey Kong Jungle Beat ! Pour la première fois dans l’histoire du jeu vidéo, il est proposé de contrôler un personnage grâce à la force dans ses bras et de sa rapidité d’action. Frapper les tambourins et taper dans les mains sont les maîtres mots pour qualifier ce titre qui, même s’il n’est pas exempt de tout défaut, est un pas en avant vers un nouveau genre de divertissement ! Voilà donc de quoi rendre un poil plus rentable ce qui s’annonçait être un objet uniquement sortable à plusieurs, on peut enfin faire du bruit seul dans sa chambre désormais avec une raison valable grâce à Nintendo… ![]() Mais encore une fois, le prix du jeu seul (45€) fait que tout le monde ne peut pas se le procurer, ou ne veut pas, étant donné que sa durée de vie reste extrêmement faible pour qui n’aime pas s’amuser à recommencer quinze fois les mêmes niveaux juste pour obtenir le meilleur score (comptez trois bonnes heures). Bref, un moyen de démontrer que les bongos peuvent êtres utiles à tout, mais ce n’est pas suffisant, tout du moins on est en droit d’espérer voir débarquer d’autres titres du genre avant que la future console de salon de Nintendo (la Revolution) ne débarque. C’est un peu ça la problématique, ce qui a été un franc succès avec ces instruments, c’est qu’ils ont réussi à s’implanter un peu partout dans les foyers possédant une GameCube, mais leur avenir peut jouer pour ou contre la faveur de Nintendo : si les développeurs ne se cassent pas la tête à trouver une quelconque manière d’utiliser pleinement les capacités de ceux-ci, c’est au risque de voir des joueurs perdre cette illusion que cette grande entreprise japonaise a envie d’aller de l’avant. C’est un peu comme avec la Dual Screen, qui est un facteur bien plus décisif que les bongos pour Nintendo, si personne ne suit l’innovation, et si personne ne se lance dans l’idée de révolutionner la façon de jouer, pas même chez Nintendo, alors il est plus que possible que la concurrence prenne le dessus, avec des méthodes bien plus agressives et une envie de conquérir le marché mondial bien plus forte. Les Bongos actuellement sont une affaire à peu près rentable pour Nintendo vu que le tout semble bien se vendre, ça l’est également pour tous ceux qui souhaitent vivre des moments inoubliables à plusieurs, mais pour ce qui est du joueur seul, il se doit de préférer la nouvelle console portable qui lui assurera déjà bien plus qu’un accessoire à moitié gadget… ![]() |
























