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switch
Test Nintendo Switch de Pankapu, un premier titre de qualité pour les Français de Too Kind Studio

 Par Draco,
 le 26/06/2018 à 19H11

Cocoricooo ! Voilà Pankapu, un jeu de plates-formes et d'action Nindies 100 % made in France développé par Too Kind Studio basé dans le Nord de la France et composé de 3 anciens de Péo Léo (une agence digitale) et Ankama (créateur de Dofus) qui avait été financé à l’époque via Kickstarter. Le jeu, sorti en 2 morceaux sur Steam, est disponible en version complète sur Switch depuis près d'un an, l'occasion de revenir sur ce jeu et d'y poser un verdict.

Un test rédigé par Goonpay.


À la croisée des chemins

Le jeune Djaha’rell peine à s’endormir et cauchemarde presque chaque nuit, alors son père décide de lui conter l’histoire de Pankapu, le gardien des rêves. Nous voilà donc transportés vers Omnia, un monde imaginaire régi par Iketomi, le dieu des rêves. Allégorie des problèmes de sommeil du petit garçon, on se rend très vite compte que tout est détraqué sur cette planète : Gangreyn, le dieu d’Hya’ma, un monde plus obscur, essaie de s’inviter dans ces jolies contrées, ce pourquoi, Pankapu et son fidèle compagnon Chii, une araignée robotique très loquace, doivent intervenir.


En chemin, ils feront la rencontre de 3 Egides, sorte de fées similaires aux marraines de la Belle au bois dormant qui représentent les qualités d’un héros (Bravoure, Courage et Foi) et accordent surtout à notre héros casqué de nouveaux pouvoirs. Et pour couronner le tout, il faudra jouer les bons samaritains en retrouvant tous les Mudjin, des petits fantômes bleus très mignons, qui aideront à rebâtir un monde meilleur. 

Sans spoiler, l’intrigue et les différents rebondissements, la découverte des Memolithes (des séquences mémorielles du monde réel enfermées dans des fragments) permettra de comprendre l’ampleur du récit et les sous-entendus de ce conte de fées. En tout cas, on peut dire que l’équipe de Too Kind Studio a mis les petits plats dans les grands pour donner corps à son histoire et créer un univers viable.


Un univers envoûtant 

Si la campagne Kickstarter s’était conclue avec succès, c’est sans doute grâce aux jolis screenshots et artworks présentés à l’époque qui laissaient entrevoir un jeu haut en couleur et vraiment travaillé. Inutile de tourner autour du pot, sur ce point, Pankapu est absolument charmant : un pur régal pour les yeux ! Le rapprochement avec Dofus est forcément dans notre esprit puisque 2 des compères du studio viennent de chez Ankama, mais on peut aussi évoquer Rayman Legends, Wonderboy, Rise & Shine, Teslagrad... bref, le genre de jeux en 2D qui vous file une belle claque dans la tronche. 

Rien n’est laissé au hasard, de l’arrière-plan au petit bloc inutile, tout est parfaitement cohérent, avec les petits contrastes qui font toujours mouche, les effets de premier plan qui dissimulent un petit secret, les palettes de couleurs propres à chaque niveau, la touche cartoon des décors, l’animation des personnages, la délicatesse des effets spéciaux. À cela, il faut bien entendu ajouter les bons gros sprites qui, s’ils ont un peu tendance à se recycler trop facilement par un simple changement de couleur, restent néanmoins très jolis et rigolos. Les différents looks de Pankapu sont en plus très soignés et cohérents avec le gameplay proposé.


L’animation ajoute à chaque fois un petit peu plus de vie et de saveur à l’ensemble et même si les environnements traversés sont des classiques des jeux de plates-formes (forêts, grottes, neige, lave…), le résultat global fait qu’on se délecte de chaque pixel de l’écran. 

Histoire d’ajouter au triple lutz une double boucle piquée que Candeloro lui-même ne pourrait pas renier, la bande-son vient parfaire la mise en scène avec des mélodies douces, poétiques et bucoliques qui sentent bon le nuage blanc molletonné parcourant les vertes prairies. Et pour être sûr de ne rater aucun Mudji, on tend bien l’oreille, car ces derniers lâchent un petit bruitage féerique à proximité… comme quoi, tous vos sens seront mis à contribution ! 

Au final, on a le droit d’être insensible au monde des Bisounours et ses aspects bon enfant qui ferait croire aux potes qu’on suce encore son pouce, impossible de ne pas reconnaître les qualités artistiques de Pankapu.

Une structure classique

Dans le genre platformer, Pankapu n’a rien de révolutionnaire. Il se contente d’appliquer les règles de base comme les plates-formes mobiles, les enchaînement de sauts, les passages secrets et les ennemis aux diverses propriétés (lanceur de tir, attaque au corps à corps etc). Pour autant, ce classicisme est parfaitement maîtrisé, on parcourt donc le jeu de bout en bout sans pouvoir réellement lui faire de gros reproches. 

Chaque Egide permet à Pankapu de développer des pouvoirs différents. En chevalier, on dispose d’un bouclier et d’une épée faisant de nous un redoutable guerrier bien robuste. On gagne en agilité et en sécurité grâce au double-saut de l’archer, en contrepartie, on perd en puissance malgré les tirs à distance. Le magicien quant à lui apporte des phases plus posées  assez intéressantes avec des jeux de téléportation, de saut planant et de leurre. À cela s’ajoutent les Nebulas, des capacités spéciales que l’on combine aux attaques pour varier leurs effets (enflammer les ennemis, faire sortir des roches du sol, faire de Chii un module de tir secondaire…). Malheureusement, ces bonus ne sont pas réellement mis en valeur et n’influencent pas assez le jeu pour en faire une véritable question d’équipement en fonction de la situation à l’inverse d’un Wonderboy par exemple.


D’une certaine façon, les Egides sont une forme de manipulation cosmétique et scénaristique au service du gameplay. Les premiers niveaux, en chevalier, sont axés combats / protection, on y croise des plates-formes inaccessibles qui seront piétinées plus tard après obtention de l’Egide de Bravoure. Puis un rayon laser infranchissable sera traversé un peu plus tard après obtention du dernier protagoniste. Bref, chaque level implique une mécanique particulière en fonction de l’Egide dispo et, pour compléter les stages dans leur globalité, il faudra y revenir avec tous les pouvoirs afin d’accéder aux chemins alternatifs.  La trame principale se bouclant assez facilement, c’est dans la seconde phase de complétion que Pankapu révèle son autre saveur : celle d’un titre exigeant qui ne conviendra pas forcément aux plus jeunes. 

Des collectibles sont disséminés au travers des niveaux. La plupart sont une simple formalité, mais certains nécessitent plus de recherche ou d’attention. Le lien avec Djaha’rell se comprendra lorsque tous les memolithes seront récoltés. Pour ce qui est des Mudjin, c’est une petite déception, car ils n’ont, au final, aucun intérêt. La campagne Kickstarter comprenait un palier avec une maison de Mudjin à personnaliser qui n’a pas été atteint, ceci explique sans doute la raison d’être de cette chasse inutile aux boules bleues.


Pour finir, un contre-la-mer bien exigeant (voir intransigeant pour la médaille d’or) se déverrouille lorsqu’un stage est terminé. On aurait aimé un système de classement en ligne pour les plus téméraires !

La difficulté en dents de scie et le léger temps de pause que met Pankapu après chaque frappe entraîneront certainement quelques protestations chez les moins habiles d’entre nous. Cependant, une fois bien maîtrisé, c’est plutôt agréable, en particulier sur la fin où le level design nous oblige à switcher d’Egides à la volée. À noter que les boss aux patterns assez simplistes ne représentent pas une grande difficulté, juste un peu d’exigence et de concentration.

 

Conclusion : OUI !

Pankapu passe un peu pour le Poulidor du jeu vidéo, « l’éternel second ». Il est franchement bien ficelé, graphiquement et musicalement au top, avec un vrai background, un level design classique, mais efficace, une maniabilité un peu rigide, mais dont on s'accommode facilement au bout de quelques parties et une durée de vie en 2 temps qui n’apporte rien d’autre que la satisfaction personnelle du travail accompli. Si son rythme avait été plus fluide (Chii cause vraiment beaucoup, peut-être pour masquer une quantité de niveaux un peu juste au global !), on aurait largement pu voir en lui un excellent titre à posséder absolument. Il manque ce petit quelque chose pour le faire passer du stade de belle expérience à incontournable, un poil trop classique en somme, mais pas dénué d’intérêt. Too Kind Studio signe un premier titre de qualité, une équipe à suivre !

LES PLUS : 

+ Beau à voir et à entendre
+ Un vrai travail sur l’histoire
+ 3 égides pour 3 façons de jouer 
+ Le contre-la-montre hardcore

 

LES MOINS :

- Trop classique
- Mouvements un peu trop rigides

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Le système de verdict de Nintendo-Difference repose sur trois niveaux :

- OUI ! (nous recommandons l'achat de ce titre, peu importe quel joueur vous êtes : vous l'apprécierez, à condition de ne pas être hermétique au genre ou à l'univers). Le Oui accompagné du ND Award récompense les titres soit exceptionnels que vous devez acheter quoiqu'il arrive, soit ceux nous ayant provoqué de gros coups de coeur !

- "Peut-être" (nous recommandons de bien lire le test avant d'acheter le jeu, car il peut ne pas correspondre à tout le monde, et ce pour des raisons qui peuvent largement être différentes d'un jeu à un autre). Par exemple, un titre peut être tout à fait exceptionnel et obtenir un "Peut-être" parce qu'il se classe dans un genre de niche qui ne correspondra pas à tout le monde alors qu'un autre pourra s'avérer vraiment moyen et à ne réserver qu'aux puristes du genre ou aux fans inconditionnels (comme dans le cas d'une adaptation par exemple).

- NON (nous ne recommandons pas l'achat de ce jeu). Trop mauvais ou trop cher pour ce qui est proposé.

Nous avons abandonné l'idée des notes, car celles-ci n'aident en rien à faire un choix, avec ce système vous savez si vous pouvez acheter les yeux fermés, s'il faut bien lire le test pour savoir si le jeu peut vous convenir ou s'il faut tout simplement s'enfuir.



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