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On ne peut pas nier le fait : la DS a donné un important coup de pouce à l’exportation de genres. Depuis Phoenix Wright, Nintendo a comme qui dirait dévoilé au monde ce que seuls les japonais et quelques intéressés du monde du jeu vidéo connaissaient. Cet argument serait d’autant plus parfait si le futur Project Hacker avait l’intention de s’expatrier hors du Japon…![]() ![]() Tout repose sur une histoire alambiquée qui peu à peu prend des allures d’enquête, car le pauvre jeune homme que vous incarnez dès le menu d’introduction passé, s’avère être plus qu’un pauvre geek affamé de CD vierges réinscriptibles. Satoru qu’il s’appelle. Il faut peu de temps pour que l’histoire se mette rapidement en place, si bien qu’en l’espace de quinze minutes, après moult dialogues soporifiques, notre héros, répondant au doux nom de Satoru Amatsubo, se voit contraint de fuir deux armoires à glace en costard et avec des lunettes de soleil alors qu’il fait nuit, deux types louches qui apparemment sont à la recherche d’un fameux CD-Rom… C’est en l’espace d’un chapitre (le jeu est astucieusement découpé en « Programmes », de la façon suivante : Programme 01, Programme 02 etc… tout cela dans le but de renforcer cette folle ambiance typée Matrix) qu’on apprend que Satoru n’est pas si asocial et a au moins une amie, qui, embarquée malgré elle dans l’histoire, l’aide à découvrir ce qui se trame autour de ce CD et des données qu’il contient. Malheureusement pour elle, mais heureusement pour le joueur que nous sommes tous, en arrivant chez elle en notre compagnie, les deux mafiosi du coin reviennent et n’hésites pas à frapper pour obtenir ce CD, et c’est dans un élan de courage que notre personnage et son amie Lina parviennent à s’enfuir, en jetant le CD aux pieds des ravisseurs, qui généreusement effaceront toute trace d’infraction en faisant exploser l’appartement de Lina. C’est ici que tout commence, une longue et passionnante enquête, qui mène alors Satoru dans tous les recoins de sa ville à la recherche d’indices pour comprendre ce qui lui arrive. Et c’est là que le jeu dévoile enfin tout son charme. Outre les longs et habituels dialogues, le jeu regorge d’idées, même si pour la plupart pas encore exploitées à leur maximum. Peu avant le deuxième chapitre du jeu où tout va s’accélérer pour le personnage, qui sera recruté pour ses talents de pirate informatique par la Genius Intelligence Society, les développeurs ont eu la bonne idée de donner un avant goût de ce que proposera le jeu dans son déroulement à venir. Ainsi, alors que son PC a été dépouillé par les deux hommes en noirs, Satoru se rend dans un Cyber-Café avec son amie Lina, et se connecte sur le faux Internet spécialement conçu pour Project Hacker. Il est intéressant de découvrir à quel point la DS peut proposer de possibilité et navrant de savoir que la plupart des développeurs n’exploiteront pas ses capacités. A la façon d’un In Memoriam sur PC, il aurait été astucieux d’utiliser le Wi-Fi de la console et le nouvel opérateur Opéra pour mêler habilement réalité et fiction en concevant des sites Internet fictifs spécialement pour le jeu de Nintendo… mais même si on en est pas encore là, le travail fourni dans Project Hacker vaut lui aussi le détour. ![]() | Ce sont des centaines de pages complètement fausses qui ont été inventée pour brouiller les pistes, allant de la simple page de vente d’ordinateurs en ligne en passant par les bijoux, les infos, ou les commandes de billets d’avion, tout y est pour donner l’impression de surfer sur le Net. Même certains liens donnent sur des erreurs type 404, c’est dire ! Satoru possède plus tard une sorte d’ordinateur portable, à la manière d’une DS, et une fois connecté à ce PC miniature dans le jeu, il suffit de se munir du stylet pour faire défiler les pages sur les deux écrans, et de cliquer sur ce qui nous semble douteux ou utile pour faire avancer l’enquête. Bien entendu, le tout est en japonais, et si l’on ne saisit pas les subtilités de la langue, on aura bien du mal à dépasser le premier chapitre, tant les textes occupent une part majoritaire. C’est pour cela que si jamais Project Hacker se voyait transposer dans toutes les langues, les traducteurs auraient du fil à retordre. Mais ne parlons pas de malheur, on espère toujours une traduction.Plus cet Internet fictif, le jeu fait souvent appel dès le second chapitre à vos réflexes, dans des mini-jeux déguisés en piratage informatique. Une bonne occasion de divertir l’index et le pouce trop souvent coincé dans la même position lors des dialogues.
Il faut par exemple faire face à des intrusions, soit de virus, soit d’autres hackeurs, et cliquer le plus rapidement possible sur les surfaces qui clignotent. Le temps est souvent de mise et c’est contre la montre que ces mini-jeux se déroulent, même si la difficulté n’est pas extraordinaire. Durant l’aventure, d’autres options y sont proposées, comme « agir » ou « parler » ou encore ouvrir le bloc-note que trouvé au début de l’aventure sur le bureau chaotique de Satoru. Ce bloc-note fait office de journal mémoire, dans lequel on inscrit sur un total de quatre pages des indices que l’on aurait peur d’oublier (à préciser que Satoru se balade toujours avec un stylo noir et rouge, allez savoir pourquoi). En somme, tout le nécéssaire d’un jeu d’enquête. Mais ce n’est pas de ce côté-là que pêche le titre de Red Entertainment, non, c’est plutôt du côté de l’ambition. On est souvent bridé et on a l’envie d’aller plus loin, mais comme tout jeu scripté, on ne peut pas. On se cantonne donc à ce que l’on nous propose, on ne peut pas prendre les objets que l’on veut, seul un choix nous est offert d’entrée. Et la possibilité de se balader dans différents lieux est très limitée, certains endroits deviennent inaccessibles ou inversement quand on a enfin épuisé le stock de dialogue avec un protagoniste. On retient la bonne chose : celle de pouvoir sauvegarder à tout moment grâce au bouton START. Malgré cela, l’ambiance est unique, les graphismes de bonne qualité, notamment les personnages qui s’animent caricaturalement mais proprement, les traits restent assez fins pour ressembler à un anime nouvelle génération, tandis que les musiques même si un peu typées ascenseurs, sonnent juste. Project Hacker reste dans la lignée d’un Phoenix Wright, jouant cependant dans un tout autre tableau et un univers qui risque d’en attirer plus d’un. ![]() |