Le prochain grand jeu de la GameCube et sûrement l'un des derniers,
c'est d'ores et déjà ce que l'on peut affirmer de ce second volet de
Baten Kaitos, pour peu que le contenu soit tout aussi flamboyant que
celui de son aîné. Et avec un peu de chance, ses quelques défauts
seront gommés ? C'est à voir...

Baten Kaitos, c'est l'histoire d'un jeu qui aura eu le malheur de
prendre son temps avant de quitter les frontières du Japon. Un malheur
pour nous autres européens que d'avoir attendu plus d'un an un titre
que l'on n'espérait plus au final... une si longue attente dûment
récompensée pourtant. Mais Baten Kaitos : Les ailes éternelles et
l'océan perdu avait beau être un grand jeu de rôle, comme toute chose
en ce monde il avait ses défauts. Ode à la poésie aussi pleine de
charme soit-elle, le premier pas entrepris par Namco reste encore
aujourd'hui très maladroit et contesté : des graphismes enchanteurs
desservis par une animation aussi fluide que Pinocchio lors de sa
première marche, hachée, lente, et des personnages terriblement raides.
Un scénario ultra classique loin de ce que l'on pourrait attendre d'un
RPG digne de ce nom. Un démarrage poussif demandant persévérance au
joueur occasionnel afin de ne pas décrocher au bout d'une ou deux
heures de jeu. Une fin bâclée, et des musiques qui en viennent vite à
tourner en rond, bien que grandioses et dirigées d'une main de maître
par Motoi Sakuraba... Des défauts qui, on l'espère, seront gommés dans
sa suite...
Baten Kaitos II : Hajimari no Tsubasa to Kamigami no Shishi De son titre anglais Baten Kaitos II : The Start of the Wings and the Hair of the Gods,
que l'on pourrait traduire par les ailes du commencement et l'héritage
des Dieux en francisant à la va-vite, cette suite a déjà contre elle un
petit défaut évident : son aspect global. Les premières impressions
obtenues nous désenchantent rapidement. Cette suite a un étrange goût
de déjà-vu. Graphiquement, ce n'est pas le nirvana, la plastique étant
sensiblement la même qu'auparavant, et notre première question alors
s'attarde sur l'animation. Et malheureusement celle-ci reste identique.
Dommage. Mais le jeu ne puise pas sa force ici, et c'est tant mieux.
Ici, l'histoire a été plus travaillée, le scénario ne se limitant plus
au schéma actantiel bateau du héros qui a tout perdu et qui en se
vengeant de son passé va sauver le monde de l'emprise d'un Empire
tyrannique. Non, ici, les scénaristes se sont posés calmement afin de
trouver quelque chose de plus « motivant ».
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De jolis inventaires
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Ainsi, une vingtaine d'années avant les événements du premier opus, ce
qui est d'ailleurs suggéré par le titre « les ailes du commencement »,
l'Empire devient une puissance grossissante, qui accumule ses droits
sur les îles flottantes servant de refuges aux peuples du monde de
Baten Kaitos. Et le héros, Sagi,
| fait lui-même partie de ce système dictatorial en tant que membre des
forces spéciales, l'unité chargée de faire respecter l'ordre et la
sécurité. Seulement, un peu à la manière d'un Han Solo, son employeur
se retourne un jour contre lui : l'Empire l'accuse du meurtre de son
dirigeant, Alfar, l'Empereur donc. Le seul moyen d'échapper à
l'exécution reste la fuite, et avec l'aide de deux compagnons de route
(Guillo et Millyard), le voilà désormais considéré comme l'ennemi
public numéro un. Une bonne chose, le héros n'est donc pas le gentil et
tout mignon petit personnage qui doit apprendre à se faire expérience,
mais le butoir renégat pris pour cible par toute une société. Autre bon
point, tout en étant fugitif, il vous faudra mener l'enquête afin de
comprendre la situation et résoudre ce complot qui se trame à votre
encontre. Sagi n'a rien d'un Kalas, cette fois-ci, la bonne conscience
n'est pas de mise, car son caractère de solitaire n'est pas comparable
à celui de Kalas, qui n'avait rien d'un bavard. Ici on a l'archétype du
voyou de seconde zone qui a été discrédité et qui refuse son destin «
forcé ».

Mais l'aventure ne prendrait pas dans un jeu de rôle sans ses
immanquables séquences de combat. Et c'est ici que l'originalité du
premier Baten Kaitos fait de nouveau son apparition : les Magnus. Ce
système de cartes se rapprochant du système des « Magics
» pour les connaisseurs, mais en bien plus simplifié, avait déjà tout
pour plaire à l'époque, et le fait qu'il ait été amélioré rend les
choses encore plus intéressantes et surtout, beaucoup plus dynamiques.
La rapidité sera votre épreuve, et vos réflexes vos alliés. Car tout
s'enchaîne très vite, et mieux vaut avoir bien préparé ses cartes avant
un combat, et savoir plus ou moins de quoi est composé son « Deck »
(son jeu) que d'arriver à l'improviste et finalement aligner des cartes
de soins sans grande utilité ou des attaques sans effet sur
l'adversaire. Les combinaisons sont plus nombreuses, plus complexes,
notamment grâce à une variété de Magnus accrue. Les combats tiennent
donc toujours cette place si importante, et encore une fois c'est tant
mieux.

Du loufoque au surprenant
S'il y a bien une chose dont on se souvient parfaitement des lieux visités dans le premier épisode, comme par exemple Parnasse la ville pâtisserie ou Pherkad
engouffrée dans les nuages, c'est surtout de leur originalité. Chaque
tableau était une œuvre d'art à lui tout seul, et il semble en être de
même pour cette suite, avec des lieux au design tantôt cartoon, tantôt
lugubre. Libre ensuite à chacun d'interpréter à sa guise le gros "clin
d'oeil" intégré par les développeurs, c'est à dire la réapparition
d'endroits comme la Cité Impériale ou Celbaraï le
village dans lequel débutait l'aventure de Kalas. Des lieux chargés de
souvenirs pour les joueurs, et pourtant, diégétiquement, aucun souvenir
s'y trouve, car Sagi visite ces grandes places exactement vingt ans
avant Kalas. Une bonne initiative ou alors une facilité pour les
développeurs en évitant de recréer un tas de nouveaux pays, chacun sa
vision des choses.

Graphiquement toujours aussi superbe, avec des décors en deux
dimensions comme on en fait plus depuis Final Fantasy IX (mais des
personnages en trois dimensions regrettables, pourquoi ? simplement
parce qu'ils marchent comme si un balai était passé dans leur
derrière), un scénario qui semble cette fois-ci à la hauteur et qui on
l'espère sera plein de rebondissements non-prévisibles,
un système de combat amélioré gratifié de menus revus et corrigés, bien
plus sobres et efficaces (on a opté pour le gris/noir à la place du
bleu ciel)... que peut-il manquer pour assurer un bel avenir à ce titre
qui amènera la GameCube à sa dernière gloire ? La musique bien sûr. Et
de ce côté-ci, c'est Hakuna Matata, pas de soucis, le maître Motoi
Sakuraba reprend les rênes et il y a de fortes chances pour que la
bande son de Baten Kaitos II soit aussi grandiose que celle du premier,
si ce n'est meilleure si les pistes musicales s'avèrent plus
nombreuses... Ce sont les japonais qui vérifieront ça le 23 février
2006, tandis que l'Europe, quant à elle... |