Annoncé fin février sur le Wiiware, LostWinds a su en quelques mois susciter un véritable engouement chez les joueurs grâce à des images et des bandes-annonces mettant en avant un gameplay novateur, des graphismes de qualité et une ambiance poétique rarement rencontrée dans les productions occidentales. Avec leur nouveau jeu, les Britanniques de Frontier Development semblent donc avoir parfaitement compris la philosophie du Wiiware en nous proposant, pour seulement 1000 points, un titre charmant et original.
Un univers classique et poétique...
« L'île de Mistralis fut créée il y a bien longtemps par douze esprits élémentaires qui une fois leur œuvre achevée s'en retournèrent vers la Grande Tour afin de veiller sur ce nouveau monde et ses habitants. Balasar, l'esprit du soleil et de la lune, empli de vanité et ivre de pouvoir, décida de placer les habitants de Mistralis sous sa coupe et de se faire adorer comme un Dieu. Lorsqu'ils se rendirent compte de sa trahison, les autres élémentaires s'unirent pour façonner la Pierre d'esprit et tentèrent d'y enfermer le Tyran. Mais son pouvoir était tellement grand qu'il réussit à résister à l'assaut conjugué des onze autres esprit et seul le sacrifice d'Enril, l'esprit du vent, réussit à l'affaiblir suffisamment pour qu'il soit finalement enfermer dans la Pierre. Cependant Enril paya le prix fort pour sa bravoure et fut également enfermée au cœur de la Pierre, condamnée pour l'éternité... Des siècles passèrent et la colère de Balasar le transforma en une entité bien plus maléfique. Malgré les tentatives d'Enril pour calmer sa fureur son pouvoir grandit tant et si bien qu'il réussit à briser la Pierre de l'intérieur et pu enfin se libérer. La déflagration ébranla Mistralis, détruisant la Grande Tour et obligeant les esprits à trouver refuge dans le monde qu'il avait créé. Enril fut quant à elle enfermée dans les sept fragments de la Pierre brisée qui s'éparpillèrent à travers l'île. Bien que Balasar fut terriblement affaibli, les esprits, terrifiés par l'être haineux qu'il était devenu, se cachèrent parmi les mortels plutôt que de l'affronter, lui donnant ainsi la possibilité de reconstituer son pouvoir au fil des ans... Aujourd'hui, ce pouvoir commence à se manifester physiquement sous la forme de créatures d'ombre mais les esprits, cachés sous leur forme mortelle, ont oublié leur devoir et vivent sans se soucier du danger imminent... Seule Enril, toujours enfermée dans les fragments de la pierre, possède le courage de s'opposer à Balasar mais elle doit d'abord retrouver ses pouvoirs et elle ne peut le faire seule. Heureusement, un garçon nommé Toku a entendu son appel et a retrouvé l'un des fragments. Ce n'est pas un héros ! Il est jeune, faible et pas très dégourdi mais il a du courage et le goût de l'aventure. Enril devra donc protéger cet enfant suffisamment téméraire pour l'aider à retrouver les pouvoirs des vents perdus et vaincre une nouvelle fois le danger qui plane sur Mistralis. »
Le scénario de LostWinds est donc plutôt classique et totalement manichéen mais la narration, qui ne s'embarrasse pas de palabres inutiles, reste simple et efficace. De plus cet aspect conte de fée cadre parfaitement avec le coté poétique de l'œuvre et on se laisse donc porter par l'histoire sans rechigner. Au delà de cet aspect scénaristique, finalement assez secondaire, ce sont surtout les graphismes et la musique qui participent à l'immersion du joueur dans le monde de Mistralis. Techniquement impressionnant pour un jeu de seulement 40 Mo, LostWinds renvoie au placard la plupart des titres Wii actuels en proposant des graphismes de qualité mais surtout une esthétique particulièrement inspirée qui évoque des jeux comme Okami ou Zelda tout en conservant une vraie personnalité. Une ambition qu'on attendait par forcément d'un jeu Wiiware.
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... pour un gameplay original et maîtrisé.
Un scénario qui se laisse suivre tranquillement, une ambiance sonore et visuelle propice à l'évasion... Ce sont de bonnes bases mais ça ne suffit pas à faire un bon jeu ! Après s'être assurer un emballage de qualité, il fallait de LostWinds fasse ses preuves la Wiimote et le Nunchuk en main. Et bien on peut dire que le pari est réussi puisque les développeurs de Frontier ont réussi à faire la synthèse de nombreuses influences au sein d'un gameplay homogène et qui fonctionne parfaitement bien. Entièrement en 3D mais adoptant une représentation 2D, le jeu est a classer dans le genre plate-forme/réflexion puisque le joueur passera l'essentiel de son temps à résoudre de petites énigmes pour faire progresser Toku dans les différents environnements de l'île de Mistralis. Il y a certes quelques combats contre les troupes de Balasar mais ils ne représentent pas un challenge suffisant pour gêner la progression. Tout au plus s'amuse-t'on à expérimenter diverses manières de les éliminer en fonction des pouvoirs acquis par Enril au cours du jeu. La recherche des pouvoirs de l'esprit du vent constitue d'ailleurs l'un des principaux enjeux du titre puisqu'à la manière d'un Super Metroid ou d'un Castlevania, l'univers de LostWinds est constitué d'un niveau unique plus ou moins labyrinthique dont certaines portions sont inaccessibles jusqu'à l'acquisition du pouvoir adéquat. Point central du gameplay, le duo que forme Toku et Enril n'est pas sans rappeler Ico et Yorda avec la symbolique du personnage faible qui doit absolument être protégé des créatures maléfiques et des dangers d'un environnement parfois hostile. En pratique, on dirige chaque personnage avec un contrôleur différent (Nunchuk pour Toku et Wiimote pour Enril) mais les deux héros restent totalement indissociables. On déplace le jeune garçon avec le stick analogique (droite et gauche) et une pression sur la touche Z lui permet de parler aux habitants de Mistralis ou de saisir des objets. Les capacités de Toku ne vont cependant pas plus loin et il est donc indispensable de bien maîtriser les pouvoirs d'Enril pour progresser et éviter que son petit compagnon ne se fasse blesser.
C'est là que ce trouve d'ailleurs toute l'originalité du jeu puisque l'esprit du vent, symbolisé par le pointeur de la Wiimote, donne la possibilité au joueur d'interagir avec de nombreux éléments du monde de Mistralis. Tout d'abord le simple fait de déplacer le curseur à l'écran a un effet sur la végétation ambiante, faisant ployer les herbes et bruisser les branches des arbres. Ce n'est pas utile au gameplay mais ce souci du détail fait toujours plaisir à voir. En bougeant rapidement le pointeur sous les pieds de Toku, on peut également créer une sorte de coussin d'air afin de freiner sa chute, ce qui devient rapidement indispensable vu la propension du gamin à tomber de haut. Au-delà de cette utilisation basique des pouvoirs du vent, on peut également provoquer de petites bourrasques en appuyant sur le bouton A et en déplaçant le curseur dans la direction souhaitée, sachant que la vitesse du mouvement aura une influence sur la force du vent. Il s'agit certainement du pouvoir le plus utile puisque grâce à ces petites bourrasques, le joueur pourra envoyer valdinguer les ennemis, déplacer certains objets et interagir avec Toku de différentes manières. Ainsi, utiliser le vent pour déplacer le p'tit bonhomme deviendra vite une seconde nature puisqu'il ne sait pas sauter et qu'il n'est guère véloce. Et comme il n'est pas spécialement costaud non plus, il lui sera impossible d'ouvrir des coffres, de tirer les leviers ou même simplement de déterrer des fruits, obligeant Enril à lui donner un « coup de vent ». Enfin il est possible, en maintenant appuyé le bouton B, de tracer de légers courants d'air de manière totalement libre mais sur une distance limitée. Particulièrement pratique pour guider un peu d'eau jusqu'à une plante desséchée ou amener le feu d'une torche jusqu'à un tas de ronces récalcitrant !
Des qualités indéniables et des défauts frustrants LostWinds regorge encore de nombreuses petits détails et subtilités qui en font un jeu véritablement plaisant à jouer. On peut ainsi utiliser les pouvoirs d'Enril pour interagir avec les habitants de Mistralis et il est vraiment très sympathique de voir un groupe d'enfants rire d'une petite bourrasque taquine ou bien d'observer l'air perplexe d'une villageoise après avoir fait s'envoler la miche de pain qu'elle tenait dans les bras. Cependant, le jeu de Frontier Development n'est pas parfait et plusieurs petits défauts viennent ternir ce joli tableau. Des défauts techniques tout d'abord, avec la présence de bugs de collision qui peuvent laisser Toku planté dans le décor obligeant alors le joueur à revenir à l'écran titre. Il n'est également pas rare d'être témoin de quelques ralentissements mais ceux-ci ne sont cependant pas dommageables. D'un point de vue ergonomique, on aurait aimé bénéficier d'une petite carte afin d'éviter de chercher pendant cinq minutes l'accès à un lieu déjà visité mais dont une partie était jusque là inaccessible. Cette absence de carte a cependant l'avantage de rallonger la durée de vie très modeste qui constitue le plus gros défaut du titre. Il faut en effet entre deux heures trente et trois heures pour battre le dernier (et unique) Boss et, même si la recherche de 24 petites statuettes à collectionner peut faire monter le compteur jusqu'à quatre heures de jeu, il y a tout de même de quoi ressentir une certaine frustration en assistant à la cinématique de fin.
Car au delà de cette durée de vie qu'on peut toujours relativiser vu le prix du jeu, ce qui dérange, c'est surtout cette impression de n'avoir finalement joué qu'au premier niveau d'un jeu beaucoup plus grand... Il reste donc à voir comment va évoluer la franchise et si le format épisodique qui semble être mis en place est justifié par l'apport régulier de véritables innovations. Car à 10 € l'épisode, on aura vite fait de rejoindre le prix d'un titre « classique » sans en avoir les avantages. |