Castlevania : Order of Ecclesia, tel est le titre du troisième épisode
DS de la série de Konami. Après un classique et efficace Dawn of Sorrow
sorti au tout début de la DS suivi d’un Portrait of Ruin innovant mais
tout de même assez contesté par les fans, qu’en est-il de ce nouvel
opus ? Amateurs des coups de fouets bien placés, rangez vos accessoires
car dans ce volet il sera question de suivre l’aventure non pas d’un
Belmont mais de Shanoa, une brune méchamment mignonne qui compte bien
faire la peau du seigneur des ténèbres, Dracula.
La vengeance d’une brune On
ne le dira jamais assez mais 2008 a été synonyme de qualité sur
Nintendo DS et notamment de la part des éditeurs tiers. Pour clôturer
magistralement cette année, quoi de mieux qu’un nouvel épisode de
Castlevania ? Généralement de très bonne qualité, les Castlevania
portables ont toujours été un peu trop conservateurs, en se calquant
les uns par rapport aux autres sur le gameplay du fameux Castlevania
Symphony of the Night. Après un Portrait of Ruin très sympathique et
qui a ouvert quelques pistes sur l’évolution de la série, il aura fallu
attendre deux années pour que sa suite voie enfin le jour. Changement
d’ambiance puisque le jeu se déroule un siècle plus tôt. Vous incarnez
le rôle d’une bien mystérieuse fille répondant au nom de Shanoa, membre
de l’ordre de l’Ecclesia, une organisation chargée de contrer les
actions maléfiques du comte Vlad Tepes Dracula. Shanoa est de plus
l’élue qui recevra les glyphes Dominus, le pouvoir ultime permettant de
détruire à jamais le suceur de jeunes vierges. Mais un autre membre de
l’ordre dénommé Albus, un peu jaloux de ne pas être le bienfaiteur de
l’humanité, dérobe sournoisement les glyphes Dominus et décide de
mettre les voiles. Mécontent de s’être fait bananer, Barlowe, le chef
de l’ordre, envoie Shanoa traquer Albus à travers toute la
transylvannie afin de récupérer ses précieux pouvoirs.
Exit le
désagréable côté manga apparu depuis Aria of Sorrow, on retrouve enfin
un bon vieux chara-design glauque à souhait. On ne peut que saluer
cette réorientation gothique donnant un cachet maléfique à la petite
cartouche DS. Passé une courte séquence d’introduction un poil en
dessous des autres épisodes, on arrive dans les premiers couloirs du
jeu. Les habitués de la saga retrouveront vite leur marques : deux
trois coups de latte, un petit saut sur une plateforme, on court toutes
les trente secondes à la sauvegarde. Non, il faut un peu attendre pour
se rendre compte du potentiel de ce nouveau Castlevania. Première
nouveauté, la présence d’une carte sur laquelle on sélectionne le lieu
à explorer. Les tableaux de Portrait of Ruin avaient déjà annoncé la
couleur, Konami semble vouloir s’écarter de l’éternel château aux 115
salles à explorer. Certains maugréeront contre le déroulement forcément
plus linéaire que les anciens épisodes puisque chaque niveau sur la
carte ne sera accessible qu’en finissant le précédent. Mais la
récompense en vaut la chandelle puisque l’on a droit à un monde varié :
des sous-bois gorgés de brume, des grottes sous-marines infestées
d’hommes-poissons ou encore des manoirs et des marais pas très bien
fréquentés. Petit clin d’œil pour les amateurs de Castlevania 2 :
Simon’s Quest, un village vient faire son apparition sur la carte. Au
début aussi animé qu’un enterrement chez les jésuites, il faudra
retrouver un par un ses habitants pour redonner un peu de vie au
patelin. Une fois les villageois secourus, ce sera l’occasion
d’accomplir pour eux tout un tas de quêtes, la récompense étant soit
lucrative, soit pour ravitailler l’inventaire rachitique du magasin.
Dans la lignée de son prédécesseur, les quêtes sont l’occasion de
farfouiller dans les niveaux pour mettre la main sur des objets
spécifiques ou d’aller dénicher quelques monstres rares. Nombreuses
bien que pas vraiment passionnantes, elles sont néanmoins nécessaires
pour se payer un équipement décent et récolter quelques bonus. |
Une bonne glyphe dans ta tête
Après
la collaboration à deux personnages dans Portrait of Ruin, la nouvelle
mécanique de ce Castlevania est le système de glyphes. Espèces de
sceaux magiques, le principe des glyphes ressemble beaucoup aux âmes
collectionnées par Soma dans Aria et Dawn of Sorrow. En combattant
certains des sbires de Dracula, vous pourrez récupérer leur glyphe pour
repartir avec un nouveau pouvoir en poche. En plus des tout puissants
glyphes Dominus que vous obtiendrez au cours de votre périple, il
existe aussi d’autres glyphes soigneusement cachés dans chaque niveau.
A vous de rester attentif afin de ne pas oublier un endroit contenant
un glyphe bien pratique contre les futurs boss à venir. Revenons à
notre Shanoa qui peut s’équiper de trois glyphes différents : deux
d’attaque et un de soutien (augmentation temporaire de force, d’argent,
transformation, etc…). Heureusement, il est possible de mémoriser trois
combinaisons de glyphes et de passer de l’une à l’autre à tout moment
du jeu. Rien de vraiment original jusque là, sauf que chaque
combinaison de glyphes d’attaque offre un spécial différent consumant
votre réserve de coeur. Par exemple en équipant une rapière avec un
sort de feu, le spécial résultant est un puissant coup d’épée
enflammée. Sans prendre de risques, Konami opte pour une mécanique
simple et efficace qui devrait séduire les amateurs de la série. Les
autres éléments du gameplay sont assez conventionnel pour un
Castlevania, les éternels points d’expérience gagnés au cours des
combats et les différents attributs : force, défense, etc., sont encore
une fois de la partie.
Le challenge sera au rendez-vous dans ce
Castlevania, la difficulté a nettement été rehaussée par rapport aux
anciens épisodes. En effet il n’est pas rare de recommencer plusieurs
fois un affrontement contre un boss afin d’assimiler ses différentes
techniques ou d’aller simplement augmenter son niveau d’expérience pour
traverser certains passages un peu chauds. Même si la difficulté reste
largement surmontable pour la plupart des joueurs, les néophytes
risquent par contre de jeter l’éponge assez tôt dans le jeu. En plus de
jouir d’un challenge relativement corsé, Castlavania : Order of
Ecclesia peut se vanter d’être l’épisode portable possédant la plus
longue durée de vie. Il faudra une bonne dizaine d’heures pour finir le
jeu et encore sans compter toutes les quêtes et les nombreuses morts
prématurées que vous subirez. Un autre élément très astucieux de la
part des développeurs pour rallonger la durée de vie est d’avoir inclus
dans les niveaux des coffres qui n’apparaissent que lorsque vous
reviendrez sur vos pas et d’autres qui sont permanents mais renfermant
des objets communs. Parlons enfin de la réalisation graphique qui est
vraiment de très haut vol dans ce Castlevania. Tout d’abord les
environnements vous mettront une grosse gifle en terme de 2D, pour de
la DS c’est tout simplement magnifique. Sur chaque niveau on ressent le
travail d’orfèvre de la part des développeurs de Konami : les décors
fourmillent de détails, les nombreux scrollings et les animations
composant les arrière-plans forment une véritable œuvre d’art qui font
de Castlevania : Order of Ecclesia l’épisode 2D le plus réussi
visuellement parlant. La bande sonore est dans la lignée de la saga, à
savoir tout bonnement excellente. Un petit mot sur les différents modes
de jeu, on retrouve à nouveau le mode boss (déblocable en finissant le
jeu), un mode entraînement dans lequel il faudra terminer au plus vite
un des trois niveaux en tuant le maximum de monstres et enfin la
désormais classique option Wi-Fi où il sera possible d’échanger des
items entre amis.
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