TEST : MADWORLD
UNE [jeu] MadWorld
Console :
console
Editeur :
Sega
Développeur :
Platinum Games
Genre :
Action
Nombre de joueurs :
1
Informations :
test apperçu newsnews soluces
sortie JAP10 février 2010
sortie USA10 mars 2009
sortie EUR20 mars 2009
courrier forum chat
signé :
TEST

 

Dire que MadWorld se sera fait attendre par tous les possesseurs de Wii constitue un doux euphémisme. Avec son esthétique qui claque et sa promesse de violence extrême, le jeu d'action bien burné de Platinum Games apparaît un peu comme une sorte de messie, un joyau au milieu de la fange des simulations de vétérinaire et des compilations de mini-jeux qui pullulent sur la Dame Blanche de Nintendo. Alors, toc ou diamant dix-huit carats ?


Jaquette de MadWorld

Tu aimes les films de gladiateurs ?


Image de MadWorld Jefferson Island. Ville totalement coupée du monde, en proie au chaos et à la destruction, dans laquelle se déroule le jeu télévisé le plus populaire au monde : le DeathWatch. Dans cette sorte de combat de gladiateurs moderne où tous les coups sont permis, la promesse de victoire n'est pas seulement celle d'une éventuelle survie, mais surtout celle d'un joli pactole de 100 millions de dollars. De quoi attiser toutes les convoitises et donner un bon prétexte pour transformer son prochain en pièce de boucher de choix. C'est sous ses meilleurs auspices que débarque Jack Cayman, héros aux faux airs d'Hellboy, sur Jefferson Island, qui, armé de sa tronçonneuse et d'à peu près tout ce qui lui tombe sous la main, va tenter de se tailler la part du lion dans un monde devenu fou. Pour être honnête, avec un nom aussi prestigieux que celui de Yasumi Matsuno (Final Fantasy Tactics, Vagrant Story) attaché au scénario, on était en droit d'attendre bien plus qu'une intrigue aussi prévisible et plan-plan, puant le cliché par toutes les pores. Malgré quelques répliques bien senties et des cinématiques stylées façon comic book, l'histoire ne décolle jamais de sa platitude extrême. Dommage, donc.

Image de MadWorldMais qu'importe au final une quelconque tentative de scénario, MadWorld n'est pas là pour faire dans la finesse. Platinum Games l'a suffisamment répété tout au long de leur développement, le but avoué de leur bébé est de revenir à un plaisir simple, celui de trouver les façons les plus amusantes et originales de tuer. Car pour obtenir les faveurs des spectateurs du DeathWatch, Jack ne va pas devoir se contenter de simplement tabasser à mort les autres participants. Démembrements, décapitations, éviscérations : plus le joueur débite de la barbaque à la minute, plus il marque de points, nécessaires pour déclencher l'apparition du boss du niveau. Fort heureusement, chaque niveau regorge d'un véritable petit arsenal de joyeusetés contondantes. En plus de ses poings et de sa tronçonneuse, très puissante, mais en accès limité, Jack peut en effet se servir d'un bon nombre d'éléments du décor à des fins meurtrières. Panneaux de signalisation en travers de la tête, pneus pour immobiliser ses adversaires, empalement sur tout ce qui traîne... tout est bon pour que les ennemis obtiennent rapidement un deuxième trou de balle. Inutile de le nier, les premières minutes de découverte des possibilités du DeathWatch sont un véritable plaisir barbare basique, purement violent et défoulant, surtout que le jeu ne lésine pas sur la dose d'hémoglobine accompagnant chaque meurtre. A côté, Mortal Kombat ferait presque office d'œuvre sainte, c'est dire.

Pas de pitié pour les croissants


Image de MadWorldEn bon show télévisé qui se respecte, le DeathWatch propose toujours plus pour faire saliver le chaland. La succession de meurtres toujours plus improbables contre la chair à canon de base débouche évidemment sur un duel contre un boss de fin de stage. Bien fichus, souvent assez retors, ces derniers ont bénéficié d'un travail tout particulier, avec un finish exclusif pour chacun d'entre eux histoire de terminer le niveau dans une apothéose de sang. Cependant, MadWorld n'est pas non plus qu'une succession de combats. En plus de nouvelles armes (batte à clous, doubles dagues...) à débloquer à mesure que le score progresse, les organisateurs ont prévu de pimenter l'émission par une bonne dose de mini-jeux gores à souhait. Un peu comme les épreuves d'immunités dans Koh-Lanta, mais sans Denis Brogniart, Jack tenant le rôle de Moundir. Ces Bloodbath Challenge, présentés avec force mise en scène par un Black Baron pimp jusqu'au bout du long câble, méritent plus que jamais leur nom. Que ce soit une partie de fléchettes humaines, un golf où les têtes remplacent les balles, ou encore un bassin-pressoir à remplir de sang, tous ces challenges originaux sont un pur prétexte pour faire péter la bonne dose de rouge qui tâche. Une variété bienvenue dans le pugilat sanglant du DeathWatch, en somme. Mais pas sûr que cela soit suffisant pour captiver la foule.
Citation de Ramzabeoulve
Image de MadWorldCar si les premiers stages dans MadWorld sont donc du pain bénit pour les possesseurs de Wii, c'est en avançant dans l'aventure que surgissent les premiers gros problèmes, le plus grand concernant la pauvreté générale du gameplay, à faire pâlir un pays du Tiers-Monde. Empaler quelqu'un avec fracas, c'est très drôle, mais tout de même sacrément moins au bout de la centième fois. Et que ce soit sur un mur, l'avant d'un camion ou un arbre, l'animation reste absolument la même. Finalement, les possibilités de meurtre s'avèrent donc vite réduites à peau de chagrin. Et ce ne sont pas les deux-trois meurtres exclusifs à chaque niveau qui risquent de faire sortir les spectateurs du DeathWatch de la torpeur dans lequel le jeu les fait sombrer petit à petit. Même le pauvre Jack ne dispose que d'un combo de base, d'un launcher et d'une chope. Aucune évolution de ses capacités au cours du jeu, rien. Pire, même les Bloodbath Challenge, pourtant vecteurs principaux de nouveauté, ont droit à une V2 sans imagination dans les derniers stages. Comme si Platinum Games était arrivé à court d'idées passés les deux-tiers du jeu. Du coup, le sourire sadique accompagnant chaque meurtre fait place sur la fin à une amère déception. S'il ne fallait pas attendre de MadWorld un God Hand en noir et blanc, difficile de ne pas faire la moue devant tant de potentiel non exploité.

Image de MadWorldImage de MadWorld

Ça baigne, Chirac ?


Image de MadWorldOn se doutait bien que MadWorld ne serait pas le jeu le plus long de l'univers, mais pas qu'il serait aussi court. Cinq à six heures pour en venir à bout en mode Normal, ça fait tout de même sacrément cher l'heure de jeu. Oh, le jeu offre bien une nouvelle difficulté, ainsi que deux nouvelles armes fort amusantes. Mais en dehors de toute autre carotte, difficile de se trouver une raison pour aller refaire les anciens stages. Car au final, une deuxième visite n'apporte rien de plus, tant le jeu tourne en rond autour des mêmes mécanismes. Et inutile de compter sur le pseudo-système de scoring complètement faussé. Quant au mode Difficile, il porte plus que jamais son nom, puisque Jack ne disposera alors que d'une seule vie au lieu de trois. Tenter le coup relève du masochisme, d’autant plus que d’autres problèmes de MadWorld deviennent alors clairs. En plus d'une relative imprécision de la Wiimote lors de certains QTE, il faut également lutter avec le combo lock/caméra assez atroce. L'un étant purement et simplement mal fichu, l'autre ayant visiblement des problèmes de cocaïnomanie, les deux ensemble forment par moment un duo infernal dont on se serait allègrement passé. Et la seule parade disponible, une esquive en agitant le nunchuk, ne sauvera pas grand-monde tant elle s'avère imprécise en face d'une demi-douzaine de brutes passablement énervées. Enfin, si le jeu dispose d'un mode multijoueur, reprenant les différents Bloodbath Challenge, même syndrome : la lassitude point vite le bout de son nez.

Image de MadWorld Là où MadWorld reste totalement inattaquable, c'est bien sur son esthétique globale. Un simple coup d'oeil aux images suffit à s'en rendre compte : le choix si particulier du noir et blanc, laissant ressortir d'autant plus le rouge du carnage, était le bon, conférant au jeu de Platinum Games une identité forte et atypique. Cachant les possibilités techniques limitées de la Wii sous une triple couche de style très Sin City, MadWorld n'a au moins pas à rougir (quoique...) face à la concurrence sur ce point. Et si l'on pouvait craindre un quelconque fouillis visuel, l'équipe d'Atsushi Inaba a rendu une copie parfaite, l'action restant lisible en toutes circonstances. Du travail d'orfèvre. Soigné jusqu'au moindre détail, le DeathWatch bénéficie d'une ambiance sonore unique, avec des musiques aux sonorités hip-hop tout à fait dans le ton. De plus, les commentateurs du show et leurs répliques, bien que se répétant un peu trop, dépassent allègrement la frontière du politiquement correct, chose trop rare sur la très sage Wii. Bref, un pur régal... à condition de zapper d'entrée la VF, atroce et censurée d'une bonne dose de mothafucka. Et puis, John DiMaggio alias Bender de Futurama pour présenter cette orgie d'hémoglobine, ça respire tout de suite plus de classe que le doubleur français de Jim Carrey.



NB : La version PAL ne propose pas de mode 60 Hz, ni de mode 480p, et demande une mise à jour obligatoire de la console.
TEST MadWorld écrit par Ramzabeoulve le 20 Mars 2009
18/20
Inutile de le nier, Platinum Games a tout misé sur son esthétique ô combien léchée. Le résultat, maîtrisé de bout en bout, époustoufle totalement, imposant sans contestation possible MadWorld comme le plus beau jeu de la machine.
10/20
Cinq à six heures suffiront à voir le bout de l'aventure, ce qui fait toujours un bon pincement au porte-monnaie. Tant promise, la rejouabilité du titre s’avère au final bien limitée, vu le peu de possibilités qu'offre au final les différents stages du DeathWatch.
14/20
MadWorld proposant un gameplay résolument simple, les différents mouvements de Jack, pas bien nombreux se maîtrisent très vite. Cependant, le jeu est loin d'être exempt d'imprécisions, ainsi que de nombreux problèmes de caméra brouillonne et de lock foireux.
16/20
Des musiques hip-hop collant à merveille avec la barbarie primaire du show, des commentateurs aux vannes sulfureuses assurant le spectacle - à condition de choisir la VO d'office : pas de doute, les développeurs ont tenu à fignoler l'ambiance jusqu'au moindre détail.
MadWorld, ou la désillusion au tournant. A privilégier totalement le style par rapport à la substance, le jeu de Platinum Games s'enlise bien trop vite dans la répétitivité, ne surprenant plus le joueur passé les premiers niveaux. MadWorld n'offre finalement qu'un simple amuse-gueule distrayant quelques heures mais superficiel, ne cherchant jamais à décoller de son postulat de base d'un amusement simple et violent. En ces périodes de disette sur la Dame Blanche, c'est déjà pas si mal, mais on en attendait bien plus vu le pedigree des développeurs.
14/20
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RIGHT
 
+ Un style unique et léché
+ Simple à prendre en main
+ La jouissance des premiers meurtres
 
- Honteusement court
- Répétitif
- Aucune profondeur de gameplay
- Des soucis de caméra
- Pas de 60 Hz ni de 480p dans la version PAL
Pas d'avis supplémentaire
NOTE JOUEURS

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