TEST : DRAGON BALL : ORIGINS
UNE [jeu] Dragon Ball : Origins
Console :
console
Editeur :
Namco Bandai Games
Développeur :
Namco Bandai Games
Genre :
Aventure - Action
Nombre de joueurs :
1 à 2
Informations :
test apperçu newsnews soluces
sortie JAP18 septembre 2008
sortie USA4 novembre 2008
sortie EUR28 novembre 2008
courrier forum chat
signé :
TEST

 

A force d'enchainer les Kamehameha et autres Final Flash dans des jeux de baston au casting toujours plus exhaustif, on en oublierait presque qu'avant d'être une succession de combats interminables entre des guerriers stéroïdés capables de détruire la galaxie d'un éternuement, Dragon Ball c'est avant tout l'histoire d'un gamin à queue de singe et d'une chipie aux cheveux turquoises partis à la recherche des légendaires boules de cristal capables d'exaucer n'importe quel souhait. Une histoire qui parodie avec bonheur le célèbre « Voyage en Occident » de Wu Cheng'en tout en laissant libre cours à l'esprit irrévérencieux et un brin pervers de ce cher Akira Toriyama. Alors lorsque Namco Bandai nous a dévoilé son nouveau jeu d'action-aventure censé nous faire revivre les premiers chapitres de la saga, notre sang de fanboy n'a fait qu'un tour et on espérait en secret retrouver tout ce qui faisait le sel des aventures du jeune Goku dans un titre de qualité. Mais ce con de Shenron n'exauce les voeux que de ceux qui lui touchent les boules et il semblerait que pour le coup le détecteur soit tombé en panne ...

Jaquette de Dragon Ball : Origins

La vérité est maintenant connue de tous : Shenron n'est pas un dragon sacré mais une vache laitière ! Et Son Goku n'est pas un super guerrier mais un éleveur de talent qui a su gérer son exploitation avec intelligence (à défaut de passion) pour nous produire des tonnes de fromages vidéoludiques pas toujours très raffinés depuis plus d'une vingtaine d'années. Du jeu de baston, en passant par l'action-aventure, le RPG ou même le jeu de carte, ce sont ainsi pas moins d'une soixantaine de titres qui se sont inspirés avec plus ou moins de bonheur des aventures de Son Goku & Co. Mais rares sont ceux qui ont abordé la première partie du manga, pourtant nettement plus imaginative, et en mettant de coté les jeux sortis sur Famicom avant l'arrivée de DBZ. Deux titres retiennent ainsi l'attention : un remake du troisième volet Famicom sorti sur Wonderswan en 2003 (uniquement au Japon), et l'excellent Dragon Ball Advanced Adventure sorti en 2005 sur les GBA européennes. Autant dire que les fans de l'œuvre de Toriyama pouvait attendre cette nouvelle adaptation avec impatience, surtout quand on nous promettait un Zelda-like à priori très fidèle au matériel de base.

N'est pas Link qui veut ...

Image de Dragon Ball : OriginsLe problème c'est que les développeurs de Game Republic sont quand même loin d'avoir le talent des p'tits gars de Nintendo EAD, et on s'en aperçoit assez vite en jouant à ce Dragon Ball : Origins. En effet si le jeu s'inspire beaucoup de Phantom Hourglass en proposant une maniabilité presque entièrement au stylet, la construction en chapitre introduit d'emblée une linéarité assez dommageable au plaisir de jeu, d'autant plus que les phases d'aventure sont loin d'être passionnantes. Ainsi Son Goku va enchainer des niveaux plutôt jolis mais au level design peu inspiré et aux énigmes franchement classiques, tout en tatanant divers adversaires et en se coltinant un boulet suicidaire en jupette. En effet cette bonne vieille Bulma reprend avec brio le flambeau des personnages féminins inutiles qui accompagnent bien trop souvent un héros totalement dépassé par la propension de l'IA a en finir avec la vie (ce qui bien entendu se solde par un joli Game Over), et ce ne sont pas les deux-trois armes à acheter entre les chapitres ou la présence d'une attaque spéciale au shotgun qui rendent notre chère gourdasse plus efficace. Le pire dans tout cela, c'est que les quelques bonnes idées apportées au fur et à mesure de l'aventure grâce à l'acquisition par Goku de nouvelles capacités sont rapidement gâchées par un enchainement d'énigmes sans grand génie usant et abusant des capacités en question. Du coup s'il est plutôt sympathique d'apprendre à transporter des flammes, de l'eau ou de l'électricité en faisant tournoyer notre héros sur lui-même afin d'activer un quelconque mécanisme, cela devient légèrement gonflant quand on enchaine cette technique dix ou vingt fois dans le même niveau. Et comme en plus la plupart des maps s'avèrent être passablement linéaires, ne s'autorisant que quelques embranchements histoire d'aller récupérer un coffre caché, la traversée du jeu s'avère parfois sympathique mais trop souvent lassante.

Image de Dragon Ball : OriginsHeureusement qu'à coté de cette partie « aventure » très basique et pas franchement réussie, les combats restent pour leur part plutôt efficaces. Certes la maniabilité fait preuve d'une imprécision gênante au début, d'autant plus que les différentes techniques de Goku demandent des manipulations assez similaires à réaliser au stylet. Mais avec un peu d'entrainement, on arrive à peu près à faire ce qu'on veut et on peut alors vraiment s'amuser, surtout contre les boss. Notre héros a ainsi à sa disposition deux styles de combat différents - à mains nues et avec le bâton magique - avec une bonne demi-douzaine de techniques pour chacun. Il est d'ailleurs possible de faire évoluer ces techniques sur trois niveaux en dépensant l'expérience accumulée grâce à de petits orbes bleus lâchés par les ennemis vaincus. Enchainement de baffes, charges, coups de bâton magique et autre Kamehameha, la palette de coup s'avère suffisamment riche pour ne pas s'ennuyer, d'autant que certains ennemis ne sont sensibles qu'à certains types d'attaques ce qui demande un minimum de stratégie. Outre les classiques points de vie, on constate également la présence d'une jauge de Ki qui diminue à chaque coup porté et qui une fois vide laisse notre brave Son Goku étourdi pendant quelques secondes. Il faut donc éviter de se la jouer bourrin et se ménager des pauses lors des affrontements afin de laisser le temps à sa jauge de Ki de se remplir à nouveau. Rien d'insurmontable cependant, et l'utilisation d'objets allant du bol de nouilles régénérateur de PV à l'herbe magique rendant invincible pendant quelques secondes facilite grandement les rares combats un peu chauds. Du coup malgré une difficulté toute relative l'aspect baston reste vraiment le point fort du gameplay de ce Dragon Ball : Origins et contrebalance adroitement des phases d'exploration légèrement gavantes. Notons enfin la présence de phases en nuage magique qui si elles restent malheureusement anecdotiques, s'avèrent fort sympathiques et brisent agréablement la monotonie de certains chapitres.

Citation de Kayle Joriin

Et un Paf-Paf pour la route !

Image de Dragon Ball : OriginsAbordons maintenant le chapitre épineux de la transposition de l'œuvre de Toriyama dans cette nouvelle adaptation vidéo ludique. D'un point de vue graphique tout d'abord on ne peut que féliciter les développeurs pour la fidélité avec laquelle ils ont modélisé les différents personnages de la série, même si certains second rôles n'ont pas fait preuve d'un très grand soin et que d'avantage d'expressions faciales n'auraient pas été de refus. Le jeu est donc plutôt joli sans non plus exploser la rétine, mais le fan jubilera sans aucun doute à la vue de certaines cinématiques très réussies comme le Kamehameha de Tortue Géniale à la Montage de Feu, ou la transformation de Goku en gorille géant dans l'antre du Roi Pilaf. Coté sonore en revanche le résultat est très loin d'être satisfaisant, et les « musiques originales japonaises » annoncées sur la jaquette s'apparentent méchamment à de la publicité mensongère. En effet, mis à part le thème principal japonais qui tirera une petite larme à certains, les musiques de DBO sont des compositions totalement originales d'une qualité franchement médiocre. Et si certaines s'intègrent plutôt bien dans à l'univers du jeu en reprenant des sonorités assez proches de celles de l'anime, d'autres sont totalement à l'ouest. Mention spéciale à la musique de certains donjons (notamment le QG de Toto Lapin) qui s'avère être une répétition ad-nauseum d'une pathétique partition de quinze secondes risquant fort de rendre dingue le joueur un brin mélomane. Pas d'autre solution à ce niveau que de couper le son sous peine d'avoir des envies de balancer sa DS par la fenêtre ... Et ne parlons même pas des doublages américains pitoyables et quasi inaudibles qui parsèment le jeu.

Image de Dragon Ball : OriginsAu delà de ce bilan technique mitigé il est absolument nécessaire de rétablir une vérité que de nombreux sites spécialisés et fans peu regardants ont tenté de dissimuler depuis la sortie du jeu : DBO n'est EN AUCUN CAS une adaptation 100 % fidèle au manga ou à la série. Les différents chapitres du jeu suivent certes assez fidèlement la trame scénaristique de l'œuvre originale mais le traitement de chacun d'entre eux s'éloignent souvent de manière très significative du script de base. Ainsi le deuxième chapitre verra par deux fois Goku et Oloon s'affronter, alors que n'importe quel fan de Dragon Ball sait pertinent que le petit cochon métamorphe n'a aucun talent pour la baston. Quant au chapitre narrant la rencontre avec Yamcha, il zappe totalement la mythique scène du camping car et transpose certains événements qui s'y sont déroulés dans la planque du « Roi du désert », en inversant même certains rôles au passage. Alors Diptéro-sodomie de la part d'un fan désabusé ? Et bien non ! Car si on se doute bien qu'une adaptation vidéo ludique peut difficilement être 100 % fidèle à un manga ou un anime, de nombreux rajouts et modifications effectuées ici n'apportent strictement rien à l'histoire et dans le même temps des scènes mythiques de l'œuvre de Toriyama sont passées à la trappe. Pire encore, la plupart de ces rajouts ne servent qu'à nous balancer des niveaux supplémentaires à l'intérêt ludique très discutable et uniquement destinés à rallonger une durée de vie pas franchement reluisante.

Image de Dragon Ball : OriginsImage de Dragon Ball : Origins

Mais ce ne sont même pas ces libertés prises par les développeurs par rapport au scénario original qui sont le plus dommageable. Ce qui déçoit c'est surtout le manque de caractère flagrant des dialogues et la psychologie rabotée de certains personnages. On est bien loin de la truculence du manga et de son petit coté impertinent. La plupart des allusions coquines de Toriyama ont ainsi été négligemment oubliées pour proposer un titre bon enfant adapté aux 12 ans et plus. Du coup Tortue Géniale ne veut plus toucher les seins de Bulma mais faire « une balade romantique avec elle », et le mythique Paf-Paf d'Oloon se transforme en pathétique « scéance d'entrainement ». Logique mais décevant, surtout que ces allusions n'ont jamais dérangé personne dans le manga, pourtant lu par des millions de ch'ti n'enfants.


Qui a les boules ?

Du coup on se demande un peu à qui s'adresse ce Dragon Ball : Origins avec son gameplay bancal, son ton un peu trop gentillet et ses libertés qui risquent de décevoir le fan exigeant. Surement pas aux amateurs de Zelda-like qui auront bien meilleur compte de se tourner vers Phantom Hourglass ou d'attendre le prochain Spirits Tracks, mais plus vraisemblablement aux fans de Dragon Ball qui aiment « refaire le match » et ne s'offusqueront donc pas des modifications apportées au scénario original. Ceux là trouveront sans doute un certain plaisir à parcourir le jeu, d'autant qu'il faut bien avouer que ce dernier réserve quelques moments de grâce, notamment à l'occasion des cinématiques mentionnées plus haut.

Image de Dragon Ball : OriginsImage de Dragon Ball : Origins

On peut cependant regretter que Game Republic ne se soit pas donné les moyens de réaliser une adaptation digne de l'œuvre de Toriyama, et n'ait pas fait preuve d'un peu plus de cohérence entre ses choix de gameplay et la transposition du scénario original. En effet, quitte à faire dans le linéaire, le scénario aurait pu être largement plus fidèle et nous proposer des chapitres correspondants à la seconde quête des boules de cristal ou au vingt-deuxième tournoi des arts martiaux au lieu de digressions malvenues et peu pertinentes. D'un autre coté, le jeu aurait pu prendre la forme d'un vrai Zelda-like et proposer un gameplay plus intéressant tout en s'éloignant quelque peu du script initial, ce qu'il fait déjà de toute manière. En l'état, Dragon Ball Origins reste donc un titre moyen, qui possède certes des qualités mais n'arrive à convaincre ni en tant que jeu d'action-aventure, ni en tant que vraie adaptation de la franchise.
TEST Dragon Ball : Origins écrit par Kayle Joriin le 19 Apr 2009
14/20
Très fidèle au matériel original, la réalisation de Dragon Ball Origins est d'une qualité fort honorable. Et même si le jeu ne rivalise clairement pas avec un Phantom Hourglass, il reste suffisamment beau et fluide pour séduire les fans de la série. On regrettera tout de même que certains personnages secondaires n'aient pas fait l'objet du même soin que Son Goku ou Bulma, que se soit en terme de modélisation ou de textures.
12/20
Très linéaire, le jeu se finit en onze à douze heures si on se limite aux chapitres de base. Viennent ensuite une grosse vingtaine de chapitres optionnels, la collecte des 200 statuettes bonus du jeu avec possibilité de se les échanger entre joueurs, et éventuellement un système de scoring qui poussera les plus courageux à refaire chaque niveau pour obtenir la note parfaite.
13/20
Entièrement jouable au stylet mais laissant la possibilité d'attribuer certaines commandes aux boutons et à la croix directionnelle, la maniabilité souffre d'un certain manque de précision qui fait qu'on se plante régulièrement entre des coups qui exigent des manipulations assez similaires. On finit par s'y habituer mais l'ensemble n'est clairement pas parfait et peut nuire à l'immersion.
8/20
Carton rouge sur ce point, car hormis le thème principal japonais qui ravira les fans de la série, le reste de bande son est d'une qualité franchement médiocre. Non seulement les musiques oscillent entre le tout juste correct et le profondément gavant, mais en plus les doublages anglais sont pitoyables.
Même s'il n'est pas foncièrement mauvais, on pouvait réellement attendre beaucoup plus de ce Dragon Ball : Origins, que ce soit en terme de Gameplay ou en terme de fidélité à l'oeuvre de Toriyama. Reste un titre plutôt joli, qui réservera quelques moments de grâce aux fans de la série mais qu'on ne peut raisonnablement pas conseiller aux amateurs de Zelda-like.
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+ Plutôt joli
+ Combats sympathiques
+ Des scènes mythiques
+ La musique d'intro
 
- Le reste de la bande son
- Phases aventures basiques et lassantes
- Des imprécisions dans la maniabilité
- Une fidélité toute relative
- Des digressions qui n'apportent rien
Pas d'avis supplémentaire
NOTE JOUEURS

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