Seconde itération du jeu de sport(s) d’Hudson, réunissant dix nouvelles
disciplines, Sports Island 2 arrive pour prolonger le succès d’un soft
qui avait su trouver son public. La recette fonctionnera-t-elle une
seconde fois ?
Mauvais temps sur les graphismes
Après
un premier volet plutôt conventionnel dans sa globalité, Sports Island
2 innove un peu tout en misant sur quelques valeurs sûres. Ainsi, au
rang des sports présents dans le soft, on retrouvera du tennis – assez
à la mode sur la console de Nintendo en ce moment –, fléchettes, hockey
sur glace, balle aux prisonniers, pétanque, ski de bosses, patinage de
vitesse, moto, kendo et natation synchronisée. D’un éclectisme
prononcé, ce nouveau titre semble donc s’adresser à tous les âges et
répondre à tous les goûts, que l’on soit japonais (via le kendo, par
exemple), américain (amateurs de dodge-ball) ou français en
l’occurrence (la pétanque étant probablement l’une des disciplines les
plus “françaises” qui existent).
Cependant, à diverses
disciplines sportives correspondent diverses réalisations. Ainsi, si
dans sa globalité le soft s’avère graphiquement simple mais efficace,
il est des fois où ça passe, comme pour le tennis notamment, mais dans
d’autre cas c’est un peu moins joli – par exemple certaines animations
du hockey et du kendo. Les personnages, qui ressemblent à des Mii en un
peu plus complexes, sont plutôt du genre simple mais efficace, et le
problème résidera plutôt dans l’environnement des épreuves, avec
certains environnements soit assez vides et pauvres, lors de la
natation synchronisée par exemple, soit moches – le ciel ou le flou de
la vitesse pendant les courses de moto ou encore les divers publics du
jeu, pour donner quelques exemples. Certains pourraient dire que ce
n’est pas exactement ce qui importe pour un jeu de sport, que
l’expérience de jeu wiimote en main est ce qui importe le plus, mais il
est tout de même dommage que près de trois ans après la sortie de la
console les développeurs ne fassent pas plus d’efforts du coté des
graphismes.
Avec l’expérience graphique, l’expérience sonore
fait, elle aussi, pâle figure. Si les sons relatifs aux diverses
épreuves sportives sont plutôt bien rendus, les musiques très convenues
du jeu tapent assez rapidement sur le système. Bien entendu c’est un
jeu familial, mais ce genre de musiques donne une impression de jeu
très cheap, ce qui nuit à Sport Island 2 au final. Pourquoi n’est-il
pas possible, dans un jeu de sport, d’éteindre la musique et de
n’entendre que les sons des sports et du public ?
Des sports inégaux en qualité
Après
avoir abordé le côté technique, attardons-nous un peu plus sur les
diverses maniabilités du jeu. Encore une fois, on trouvera du bon et du
moins bon. Commençons par le pire, la natation synchronisée. Ce jeu est
simplement inutile pour le commun des mortels et ne sera intéressant
qu’une quinzaine de minutes tout au plus, pour un enfant en bas-âge. Il
s’agit simplement d’un jeu de rythme simplifié à l’extrême, ou vous
aurez quatre gestes plus ou moins similaires à effectuer à des
intervalles beaucoup trop espacés pour rendre cela intéressant. |
Dans
le rang des “dommages”, on comptera le kendo qui, au moins, aura le
mérite d’avoir un peu plus d’intérêt que le sport précédent. Ici, le
problème est d’une part inhérent à la maniabilité, puisque le soft
peine à reconnaitre des gestes pourtant parfois assez amples, mais il
est aussi directement lié au sport en question. Effectivement, le kendo
est une affaire de réflexes, un point se joue en une touche. Ainsi,
c’est la vivacité de réaction qui compte, mais il est tellement
difficile de prévoir lorsque l’adversaire va taper que finalement on se
contente à essayer de taper le premier, avec un taux de réussite assez
satisfaisant.
Parmi les “peut mieux faire”, on notera la moto.
La prise en main est directe – normal, vous avez déjà assez joué à
Mario Kart et vous trouverez donc extrêmement rapidement vos marques,
ainsi que les wheelies ou les boosts gagnés après être resté quelques
secondes derrière un adversaire. Non, vraiment, cela aurait pu être
intéressant si on n’avait pas l’impression de conduire des motos avec
des roues en savon dès qu’il s’agit de prendre un virage…
Pour
le reste des sports, on notera quelques bémols. Le ski de bosse et le
patinage de vitesse, même si bien rendus et intéressants, se révèlent
très rapidement limités – le fait de n’avoir qu’un seul et unique tracé
n’y aide pas, c’est sûr. Ils resteront donc des disciplines très
courtes, que l’on ne refera que pour améliorer son temps. La pétanque
elle aussi a quelques bémols. Déjà, le jeu est vraiment ralentit,
chaque tir étant suivit d’une vue plongeante centrée sur le cochonnet.
Si c’est intéressant par moments, on aimerait bien pouvoir le sauter
pour aller un peu plus vite. De plus, il est à noter que la pétanque
est extrêmement difficile à maitriser, la faute à une maniabilité trop
approximative. On n’aura jamais autant souhaité une compatibilité au
Wii Motion+ que lors de ce sport.
Restent maintenant les sports
les plus aboutis. Commençons par la balle aux prisonniers, jeu
principalement basé sur les réflexes. Plutôt intuitif et bien balancé,
ce jeu est certes marrant, mais pourra devenir assez rébarbatif au bout
d’un temps. Ceci étant, il garde un certain intérêt. Les fléchettes
sont assez classiques pour leur part. On tiendra la wiimote comme une
fléchette, très simplement – à noter, cependant, une réponse un peu
trop bonne. Le jeu aurait peut être gagné un peu en accessibilité si un
lissage avait été apporté à la visée, facilitant ainsi le jeu pour les
personnes moins précises.
Ensuite, parmi les disciplines les
plus intéressantes, le hockey a plutôt bonne mine. Sorte de Mario
Strikers Charged Football sur glace, ce jeu est très défoulant et
rapide et aura le mérite d’être très accessible et de permettre d’y
revenir régulièrement pour une petite partie entre potes. Le seul bémol
concerne les animations, comme il a déjà été précisé, mais fort
heureusement cela n’affecte en rien le jeu en lui-même et ne dérangera
que le plus pointilleux. Enfin, passons au dernier sport, le tennis.
Discipline reine sur Wii, elle est encore une fois bien représentée.
Une fois la prise en main effectuée (il y a une petite latence à
respecter juste avant l’impact avec la balle), le jeu est vraiment très
plaisant. On retrouvera tout ce qui a fait le succès de Wii Tennis – et
notamment les super services –, le tout avec des graphismes un peu plus
élaborés et quelques améliorations, comme la possibilité de se déplacer
en plein jeu en montant au filet via le bouton A ou en redescendant sur
le court via B. Un ajout agréable qui donne un peu plus de profondeur
au jeu (en plus des balles coupées, liftées, accélérées ou lobées, qui
sont toujours possibles – bien que parfois un peu difficiles à sortir).
Notez également la possibilité d’effectuer un match en trois sets de
six jeux.
Pour conclure, Sports Island 2 est un jeu
globalement moyen qui s’en tire grâce à quelques disciplines sortant du
lot. On regrettera principalement que l’ensemble ne soit pas plus égal
en qualité, malgré quelques approches intéressantes. Côté durée de vie,
le jeu peinera à convaincre pour les joueurs seuls, le mode multi
étant, on peut le dire, le seul attrait du soft – et ce ne sont pas les
quelques défis à débloquer qui feront penser le contraire. |