Electronic
Arts... Electronic Arts, en ce moment, c'est un petit peu le grand
méchant loup. Accusé depuis plusieurs années déjà de trop user de ses
licences phares (The Sims, Fifa...) et de prendre grand nombre de
joueurs pour des vaches à lait, le premier éditeur mondial est d'autant
plus au premier plan de l'actualité vidéoludique depuis son premier
pas vers un gobage d'Ubi Soft, seul réel éditeur occidental pouvant lui
tenir tête. Le marché français de l'industrie s'effondrera-t-il d'ici
la fin de l'année avec "l'américanisation" de l'éditeur français?
Personne ne peut en être sur, mais aujourd'hui un constat s'impose:
Electronic Arts fait "grincher". Les jeux estampillés de la marque sont
de plus en plus critiqués, et les joueurs ont une actuelle tendance à
généraliser le dicton EA = caca.
Ne brillant pas par sa maturité, ce
constat est-il tout simplement d'actualité? Est-il vrai que EA nous
prend pour des consommateurs moyens, sortant à un rythme impressionnant
suites sur suites? Aujourd'hui, voici le test de NBA Street V3 sur
Gamecube; au-delà de la qualité du soft lui-même, le jeu peut-il nous
prouver, après 2 premiers épisodes réussis, que la franchise
californienne d'Electronic Arts n'est pas à bouder? La réponse sans
plus attendre, tout de suite maintenant.
Et Dieu créa l'arcade
E3 2001, Electronic Arts, déja éditeur numéro 1 mondial, présentait un
nouveau soft: Nba Street. Se démarquant clairement de son "homologue"
et franchise NBA Live, dite réaliste, NBA Street proposait un gameplay
totalement déjanté, très simple à prendre en main, se rapprochant du
mythique NBA Jam, dont les épisodes Super Nes et Playstation en avaient
fait une franchise mythique. Sorti fin 2001 chez nous, tandis que nous
attendions encore les sorties Pal de la Xbox (14 mars 2002) et du
Gamecube (3 mai 2002), et donc uniquement sur Playstation 2, NBA Street
a su convaincre les joueurs grâce à un gameplay jouissif, basé sur la
surenchère et le challenge de l'adversaire, et ce avec les licences
NBA, proposant donc pour la 1ere fois d'imaginer des actions
invraisemblables avec des joueurs bien réels. Disposant de bons
graphismes et d'une durée de vie boostée grâce à un long mode Story,
mettant aux prises son propre personnage aux légendes de la "Street" et
aux légendes NBA, le premier opus a donc rencontré un succès franc
(notamment aux Etats Unis). Il faudra attendre mai 2003 et la sortie du
second opus, NBA Street Volume 2, simultanément sur PS2, Xbox et
Gamecube pour voir la franchise décoller, enterrant NBA Jam qui tenta
d'ailleurs un ultime come-back en 3D, totalement loupé, fin 2003. NBA
Street 2 proposait des graphismes sublimes, servis par une bande son
fabuleuse orientée Hip Hop ricain, et surtout une ambiance ainsi qu'un
fun incomparables à plusieurs. Le mode Story était aussi de la partie,
vous proposant une nouvelle fois d'incarner un jeune basketteur
New-Yorkais à la recherche de la gloire des playgrounds...
Votre
équipe constituée, vous partiez à la conquête du respect, notion très
importante dans le jeu et matérialisée par des points de réputation.
Parsemé de quelque "boss", au charisme indéniable, le jeu était long,
fun, beau, jouissif. Il rencontra cette fois ci un succès en Europe,
grâce à son format multiplateforme bien sûr, mais aussi probablement
grâce à l'émergence de ce noble sport qu'est le basket-ball chez
nous... Quoi qu'il en soit, le succès du soft inspira bien des choses à
Electronic Arts, qui annonçait quelques mois après, lors de son salon
annuel, en Juillet, le développement d'un nouveau jeu estampillé
"Street"... NFL Street. Sorti début 2004 chez nous, passé inaperçu car
le football américain n'étant que peu populaire ici, NFL Street fut une
bonne surprise dont les joueurs européens ne purent profiter sur GC,
seule la version PS2 ayant été sortie en Pal, même pas traduite.
Rebelote pour NFL Street il n'y a pas si longtemps, avec le second opus
sorti fin 2004 déjà aux Etats Unis, et qui s'apparenta cette fois à un
NFL Street 1.5...
Début d'une franchise gâchée? L'avenir nous le dira.
Pour le reste de l'actualité, EA a d'ores et déjà annoncé Fifa Street
qui ne devrait pas tarder (prévu pour mars chez nous), ainsi que NBA
& NFL Street sur la PSP. Les Street sont à la mode, donc. EA a-t-il
raison de tant miser dessus? NBA Street 3 est enfin disponible chez
nous, sur PS2, Xbox et Gamecube.

Gamebreaker style Ce
troisième opus, second sur le Cube, donc, s'apparente plus a un nouvel
épisode qu'à une version améliorée du Volume 2, merci bien. Développé
par les auteurs du fabuleux SSX3, NBA Street V3 devait marquer l'apogée
de la franchise, l'arrivée à maturité d'une une série concentrée sur
notre génération 128 bits de consoles de salon. D'entrée de jeu, la
patte graphique touche: le jeu est magnifique, doté de ce petit grain
qui fait le charme de la série, rendant le jeu presque "cartoonesque".
Les animations sont une nouvelle fois extrêmement fluides. Le principe
n'a pas changé: 2 équipes, chacune composée de 3 joueurs, s'affrontent
dans des matchs à mort ou plutôt des matchs de basket-ball. Jusqu'ici,
rien de transcendant. Mais la nouveauté instaurée à l'époque par le
tout premier épisode se trouve en la charmante présence du gamebreaker.
Dans l'épisode 2, le joueur avait désormais la possibilité de
"réserver" son gamebreaker afin de déclencher le gamebreaker... volume
2 bien sur.
Ce gamebreaker consistait en une action de grande classe,
parfaitement exécutée par la machine seule, et dont l'impact ne se
limitait pas qu'au moral de l'adversaire détruit par tant de féerie,
mais aussi au tableau d'affichage: +1, +2 voir +3 pour l'auteur du
Gamebreaker, et -1 pour la victime. Il est donc clair qu'au-delà du
basket-ball de base, il fallait briller.

Et
en effet, car le Gamebreaker ne pouvait s'obtenir qu'en ayant rempli
une jauge de style, dont le volume augmentait selon vos performances:
Vous contentant de jouer au basket-ball "de base", la jauge ne
décollait pas. Mais à partir du moment où le joueur arrivait à placer
de jolis dribbles, quelques balles dans la figure, et le tout ponctué
par un ravageur dunk, les points "tricks" s'envolaient, le jeu
récompensant largement et presque outrageusement les combos, suites de
tricks. Ce troisième épisode propose ici quelque chose de neuf: Le
gamebreaker volume 2 n'est plus disponible, et alors que le joueur
devait se contenter dans le second épisode de regarder la cut-scene
mettant en scène l'action collective magnifique de son équipe, sans
pouvoir interagir avec, le gamebreaker de NBA Street V3, unique, se
déroule plus intelligemment.
Tandis que vos adversaires "freezent" pour
ne pas vous gêner, le porteur de balle de votre équipe s'envole en
temps réel donc, et c'est à vous de réaliser des figures assez
extravagantes à l'aide du stick C jaune. Et la bonne idée se situe dans
la récompense de votre prise de risque: si vous osez réaliser des
mouvements plus compliqués, comme passer la balle à un autre coéquipier
qui aura décollé à votre suite, la jauge du Gamebreaker augmentera à
nouveau, portant votre bonus de points à 2 pour un gamebreaker simple,
jusqu'a 4 si vous réalisez les figures dans le bon timing! |
Une très
bonne idée qui rajoute un peu de piment à la chose, car la chute est
possible, et louper un Gamebreaker est très frustrant, forcément. Ici
donc, le risque paie, mais a des conséquences...

Show me the Street
Dans
ce troisième épisode, l'ambiance "gangsta-ricaine" a été poussée à son
paroxysme, à l'aide d'une bande son encore une fois magistralement
composée d'artistes de hip-hop différents. Ainsi on retrouve une
nouvelle fois Mc Lyte, Pete Rock, ainsi que de la soul qui signe un
magnifique titre à l'allure funk psychédéliquement bonne, tandis que
les autres titres se cantonnent à du rap ricain, plus classique donc
efficace. Il faut néanmoins être fan du genre ou le prendre au second
degré, car la musique est au service de "la mentalité" du jeu. Cette
dernière pourrait se rapprocher de celle du second épisode. Tandis que
NBA Street V2 nous proposait d'incarner un jeune espoir qui doit faire
ses preuves de playground en playground, le troisième épisode est plus
basé sur la notion de "respect": les points de réputation sont toujours
présents, mais le concept est transcendé par une possibilité de
customisation qui renvoie celle du 2 aux vestiaires, tant la nouvelle
est bien plus complète. A l'instar du second Def Jam, sorte de Catch
Street, finalement, habiller son avatar est d'un plaisir fou, car les
possibilités sont extrêmement nombreuses et bien pensées. La
customisation ne s'arrête pas qu'à l'apparence, car les dribbles
peuvent aussi être choisis, rendant chaque perso du mode Street unique.
Un très bon point pour ce troisième épisode, dont la durée de vie est
encore une fois très satisfaisante: proposant un mode Street s'étalant
sur 70 jours, NBA Street est aussi fun en solo qu'en multi, jusqu'à 4,
bien sûr. Les parties à plusieurs sont donc jouissives. Mais pour
revenir au mode Street, le fonctionnement de celui ci est plutôt
décevant. Certes les modes de jeu au sein de celui-ci sont nombreux et
variés (match ou seuls les dunks comptent, pas de points tricks, 1ere
équipe arrivée à 250 000 pts tricks...), mais son déroulement semble
morne. Heureusement que les quelques tournois viennent égayer le
quotidien de notre apprenti basketteur, car les matchs s'enchaînent
parfois trop vite, mais c'est surtout la conclusion de ce mode Street
qui s'avère décevante, un seul tableau récapitulatif étant proposé au
joueur. Pas de boss final comme dans le deux, pas de possibilité de
revoir son parcours via la carte des Etats Unis comme dans le deux
toujours, bref le mode Street se termine un petit peu brusquement.
Mais
l'impressionnante quantité de persos et de terrains débloquables (les
légendes NBA jouables, le luxe) permet d'y revenir une seconde fois. La
nouveauté de ce mode de jeu vient du concours de dunks. A l'instar de
NBA Live 2005, qui avait déçu de ce coté là, NBA Street V3 propose vous
vous en doutez bien quelque chose d'assez excessif, mais étonnamment
jouable en guise de Dunk Contest. L'entraînement aidant, bien sûr, ce
mode pourrait devenir rapidement l'un de vos préférés à une seule
condition, celle d'accrocher. Car on peut adorer, comme n'y déceler
aucun intérêt. Encore une fois, cette nouveauté est à saluer du côté de
chez EA.

Nba Street V3, catch it NBA
Street V3 est donc d'excellente facture. Les modes de jeux présents ne
sont pas d'une impressionnante quantité, mais d'une sage qualité.
Seulement, quelques défauts, mineurs cependant, sont à signaler. Tandis
que le tutorial du second épisode était jouable, et extrêmement bien
fait, ce V3 doit se contenter de quelques vidéos, à l'image du 1er Def
Jam. Il s'agit ici d'un aspect "flemmement" mis de coté par les
développeurs, ce qui est regrettable.
Autre chose, les musiques ont
beau être très appropriées à l'ambiance, il est fort possible de ne pas
accrocher, et dans ce cas-là, autant couper tant elles sont toutes de
la même veine. Souffrant également d'une durée limitée, de 2 à 3
minutes chacune, il est surtout étonnant de voir un nombre si faible
composer la EA Trax (13). Il faut également signaler que lorsque l'on
est en match, on joue avec les instrumentales, chose appréciable tant
la qualité de celles-ci sont de rigueur. Autre petit détail avec lequel
les habitués du second risquent d'être choqués, le stick C. Comme dit
plus haut, c'est celui-ci qui nous permet de réaliser les tricks, que
ce soit en l'air pour les Dunk Contest ou les Gamebreaker, ainsi qu'à
terre, pour les dribles. Pouvant être dopés grâce aux touches "turbo",
L, R et Z, l'emploi du stick jaune est d'une utilité douteuse, tant
l'utilisation du Y était judicieuse dans le V2. Ici, il peut arriver
d'être usurpé par la sensibilité du stick en question, mais encore une
fois il s'agit d'un détail mineur.
Le titre dispose d'un fun
indéniable, mais parfois la gravité y est tellement faible que l'on
peut apercevoir des joueurs prendre pied d'appui depuis la ligne des 3
points ou même de derrière l'arceau, mettant en valeur les quelques
bugs ici et là... On ne baigne heureusement pas dans un NBA Jam, mais
"l'excessivité" certaine du gameplay peut fatiguer, lorsqu'elle est
poussée à son paroxysme. Le seul gros reproche est donc une certaine
monotonie qui s'installe au fil du mode Street... mais rien de très
grave.

To the Street Bénéficiant
de graphismes travaillés, d'animations fluides et agréables à l'œil,
ainsi que d'une bande son jouissive, NBA Street V3 a tout du titre
sérieusement finalisé. Les quelques bugs présents font grincher, mais
la richesse du gameplay, sublimée par le fun que le jeu dégage, offre
une expérience ludique jouissive pour tout fan de basket-ball qui se
respecte. A noter l'absence dans la version PAL des Beastie Boys.
Jouables tous les 6, ces bonus ne sont pas extraordinaires, mais
poussent à la "partie pour la route", simplement à remettre le CD dans
la console, lorsque quelques potes sont de passage. Riche grâce à son
solo, complété par des bonus, un multi fun et quelques bonnes idées
dont le Dunk Contest, NBA Street V3 est une réussite.
Moins marquant
que le second épisode en son temps car moins révélateur d'une franchise
qui prendra probablement son envol dès la prochaine génération de
consoles de salon, la V3 est néanmoins jouissive, longue et riche. A
tous les fans de basket-ball, get the playground. Pour les autres, le
jeu est simplement bon, à essayer au moins. |