TEST : OKAMIDEN : CHISAKI TAIYOU
UNE [jeu] Okamiden : Chisaki Taiyou
Console :
console
Editeur :
Capcom
Développeur :
Capcom
Genre :
Aventure
Nombre de joueurs :
1
Informations :
test apperçu newsnews soluces
sortie JAP30 septembre 2010
sortie USA15 mars 2011
sortie EUR18 mars 2011
forum podcast
signé :
TEST

 

Okami sur PS2 et Wii fait partie de ces jeux qui ne rencontrent guère de succès mais marquent les joueurs, même si le titre fut longtemps considéré comme un plagiat de Wind Waker. Difficile pourtant de faire le lien entre le titre de Nintendo et cette aventure dans laquelle une déesse incarnée en louve voyageait dans un Japon féodal bourré de références culturelles et à l’aspect visuel cel-shaddé proche d’estampes. Okami fut l'avant-dernier jeu du studio Clover, devenu depuis Platinum Games. Ayant conservé les droits de la licence, Capcom propose aux joueurs de se replonger dans cet univers singulier par le biais d’une séquelle, Okamiden, disponible depuis le 30 septembre au Japon et qui arrivera en Europe en 2011.


Plusieurs années se sont écoulées depuis qu’Amaterasu a vaincu le Roi des Ténèbres Eternelles et regagné le Monde Céleste à bord de l’Arche de Yamato aux côtés d’Ushiwaka. Alors que le calme était revenu à Nippon, un nouveau mal apparaît et le prive à nouveau de toute sa beauté. Malheureusement et au grand désarroi du très sautillant Issun, artiste et épéiste vagabond qui parcourt la contrée de toute part, point d’Amaterasu en vue, toute contente d’avoir été choisie lors du casting de Marvel vs Capcom 3 afin de rosser du super-héros en collant. Le hasard faisant bien les choses, au cours de son périple, Issun est agressé par des démons dans le village de Yakushi et se voit sauver par un Chibiterasu (Chibi pour les intimes) sorti de nulle part. C’est donc maintenant au tour du louveteau, rejeton de la louve anti-comics, de vaincre les forces des ténèbres et ramener paix et prospérité dans tout Nippon. S’il rencontre parfois Issun, le très mignon Chibi, capable de percer le cœur du plus sanguinaire gamer et de le rendre aussi sensible qu’une midinette adoratrice de Justin Bieber, va surtout être aidé dans sa quête par cinq enfants. Parmi eux Kuninushi, le fils du héros Susanō et de Kushinada, et Kurō (Crow), membre de la Tribu de la Lune, tout comme Ushiwaka, et s’exprimant comme lui dans un mélange d’anglais et de japonais.



Dis bonjour, Monsieur Peluche !


Depuis son annonce, les fans se sont posé de nombreuses questions à l’égard d’Okamiden. Capcom a-t-il su conserver l’esprit du premier volet ? La DS a-t-elle les reins assez solides techniquement pour proposer une immersion comparable à l’expérience vécue précédemment sur PS2 ou Wii ? Okamiden n’est-il qu’une version “kidz” d’Okami ? Il faut comprendre que Capcom n’a pas cherché à proposer une séquelle surpassant l’œuvre de Clover mais une production moins ambitieuse, sans pour autant dénuée de charme, à la fois accessible aux non-initiés, qui n’ont en l’état pas besoin de connaître Okami pour profiter du présent titre, même si certaines références leur échapperont, et permettant aux fans purs et durs de se replonger dans cet univers en parcourant des lieux connus et en retrouvant des visages familiers.

Le Nippon parcouru dans Okamiden est en grande partie le même qu’Okami. Rien d’étonnant à cela vu qu’il s’agit d’une suite directe exploitant le même univers. Si certaines régions sont manquantes, les fans traverseront une seconde fois le village de Kamiki, les plaines de Shinsue, la forêt d’Agata désormais submergée par les flots, les côtes de Ryōshima ou encore la cité de Seian, retrouvant de fait des figures connues telles que Sakuya, Mikanjii ou Kokari. Certaines ne font qu’une furtive apparition, le temps d’un clin d’œil, comme Fusehime. Néanmoins, Okamiden apporte son grand cortège de nouveaux personnages et démons, plus pittoresques les uns que les autres. Bien entendu, Chibi foule de ses petits coussinets le sol de nombreux lieux inédits comme le village de Yakushi, un théâtre kabuki bâti au sein de Seian, un festival démoniaque, Raiun Iriguchi, domaine céleste du dieu de la foudre… Comme tout bon jeu d’aventure de type Zelda-like, Okamiden propose d’explorer moult donjons truffés d’énigmes en tous genres et au bout desquels doit être vaincu un imposant boss. Il en offre d’ailleurs davantage que son prédécesseur.

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Dès les premières minutes de jeu, le constat est simple. Okamiden est une vraie claque technique et cela ne fait que se confirmer au fil de l’aventure. Tout comme les Kingdom Hearts 358/2 Days et Re: Coded, le titre de Capcom montre de quoi est capable la DS en matière de 3D et autant dire que la bougresse en a dans le ventre. Bien que les différences de capacités techniques entre la PS2 et la DS soient perceptibles, la transposition s’est finalement faite sans heurt, cela se vérifiant par le biais des environnements connus. La seule différence visuelle notable vient de l’absence du flou artistique qui donnait aux graphismes cel-shaddés d’Okami un aspect évanescent, fantasmagorique, et les rapprochait des estampes japonaises, mais le dit effet manque nullement. La seule gêne occasionnée par les limitations techniques de la portable est l’apparition abrupte d’éléments du décor ou de personnages au premier plan. Côte animations, c’est là encore impeccable que ce soit pendant les phases in-game ou durant la pléthore de cinématiques utilisant le moteur du jeu. Capcom a donc su préserver la charte graphique d’Okami de sorte que les fans ne seront pas dépaysés. Très respectueux du jeu de Clover, le studio en a aussi conservé la bande originale. Les nouvelles compositions, assez épiques et empruntant au répertoire traditionnel, sont autant envoutantes et émouvantes que celles du précédent volet. Les protagonistes s’expriment quant à eux toujours dans un charabia à base de « nyanyanya » et de « bleubleubleu ». Au final, la fidélité à Okami est telle que les fans ne verront pas le changement de développeur et s’immergeront dans cette suite à peine l’aventure commencée quand ils entendront une fillette prononcer « Okamiden » en appuyant sur New Game.



Évidemment, le Pinceau Céleste, pierre angulaire d’Okami, répond présent. À l’aide du stylet doivent être dessinés différents symboles afin de faire fleurir les cerisiers, faire souffler le vent, réparer des objets, couper en deux des obstacles ou détruire à l’aide de bombes des parois rocheuses. Ces différents pouvoirs sont conférés à Chibi non plus par les divinités du Monde Céleste mais par leur progéniture « kawaii ». Par contre, seul un nouveau pouvoir basé sur l’attraction et la répulsion magnétique est inédit, les autres sont issus de l’épisode original. Si le louveteau s’en sert lors de ses pérégrinations, il doit aussi en avoir recours lors des combats, se déroulant maintenant autant à ciel ouvert que dans des environnements clos.

Autrement, Peluche manie trois armes différentes reprises d’Okami (à raison d’une à la fois) et peut s’équiper de divers accessoires. La puissance des armes est accrue auprès d’un marchand de Yakushi à condition d’avoir trouvé des « koban » (pièces d’or japonaises de la période Hoei de 1710 à 1714) et d’avoir en sa possession des matériaux obtenus lors des combats suivant certaines conditions, comme sabrer en deux un démon après lui avoir asséné le coup de grâce, par exemple. Un autre commerçant de Yakushi propose lui des améliorations pour les pouvoirs élémentaires afin de les rendre offensifs mais il en coutera une somme rondelette de ryõs, d’où la nécessité de trouver et vendre des objets de valeur disséminés dans tout Nippon. Enfin, boutiques et marchands itinérants proposent une gamme de produits pour reprendre de l’énergie, augmenter sa réserve d’encre nécessaire pour tracer les symboles, ou améliorer durant un court laps de temps son attaque ou sa défense.



Chose qui risque de déplaire aux fans, comme un grand nombre de jeux d’aventure ou de RPG sur portable, Capcom a dû faire des concessions concernant la partie exploration. Finie l’alternance jour/nuit, la pêche. Exit les petits zanimo à nourrir, le maître d’armes qui apprenait à Amaterasu de nouvelles techniques. Plus possible de nager ou de creuser la terre. Le titre propose quelques quêtes annexes consistant à retrouver les fragments de cinq dessins d’Issun ou divers objets pour la population. La plus significative reste la recherche d’émigrants voulant s’installer à Yakushi, permettant du coup de voir évoluer le village. En redonnant à Nippon sa beauté formelle et en accomplissant diverses tâches pour ses habitants en usant de ses pouvoirs, Chibi glane des sphères de bonheur remplissant une jauge qui, une fois à son maximum, augmente sa barre de vie et sa réserve d’encre. En épurant le côté exploration de ce qui peut être perçu comme du superflu, Capcom s’est davantage concentré sur les protagonistes et sur la trame scénaristique qui, de fait, ne subit aucun temps mort. Par conséquent, Okamiden joue bien plus sur le registre de l’émotion mais est bien plus dirigiste et pose le joueur à de nombreux moments sur des rails, avec parfois aucune possibilité de rebrousser chemin.

Viens là que je te fasse de gros câlins !


La grosse nouveauté de cet épisode vient de la coopération entre Chibi et les cinq différents mouflets qui vont se balader son sur dos durant toute l’histoire et l’aider à vaincre les forces du mal. En plus de devoir jouer les « Mon Petit Poney », le louveteau va se voir affubler de sobriquets qui vont le désespérer. Kuninushi par exemple trouve que Chibiterasu fait trop gentillet comme nom pour un louveteau de combat chasseur de démons, « chibi » désignant en japonais un enfant ou une version enfantine de quelque chose. Du coup, il va l’appeler Kumaterasu (kuma signifiant ours). Le pire est à venir avec Nanami, une petite sirène, qui va le rebaptiser Shironamako (ou concombre de mer blanc). Malgré ces surnoms ridicules, de forts liens vont se tisser entre Chibi et les gamins qui lui feront plein de papouilles en usine à caresses qu’il est. Tendresse quand tu nous tiens… Les séparations n’en seront que plus difficiles, donnant lieu à des moments déchirants faits de larmes, de gros câlins et de léchouilles sur le visage. Les protagonistes étant jeunes, les sentiments sont exacerbés. Okamiden joue plus sur le registre de l’émotion que son aîné en alternant situations drolatiques et tristes. Chibi est bien plus attachant et charmant que sa maman chérie car il masque moins ses émotions. Il touche aussi par son insouciance et son côté gaffeur.



Concrètement, l’aspect coopératif rappelle celui de The Legend of Zelda : Spirit Tracks. Ainsi dirige-t-on les garnements avec le stylet après les avoir fait descendre de leur monture toute blanche. Tous ont une spécificité. Nanami peut nager, le grassouillet Manpuku faire fondre la glace via sa chevelure de feu… Ensuite, ils peuvent traverser des ponts instables s’effondrant sous le poids de Chibi, actionner des mécanismes et interrupteurs qu’il ne peut atteindre. De plus, chaque membre des duos doit effectuer chacun une action spécifique pour résoudre les énigmes leur barrant la route. Donjons et boss font ainsi largement la part belle à ces partenariats qui ne font pas office de simples gadgets. À noter que les solutions aux énigmes, si elles requièrent le pinceau, sont données après quelques essais infructueux.

Globalement, le Pinceau Céleste est bien plus utilisé dans Okamiden que dans Okami, le stylet et le support aidant. Peut-être même un peu trop. En effet, son utilisation lors de quelques passages, exploration comme combat, frôle la frénésie avec des laps de temps entre le mode normal et le mode dessin d’une seconde à peine (voire moins) et ce plusieurs fois d’affilée. Les réflexes sont donc souvent mis à rude épreuve. Okamiden est peut être un poil plus dur qu’Okami, un poil. Question jouabilité même, l’ensemble se prend rapidement en main. Seules les premières minutes sont délicates car il est désormais impossible de gérer soi-même la caméra. Celle-ci s’oriente automatique en fonction des actions de Chibi. L’utilisation du stylet peut, à de très rares moments, se révéler problématique, mais rien de grave.

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Alors oui, Okamiden peut à première vue paraître une version allégée d’Okami à cause de l’amputation d’éléments ou la réutilisation d’autres (au niveau de l’univers), d’autant que certaines situations sentent le réchauffé. Toutefois, le titre de Capcom sait faire preuve de créativité avec scénaristiquement de joyeuses trouvailles. D’un point de vue gameplay, outre la coopération, Okamiden propose quelques moments sympathiques comme une phase en 2D où Chibi, poussant un caddie en bois dans lequel est assis Kurou, est poursuivi par Onibaba, une vieille ogresse manipulant le hachoir à viande comme Steven Seagal. L’exploration du temple de Chigoku, boss compris, est une grande séquence de shoot’em up à scrolling horizontal. Reste enfin quelques séquences en Quick Time Event et des mini-jeux musicaux.

Même en étant fondamentalement moins surprenant qu’Okami, Okamiden captive dès les premiers instants et demeure addictif jusqu’à la fin… qui arrive assez rapidement. En prenant son temps, à peine vingt heures (vingt-cinq au grand maximum) sont nécessaires pour le clôturer mais il jouit d’une bonne rejouabilité. Quoiqu’il en soit, Capcom a su respecter dans cette suite le travail réalisé par Clover et a su mettre encore plus l’aspect émotionnel. Même en étant pas exempte de défauts, liés en grande partie au format, cette suite contentera les fans qui se replongeront avec délectation dans l’univers d’Okami pour y vivre de nouvelles péripéties, et permettra aux non-connaisseurs de découvrir et profiter de ce monde sans avoir l’impression d’avoir loupé quelque chose. En conclusion, Capcom s’en est mieux tiré qu’avec Viewtiful Joe et a les moyens de proposer un hypothétique Okami 2 de qualité. Un très beau jeu d’aventure avec un héros craquant au possible qui mérite d’être adopté.


 

TEST Okamiden : Chisaki Taiyou écrit par Xeen le 28 Oct 2010
18/20
L’univers et l’identité d’Okami n’ont pas souffert de la transition console de salon/console portable. Okamiden est une véritable claque technique pour de la DS en matière de 3D ou de cel-shadding. Les animations sont elles aussi remarquables, en particulier lorsqu’on admire les nombreuses cinématiques.
13/20
C’est là où le bât blesse. En prenant son temps et en accomplissant les quêtes annexes, vingt heures environ suffisent à venir à bout d’Okamiden.
15/20
L’ensemble se prend en main rapidement. Le cadrage automatique de la caméra peut déconcerter au départ mais rien de gênant. Par contre, la fréquence d’utilisation du stylet lors de certains passages peut agacer.
17/20
La plupart des thèmes d’Okamiden sont repris d’Okami et les nouvelles compositions sont du même calibre que les anciennes. Elles sont tour à tour oniriques, épiques décalées, mélancoliques… De très grande qualité en somme.
Même moins ambitieux, Okamiden n’en demeure pas moins une très belle suite d’Okami. Capcom a su restituer tout le charme du titre de Clover et la direction « kawaii en avant toute » prise par le studio fait mouche avec un Chibiterasu plus qu’adorable. Regorgeant de petites trouvailles scénaristiques bienvenues et proposant un aspect coopération sympathique, Okamiden pâtit des mêmes problèmes qu’une majorité de productions sur portable avec un univers moins vaste et un côté exploration moins poussé. Toutefois, ce qu’Okamiden perd en liberté, il le gagne en émotion. Finalement, le jeu pêche surtout par une durée de vie assez réduite mais en étant intense tout du long, il saura ravir autant les fans de la série que les autres.
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RIGHT
 
+ Très, trop, ultra mignon.
+ Véritable claque technique.
+ Musiques envoutantes.
+ Mise en avant de l’émotion.
+ Captivant de bout en bout.
+ L’aspect coopératif…
 
- …seule véritable nouveauté niveau gameplay.
- Moins original que le premier.
- Exploration moins poussée, plus dirigiste.
- Utilisation parfois frénétique du stylet.
- Assez court (20H environ)
Pas d'avis supplémentaire
NOTE JOUEURS

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