Agréablement surpris par le premier épisode de la série sur 128
bits, qui nous avait proposé un jeu à la réalisation impeccable, on
avait ensuite été déçus par le second volet, trop grand public et
surtout beaucoup moins bien exécuté que le premier. C'est dans ce
contexte que le studio d'Ubi Soft, basé à Casablanca, s'est lancé dans
le développement d'un troisième opus. Corrige t-il les erreurs de
Warrior Within ? La réponse est oui, deux fois oui !

Une construction plus… construite ! Prince
of Persia : Les Deux Royaumes vous narre l'histoire du jeune prince de
Perse qui, après un périple de plusieurs années, retourne à Babylone en
espérant enfin pouvoir y couler des jours heureux. En arrivant, il se
rend bien vite compte que non seulement sa ville est attaquée, mais
qu'en prime le maharadjah s'est emparé des sables du temps.
Bien décidé
à reprendre son royaume des mains de cet imposteur, le prince va
malencontreusement se faire corrompre par les sables du temps qui
réveillent les quelques parcelles obscures de son âme, créant ainsi un
second guerrier qui sommeillait au fond de lui et va, petit à petit,
prendre le contrôle de son corps et de son âme...

Disons
le tout de suite, l'histoire est très bien construite, et en jouant
vous le comprendrez bien assez tôt. Difficile de faire cohabiter deux
âmes complètement différentes dans un seul corps, et les disputes qui
éclatent sont habilement menées… railleries, remarques désobligeantes,
tout y est pour rendre ce duo amusant et passionnant. Tantôt le Dark
Prince prendra le dessus, tantôt ce sera le Prince, et à chaque
changement les développeurs proposent des styles de jeu différents et
des facultés distinctes.
Lorsque vous jouez en tant que Prince vous
adoptez le style de combat habituel des anciens épisodes, avec une
liste de combos intéressante qui rend les combats toujours aussi fun.
Lorsque vous vous changerez en Dark Prince, votre aspect physique se
modifiera quelque peu et vous serez muni d'une chaîne et de votre dague
du temps, la particularité de ce personnage étant qu'il vous draine de
la vie... c'est pourquoi lorsque vous jouerez avec lui il faudra
exécuter les manœuvres très rapidement.
Le jeu est entièrement en
français et les voix sont très bien interprétées, notamment celle du
Dark Prince, ce qui rend les personnages encore plus attachants.

L'une
des choses qui surprend très agréablement, c'est l'apparition d'une
sorte de mode furtif que les amateurs d'infiltration et de finesse
apprécieront. En effet, il est désormais possible de vous glisser
habilement derrière un ennemi et de le tuer à la « Shenmue »… si l'on
peut dire. En fait, une sorte d'aura se placera au-dessus de vous pour
vous indiquer si vous pouvez attaquer l'ennemi furtivement, et vous
aurez alors à appuyer sur le bouton Y pour enclencher une animation
temps-réel sympathique qui vous demandera d'appuyer au bon moment sur
le bouton B… plus l'ennemi est coriace, plus vous aurez de
sollicitation sur le bouton B. |
Malheur à celui qui n'appuierait pas
rapidement et au bon moment sur le bouton. Il est également possible,
avec un peu d'entraînement, de réaliser ce type d'attaques sur
plusieurs ennemis en même temps. Un mode qui rafraîchit carrément les
rouages de la série.
Aladdin est de retour !L'ambiance
féerique des mille et une nuits est de retour dans ce troisième volet,
une ambiance qui avait cruellement manqué à Warrior Within. Forcément,
nous voilà en train de déambuler dans les rues, d'admirer les hauteurs
depuis le sommet des maisons, nous voilà face à un level-design
excellent et qui redonne vie à cette série de fort belle manière. De
même que les musiques épouvantables auxquelles on avait eu droit dans
le second opus ont heureusement disparu, et laissé place à quelque
chose de bien moins prétentieux.
Des sons et des musiques ici ou là,
choisis avec parcimonie et intelligence, voilà bien tout ce qu'on
demandait. Malgré tout, on ne peut s'empêcher de rester un brin sur sa
faim concernant la qualité graphique, ou plus exactement concernant la
profondeur du jeu. En effet, un brouillard omniprésent, tout comme dans
les anciens épisodes d'ailleurs, nous gâche partiellement le plaisir du
jeu… héritage sans doute d'une version développée avant tout pour
PlayStation 2.
C'est en fait l'un des grands reproches de cet épisode :
on aurait aimé pouvoir réellement contempler l'architecture de la ville
lors des passages sur les plus hautes tours, ou bien ne pas avoir cette
impression de flou qui nous enveloppe comme une aura protectrice. Ce
sera pour l'épisode next-gen…

Le
jeu bénéficie, il est nécessaire de le souligner, d'un très bon dosage
des combats, des boss et des phases de plates-formes, si bien que l'on
n'a jamais l'impression de tomber dans la redondance. Cet épisode
parvient à nous offrir quelques nouveautés bien sympathiques, telles
que les courses de char à travers la ville, qui ponctuent très bien
l'aventure et le rythme général.
Vous remarquerez que tout au long
du jeu vous tomberez sur des coffres forts spéciaux, qui vous
permettront de débloquer de nombreux bonus, tout comme il vous faudra
rester vigilant pour débusquer les quelques passages secrets. Est-ce
que ces petits ajouts rajoutent pour autant de la durée de vie au jeu ?
Non, pas vraiment, mais le soft n'en a, ceci dit, pas réellement besoin
: on reste dans quelque chose de tout à fait convenable, de l'ordre des
7/8 heures de jeu.
En conclusion… Agréable
du début jusqu'à la fin, Prince of Persia : Les Deux Royaumes jouit
d'un rythme bien pensé (notamment grâce à l'alternance Prince/Dark
Prince), d'un level-design excellent, de voix crédibles entièrement en
français, d'une histoire fort sympathique, de quelques nouveautés
franchement plaisantes (tel le mode furtif), bref, d'une réalisation
excellente… mais pas parfaite non plus. Vous voilà devant un cocktail
bien dosé que vous pourrez consommer sans aucune modération.
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