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TEST : SHINOBI
Console :

Editeur :
SEGA
Développeur :
Griptonite
Genre :
Action - Plate-formes
Nombre de joueurs :
1
Informations :

Dans la famille des vieilles gloires prenant la poussière sur les étagères, la franchise Shinobi tient certainement une place de choix. Licence phare de SEGA entre 1987 et 1995, véritable fer de lance de la Megadrive avec trois épisodes de grande qualité, la série connut ensuite une longue traversée du désert jusqu’au début des années 2000. Elle tenta alors un timide come-back sur PS2 et GBA, mais le succès ne fut pas vraiment au rendez-vous et elle retomba dans l'oubli. Autant dire que ce nouvel épisode 3DS était donc attendu au tournant par les vieux fans de la franchise, car lorsqu’un éditeur se la joue nécromancien, il n'est pas rare que le résultat sente la charogne.![]() En l'occurrence, ce n’est pourtant pas SEGA qui a été à l’origine de cette résurrection surprise, mais les développeurs américains de Griptonite Games. Essentiellement connus pour des adaptations portables de licences multiplate-formes, les petits gars de Kirkland rêvaient en effet de remettre le guerrier silencieux sur le devant de la scène et ils ont manifestement su se montrer convaincants. De toute manière, il faut bien reconnaître que la firme du hérisson bleu n’hésite généralement pas à confier ses vieilles gloires à des studios tiers, même si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Il n’est donc guère étonnant de voir le dépoussiérage d’une licence aussi prestigieuse confiée à un studio dont les productions sont généralement sympathiques, mais sans plus. La franchise n’ayant guère brillé ces quinze dernières années, la tache était d'ailleurs loin d’être aisée. La nostalgie a beau constituer un argument marketing potentiellement efficace, lorsque les beaux jours d’une franchise sont derrière elle, sa notoriété en pâtit forcément. De fait, si Joe Musashi reste célèbre chez les vieux briscards nostalgiques de la Megadrive, les joueurs du vingt-et-unième siècle sont davantage habitués à des ninjas comme Ryu Hayabusa ou Naruto Uzumaki. Forts de ce constat, les développeurs ont donc rapidement choisi leur camp en optant pour un jeu d’action/plate-forme largement inspiré des premiers épisodes de la série. Quelques efforts de modernité ont certes été consentis, histoire d’adapter le jeu au public actuel, mais ce Shinobi 3DS reste un titre fondamentalement Old School, qui se destine avant tout à un public amateur. ![]() Joe, je suis ton père !Première référence sympathique : Jiro Musashi, le héros du jeu, est sensé être le père du célèbre Joe. Cette filiation n'a cependant aucun impact sur le jeu et qu’il n’en est même jamais fait mention. Il s’agit simplement d’une petite information lancée au hasard d’un communiqué de presse, qui avait manifestement pour but de légitimer ce nouveau héros aux yeux des fans. Par contre, il vaut mieux ne pas chercher une quelconque cohérence scénaristique ou chronologique entre ce nouvel épisode et les précédents volets de la saga, car notre ninja se joue des paradoxes temporels avec un aplomb admirable. Débutant son aventure dans le Japon du treizième siècle, Jiro est ainsi rapidement propulsé en 2056, où il doit combattre la mystérieuse organisation Zeed. Peu d’informations sont réellement données sur les raisons de cet affrontement, mais l’excuse du voyage dans le temps permet d’opposer à notre ninja une faune hétéroclite de soldats, robots et autres créatures mutantes, en plus des traditionnels ninjas et samouraïs.Difficile par contre de comprendre comment le bonhomme a pu revenir dans le passé pour enfanter les héros des premiers épisodes de la série (sensés se dérouler avant 2056), mais cela n’a guère d’importance au final. Ce qui est plus gênant c'est que les développeurs n’aient pas fait davantage d’efforts pour rendre la narration plus compréhensible, d’autant que les scènes cinématiques en Motion Comics sont assez réussies. ![]() Quoiqu’il en soit, Jiro est un personnage plutôt classe, avec un design à mi-chemin entre Joe Musashi (époque ninja blanc) et Hotsuma (le héros du premier épisode PS2). Une façon peut-être de créer un pont entre les époques et d’inscrire cet épisode 3DS comme l’héritier officiel de la saga, même si la parenté ne fait guère de doute une fois le jeu en main. En bon chef du clan Oboro, notre héros possède en effet une panoplie de techniques ninjas plutôt variées et somme toute assez familières. Coté mouvements, nous retrouvons ainsi le double saut, le saut contre un mur, la glissade, le grappin et les crochets, qui permettent à notre ninja de se déplacer avec aisance dans des niveaux souvent piégeux. Il est même possible de se la jouer Mario ou Sonic en rebondissant sur les ennemis pour se projet plus haut dans les airs, ce qui permet d’atteindre des zones autrement inaccessibles. En outre, le duo « sabre et kunaïs » est toujours d’actualité pour abattre les nombreux ennemis qui se mettent bêtement au travers de notre route. Manifestement, personne ne leur a appris qu’une armure et une Gatling ne pouvaient rivaliser avec l’art mortel d’un Shinobi. ![]() Attention chérie, ça va trancher !Au corps à corps, notre ninja s’avère d’ailleurs légèrement plus expansif que ses prétendus descendants. Il dispose désormais de petits combos horizontaux et verticaux, ainsi que d’une attaque chargée qui s’avère relativement difficile à placer vu l’agressivité de nos adversaires. De plus, il peut fondre sur ses ennemis depuis les airs (à la verticale ou en diagonale) et balancer un bon coup de tatane dans le bide lors d'une glissade. Coté combat à distance, quelques évolutions sont aussi à noter puisque l’utilisation des kunaïs est désormais soumise à une jauge qui se recharge de manière automatique. Plus la peine donc de gérer son stock de projectiles, mais en contrepartie il n’est possible de lancer que cinq kunaïs à la suite, après quoi il faut attendre patiemment que la jauge se recharge. Heureusement, Jiro peut toujours arroser les alentours grâce à la fameuse technique de l’arc kunaï qui permet de tirer huit projectiles lors d’un double saut et il lui est également possible de tirer des kunaïs dans deux directions opposées lors d'une glissade.Bien entendu, les célèbres magies ninjas sont elles aussi présentes dans ce nouvel épisode, avec quatre sorts élémentaires que l’on peut sélectionner sur l’écran tactile. Le sort de feu blesse les ennemis aux alentours et augmente la puissance des attaques, le sort d’éclair protège d’un certain nombre de coups, et le sort d’eau augmente la vitesse de déplacement tout en accélérant la recharge des kunaïs. Le dernier sort disponible, celui de la terre, est également le plus délicat à utiliser. Il augmente en effet la puissance et la vitesse de Jiro, le rendant également invincible sur une courte période de temps. En revanche, une fois le délai écoulé, il se retrouve extrêmement affaibli, avec un seul point de vie en stock et dans l’impossibilité de lancer des kunaïs. Autant dire qu’il vaut mieux réfléchir à deux fois avant d’utiliser ce sort, sachant que de toute manière, il n’est possible d’utiliser la magie qu’une seule fois par vie. ![]() Enfin, la parade constitue sûrement la plus grosse nouveauté de cet épisode 3DS et tient une place absolument centrale dans le gameplay. Simple à utiliser, mais difficile à maîtriser, elle permet de dévier la quasi totalité des attaques ennemies à condition d’appuyer sur le bouton dédié avec le bon timing. Il est ensuite possible de contre-attaquer rapidement au corps à corps, ou de réaliser un saut supplémentaire, si la parade a été effectuée dans les airs. Chaque ennemi possédant toutefois ses propres schémas d’attaque, il faut être attentif et réactif pour acquérir les bons réflexes. L’apprentissage est loin d’être simple, mais avec de l’entraînement, il devient possible de traverser les niveaux avec classe, en enchaînant esquives, sauts, parades et exécutions tel un véritable maître ninja. Old School JutsuComme le savent sans doute les fans du manga de Kishimoto, le ninja est celui qui endure, qui persévère, qui s’adapte. Des concepts que ce nouveau Shinobi met en pratique plutôt deux fois qu’une, tout en nous enseignant une autre vertu essentielle : l’humilité. Le titre de Griptonite Games offre en effet un réel challenge, qui risque fort de dégoûter les joueurs habitués à finir leurs jeux les doigts dans le nez. En outre, il s’agit d’un challenge « à l’ancienne » qui ne repose donc pas sur une intelligence artificielle poussée, mais sur le bon vieil apprentissage par l’échec. Pour ne pas subir trop de dommages et succomber bêtement, il faut connaître la position des ennemis et le timing de leur d’attaques, ainsi que l’emplacement des pièges ou des autres crevasses mortelles. Même chose pour les boss, dont il faut bien observer les différents patterns, afin de savoir où et comment frapper sans se faire démolir.Heureusement, divers bonus salvateurs sont disséminés un peu partout dans les niveaux et permettent de recharger tout ou partie sa jauge de vie, voire d’augmenter la puissance des kunaïs. Comme au bon vieux temps, ces items sont planqués dans des caisses qu’il faut préalablement détruire, sachant que certaines d’entre elles sont piégées avec des bombes. Il est également possible de récupérer des vies supplémentaires ou des parchemins de magie (permettant d’utiliser à nouveau un sort ninja), mais ceux-ci sont souvent bien dissimulés. Bref, du grand classique, mais qui fonctionne toujours. ![]() Conscients d’avoir pondu un jeu à la difficulté potentiellement rédhibitoire, les développeurs ont tout de même tenté de le rendre plus accessible en proposant plusieurs niveaux de difficulté. Le niveau débutant sera ainsi à privilégier pour ceux qui souhaitent se familiariser avec le jeu et réussir à le finir au moins une fois. Le nombre de vies y est infini, les points de contrôle sont fréquents et notre héros subit moins de dégâts. Il est donc possible de progresser rapidement, en la jouant un peu au bourrin sans trop se soucier des coups reçus. En revanche, les phases de plate-forme restent source de nombreuses morts et rappellent si besoin que nous sommes en face d’un vrai jeu pour hardcore gamer. Une fois le mode débutant plié, il est temps de se risquer aux niveaux supérieurs de difficultés et là ça ne rigole plus. Le mode normal réintroduit ainsi des dégâts normaux et un nombre de vies limitées à cinq. Toutefois, les crédits restent infinis et une sauvegarde automatique permet de reprendre depuis le début du niveau lorsque toutes nos vies ont été perdues. Le jeu reste donc abordable, mais surmonter les passages les plus ardus peut prendre du temps, puisqu’il faut souvent refaire tout le niveau en cas d’échec répétés. Enfin, pour les vrais ninjas, les modes difficile et extrême réduisent encore le nombre de vies (trois en difficile, une seule en extrême), tout en ne proposant que trois crédits et en désactivant toute sauvegarde automatique. Les points de contrôles sont également plus rares et le mode extrême se paie même le luxe de rajouter des ennemis supplémentaires, histoire de nous compliquer encore un peu la vie. Nul besoin de préciser que ces deux niveaux de difficulté renouent avec la tradition oubliée du Game Over, ce qui rappellera des souvenirs aux vieux de la vieille et apprendra la vie aux autres. | ![]() Super Player à cagouleLe plus beau dans cette histoire, c’est que le challenge qui consiste à terminer les huit niveaux proposés n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le jeu est difficile certes, mais l’intérêt principal de ce Shinobi reste clairement sa dimension scoring omniprésente qui pousse à l’excellence. En effet, si abattre ses adversaires permet bien évidemment d’engranger des points, encore faut il le faire avec style. Combattre au corps à corps est ainsi plus risqué, mais s’avère nettement plus payant que de balancer ses kunaïs de loin comme un gros lâche. En outre, il est possible de réaliser ponctuellement de petites exécutions silencieuses sur certains ennemis qui ne se méfient pas. Un bon moyen de gonfler son score, à condition évidemment de ne pas gâcher l’effet de surprise avec un projectile perdu. Dans tous les cas, il faut bien maîtriser la parade, car si dévier une attaque rapporte des points, encaisser des dégâts nous en fait perdre. Une manière de nous faire comprendre qu’un véritable ninja est insaisissable et que la moindre égratignure est un déshonneur.Dans les faits, cela signifie donc que les amateurs de high score doivent apprendre à parer toutes les attaques et à exécuter leurs adversaires avec panache. Non seulement cela évite de perdre bêtement des points en se faisant toucher, mais enchaîner les mises à mort fait également grimper la jauge de combo située en haut à droite de l’écran. Une fois cette jauge remplie, notre multiplicateur de score monte d’un cran, ce qui permet bien entendu d’augmenter considérablement les points récoltés, mais donne également à Jiro un bonus de vitesse non négligeable. En revanche, tout dégât subi remet le multiplicateur à zéro et fait perdre les bénéfices des éventuels bonus ramassés en cours de route (en l'occurrence les kunaïs spéciaux). Reste enfin la possibilité de faire gonfler son score de manière plus basique, en ramassant tout simplement les pièces de bronze, d’argent et d’or dissimulées dans certaines caisses. Un bon moyen d’arrondir les fins de niveaux, mais qui reste quand même nettement moins gratifiante que le combat à proprement parler. ![]() Une fois le niveau terminé, un rang (de C à S) nous est attribué en fonction de notre performance et il est même possible d'enregistrer sa partie, histoire de se la péter ou d'identifier les passages à améliorer. Le score final tient compte du score de base obtenu dans le niveau, pondéré par différents bonus ou malus. Utiliser la magie ou mettre trop de temps à compléter le niveau inflige ainsi des pénalités, alors que les stages bonus permettent de récupérer un gros paquet de points supplémentaires. Accessibles en récupérant un emblème bien planqué dans chaque niveau, ces stages en vue subjective font directement référence à ceux du tout premier Shinobi, dans lesquels il fallait éliminer des groupes ninjas en balançant des shurikens. Ici, le principe reste le même, mais il est désormais possible d’utiliser l’écran tactile pour une précision fort satisfaisante. Les 1001 secrets du clan OboroCoté durée de vie, cet épisode surprend aussi agréablement. Bien conscients que le gameplay proposé risquait de s'essouffler sur la longueur, les développeurs de Griptonite Games ont décidé de nous offrir une aventure courte, mais possédant un fort potentiel de rejouabilité. Du coup, bien qu’il soit possible de parcourir l’ensemble des huit niveaux en moins de trois heures, s’arrêter aux crédits de fin n’a franchement guère d’intérêt. Tout comme un certain Star Fox 64 3D, testé il y a quelques temps dans nos colonnes, Shinobi ne dévoile en effet sa richesse que partie après partie, en nous poussant à améliorer notre score et en récompensant nos performances par une pléthore de bonus. Un mélange plutôt habile entre la mode actuelle des contenus déblocables et le jeu d’arcade traditionnel, qui doit être suffisamment court pour être fini en une session, mais aussi suffisamment dur pour rendre la victoire gratifiante.![]() Outre la dimension scoring décrite précédemment, le titre propose ainsi près de 70 succès, plus ou moins faciles à obtenir, qui débloquent des récompenses diverses, comme des vidéos, des artworks, des musiques et surtout des options de triche bien sympathiques. Derrière ce terme, qui rappelle la grande époque des Game Genie et autre Action Replay, se cachent deux types de bonus distincts. Les premiers permettent de modifier l’apparence de Jiro (notamment son costume et ses armes), voire même d’incarner un second personnage assez différent à manier, à la manière de certains épisodes de Castlevania. Les seconds bonus sont quant à eux de véritables options de triches qui font bénéficier notre ninja de capacité totalement abusées, comme la parade automatique ou les magies infinies. Toutefois, l’utilisation de ces triches désactive la prise en compte du score et l’obtention des succès, ce qui est tout de même bien naturel. Et de toute manière, ces options ne peuvent en être activées que dans le mode libre, qui permet de rejouer n’importe quel niveau terminé dans le mode scénario. Il faut donc faire preuve de vaillance avant de les débloquer. Enfin, si les niveaux traversés dans le mode histoire constituent le gros de l’aventure, il existe aussi plus d’une vingtaine de défis annexes à la difficulté particulièrement relevée. Huit d’entre eux sont accessibles en récupérant les deux emblèmes de maîtrise dispersés dans chaque niveau principal, tandis que les autres sont déblocables grâce à la fonction StreetPass. Lors de l’activation de cette dernière, une carte défi est ainsi déverrouillée au hasard et pour peu que notre 3DS croise celle d’un confrère ninja, il est possible de s’échanger les cartes disponibles. Comme souvent, ceux qui vivent au fond d’une grotte, mais apprécient la marche à pied, pourront acheter les défis en question contre des pièces de jeu, même si le prix est assez exorbitant. Dans tous les cas, ces niveaux bonus, dont le design rappelle les VR missions de Metal Gear Solid, offrent un challenge encore supérieur à celui de l’aventure principale. Les ennemis, tout comme le héros, meurent en effet au moindre dégât, rendant fatale la moindre petite erreur. ![]() Old School ou Has Been ?Au final, avec son gameplay à l’ancienne et sa volonté de proposer un challenge particulièrement relevé, Shinobi ne vise donc évidemment pas le grand public, mais s’inscrit dans cette tendance qui prône depuis quelques années le retour au hardcore gaming (notamment sur la scène indépendante). Malheureusement, si certains aspects du jeu s’accordent très bien avec cette philosophie et témoignent d’une véritable intention des développeurs, d’autres restent plus difficilement excusables pour un jeu de 2011 vendu à une quarantaine d’euros.D’un point de vue technique tout d’abord, le jeu de Griptonite Games n'impressionne guère. Si la bande son s’avère très correcte, avec des bruitages discrets et des musiques sympathiques, les graphismes sont quant à eux plutôt décevants. Les nombreuses images et vidéos du titre nous y avaient certes préparé, mais il faut bien avouer qu’une fois en main ce nouveau Shinobi ne brille pas vraiment par ses qualités visuelles. La modélisation des personnages est ainsi relativement grossière et leur coté anguleux rappelle davantage les productions DS que les derniers titres sortis sur 3DS. Dans le feu de l'action, ces petites maladresses passent globalement inaperçues, aidées par une caméra qui se tient à bonne distance. En revanche, il est difficile de ne pas tiquer devant la qualité des décors qui se détériore inexorablement au fil du jeu. Les premiers environnements sont certes plutôt agréables à l’œil avec une esthétique assez soignée et des choix de couleurs intéressants, mais les derniers niveaux peuvent s’avérer franchement repoussants. Nous ne pouvons donc qu'être perplexes devant le travail effectué par les développeurs sur cet aspect du jeu, qui donne un peu l'impression d'avoir été fini à la va-vite. En outre, il faut bien avouer que la 2,5D proposée a nettement moins de charme que la belle 2D des épisodes fondateurs, et il suffit d’imaginer ce que serait capable de faire des studios comme WayForward Technologies ou Vanillaware pour se convaincre que la licence Shinobi peut offrir bien davantage que ce qui nous est présenté ici. En attendant, il est toujours possible de se consoler en se disant que le jeu sait rester fluide en toute circonstance, même lorsque la 3D relief est activée. ![]() Néanmoins, les nouvelles aventures du guerrier silencieux souffre avant tout d'un level design sans grand génie et à la qualité inégale. Le titre a beau être agréable à parcourir, il souffre tout de même d’une impression gênante de déjà vu et de déjà joué. La dimension « fan service » omniprésente sert ainsi souvent d’excuse à un réel manque d’inspiration et tombe même parfois dans le plagiat pur et simple. De fait, si les chevauchées à cheval, les phases de surf ou les passages en ascenseur rappelleront des souvenirs émus aux fans de Shinobi III, il faut bien avouer que nous aurions aimé un peu plus d’originalité et un peu moins de redites. Certaines de ces épreuves sont certes très prenantes et utilisent de manière pertinente les fonctionnalités de la console (notamment le gyroscope et la perspective), mais d’autres s’avèrent passablement ennuyeuses faute de réelles nouveautés. Par exemple, les phases en ascenseur sont quasiment similaires à celles que proposait SEGA en 1993, et même si elles ne sont pas désagréables dans l’absolu, il faut bien avouer que ce genre de petites facilités est assez agaçant. Surtout lorsque les passages « originaux » versent eux-mêmes régulièrement dans le copier/coller, sans être forcément très palpitants. Enfin, il est regrettable que les développeurs de Griptonite Games aient poussé le bouchon un peu loin niveau difficulté. Certains passages semblent ainsi presque impossibles à franchir sans avoir appris par cœur la position de chaque piège et perdu de nombreuses vies au passage. L’apprentissage par l’échec est une chose, mais une difficulté excessive peut être rédhibitoire pour certains, surtout quand elle semble injuste. Et c’est parfois le cas dans Shinobi... ![]() A ces deux gros reproches, il faut également ajouter une petite lacune assez préjudiciable pour un jeu axé sur le scoring, à savoir l’absence totale de classement en ligne. Un oubli regrettable auquel nous sommes habitués sur les consoles Nintendo, mais qui s’avère de moins en moins excusable au fil des années, surtout sur une machine « connectée » comme la 3DS. Cela dit, pour finir sur une note un peu plus positive, il faut reconnaître que les défauts suscités n'empêchent pas non plus d’apprécier les réelles qualités du titre, à condition évidemment d’adhérer à son trip rétro. Techniquement, le titre n’aurait certes pas dépareillé sur la petite DS, mais il n’est pas non plus repoussant sur 3DS (seuls quelques passages le sont). En outre, même si le level design reste plutôt basique, le jeu tire avant tout son intérêt de son gameplay axé sur le scoring et sur un certain perfectionnisme. Du coup, les niveaux ont beau ne pas être toujours très originaux, ils n’en restent pas moins intéressants à jouer et à rejouer, histoire de s’améliorer et débloquer toujours plus de contenu. ![]() |
TEST Shinobi écrit par Kayle Joriin le 26 Dec 2011
12/20
Pas forcément laid dans l’absolu, le jeu est toutefois loin d’exploiter la puissance de la console et le spectre de la DS n’est pas loin. En outre, malgré des débuts prometteurs, l’esthétique des niveaux se détériore petit à petit et finit par nous offrir quelques environnements bien immondes. Reste une fluidité de tous les instants et une 3D relief pas désagréable, qui rend quelques services lors de certaines phases de jeu.
16/20
Très court en ligne droite et en mode débutant, Shinobi ne se dompte pas si facilement dans les niveaux de difficulté supérieurs. Non seulement le titre renoue avec la tradition des jeux d'antan, dans lesquels réussir à finir le jeu était déjà une récompense en soit, mais il propose aussi une impressionnante quantité de contenus bonus. Seul l’absence de classement en ligne reste préjudiciable à la dimension scoring.
16/20
Simple à assimiler, mais difficile à maîtriser, Shinobi offre une marge de progression conséquente et s’avère très gratifiant sur le long terme. Les différents mouvements et techniques sortent très facilement, et il est possible paramétrer complètement les commandes si besoin est. Seule l’utilisation de l’écran tactile pour la sélection des magies s’avère quelque peu délicat dans le feu de l’action. Et puis il y a évidemment le coté rétro du gameplay qui risque de ne pas plaire à tout le monde.
14/20
Si les bruitages sont plutôt basiques, les musiques s’avèrent agréables et variées, mélangeant des sonorités japonaises traditionnelles avec du rock ou de l’électro. Rien de vraiment inoubliable, mais la bande son accompagne bien l’action, sans trop lasser.
Avec une technique au goût du jour et un level design plus inspiré, ce Shinobi 3DS aurait pu constituer la nouvelle référence d’une série mythique trop longtemps mise au placard. En l’état, il s’agit tout de même d’un revival convaincant, qui joue ostensiblement la carte de la nostalgique et ne conviendra donc pas forcément à certains joueurs « modernes ». Les autres trouveront un jeu prenant et difficile, offrant une grande marge de progression et une pléthore de contenu bonus. En bref, une très bonne surprise à ne pas mettre entre toutes les mains et l’un des meilleurs épisodes de la série depuis Shinobi III.
14/20

+ Gameplay à l’ancienne bien jouissif
+ Challenge relevé
+ Dimension scoring motivante
+ Beaucoup de contenu bonus
+ Challenge relevé
+ Dimension scoring motivante
+ Beaucoup de contenu bonus
- Pas très beau
- Level design trop basique
- Aucun classement en ligne
- Trop Old School pour certains
- Level design trop basique
- Aucun classement en ligne
- Trop Old School pour certains
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