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Mine de rien, cinq Castlevania portables en l'espace de cinq ans, ca nous donne beaucoup de châteaux pas très accueillants visités. Chose aisément pardonnée, la célèbre et quasi-immuable formule du Metroidvania, initiée par Symphony of the Night, ralliant toujours les suffrages. Et ce n'est clairement pas Portrait of Ruin qui fera honte dans la tradition annuelle de fouettage du Comte suceur de sang.![]() Chaos artistique1944. La Seconde Guerre Mondiale fait rage, et le château du mal émerge une fois de plus du néant, désormais habité par le vampire Brauner et ses deux filles non moins puissantes, Stella et Loretta. Suceur peintre aux goûts artistiques visiblement pas très communs, puisque ses oeuvres regorgent de squelettes, armures maudites et autre joyeusetés démoniaques. Quant au héros de ce Castlevania 2006, ce n'est une nouvelle fois pas un Belmont, mais un Morris, famille affiliée déjà croisée dans l'opus Bloodlines. Jonathan de son prénom, porteur du mythique Vampire Killer, mais incapable de l'utiliser, il sera aidé dans sa quête par la jeune sorcière Charlotte Aulin. Et qui est ce mystérieux Wind, dont le funeste destin semble inextricablement lié à celui du château ? ![]() À deux, c'est mieuxComme l'a si bien montré Konami tout au long du développement, nos deux héros au nom de mauvaise sitcom américaine devront se battre ensemble pour survivre dans le château de Brauner. Si le joueur ne contrôle véritablement qu'un seul des deux personnages, l'autre peut à tout moment être appelé en renfort à l'occasion de quelques énigmes pas bien compliquées, mais sa véritable utilité se dévoile façe à la myriade d'ennemis peuplant le château. À ce moment précis, il suivra le joueur comme son ombre, faisant office de deuxième lame bien pratique. Deux héros, donc deux fois plus de facilité ? Pas vraiment, puisque le partenaire subit également des dégâts si touché, qui font réduire la jauge de MP. Une fois à zéro, ce dernier disparaît, et impossible d'utiliser les armes secondaires tant que le niveau de MP ne sera pas remonté. Une arme, oui, mais à double tranchant. Si la console gère en général ce partenaire sans trop de bobos, mieux vaudra éviter de le sortir dans quelques passages plates-formes regorgeant de piquants ne demandant qu'à accueillir de jeunes fesses pubères, ou contre certains boss plutôt du genre méchant. AgainvaniaEn dehors de cette nouveauté, rien de vraiment nouveau sous le soleil, IGA l'ayant encore une fois joué pépère. Difficile de lui en porter préjudice, cependant, vu la manière dont Portrait of Ruin sublime tout ce qui fait le charme d'un Metroidvania. Alors oui, la progression ne change pas d'un iota, une capacité récupérée débloquant toujours l'accès à une nouvelle zone du château. Si bien que le joueur rôdé à l'exercice par des années de trekking dans les monuments gothiques avancera sans peine. Chaque peinture correspondant à un mini-niveau, la chose en devient limite plus aisée, puisque la taille du château en lui-même s'en trouve considérablement amoindrie. Difficile donc dans ces conditions de perdre sa route, la durée de vie n'excédant toujours pas les huit heures de jeu. Ceux du genre chipoteur pourront même se plaindre de la palette d'ennemis, dont les sprites semblent copiés/collés d'un épisode à l'autre. Et les quelques quêtes que Wind donne pour améliorer les capacités de notre duo ne font pas illusion longtemps. Pourtant... | More of the same...Pourtant, ce serait totalement passer à côté de ce Châteauvania, que de se plaindre de choses si triviales. Impossible de faire la fine bouche devant le level design de génie de ce nouvel opus. Même le sempiternel château, pourtant on ne peut plus classique avec ses passages vus et revus, tels les égoûts glauques et la médusée tour de l'horloge, surprend encore. En utilisant les peintures, Jonathan et Charlotte auront à marcher à travers une pyramide, un cirque très tordu ou une ville bavaroise pas si conviviale, certes un peu plus étriqués que ce à quoi la série nous avait habitués, mais dont chaque centimètre carré de terrain respire la maîtrise à plein nez - ainsi que le danger, vu le placement on ne peut plus vicieux de certains ennemis. Des Malachi, des Axe Armor, des Skelerang, bref du déjà-vu... et alors ? Sans eux, où serait le charme d'un Castlevania ? Sans parler des boss, toujours prompts à réduire une barre de vie à peau de chagrin en deux temps trois mouvements. À ce sujet, l'affrontement final risque d'en faire hurler plus d'un. À croire que chez Konami, on aime faire souffrir ses clients. Enfin, s'ils en redemandent, pourquoi se priveraient-ils ? ![]() ...et c'est tant mieux !Même avec une difficulté est au rendez-vous, Portrait of Ruin se boucle toujours en une petite huitaine d'heures, restant somme toutes dans la moyenne de la saga. Malgré une peinture bonus sacrément ardue, les 1000% d'exploration s'obtiennent relativement vite. Et pour tenter d'y pallier, Konami a gavé la cartouche de mode à ras bord. Mieux vaut garder la surprise, contentons-nous juste de signaler qu'il y a au moins deux opportunités plus qu'intéressantes de recommencer l'aventure, ainsi qu'une difficulté Hard avec limite de niveau pour les plus téméraires, et le désormais inévitable Boss Rush. La déception vient en fait du mode Coopération, pas franchement folichon puisqu'il ne permet pas à deux joueurs d'explorer le château à deux, mais de boucler des petites séries de niveaux le plus vite possible. Pas glop. Et le mode Online, carrément avare, se limite à de la vente d'objets bien peu utiles. Encore moins glop. Bref, Portrait of Ruin se savoure avant tout seul. ![]() En ruines, le portrait ?Difficile de déceler les différences graphiques avec Dawn of Sorrow sorti l'année dernière, tant les deux jeux se ressemblent de ce point de vue. Pour étayer un peu la comparaison, il faudra aller chercher du côté des environnements pour que l'écart éclate au grand jour. Ces derniers se trouvent en effet largement plus variés que ceux de DoS, étant donné que le duo sort un peu des murs étouffants du château. Une fois de plus, les orfèvres de chez Konami ont eu le souci du détail, et Portrait of Ruin contient sa dose de décors travaillés, de boss impressionants et d'attaques spéciales qui pètent le feu. Quant aux musiques, signées par le duo Yuzo Koshiro / Michiro Yamane, que dire si ce n'est que ce sont sûrement les meilleures entendues dans un opus portable. Fatalement, quand deux maîtres du genre se rencontrent, ca donne des étincelles, qui achèvent de confier à PoR une très bonne place amplement méritée sur le podium des meilleurs épisodes de la saga. ![]() |

