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Au cours de ces derniers mois, Ubisoft a réussi à créer un fort engouement pour Rayman Contre les Lapins Crétins avec les maintenant cultes vidéos les mettant en scène. Maintenant que le jeu est sorti, que reste-t-il ? Le goût amer d’un cruel faux espoir ou le serein constat d’un jeu de qualité ? Si Rayman est resté relativement silencieux depuis sa dernière apparition sur les téléviseurs, c’était évidemment pour mieux réussir son entrée dans l’ère next-gen. Après avoir bien préparé son retour, Ubisoft tente une nouvelle approche avec son petit protégé en explorant les méandres du Party Game. Alors oui, maintenant parler de Party Game revient plus ou moins à parler des Mario Party, il est donc sympathique de voir un autre développeur s’attaquer au genre.
La genèse de la mythologie psycopatho-lapineComment parler de Rayman Contre les Lapins Crétins sans mentionner son histoire trépidante et relativement complexe qui surprendra beaucoup les fans ? Alors qu’il pique-niquait avec ses amis Globox, il est capturé par les Lapins Crétins et devra faire une série de mini-jeux débiles pour sauver la planète. Bon c’est vrai que dit comme ça ce n’est guère alléchant. Reformulons donc. Alors que Rayman profitait d’une belle journée ensoleillée pour sortir courir dans les champs avec ses amis de toujours les Globox, il vit une magnifique clairière bordée d’arbres aux branches feuillues et à travers lesquelles les doux rayons solaires transparaissaient majestueusement. Après avoir croqué à pleines dents dans son sandwich au cheddar fondu, voilà que le sol se met à trembler et que des lapins se mettent à sortir du sol ! Ces lapins, à l’apparence si paisible et mignonne, sont en fait les pires créatures que l’univers ait portées. Ils s’emparent violemment de Rayman et des Globox et les emmènent dans leur tanière recluse, un pays lointain peu connu des hommes…Alors qu’il est brutalement tiré par les mains ( ?), il à juste le temps d’entrapercevoir la devise des lapins, gravée en lettre d’or sur ce qui lui semble être une immense ventouse : « BwaAaAaAaaAhH ». Noir complet. Il se réveille alors dans une cellule pauvrement décorée, à gauche se tient une armoire délabrée, à droite un gramophone et de macabres toilettes. Il se lève difficilement et se dirige vers une grosse porte en fer. Il cogne de toutes ses forces pour qu’on le libère et qu’il puisse retourner aux douces occupations de la vie à laquelle il a été arraché. Un immense lapin, différent des autres, ouvre, l’attrape par les pieds ( ?) et le balance dans une arène. Les gradins sont pleins de lapins qui crient à pleins poumons leur devise. Il ne faut pas beaucoup de temps à Rayman pour comprendre qu’il était investi d’une mission divine pour sauver le monde tel qu’il le connaît, une série d’épreuves se dresse devant lui, il est prêt, il va faire face. Le jeu commence.
Rayman, enfin un homme multi-tâchesPassée la pauvreté de l’histoire (à laquelle on s’attendait, Party Game oblige), il convient de s’attaquer aux différentes épreuves imposées par ces lapins démoniaques. Ces dernières ont le bon goût de se décomposer en quatre grandes catégories : les épreuves de danse, celles de précision, les épreuves de courses et enfin celles que nous appellerons « sportives ». Les jeux de danse mettent au défi votre sens du rythme puisqu’il s’agira de secouer votre Wiimote et votre Nunchuk le tout en rythme afin de marquer des points et ainsi inviter des lapins à danser avec vous. Car si il y a bien une chose que les lapins ne peuvent s’empêcher de faire, c’est bien danser. Le nombre de ces épreuves est relativement conséquent, on aurait donc pu croire à une certaine diversité dans les chansons proposées. Ce nombre est malheureusement un leurre car à peine plus d’une demi douzaine de musiques vous seront « dansables », chaque épreuve correspondant en réalité à un niveau de difficulté. Vous repasserez donc plusieurs fois la même chanson mais à des difficultés différentes. Prévues pour tous les goûts, l’ensemble des genres sont couverts, on passe ainsi de la célèbre chanson de Pulp Fiction à du rock en faisant un petit détour par du rap ou de la disco, le tout remixé à la sauce lapin crétin pour donner un mélange détonant. Bientôt vous vous retrouverez à refaire certaines épreuves simplement pour entendre les lapins chanter ! Simple à prendre en main, même une personne avec un sens du rythme pauvre arrivera à faire de bons scores en s’entraînant un minimum. Même si le premier niveau de chaque chanson va sembler assez inintéressant car trop facile, dès qu’on arrive aux niveaux supérieurs même les plus forts en mènerons beaucoup moins large. Les épreuves de danses sont donc nombreuses, très amusantes et à la difficulté progressive et bien dosée. Il ne manquerait qu’un panel de chansons plus développé…
En ce qui concerne les épreuves de précision, comme leur nom l’indique, la précision sera maître mot pour parvenir à faire un score potable. Cette catégorie offre vraiment un large éventail de jeux différents, tous plus hilarants les uns que les autres. Pour en citer quelques uns, Rayman se retrouvera par exemple à arracher des vers de terre des dents d’un lapin à l’hygiène buccale plus que douteuse, à devoir guider une bille à travers le labyrinthe cérébrale d’un autre ou encore à dessiner le plus vite possible des mets tous plus succulents les uns que les autres (on mentionnera une balle de baseball par exemple) pour contenter l’appétit dévorant d’un dernier. Bien sûr, chaque épreuve vient avec sa maniabilité propre et il vous faudra réellement dessiner avec votre Wiimote ou encore la manipuler comme un réel plateau afin de mener votre bille à la fin du labyrinthe. C’est cet apport au niveau du gameplay qui rend cette version Wii si unique et plaisante, surtout que la console répond parfaitement dans 95% des cas. Ces derniers 5% sont d’ailleurs très frustrants puisqu’ils vous empêcherons pour la plupart d’entre vous de finir complètement le jeu. Une épreuve en effet ne semble pas reconnaître correctement la Wiimote, si bien qu’à la fin du temps imparti pour la terminer, Rayman ne répondra plus à vos gestes effrénés. Un petit bémol dans un bon bilan pour cette catégorie qui, portée par un humour omniprésent, reste très plaisante à jouer. Arrive ensuite la catégorie course qui elle ne présente aucune originalité avec notamment un humour relégué au deuxième plan. Ici, aucune question à se poser, Rayman chevauche ce qui peut seulement être décrit comme un énorme cochon et a pour unique but de franchir la ligne d’arrivée à la première place. Aucune réelle particularité au niveau de la maniabilité non plus, seul le joystick du Nunchuk est utilisé, avec de temps en temps la nécessité de secouer un peu la Wiimote pour donner un coup de boost au cochon. Même si le nombre de course est relativement conséquent, il est peu probable que vous vous attardiez sur ces épreuves peu intéressantes. |
La dernière catégorie d’épreuves peut être appelée, et à très juste titre, la catégorie sportive du jeu. Pas de doutes, si vous avez la flemme d’aller faire un petit footing dehors sous la pluie, la solution est là. Et pour cause, la quasi-totalité des jeux de cette catégorie ont pour seul et unique but de vous épuiser, de drainer jusqu’à la dernière petite parcelle de vie de votre enveloppe corporelle. On retiendra notamment le jeu dans lequel il vous faudra empêcher la progression des lapins en moulinant très activement le bras gauche pour pomper du jus de carotte pendant que vous devrez viser avec votre Wiimote les dits lapins et ainsi leur remplir le masque de jus. Tenir plus de deux minutes relève vraiment du guerrier, de quoi rendre animé un concours d’endurance entre amis. Les autres épreuves sont du même acabit, la plupart du temps il vous faudra agiter la Wiimote et le Nunchuk comme si vous courriez afin soit de traire une vache, de lancer un Super lapin (un lapin déguisé en Superman), de tirer au but ou encore, et ça semble plus logique, de vraiment courir. On regrettera simplement l’omniprésence de ce mouvement dans la plupart des jeux de « musculation », ça muscle, certes, mais l’homme n’étant pas une machine, de nouvelles piles ne suffiront pas à le remettre d’aplomb. Cette catégorie est tout bonnement tordante à jouer à plusieurs, la jouissance ressentie à la vue de ses amis devenir rouge et pousser des cris de souffrance étant vraiment irremplaçable. Le tout saupoudré de l’humour gras, certes, mais poilant des lapins et le cocktail devient explosif ! De quoi passer d’excellents moments entre amis.
Plus on est de lapins, plus on crie !Amis. Multijoueurs. C’est en effet un mot récurrent mais qui pourtant a vraiment une importance capitale pour le soft. Joué seul, le mode histoire offrira bien quelques esclaffements mais étant donné sa très courte durée de vie (quelques heures vous suffiront pour en venir à bout), son intérêt en devient très vite (c’est le cas de le dire) limité. A plusieurs en revanche, le jeu révèle son potentiel et sa durée de vie s’allonge considérablement. Pour peu qu’on ne soit pas hermétique à l’humour d’Ubisoft et des lapins crétins bien sûr, car c’est bien l’humour qui parvient à détacher le jeu d’un Mario Party par exemple, lequel en est dépourvu. Si on se prend au jeu, les nuits de rigolades s’enchaînent et la compétition pour faire les meilleurs scores dans le mode Score va prendre tout son sens. Toutefois, avant de pouvoir tâter aux joies du mode multijoueurs, il vous faudra finir entièrement le mode histoire. Vu comme un défaut assez conséquent par la plupart des différentes rédactions papier et sur le net, cette étape n’en constitue pas réellement un et permet de se familiariser avec les différents jeux. Surtout que le mode histoire peut être joué à plusieurs simultanément histoire de ne pas faire poireauter les autres et faire un peu tourner la Wiimote, la plupart des jeux multijoueurs n’étant jouable qu’au tour par tour. Et là par contre on met le doigt sur un défaut important du soft. L’intérêt du jeu à plusieurs est justement le jeu simultané, on regrette donc beaucoup que la plupart des jeux ne possède pas cet intérêt. Mais on passe rapidement outre en voyant ses amis gigoter frénétiquement devant sa télévision. Certains jeux sont toutefois jouables à plusieurs simultanément comme ceux où, à la manière d’un Time Crisis, il vous faudra abattre les lapins qui vous assaillissent sans relâche. Armé seulement d’un pistolet à ventouses, il faudra à Rayman de la précision et beaucoup de rapidité pour venir à bout de ces amusantes mais au demeurant simples épreuves (la faute à une « barre » d’énergie un peu trop conséquente).
Le physique n'est pas important, c'est l'intérieur qui compte...Au cours de votre évolution dans le jeu, vous pourrez débloquer de nombreux « goodies » et ainsi développer votre garde-robe. Ne vous étonnez alors pas de voir Rayman habillé en Dee-Jay, Yo, Elvis ou encore en Raymandinho. Divers et hauts en couleurs, on s’amuse à mélanger ces costumes pour donner l’ensemble le plus déjanté possible. Le nombre de choses à débloquer autres que ces habits n’est cependant pas énorme : seules quelques vidéos tournant déjà sur le net et des artworks pourront être révélés, de quoi frustrer quelques acharnés. Certains de ces artworks restent néanmoins intéressants, notamment ceux qui montrent l’évolution physique et graphique de ces foutus lapins crétins. Même si le soft est à des lieues de la qualité esthétique offerte par les autres consoles next-gen, il reste très correct graphiquement. Des graphismes somptueux ne sont vraiment pas nécessaires pour ce style de jeu, et pour l’occasion ils collent parfaitement à l’univers comico-déjanté du jeu. Mais bien sûr les férus de Gears of War et consort tiqueront de l’œil et crieront au scandale (enfin, les plus bornés). Les cris sont d’ailleurs omniprésents dans le jeu, de même que divers sons et autres doucereuses mélodies. Sans casser trois pattes à un canard, les bruitages et sons sont bien incorporés au jeu et de bonne qualité. Par contre on ne fait pas vraiment attention aux musiques, sauf dans les jeux de danse bien sûr, qui sont passe-partout et assez transparentes. Dommage qu’il n’y ait pas de réel thème pour le jeu, on se rattache donc aux chansons connus qui sont reprises par les lapins, faute de mieux.
Bwah ?Après ce grand tour d’horizon du jeu, le temps est venu pour un petit bilan. Si vous êtes du genre solitaire et que les jeux multi ne sont pas trop votre tasse de thé, passez votre chemin. C’est même à se demander pourquoi vous avez lu tout ce qu’il y a d’écrit au dessus mais passons. En revanche pour ceux qui ont des potes à disposition, qui adhèrent un minimum à l’humour des lapins crétins, le jeu vous est tout conseillé. Même s’il possède de nombreuses limites, ce coup d’essai d’Ubisoft est une réussite et pose les bases pour une construction de plus grande envergure. On attend donc un deuxième volet avec des défauts corrigés et encore plus d’humour histoire de vraiment pourvoir se dire : « Eh bien, il n’y a pas à tergiverser, ce jeu est une pure BwaAaaaAAaaAaAAhH ! » |

