TEST : DRAGON QUEST SWORDS : LA REINE MASQUEE ET LA TOUR DES MIROIRS
UNE [jeu] Dragon Quest Swords : La Reine Masquée et la Tour des Miroirs
Console :
console
Editeur :
Square Enix
Développeur :
Eighting
Genre :
RPG
Nombre de joueurs :
1
Informations :
test apperçu newsnews soluces
sortie JAP12 juillet 2007
sortie USA19 février 2008
sortie EUR9 mai 2008
courrier forum chat
signé :
TEST

 

Troisième titre de la célèbre franchise de RPG à arriver sous nos latitudes, Dragon Quest Swords : La Reine masquée et la Tour des miroirs risque fort de déconcerter les fans du huitième opus ou ceux du spin-off « pokemonesque » sorti sur DS. Ici, point de monde gigantesque à explorer, de combat au tour par tour à gérer ou même de monstres à dresser ! Ce nouveau DraQue est un action-RPG qui lorgne clairement du coté des rail-shooters avec la nervosité et la linéarité que cela implique. Alors, essai concluant ou coup de Wiimote en l'air, c'est ce que nous allons voir ensemble.

Jaquette de Dragon Quest Swords

Tout d'abord, précisons que DQS n'est pas un concept original puisqu'il s'agit du fils spirituel d'un certain Kenshin Dragon Quest sorti en 2003 au Japon (et uniquement là-bas). Le jeu se présentait sous la forme d'une unité centrale en forme de bouclier que l'on branchait directement sur son téléviseur, ainsi que d'une manette en forme d'épée qu'il fallait agiter dans tous les sens pour occire les viles bestioles apparaissant à l'écran (l'unité centrale faisant également office de capteur). Un titre plutôt sympathique qui a connu un certain succès chez les jeunes japonais ainsi que chez les fanatiques de la série ayant eu l'occasion d'y goûter en import. À noter également que la technologie utilisée pour ce Kenshin Dragon Swords se retrouve dans des déclinaisons occidentales inspirées de Star Wars et du Seigneur des Anneaux.

Une épée encombrante et des bottes en plomb


Image 1 de Dragon Quest SwordsEn reprenant dans les grandes lignes le gameplay de son aïeul, DQS concrétise donc sur Wii une idée simple et plutôt attrayante : utiliser la Wiimote comme une épée pour abattre ses adversaires à grand coup de moulinets vengeurs. Dans la pratique, cela se traduit principalement par la possibilité de donner différents coups de taille en fonction du mouvement de la manette : horizontal, vertical ou en diagonale. Il est également possible de frapper d'estoc grâce à un mouvement d'arrière en avant, voire même de lancer des attaques spéciales en effectuant quelques simagrées héroïques plutôt sympathiques mais pas toujours évidentes à réaliser et qui finissent par être un peu fatigantes. Par défaut, les coups sont centrés au milieu de l'écran mais il est possible de viser un point précis en déplaçant le curseur et en pressant le bouton A. Les coups sont alors centrés sur ce nouveau point pendant quelques secondes avant de revenir à la position par défaut. L'utilisation de ce système de pointage devient rapidement indispensable pour frapper des ennemis qui apparaissent par vagues successives et n'attendent pas sagement au milieu du passage de se faire trancher en deux. Comparé à Kenshin Dragon Quest, cette alternance pointer/frapper constitue cependant un retour en arrière certain puisque dans ce dernier, l'orientation de l'épée était suffisante pour porter des coups n'importe où à l'écran. La technologie de la Wiimote n'étant évidemment pas la même, on comprend que les développeurs aient dû trouver une astuce pour palier à ce problème sans simplifier le jeu à outrance mais, au final, ce nouveau gameplay est certainement moins immersif que l'original.

Image 2 de Dragon Quest SwordsTrancher en deux du slime est défoulant mais il faut parfois penser à se protéger et une simple pression sur le bouton B permettra donc de sortir son bouclier afin de bloquer les élans belliqueux de nos ennemis ou de contrer projectiles et autres attaques magiques. Petit détail sympathique, au fil des impacts le bouclier part en morceaux et nous protège de moins en moins bien. Il est donc conseillé de le réparer régulièrement sous peine de se retrouver démuni face à un adversaire puissant dont les attaques risquent de nous laisser sur le carreau. Il est également possible de renvoyer certains projectiles en les frappant au bon moment, ce qui s'avère particulièrement utile contre certaines bestioles particulièrement lâches qui s'enfuient après quelques flèches parées.

Malheureusement, si en théorie le concept était plutôt bien pensé, dans la pratique le jeu est très exigeant concernant la prise en main de la Wiimote et il faut toujours la garder bien à l'horizontale, boutons vers le haut et tournée vers l'écran, pour réussir ses attaques de manière satisfaisante. Du coup il ne sert strictement à rien de faire de grands moulinets avec la télécommande et on se contente souvent de petits coups de poignet rapides mais efficaces. Malgré cette maniabilité exigeante qui casse un peu le trip, le concept marche plutôt bien mais, pour plus d'efficacité, il faudra souvent se limiter aux coups de taille horizontaux et verticaux car les attaques en diagonale et les coups d'estoc ne sont pas toujours évidents à sortir. Cela ne pose pas réellement de problème quand on joue de manière classique mais dès qu'on veut pousser le jeu un peu plus loin, dès qu'on se lance dans la course au high score, ce manque de précision devient plutôt gênant. C'est d'autant plus dommage qu'une bonne partie de la richesse cachée du titre vient justement de cette possibilité de refaire les différents niveaux pour améliorer son score et débloquer certains objets rares. L'autre gros point noir à du jeu concerne la gestion des déplacements franchement médiocre. En effet DQS ne se joue qu'à la Wiimote et on se déplace donc grâce à la croix directionnelle, ce qui est au mieux inconfortable et au pire totalement insupportable. On ne dirige certes véritablement son personnage que lors des déplacements en ville mais dans ces moments là on ne peut s'empêcher de regarder tristement son Nunchuk en se demandant pourquoi les développeurs n'ont pas jugé bon de l'utiliser. D'autant plus que, quitte à n'utiliser que la Wiimote, ces phases urbaines auraient très bien pu être gérées via un simple menu ou bien en adoptant un mode de déplacement case par case typique des dungeon-crawler comme Shining the Holy Ark.

Image 3 de Dragon Quest Swords Image 4 de Dragon Quest Swords

Citations de Kayle Joriin

Héros en CDD et doubleurs enroués


Image 5 de Dragon Quest SwordsVous l'aurez donc compris DQS est très largement perfectible niveau maniabilité, mais qu'en est-il du reste ? Graphiquement, le jeu n'est pas vilain mais il n'a rien d'extraordinaire et ne fait pas vraiment honneur à la Wii. Heureusement, le design typique de Toriyama rattrape un peu le coup et les fans de la série ne seront pas dépaysés. Il est cependant assez dommage de constater que le huitième épisode sorti sur PS2 il y a quelques années est globalement plus agréable à l'œil que ce nouvel opus grâce notamment à l'utilisation du cel-shading. Le scénario ne fait pas beaucoup mieux avec une trame classique qui se laisse suivre durant une petite dizaine d'heures mais qui ne constitue clairement pas le point fort du jeu. Nous incarnons un jeune héros qui, après avoir fait ses preuves lors d'une épreuve initiatique saluant son passage à l'âge adulte, devra s'embarquer dans une courte épopée afin de comprendre les agissements étranges de la reine Bélissandre et accessoirement sauver le monde d'un grand méchant qui ressurgira inopinément.

L'occasion de rencontrer les différents acolytes qui nous accompagneront tout au long des huit niveaux que compte le jeu : le prince Alfange, fils de la reine Bélissandre et mage plutôt doué ; une gothic lolita du nom de Fleurette, aux pouvoirs curatifs particulièrement puissants et à l'accent particulièrement... français, et enfin Claymore, notre barbu de papounet qui possède à la fois des pouvoirs offensifs et défensifs ainsi qu'un goût prononcé pour la taverne du coin. On comprend d'ailleurs facilement le bougre, qui doit certainement ingurgiter des tonneaux de bières pour ne pas déprimer devant son fils qui, tout futur héros qu'il soit, est totalement dépourvu de charisme. Niveau sonore, on retrouve avec plaisir les thèmes classiques de la série mais on est cependant déçu par la qualité des voix qui alternent entre le sympathique, l'agaçant et le baragouinage incompréhensible. Ainsi, autant la voix de ce cher Claymore est plutôt dans le ton, autant on est rapidement lassé des « Oui ! Mon chéri ! » que lance à longueur de temps la petite Fleurette sans manifestement comprendre le sens de ses paroles, ni celui du ton qu'elle emploie. On constate même des incohérences assez énormes aux niveaux des noms de certains personnages entre les textes en français et les voix en anglais. Ainsi la reine Bélissandre et systématiquement appelée Queen Katana dans les dialogues parlés, alors que le prince Alfange est nommé Anlace. Quitte à ne pas traduire les voix (Square-Enix en soit loué), les noms anglophones auraient au moins pu être conservés.

Mais il est nul ce jeu alors ?


Image 6 de Dragon Quest SwordsEt bien pas vraiment en fait, car malgré des défauts qui seront sans aucun doute rédhibitoires pour certains joueurs,  il y a également des aspects plus positifs qui relèvent un peu l'expérience de jeu. Tout d'abord, l'aspect RPG du titre, finalement pas si anecdotique que cela, donnera la possibilité au joueur de s'équiper de différentes armes et pièces d'équipement ayant une influence assez importante sur le gameplay. On notera surtout la collecte des différentes épées du héros qui pourront être améliorées par le forgeron du village en échange d'une coquette somme et d'ingrédients de plus en plus rares. Ces épées généralement associées aux éléments du feu, de l'eau et de la foudre, donneront accès aux techniques spéciales évoquées précédemment qui demanderont des manipulations un peu plus complexes pour être chargées puis lancées. Ces attaques spéciales, utilisables lorsque la jauge de tension du héros est remplie, constitueront ses seules techniques alternatives alors que, dans le même temps, ses compagnons gagneront de nouveaux pouvoirs au fil des niveaux. L'évolution des statistiques personnages reste certes assez anecdotique mais le gain d'expérience permettra en revanche de débloquer des magies très utiles permettant de se soigner, d'augmenter la taille du bouclier ou d'achever les ennemis éloignés grâce à des sorts d'attaques dévastateurs.

Enfin, comme évoqué plus haut, DQS propose un contenu supplémentaire intéressant pour les joueurs les plus acharnés et les plus courageux. Chaque niveau possède différents embranchements auxquels il sera possible d'accéder une fois un objet particulier acheté à un vendeur pour le moins atypique. Si ces embranchements ce finissent toujours en impasse, avec quelques coffres pour vous remercier d'être venu, ils permettent surtout de faire les niveaux dans leur intégralité et d'obtenir donc un score plus élevé. Le jeu évalue en effet la performance du joueur sur chaque niveau en prenant en compte des critères comme le nombre d'ennemis abattus ou bien le taux de précision des attaques, et il vous octroie différents objets en fonction du score obtenu. Sachant que les armes les plus rares requièrent les objets les plus rares, les perfectionnistes pourront refaire chaque niveau à loisir pour améliorer leur score et forger les épées les plus puissantes. Cela leur permettra également d'augmenter leur jauge de réputation afin d'obtenir différents rangs qui octroient des bonus comme rendre le bouclier plus résistant ou faire monter la jauge de tension plus vite. Toute cette puissance ne sera pas de trop pour ceux qui voudront affronter les boss optionnels disponibles après fini le jeu une première fois, ni pour les masochistes qui voudraient se lancer dans un mode Vengeance à la difficulté relevée, accessible uniquement après avoir battu tous les boss optionnels. Un contenu supplémentaire conséquent qui permet de doubler, voir de tripler la durée de vie de base mais dont seuls les plus patients ou les plus doués sauront profiter vu les lacunes du jeu en terme de maniabilité. Image 7 de Dragon Quest SwordsSignalons également deux mini-jeux anecdotiques accessibles chez Tata Stiletto, un personnage pour le moins angoissant...

Au final, il est donc possible de vraiment s'amuser avec ce  Dragon Quest Swords mais il faut bien savoir où l'on met les pieds et être un minimum fan de l'univers de la saga. C'est un jeu concept très largement améliorable mais qui rappelle à sa façon l'expérience procurée par un Red Steel. Il est donc certain que le jeu aura ses fans mais il reste très difficile de le recommander dans la mesure où beaucoup de joueurs n'y verrons guère d'intérêt, surtout s'ils s'imaginent retrouver un RPG pur et dur comme Dragon Quest VIII. On peut cependant espérer qu'un DQS 2 viendra corriger les défauts de son grand frère et permettra à la franchise de dépasser ce stade de rail-RPG pour devenir un véritable jeu de rôle à la première personne sur une console qui en manque cruellement. Un tel projet pourrait d'ailleurs réellement tirer parti d'un accessoire comme le Wii MotionPlus afin de corriger les problèmes de maniabilité et se rapprocher de l'expérience offerte par Kenshin Dragon Quest en son temps.

TEST Dragon Quest Swords : La Reine Masquée et la Tour des Miroirs écrit par Kayle Joriin le 11 Septembre 2008
12/20
Le jeu n'est pas foncièrement vilain mais il n'est clairement pas aussi ambitieux qu'un Dragon Quest Monster Joker et se repose beaucoup sur le style de Toriyama ainsi que sur le bestiaire déjà bien connu des DraQue. L'abandon du cel-shading pour une 3D classique fait également perdre un peu de charme à l'ensemble.
12/20
En ligne droite, le titre ne résistera guère plus d'une dizaine d'heures, les plus pressés pouvant même abattre le boss final au bout de six petites heures de jeu. Par contre pour les amateurs et les perfectionnistes, il y a de quoi faire et la durée de vie peut facilement dépasser la vingtaine d'heures de jeu. C'est peu pour un DraQue et pour un RPG, mais tout à fait raisonnable pour jeu d'action ou pour un rail-shooter.
11/20
Le gameplay est sympathique et marche relativement bien mais la maniabilité aurait largement pu être améliorée. Certaines attaques sont difficiles à réaliser en raison d'une détection des mouvements trop rigide et les déplacements à la croix directionnelle sont un calvaire. On finit par s'y faire mais ces lacunes seront rédhibitoires pour de nombreux joueurs.
13/20
On retrouve les compositions habituelles de la série mais, coté voix, le résultat n'est guère convaincant. Incohérence sur les noms des personnages, dialogues incompréhensibles et parfois agaçants, les doubleurs n'ont pas fait un bon boulot sur DQS et c'est bien dommage.
Dragon Quest Swords partait d'une bonne idée mais les développeurs n'ont malheureusement pas su la concrétiser et le titre est plombé par une maniabilité trop rigide qui casse le plaisir de jeu. Avec ses graphismes moyens, son scénario guère palpitant et ses doublages ratés, ce spin-off aura donc bien du mal à convaincre les joueurs habitués à mieux de la part de la série. Certains sauront dépasser les nombreuses lacunes du titre pour vraiment s'amuser mais la plupart profiteront surement de sa courte durée de vie pour le ranger dans un placard ou le revendre au plus vite.
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RIGHT
 
+ L'univers DraQue
+ Taillader du Slime, c'est fun
+ Les musiques de la série
+ Un contenu optionnel conséquent
+ Une gothique lolita française...
 
- ... qui ne sait pas ce qu'elle dit
- La maniabilité trop rigide
- Les voix
- L'histoire banale
- Six heures en ligne droite
Pas d'avis supplémentaire
NOTE JOUEURS

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