TEST : METROID PRIME 3 : CORRUPTION
UNE [jeu] Metroid Prime 3 : Corruption
Console :
console
Editeur :
Nintendo
Développeur :
Retro Studios
Genre :
FPS - Aventure
Nombre de joueurs :
1
Informations :
test apperçu newsnews soluces
sortie JAP14 février 2008
sortie USA27 aout 2007
sortie EUR26 octobre 2007
courrier forum chat
signé :
TEST

 

Attendu par des hordes de fans comme le premier jeu du sacro-saint trio de killer'ps made in Nintendo sur Wii, Metroid Prime 3 à la lourde tache à la fois de mettre fin à la sécheresse de jeux sur la console de salon, d’y imposer un gameplay type pour les FPS et de clore en apothéose une trilogie adulée par bon nombre de joueurs. Le résultat est-il à la hauteur du challenge ?


Un vieux pot, une bonne soupe

Image 1 de Metroid Prime 3 CorruptionImage 2 de Metroid Prime 3 Corruption

Depuis ses premiers jours sur Gamecube, Metroid Prime est une série au succès modéré, mais à la base de fans bien présente. Toujours considérée en marge des FPS grand public, la série se caractérise par un système de visée rompant régulièrement l’action, une grande partie du jeu consacré aux énigmes et à l’exploration minutieuse de mondes parcourus, et de nombreux éléments de plates-formes via les doubles sauts ou encore l’utilisation de la boule morphing. Il existe donc déjà tout un monde à exploiter dans cette troisième itération, en plus des mythologies, du bestiaire et des technologies développées dans les deux premiers opus.

Piochant à gauche et à droite, ce Metroid Prime 3 en profite pour supprimer quelques contraintes, telles que l’atmosphère empoisonnée du monde sombre ou les munitions limitées du second opus. Ceci dit, Retro Studio n’hésitera pas non plus à y intégrer les nombreuses bonnes idées vues auparavant. Vous visiterez bien du pays et explorerez à loisir plusieurs planètes à la manière de Metroid Prime Hunters sur DS. Chacune des planètes sera unique, avec un bestiaire mêlant d’anciens ennemis à de nouvelles têtes, ajoutant de la cohérence aux diverses terres foulées. On pourra déplorer la répétitivité dans le schéma d’exploration de chacun de ces mondes, mais cela ne nuit pas une seconde au plaisir de jeu et de découverte, ce qui est le principal. L’aventure semble fluide, s’enchaîne rapidement, rarement vous butterez sur un problème lié à une mauvaise conception des énigmes.

Bien entendu, plus vous serez familier à l’univers de la série, moins vous aurez de problème à vous y déplacer, la progression restant similaire à la formule initiale. On explore, jusqu’à se retrouver bloqué, à cause de cela on part à la recherche d’une amélioration de l’armure en retournant parfois en arrière, puis grâce à cette amélioration on débloque de nouveaux passages, nous permettant de trouver par la suite une nouvelle amélioration, et cætera jusqu’à arriver à un boss. Ces améliorations, dont beaucoup ont déjà été vues précédemment, permettent au fil du jeu de se déplacer plus aisément et de gagner en puissance de feu, une puissance de feu légèrement exagérée sur la fin du jeu par ailleurs – en plus de l’hypermode sur lequel nous reviendrons un peu plus tard.

Metroid Prime 3, l’artiste

Citations Manmedaz
Graphiquement, le jeu est au-dessus de ses prédécesseurs, même si cela ne saute pas directement aux yeux. Les univers sont plus riches en détails, plus fins, certains endroits étant tout simplement bluffant artistiquement parlant (que ce soit des lieux en extérieur ou de simples couloirs). Bien sûr, on aura par moment affaire à quelque texture un peu plus grossière, mais cela ne nuira pas au charme du jeu, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Passé la planète Norion – premier monde où vous mettrez les pieds – qui est, avouons-le, par moment très grossière dans ses décors, vous irez d’émerveillement en émerveillement, si tant est que vous ne vous attendez pas à des graphismes HD, soyons d’accord. Toujours est-il que ce jeu tire la Wii vers le haut sur le plan visuel, divers effets tels que les effets de fumée et d’explosion étant tout spécialement réussis et participants à cette impression de dynamisme qui émanera lors des phases d’action.

Image 3 de Metroid Prime 3 CorruptionAutres atout de l’aspect visuel, le souci du détail est constamment présent. Prenons pour exemple le casque de Samus. Outre les différents filtres graphiques appliqués par les viseurs, ce simple élément ajoute énormément au jeu grâce à des petites choses pas toutes forcement nouvelles, mais toujours aussi réussies. Depuis les gouttes d’eau qui s’écrasent contre la vitre lorsqu’on regarde vers le haut jusqu’au reflet des yeux sur la visière lors des explosions, tout y est. On notera avec amusement que les yeux de Samus regardent constamment le point visé par le joueur. Il découle de tous ces détails une intense cohérence du monde parcourue qui conforte l’expérience vécue par le joueur.

Un des points forts de cet opus est, à n’en pas douter, son level-design. On note beaucoup d’ingéniosité de la part de Retro Studio pour nous offrir des niveaux alambiqués et complexes, avec énormément de surprises. Là où beaucoup se seraient contentés de peu, les développeurs ont multiplié les variations pour arriver au même but, et on est parfois émerveillé par une simple phase de jeu qui n’apporte rien, pas même à la durée de vie du soft, si ce n’est ce cachet très spécial caractérisant les Metroid Prime. Dans un sens, on pourrait le définir par “pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer, mais dans le bon sens du terme. Tout est complexe et tout éblouit le joueur, à chaque instant. Il s’en suivra des temps de chargements “cachés” – lorsque vous attendez après avoir tiré sur une porte, ou lors d’un voyage en vaisseau – assez longs parfois, d’autant que le support DVD n’aide pas à réduire l’accès aux données, contrairement au mini-DVD du Gamecube. Il serait difficile d’être plus précis sans trop spoiler le jeu, mais sachez que tout du long de votre périple à travers la galaxie, vous irez de surprise en surprise et chaque instant passé sur le jeu vous donnera envie d’en voir plus et d’aller plus loin, une sorte de cercle vertueux jusqu’à la conclusion Image 6 de Metroid Prime 3 Corruptionqui se veut épique – malgré un léger effet de pétard mouillé sentant le flou pour mieux ajouter un épisode ultérieur à la série si l’envie s’en faisait.





Image de Samus Aran

La touche Wii

Image 4 de Metroid Prime 3 CorruptionImage 5 de Metroid Prime3 Corruption

Le principal changement de la série s’opère au niveau des commandes, puisque le jeu passe d’un système de visée extrêmement contraignant et difficilement intuitif au début à une mécanique tout simplement fluide. C’est simple : ça change totalement le jeu. Vous lockerez toujours autant vos ennemis, mais vous pourrez à présent choisir librement de tirer sur l’ennemi visé ou sur n’importe quel autre ennemi ou objet dans votre champ de vision, ce qui s’avère très pratique pour donner de l’énergie aux combats, et contribue de façon drastique au réalisme et à l’immersion dans le jeu. Soyons clairs, Metroid Prime 3 pose ici les bases de ce que doit être une maniabilité FPS sur Wii et on ne peut qu’espérer que les FPS qui suivront tireront parti des commandes proposées par le jeu. En plus des combats basiques, une grande place est offerte au grappin qui sera désormais un objet très utile à la fois pour débloquer des passages, tirer des interrupteurs, voire encore retirer le bouclier d’un ennemi, en plus de quelques utilisations un peu plus exotiques dont vous aurez la surprise.

Une des autres grosses nouveautés, simplifiant drastiquement la vie du joueur, est la possibilité de sauter avec la boule morphing sans utiliser de bombe. Inutile de préciser que cet ajout est extrêmement utile et permet d’éviter les nombreuses prises de tête présentes de par le passé. Vous n’aurez plus qu’à soulever prestement la Wiimote pour parcourir le plus naturellement du monde les labyrinthes les plus tordus et rassurez-vous, il y en aura ! Une fois passé les nouveautés, approfondissons un peu plus le schéma de jeu autour duquel est bâti le gameplay. Une fois de plus, vous aurez accès à plusieurs viseurs, au nombre de 3 plus exactement, que vous sélectionnerez en gardant pressé le bouton - et en visant directement à l’écran la partie correspondant à celui que vous désirez porter. Bien entendu il y aura le traditionnel viseur d’analyse. Le second viseur, très pratique, vous permet de donner des ordres à votre vaisseau – celui-ci est notamment utilisable lors des combats en plein air pour bombarder vos ennemis. Enfin, le troisième viseur, et bien… ce serait trop cruel de vous gâcher la surprise – les deux précédents étant disponibles dès le début de l’aventure. Pour ce qui est des armes, une fois de plus vous aurez tout loisir de les découvrir, sachez seulement que le système a changé, se rapprochant de celui du premier épisode sans pour autant l’adopter directement.

Plus succinctement, concernant les autres boutons, là ou Z vous servira à locker les ennemis – ou, si vous visez dans le vide, à bloquer le regard de Samus dans une direction donnée –, le bouton C vous permettra de vous transformer en boule morphing. Pour sa part, le bouton B sera utilisé pour sauter, alors que le bouton A sera tout simplement le bouton de tir. Concernant les déplacements, le stick analogique permettra d’avancer, de reculer et de faire des pas de côté, la visée à l’écran permettant de tourner et de regarder en bas et en haut. L’utilisation du grappin sera on ne peut plus simple. Après avoir localisé une surface à laquelle vous pouvez vous accrocher (reconnaissable grâce à un signe qui s’affiche dessus une fois que vous l’aurez scannée), vous n’aurez qu’à appuyer sur Z pour la locker, avant de lancer le Nunchuk vers l’avant pour jeter le rayon vers la cible. Une fois cela fait, il ne vous restera plus qu’à tirer d’un coup sec de la même main pour arracher l’objet. C’est simple, intuitif extrêmement jouissif et immersif, d’autant plus que ce qui aurait pu n’être qu’un gadget est en réalité un des éléments les plus importants du jeu, au même niveau que la boule morphing. En plus de tous ces éléments de gameplay, il vous sera demandé à de nombreuses reprises d’enclencher des interrupteurs. Pour cela, vous devrez tourner, rapprocher, relever la Wiimote, dans le but d’effectuer ces actions, encore un moyen d’ajouter à votre implication dans le jeu.

Le revers de la nouveauté

L’histoire de Metroid Prime 3 ne rompra pas avec la tradition mêlant phazon et Pirates de l’espace, comme chacun aurait pu s’en douter. Six mois après que Samus ait une nouvelle fois contrecarré les plans des pirates de l’espace lors du second épisode, le superordinateur de la Fédération Galactique, l’unité Aurora 242, est infecté par un mystérieux virus. Directement en alerte, la Fédération recrute quatre des plus célèbres chasseurs de primes de la galaxie pour leur venir en aide. À peine le briefing effectué, les Pirates de l’espace lancent une attaque contre le vaisseau de la Fédération, confirmant les soupçons qui pesaient contre eux à propos de. Réagissant immédiatement, les chasseurs de primes finissent par se retrouver face à Samus sombre, laquelle, après les avoir repoussés, les corrompra avec un rayon de phazon, les laissant gésir à terre, faibles.

Soignés par les médecins de la Fédération, les chasseurs de primes hériteront chacun d’un Dispositif d’Amélioration au Phazon, un matériel à la pointe de la technologie leur permettant de canaliser et d’utiliser l’énergie de la corruption pour augmenter leurs capacités grâce à l’hypermode. Forte de ce nouvel atout, Samus partira à la recherche de son alter ego sombre alors que celui-ci projette de répandre la corruption dans la galaxie à l’aide d’énormes graines de phazon, les léviathans. Cette aventure vous amènera à traverser la galaxie, et cette introduction nous conduit tout de suite à parler de l’une des nouveautés majeures du jeu, l’hypermode. La corruption de Samus au phazon pourra être utilisée pour gagner en puissance pendant un court instant, durant lequel vous serez invincible. Plus précisément, l’entrée dans l’hypermode, via une pression d’une seconde sur le bouton +, transformera l’une de vos barres de vie en barre d’énergie, chaque tir pompant un peu de cette énergie. Si vous sortez de ce mode avant un certain temps, vous conserverez l’énergie non utilisée dans votre barre de vie. En revanche, après un temps trop long, vous entrerez dans l’hypermode corrompu, lors duquel votre barre d’énergie se rempliera continuellement. Si jamais la jauge venait à être complètement remplie, alors Samus serait totalement corrompue, ce qui équivaut à un game-over. À votre charge donc de vider la barre en évacuant le trop plein d’énergie – en tirant, donc.

Ce nouvel ajout à la série, s’il est louable, se révélera à double tranchant. D’un côté, il apportera au joueur une nouvelle approche du jeu, celui-ci l’utilisant avec parcimonie - dans un premier temps en tout cas. Les effets visuels l’accompagnant sont également fort jolis, il faut le noter. Cependant, après avoir suffisamment avancé dans le jeu, le déséquilibre deviendra trop important à cause du nombre élevé de barres de vie de Samus, et gâchera un peu le plaisir de jeu. Certains boss seront d'une facilité déconcertante à battre à l’aide de l’hypermode, et celui-ci viendra finalement raccourcir la durée de vie du soft de par son efficacité un peu trop marquée. Alors bien entendu, cela sert à l’histoire. Bien entendu, certaines énigmes en tireront parti. Mais le constat reste le même, l’hypermode est finalement une nouveauté un peu regrettable, probablement un moyen de rendre le jeu un peu plus accessible aux “nouveaux joueurs” accueillis sur Wii. Ajoutez à l’hypermode la possibilité constante d’avoir des indices sur le prochain lieu à visiter, ainsi que l’aide peut-être trop poussée donnée via la radio par l’UA, et vous vous rendrez rapidement compte que de la légendaire difficulté des Metroid Prime, il ne reste plus grand-chose d’autre que le souvenir.

Image 7 de Metroid Prime 3 CorruptionImage 8 de Metroid Prime 3 Corruption

Un bon jeu solo

Ceci étant, ne pensez pas automatiquement que l’aventure en pâtie. Bien que globalement plus facile que ses prédécesseurs, elle reste réellement prenante et ravira les fans comme les nouveaux venus. Vous prendrez beaucoup de plaisir à parcourir ces mondes, et ce plaisir est réellement amplifié par la cohérence qui se dégage du titre. Également, précisons que l’on retrouvera la solitude des premiers épisodes, une fois passée l’introduction. Une solitude qui se ressentira jusque dans les grands thèmes musicaux vous accompagnant, ainsi que dans les innombrables bruitages, depuis celui de votre arme à la petite musique après avoir sauvegardé, toujours fidèle à l’esprit de la série.

Pendant un long moment, on laissait entendre que le jeu se verrait muni d’un mode Online ou, à défaut, d’un mode multi. Clairement, il faut savoir qu’ils ne sont pas indispensables. Metroid Prime est et reste une aventure à vivre seul, et un concept totalement inadapté au jeu en multijoueur. Cette “perte” n’est pas dommageable, puisque l’aventure pourra se jouer dans trois modes de difficulté – dont un déblocable après avoir terminé le jeu une première fois, chacune des nouvelles parties récupérant les scans de l’ancienne et vous permettant ainsi de viser le 100% de scans. Ces différents modes de difficulté, le plaisir de jeu ainsi que la cohérence de l’aventure permettent à Metroid Prime 3 une excellente rejouabilité et cela suffira amplement au joueur en manque d’aventures solo dignes de ce nom.
TEST Metroid Prime 3 : Corruption écrit par Manmedaz le 04 Nov 2007
16/20
Metroid Prime 3 est au-dessus de ses prédécesseurs, et émerveillera constamment le joueur, via de nombreux détails – explosions, effets de fumée, reflets sur le casque. Ceci dit, le gros du travail n’est pas tant graphique qu’artistique. Sans impressionner, le jeu possède une patte très personnelle et chaque nouveau monde découvert sera un enchantement pour les mirettes.
15/20
La facilité du jeu (entre l’hypermode exagéré et l’aide constante de l’UA) écourtera un peu le temps qu’on y passera, sans altérer néanmoins le plaisir, celui-là même qui nous poussera à recommencer le jeu dans un mode de difficulté plus élevée. La durée de vie ne s’en tire donc plutôt pas trop mal, avec un premier passage d’une durée variant entre 15 et 20 heures environ. On ne regrettera pas l’absence de mode multi ou online, tant le jeu ne s’y prête pas.
18/20
Un nouveau standard est tout simplement en train de s’installer avec Metroid Prime 3. Loin des premiers FPS parût sur la console de Nintendo, on se retrouve ici avec un excellent compromis entre rapidité de mouvement, précision et confort. En plus de cela, de nombreux ajouts viennent peaufiner l’expérience et ajouter à l’immersion, tels que l’utilisation intuitive du grappin ou encore les nombreux mécanismes à activer par mouvements de la Wiimote.
18/20
Que du bon dans ce secteur, comme toujours dans cette série. Les airs sont calmes quand il le faut, un peu plus stressants lors des combats, mais toujours dans le ton. On retrouvera avec joie de nombreux effets sonores tels que celui du tir, ou encore le son caractéristique d’une amélioration de l’armure Varia.
Premier des trois grands jeux Nintendo, Metroid Prime 3 ouvre le bal avec grandiloquence et sans chichis, ne pêchant que par sa facilité, excessive par moments. Ceci dit, inutile de bouder votre plaisir pour si peu, le jeu mérite amplement de figurer dans votre ludothèque, du coté des grandes aventures en solitaire, de celle qui laisse des traces dans une vie de joueur.
17/20
LEFT
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RIGHT
 
+ Une aventure soutenue et très fidèle à la série
+ Des mondes à la beauté onirique
+ Une cohérence frappante de l’ensemble des éléments du jeu
+ Une forte rejouabilité
+ Des contrôles intuitifs et jouissifs, posant les bases du FPS sur Wii
 
- Un jeu court tout de même
- Un hypermode qui déséquilibre le jeu
- Une aide trop présente
- Une fin qui pêche un peu
Pas d'avis supplémentaire
NOTE JOUEURS

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