TEST : HOTEL DUSK : ROOM 215
UNE [jeu] Hotel Dusk : Room 215
Console :
console
Editeur :
Nintendo
Développeur :
CING
Genre :
Aventure
Nombre de joueurs :
1
Informations :
test apperçu newsnews soluces
sortie JAP25 janvier 2007
sortie USA24 janvier 2007
sortie EUR13 avril 2007
forum podcast
signé :
TEST

 

Après le très remarqué Another Code, sorti sur DS comme titre de lancement, les surdoués de CING reviennent avec Hotel Dusk, un jeu dont les premières images avaient déjà impressionné. Déjà disponible au Japon et aux Etats-Unis, très attendu par les joueurs européens, Hotel Dusk s’impose comme un concurrent potentiel à Phoenix Wright, qui a également su séduire le public. Dès lors, les développeurs ont-ils réussi à apporter une dose d’originalité suffisante pour surpasser le maître ? Alors que le genre semble très fermé, rien n’est moins sûr. Voyons cela en détail…


Que se cache-t-il dans cette chambre 215 ?


La patte Cing.

Dès les premières minutes, on reconnaît facilement le savoir-faire de CING, pour peu que l’on ait goutté à leur précédente œuvre sur DS, le très bon (mais très court) Another Code. Cela se ressent évidemment au niveau du travail artistique fourni pour les personnages. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder quelques screenshots, c’est flagrant. Ca l’est tellement que certains personnages ressemblent presque comme deux gouttes d’eau à ceux d’Another Code, ce qui a un côté un peu dérangeant. Même si les dessins sont très réussis, on aurait aimé que les dessinateurs de chez CING se renouvellent un peu plus. C’est du chipotage, mais cela peut servir de mise en garde : un troisième jeu avec le même type de personnages serait certainement de trop, sachant justement que les personnages ont un rôle prépondérant dans ce type de jeu.

Mais de quel type de jeu parle-t-on ? me direz-vous. Eh bien, là aussi on retrouve ce qui a fait le succès d’Another Code, un savant mélange d’énigmes et de dialogues propre aux fameux « point & click » , comme par exemple Maniac Mansion, Les Chevaliers de Baphomet ou du côté français Operation Stealth et Croisière pour un cadavre, qui devraient rappeler de bons souvenirs aux fans d’Amiga. Pourtant, là où Hotel Dusk se démarque de son prédécesseur, c’est au niveau du dosage entre énigmes et dialogues. Je m’explique : alors qu’Another Code était plutôt orienté énigmes, Hotel Dusk est plutôt orienté dialogues. D’où la comparaison avec Phoenix Wright, qui propose en gros le même dosage. En dehors de toute autre considération graphique ou autre, c’est donc à ce niveau là que Hotel Dusk se démarque le plus de son aîné. Dès lors, à partir du moment où ce sont les dialogues qui font le jeu, le scénario a plutôt intérêt à assurer.



De ce côté-là, CING a voulu proposer une ambiance proche de certains films noirs américains. Ce n’est donc pas innocent que le jeu se déroule en Californie, dans un hôtel un peu miteux, au milieu de personnages plus ou moins bizarres qui ont tous des secrets enfouis. Le héros, Kyle Hyde, ex-flic de New York, arrive dans cet hôtel pour son boulot de commercial, mais va vite découvrir que l’endroit a un lien avec sa dernière affaire, qui l’avait alors obligé à quitter les forces de police. S’engage alors ce qui sera certainement la nuit la plus longue de toute son existence ! Toute l’aventure, qui se déroule quasiment en temps réel, prend donc place dans l’Hotel Dusk. Chaque résident aura un rôle plus ou moins grand à jouer dans l’intrigue. En ce qui concerne les dialogues, il faut avouer qu’ils sont plutôt réussis, du moins en ce qui concerne la version américaine du jeu, qui comporte une bonne dose d’humour et qui arrive plutôt bien à retranscrire différents accents à l’écrit. Cela dit, reste à savoir si la version française suivra… Espérons que les traducteurs fassent bien leur boulot. Dans ce domaine, ils devraient prendre exemple sur ce qui a été fait pour la traduction de Phoenix Wright, excellente. Cela dit, les deux ambiances sont difficilement comparables, étant donné que Phoenix Wright est beaucoup plus orienté sur l’humour et l’absurdité qu’Hotel Dusk.

Une patte graphique unique.


Un des points forts de Hotel Dusk est son aspect graphique, très inspiré. Même si techniquement on ne peut pas dire que ce soit très impressionnant, CING arrive à impressionner en utilisant des techniques toutes simples. D’abord, pour renforcer l’aspect noir du scénario, presque hitchcockien si on devait forcer le trait, les développeurs ont décidé de laisser les personnages en noir et blanc lors des phases de dialogue. Le but est donc de donner un style « vieux », et c’est assez réussi. Cela dit, les décors restent colorés, donc pas d’inquiétude. Concernant l’aspect technique, l’écran de gauche (la console se prenant à la verticale, comme pour Brain Training) – ou de droite pour les gauchers, vous suivez ? – est en fait une vue subjective en 3D proche d’un FPS, tandis que l’écran de droite propose une vue aérienne simpliste en 2D de la pièce où vous vous trouvez. Il permet également d’accéder à l’inventaire, au menu ou par exemple au carnet de notes, sur lequel vous pourrez marquer ce que vous voudrez. Ce n’est pas forcément très utile mais c’est un gadget amusant. La 3D est quant à elle assez efficace, à défaut d’être belle. On est loin d’un Metroid Prime Hunters, mais l’aspect graphique n’est pas vraiment un élément primordial dans un point & click. C’est Nintendo qui va être content, cela correspond parfaitement à leur nouvelle politique…Cela dit, l’ensemble est loin d’être dégueu, rassurez-vous. C’est même plutôt joli quand on compare à la moyenne des jeux DS.

Au niveau de l’animation, c’est un peu pareil. Le jeu tourne principalement autour des artworks, et CING les utilise à bon escient. Une animation faite de quelques images tourne en boucle et on a une impression de vie très réussie. C’est simple, peut-être même trop, mais encore une fois ça a le mérite d’être efficace. Ajoutez à cela différents dessins pour représenter le panel d’émotion des personnages et vous aurez compris que CING fait peu, mais fait bien. C’est peut-être là que l’on reconnaît le talent, alors que certains développeurs en font beaucoup pour un résultat exécrable. Hotel Dusk peut donc se targuer de bénéficier d’une réalisation réussie, à défaut d’être impressionnante. En comparaison, Another Code avait beaucoup plus impressionné de par sa fraîcheur. Ceci est certainement dû au fait qu’Hotel Dusk est beaucoup moins varié en terme de décors, étant donné que toute l’intrigue se déroule dans le même endroit. Ca a un côté frustrant, on aurait aimé être plus libre de ses mouvements, mais cela fait également partie de l’aspect intimiste voulu par CING.

Des défauts gommés mais des défauts présents.


La principale critique faite à Another Code concernait sa durée de vie, beaucoup trop courte. En effet, ce jeu pouvait se terminer en à peu près 5 heures, ce qui est plutôt limité, malgré le plaisir certain procuré tout au long du jeu. CING a donc corrigé le tir en proposant un jeu plus long, sans pour autant que cela atteigne des sommets. En ce qui me concerne, j’ai mis à peu près 17 heures pour le terminer. Disons donc qu’un joueur moyen pourra le terminer en une quinzaine d’heures, ce qui est tout de suite beaucoup plus honorable. Pourtant, cela a un côté paradoxal étant donné que l’intrigue est censé se dérouler en à peine une nuit… Le temps serait-il donc étiré chez CING, ou bien est-ce moi qui suis tout simplement nul ? Je vous laisse seul juge (hum, hum). Cela dit, il y a une explication à cela : le fait de devoir recommencer certaines séquences de jeu à la moindre mauvaise réponse au cours d’une conversation avec un des personnages. Cela a un côté très frustrant, et cela oblige à souvent se retaper certains dialogues jusqu’à l’endroit où l’on s’est trompé. Plutôt moyen comme fonctionnement. De plus, après quelques erreurs, on arrive facilement à deviner la réponse adéquate à tous les coups, ce qui fait qu’au final il est très difficile de se tromper. Paradoxe, quand tu nous tiens…


Un autre défaut du jeu est dû au dosage énigmes/dialogues évoqué plus haut. La véritable force d’Another Code était d’utiliser à merveille toutes les possibilités offertes par la DS, tant en ce qui concerne l’utilisation des deux écrans que de l’utilisation de la fonction tactile, et ce pour la résolution d’énigmes toutes très bien trouvées. Dans Hotel Dusk, les quelques énigmes proposées sont d’une simplicité enfantine et globalement CING ne fait pas vraiment preuve d’inventivité dans l’utilisation de la console, ce qui a encore une fois un côté frustrant après que l’on ait goûté à Another Code. On sent bien que l’intérêt principal du jeu tient dans ses dialogues, mais on aurait aimé que CING arrive à allier cela à des énigmes intéressantes, pour arriver à un dosage quasi-parfait. Peut-être la prochaine fois ?

Enfin, le jeu souffre d’une trop grande linéarité. Malgré les quelques rebondissements, trop rares mais souvent intéressants, l’ensemble est vraiment très guidé et chaque chapitre est construit de la même manière, ce qui est assez énervant au fur et à mesure de sa progression. Sans compter que le scénario est vraiment farfelu et pas forcément très crédible sur de nombreux points. L’ensemble est relativement poussé mais peine à convaincre réellement.
Quant aux musiques, elles sont assez répétitives et pas franchement très réussies. La plupart ont un côté jazz du pauvre, pour un résultat qui vous rappellera certainement vos plus beaux moments en apesanteur (grande référence musicale française inside).

So what ?


CING est un développeur qui sait utiliser à merveille les capacités de la console, c’est indéniable. Hotel Dusk le prouve encore et propose un challenge plutôt passionnant, mais il impressionne moins que son aîné Another Code, même si certains de ses défauts ont été corrigés, ce qui prouve que les développeurs savent prendre en compte les critiques. C’est assez rare donc c’est important de le souligner. Ceux qui ont apprécié Another Code et Phoenix Wright devraient donc aimer Hotel Dusk, qui vous fera passer de très bons moments malgré ses quelques défauts. Les autres, curieux, ne devraient pas regretter leur achat, et après avoir goûté à ça, on rêve de ce que CING pourrait nous pondre sur Wii…

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TEST Hotel Dusk : Room 215 écrit par Pierre le 23 Feb 2007
16/20
La 3D est jolie, à défaut d’en mettre plein les yeux. Les artworks sont réussis et CING arrive à être efficace en utilisant des techniques d’une simplicité extrême.
15/20
Environ une quinzaine d'heures devraient permettre au joueur moyen de finir le jeu sans trop de difficultés. Cela dit, l’ensemble est un peu trop linéaire.
16/20
Pas de soucis majeurs, l’ensemble est très réussi, à part peut-être des rotations un peu brusques en mode subjectif.
13/20
Les musiques sont un peu trop répétitives et pas franchement intéressantes. Les bruitages sont corrects.
CING a corrigé le principal défaut d’Another Code, à savoir la durée de vie, et grand bien lui en a pris. Pourtant, malgré un challenge assez passionnant, on ne peut que regretter la trop grande linéarité du scénario et le manque de variété. Cela dit, Hotel Dusk reste un très bon jeu, très bien construit et techniquement réussi, qui devrait plaire à la plupart d’entre vous.
15/20
LEFT
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RIGHT
 
+ le système de jeu
+ l’aspect graphique
+ la durée de vie
 
- la linéarité
- les musiques
Pas d'avis supplémentaire
NOTE JOUEURS

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