« Un jour, et ce jour ne viendra peut-être jamais, je te demanderai
peut-être de me rendre un service. En attendant ce jour, accepte ceci,
c’est un cadeau. » C’est par ces mots que commence le jeu. Un cadeau,
est-ce réellement ce qu’est cette nouvelle adaptation du jeu tiré du
célèbre film de Francis Ford Coppola – lui-même tiré du livre de Mario
Puzo – sur Wii ? Lisez les lignes qui suivent pour en avoir le cœur net.
L’essence du filmLorsque
l’on réalise l’adaptation d’un film, qui plus est un film culte tel que
l’est Le Parrain, il faut s’attendre à ce qu’une horde de fans
pointilleux cherche et montre du doigt tous les détails, que ce soit
pour en dire du bien ou du mal. L’adaptation réalisée par Electronic
Arts est, à vrai dire, plutôt de bonne facture dans sa globalité. Tout
d’abord, le jeu, à la manière d’un GTA – un soft référence auquel nous
comparerons Le Parrain plusieurs fois au cours de ce test – ne
comportera qu’un seul mode. C'est-à-dire que vous créerez votre
personnage, puis serez lâché dans la ville de New York de 1945 pour y
faire tout ce que vous y désirez – ou presque –, point.
Commençons
par le commencement donc, la création du personnage. Vous bénéficierez
d’un grand nombre de choix, à la manière de nombre des jeux EA, grâce à
un éditeur de personnage nommé MobFace, plutôt souple. Il vous sera
donc possible de vous représenter assez fidèlement, de créer de toute
pièce une gueule cassée, ou encore d’imaginer un personnage chétif, à
votre guise. Une fois cette étape passée, vous pourrez également
modifier tout cela en passant chez le barbier et transformer le héros
de bout en bout si l’envie vous en vient. Il faudra ajouter à cela un
passage conseillé chez le tailleur, ce qui vous permettra contre
quelques dollars de vous habiller plus chiquement et ainsi de gagner
quelques points de respect – un des aspects essentiel du jeu sur lequel
nous reviendrons. On pourra cependant pester contre le manque de choix
à ce niveau, somme toute assez restreint si l’on désire soigner son
aspect, notamment en regard de la variété des habits des autres
protagonistes (imperméables, cravates non nouées, casquettes, etc.).
Attaquons
nous maintenant à l’histoire du jeu en elle-même. Alors que beaucoup
auraient pu penser que nous jouerions le rôle de Michael Corleone, EA a
choisit de nous mettre dans la peau d’un outsider. Ce n’est finalement
pas plus mal car cela nous permettra de suivre l’intégralité des
aventures des membres de la famille se déroulant à New York, en passant
même par la résidence de Jack Woltz à Hollywood le temps d’une mission.
Le jeu débute donc, tout en faisant une brève introduction aux
contrôles du personnage lors de combats en mêlée, sur la scène du
meurtre du père de notre anonyme héros. Les affaires. Celui-ci servait
la famille Corleone, donnant une partie de ses revenus contre la
protection de sa boulangerie par la famille. Alors que le jeune garçon
contemple en sanglotant la dépouille ensanglantée de son père, gisant
dans une impasse, Don Corleone surgit derrière lui, le saisissant par
les poignets et l’empêchant de pleurer tout en lui promettant vengeance
lorsqu’il aura gagné en âge. À la suite de cette introduction, vous
créerez votre personnage et lui choisirez un nom. On se retrouve
ensuite neuf ans plus tard, le jour du mariage de Connie, fille de Don
Corleone. Le parrain reçoit comme à son habitude énormément de monde
venant pour lui faire des requêtes de protection ou encore lui demander
de l’argent. À la différence près que, selon la tradition sicilienne,
on ne peut refuser une demande effectuée le jour du mariage de sa
fille. Ainsi, il se verra forcé de répondre à la demande de la mère du
héros, lorsque celle-ci viendra lui demander de le prendre sous son
aile pour le sauver de la racaille qu’il fréquentait jusqu’à présent.
C’est
avec un extrême plaisir que l’on vivra le début de cette aventure, les
dialogues et les situations du film – par toujours exactement fidèles
cependant – étant disséminés au long de l’intrigue. Ainsi, on verra
pendant l’ouverture Luca Brasi se récitant à lui-même ce qu’il dira au
Don, par exemple. Le même Luca qui viendra vous tirer de vos problèmes,
vous apprenant dans le même temps à vous battre à coup de Wiimote et de
Nunchuk. Une fois cette introduction passée, vous serez totalement
libre de vos actions, pouvant à votre guise exécuter les missions qu’on
vous propose, qu’elles soient principales où secondaires, ou encore
allant et venant dans la ville pour récupérer les différents commerces,
business, ou encore entrepôts détenus par les 4 autres familles se
bataillant le contrôle de New York. Concentrons-nous pour le moment sur
l’histoire principale. Vous jouerez le rôle de celui que l’on peut
considérer comme l’homme de l’ombre du film. Que ce soit l’homme de
main qui a planqué le pistolet dans les toilettes du restaurant
italo-américain Louis, celui qui a descendu Pauli dans la voiture
pendant que Clemenza allait pisser ou encore celui qui est arrivé le
premier sur le lieu du meurtre de Sonny, vous serez partout où des
événements importants se sont passés, effectuant le petit boulot pour
les autres membres de la famille – même lorsque vous serez promus Don,
ce qui est d’ailleurs peu cohérent mais peut se comprendre vis-à-vis de
l’intérêt du soft.
Comme nous l’avons déjà dit, nous prendrons
énormément de plaisir à revivre les différents dialogues du film,
généralement sensiblement différents pour coller avec le jeu, d’autant
plus qu’ils interviennent de façon plutôt sporadique mais toujours au
bon moment. De plus, il faut noter l’excellent doublage effectué en
général, l’aspect véritablement cinématographique du jeu, ainsi que la
modélisation très fidèle des personnages principaux, se détachant du
reste du jeu – comme nous le verrons lorsque nous aborderons la
question des graphismes. Nous sommes littéralement immergés dans
l’ambiance de l’époque – New York de la fin des années 40 –, et surtout
dans l’ambiance du film, la célèbre bande originale de Nino Rota venant
superbement accompagner et couronner le tout. On peut affirmer sans
trop avoir peur de se tromper que si vous avez apprécié le film, alors
vous aurez de grandes chances d’aimer ce jeu… et vice versa ! En effet,
même sans avoir vu le film, le jeu est appréciable pour ce qu’il est,
la trame principale étant plutôt bien ficelée, même si du fait de moins
de détails dans le jeu, la compréhension de toutes les relations entre
les protagonistes se fait moins aisée. Ceci étant, les deux supports se
complètent assez joliment, apportant chacun leur part de plaisir.
Famiglie of New YorkAu-delà
de la fidélité au support original, intéressons-nous maintenant aux
ajouts effectués par les développeurs, leur retranscription de
l’atmosphère de la ville d’un point de vue graphique, ainsi qu’aux
mécanismes de ce jeu qui se veut de l’envergure d’un G.T.A. avec une
dose de jeu de rôle et quelques nouveautés. Vos premiers pas dans New
York ont toutes les chances de se faire de façon hésitante, votre
personnage commençant comme un débutant – ou un outsider, pour
reprendre le classement adopté par la famiglia –, sachant à peine se
battre, sans le sous et sans armes à feu. Votre premier but sera de
faire rentrer de l’argent dans les caisses des Corleone, et c’est à ce
prix que vous pourrez gravir les échelons dans la hiérarchie. Pour ce
faire, vous aurez plusieurs méthodes. La première d’entre elles sera
d’aller convaincre des commerçants d’accepter votre protection en
échange d’une part prélevée sur leurs revenus chaque semaine. Par la
suite, vous pourrez aussi récupérer de l’argent en volant des camions
remplis de marchandises appartenant aux familles ennemies, en agressant
des coursiers pour les voler, en braquant des banques ou encore en
allant vous servir directement dans la caisse des différents magasins,
à titre d’exemple. Les méthodes sont nombreuses et, ajouté au fait que
l’on remporte de l’argent lors de la réalisation des missions, il s’en
suit qu’on ne manquera que rarement de liquide.
En soit, ce
n’est pas une mauvaise chose, étant donné que celui-ci joue un rôle
important dans le jeu. L’argent vous permettra de racheter les
business, mais aussi de soudoyer agents de police, pour que celle-ci
vous laisse tranquille et ne tienne pas compte de votre niveau de
surveillance, et agents du F.B.I., pour réinitialiser votre niveau de
vendetta envers les familles concurrentes. Ces niveaux sont deux outils
capitaux du jeu. Votre niveau de surveillance dépendra directement des
crimes que vous effectuerez, que ce soit des vols de voiture, des
meurtres ou agressions envers agents de police. Vous disposerez de zéro
à cinq insignes de police, vous indiquant leur niveau d’agressivité
envers vous et les moyens employés pour vous arrêter. Ceci dit, chacun
des cinq quartiers de la ville possédera son propre niveau de
surveillance, et il vous sera possible d’échapper aux poursuites de la
police en changeant simplement de lieu et en passant par exemple de
Little Italy à Midtown. Votre niveau de vendetta pour sa part sera
propre à chaque famille et variera en fonction des actions que vous
perpétrerez contre elle, la destruction d’un de ses magasins ou
l’élimination de ses membres par exemple. Une fois le niveau maximal
atteint, vous entrez en guerre avec cette famille pendant 40 minutes. À
partir de ce moment, vous serez traqué par ses membres, qui vous
tireront dessus à vue, vous pourchasseront en voiture et feront
exploser vos boutiques. Les seuls moyens pour vous d’en finir
victorieux seront soit de faire exploser l’un de leur magasin, soit
d’aller corrompre un agent du F.B.I. comme précisé précédemment. Ceci
étant, vous perdrez la guerre si vous n’y avez pas mis un terme au bout
des 40 minutes, ou si vous venez à mourir, auquel cas vous souffrirez
de la perte supplémentaire de nombreux magasins.
Les missions en
elles-mêmes vont du meurtre au vol, en passant par des courses
poursuites, prises d’entrepôts, destructions de bâtiments, etc.
Celles-ci ne sont de plus généralement pas linéaires, et vous aurez
parfois plusieurs solutions pour résoudre un même problème. Passer par
la violence, la diplomatie ou la persuasion « musclée », à vous de
choisir en fonction de vos envies et de votre personnage. De plus, vous
ne serrez pas toujours seul et pourrez acheter les services d’un homme
de main et même appeler 4 alliés en renfort via une barre qui se
recharge avec le temps. Chaque mission vous offrira un objectif
principal fixe généralement peu rémunéré en argent et en respect, et
une condition spéciale qui, si vous la remplissez, vous fera gagner
beaucoup plus. En général il s’agit d’une façon d’exécuter la tache,
comme tuer avec une arme spécifique, à un endroit spécifique ou d’une
façon spécifique. Tous ces points de respect amassés joueront aussi un
rôle considérable, puisqu’il s’agit directement de ce que l’on pourrait
appeler votre expérience, pour utiliser le vocabulaire rôliste. Vous
pourrez aussi en gagner en tuant des ennemis, en récupérant des
commerces, et dans toutes les actions qui contribuent à promouvoir la
famille dans la ville. Encore une fois, comme dans un jeu de rôle, vous
passerez des niveaux de respect et pourrez débloquer de nouvelles
capacités grâce à cela, améliorant votre tir, vos dégâts à mains nues,
vous permettant d’effectuer de nouveaux mouvements comme le coup de
crosse, de voler des voitures sans que la police ne le remarque et
plein d’autre avantages qui vous aideront grandement à progresser dans
le jeu. Ces capacités sont séparées en deux parties, exécutant et
opérateur. Alors que le premier contient les capacités plutôt
offensives et rentre dedans – combat, intimidation, rapidité et
maniement des armes à feu –, le second comprendra plutôt des capacités
sournoises ayant trait à la négociation, l’utilisation d’explosifs, la
santé de votre personnage et la corruption. Une petite touche de
personnalisation en fonction de votre façon de jouer qui n’est pas pour
déplaire donc et ajoutera de la stratégie dans votre manière d’aborder
les différents problèmes auxquels vous devrez faire face !
|
L’envers de l’ambitionLe
Parrain est, vous devriez l’avoir remarqué, un jeu plutôt ambitieux. À
trop vouloir en faire, on finit par mal faire, c’est bien connu, et le
titre n’y échappe pas. La ville est plutôt grande, et il vous arrivera
souvent de vous y égarer, devant alors faire appel à la carte du menu
pause, plus lisible que la boussole – ce qui casse souvent le rythme du
jeu, notamment au cours des courses poursuites. Depuis la rue, de
nombreux bâtiments se ressemblent, sans compter les intérieurs des
hôtels, des clubs, des magasins et de leurs arrière-boutiques, mais
aussi des entrepôts et usines sont tous calqués les uns sur les autres,
ce qui fait notablement perdre en crédibilité au jeu, cassant un peu de
son charme. De même pour les véhicules, plutôt fades et sans trop de
relief, aux couleurs trop ternes et banales. Bien entendu, à ce niveau,
on reste fidèle au film une fois de plus mais il manque tout de même
une âme aux objets, qui les rendraient plus attirants et attachants.
Encore
plus grave, les passants et tous les personnages peu importants – chefs
de police, agents du FBI, docteurs, journalistes, ennemis – sont
calqués sur très peu de modèles. Par exemple, il n’existe que deux
types de prostituées ! Ce constat est bien dommageable, d’autant plus
que le travail effectué autour des personnages principaux et
secondaires aperçus dans le film est excellent, les modélisations des
acteurs étant réellement réussies, avec une mention spéciale pour Don
Vito Corleone, plus vrai que nature, son doublage étant de plus
excellent. Une sorte de « deux poids, deux mesures » donc, que l’on
retrouvera dans l’aspect graphique général. Autant les explosions sont
très soignées, ainsi que les effets de feu, autant l’aspect de
l’environnement est plat, avec un aliasing qui se fait sentir en
permanence, et un effet de clipping gênant, mal pensé, qui nous
accompagne au long de nos aventures. On se dit tout de même qu’il est
dommage de gâcher un tel potentiel, un tel travail autour de la trame
principale par de telles futilités. Un peu plus de temps aurait suffit
aux développeurs pour contribuer à insuffler un peu plus de vie dans
leur création. Pourtant, nous ne pouvons que constater. Certaines
animations sont bien réalisées, la majorité à vrai dire, mais il arrive
par exemple lorsque vous descendez un ennemi, que celui-ci tombe à
terre de façon hachée, comme éclairé par un stroboscope. D’une même
façon, vous trouverez par endroits des pigeons. Roulez tant que vous
voulez dessus avec une voiture, ils ne s’envoleront pas car ce ne sont
que des images, qui semblent holographiques, nuisant encore une fois à
l’intérêt du joueur.
Bien entendu, tous ces détails ne sont pas
inhérents à la version Wii du jeu. Toutes les autres versions possèdent
ce genre d’erreurs, à des degrés plus ou moins importants (notamment
pour ce qui est des graphismes). Ceci étant, la version Wii n’est
clairement pas la plus mauvaise, se détachant des autres d’une façon
originale qui finit même par faire de ce jeu plutôt moyen un bon jeu.
Il s’agit tout simplement de la maniabilité.
Dans la peau du gangsterSe
gratter le nez. Jamais vous n’y aurez pensez avant, et pourtant, cet
acte si naturel deviendra bientôt votre pire ennemi. À cela une raison
toute bête, le gameplay. Attention, cependant, une explication
s’impose. Pour que vous puissiez comprendre tout ce qu’implique ce
geste tellement banal, vous devrez tout d’abord savoir comment se joue
ce jeu. On peut découper la jouabilité en deux catégories principales,
navigation et combat.
La navigation est pour tout dire assez
basique. Pour déplacer le héros à pied, vous utiliserez le stick
analogique en appuyant sur A pour effectuer quelques pointes de vitesse
– et accessoirement pour parler avec les gens ou effectuer une action
comme entrer dans une voiture –, et en utilisant au choix le bouton A
ou la Wiimote en la tournant comme on tourne une poignée, pour ouvrir
les portes. Pour conduire une voiture, vous appuierez sur B pour
accélérer, Z pour freiner, C pour déraper, bougerez le Nunchuk vers
l’avant pour klaxonner et tournerez avec le stick – il est assez
déroutant au départ de constater que la conduite n’utilise pas la
reconnaissance de mouvement d’ailleurs. Finalement, lorsque vous serrez
accompagné d’un subalterne, celui-ci pourra tirer par la fenêtre si
vous le lui ordonnez via + et -. Dans tous les cas, vous pourrez
contrôler la caméra via la croix multidirectionnelle. Pour le moment,
la configuration des contrôles du jeu semble plutôt basique, quasi
similaire à ce qu’on a pu voir sur d’autres consoles.
Cependant,
là où cette version Wii se démarquera infiniment, ce sera dans sa
gestion des combats, puisque c’est lors de ces phases que vous
utiliserez enfin les capacités de la Wiimote et du Nunchuk à leur plein
potentiel. Tout commence après avoir verrouillé votre ennemi, en
restant appuyé sur le bouton Z. A partir de ce moment, vous aurez
basiquement trois choix, soit le combattre à mains nues ou avec un
objet contendant comme une batte, soit l’attraper par le col et le
projeter ou le frapper au corps à corps, soit sortir une arme et tirer
à vue, le tout se faisant de façon extrêmement naturelle. C’est simple,
pour décocher un coup de poing il suffit de faire le mouvement de la
main désirée. Vous pourrez aussi porter des crochets en effectuant des
mouvements plus amples ou encore charger votre coup en appuyant sur le
bas de la croix directionnelle avant de frapper de la main droite. Si
vous vous équipez d’une arme contendante, alors vous n’aurez qu’à
effectuer des mouvements de haut en bas, gauche à droite ou droite à
gauche de la Wiimote pour abattre l’arme sur l’agressé.
Jusqu’à
maintenant, vous restiez à une distance respectable de votre ennemi,
mais vous pouvez aussi percer ses défenses, ce qui vous sera très utile
notamment lors des phases de persuasion. En appuyant sur B en plus de
Z, vous l’attraperez et pourrez alors lui porter différentes attaques,
en plus des coups de poings. Citons notamment un coup de tête en
approchant vivement les deux parties de la manette vers vous, la
projection si vous lancez vivement les mains devant vous tout en
lâchant B ou encore l’étranglement en approchant vos deux mains l’une
de l’autre puis en les agitant pour ne pas perdre prise. Vous
possèderez aussi une autre technique d’étranglement à l’aide d’une
corde de piano, en attrapant discrètement votre ennemi par l’arrière
puis en balançant le Nunchuk et la Wiimote de droite à gauche et vice
versa, jusqu’à ce que mort s’en suive. Pour la petite anecdote, si vous
entamez des négociations, maîtrisez-vous. Effectivement, comme nous
l’avons soulevé plus haut, votre pire ennemi dans ces moments ne sera
pas la personne en face, qui subit, mais bien vous, et surtout vos
tics. Grattez vous le nez, et vous pourriez très bien décocher sans le
vouloir un coup de poing regrettable, faisant échouer les négociations
ou pire, tuant la victime…
Finalement, si vous en avez marre, ou
tout simplement si vous vous trouvez à distance de l’ennemi, vous
pourrez utiliser tout un arsenal d’armes à feu – que vous pourrez
améliorer contre une certaine somme d’argent et en allant voir la bonne
personne. Cela ira donc du simple pistolet à barillet au magnum en
passant par le fusil à pompe et la mitrailleuse, au total cinq armes de
poing seront disponibles, en plus des trois armes de destruction que
sont la dynamite, la bombe et le cocktail Molotov. De plus, leur
utilisation est enfantine. Vous aurez deux façons de tirer, soit le
mode assisté, soit le mode libre. Dans ce premier mode, vous appuierez
sur Z pour verrouiller un ennemi avant de tirer, ayant tout le même le choix
de viser une partie de son corps mais votre liberté étant très
restreinte et centrée sur lui. De cette façon, il est très aisé de
réaliser des headshots ou de tirer dans le genou, immobilisant l’homme.
De plus, si vous visez en dehors de l’écran, le réticule sera
automatiquement pointé vers le torse de la cible. Cela permet de palier
aux faiblesses de la caméra, qui s’avoue parfois assez enrageante,
notamment lors des phases en intérieur, ce qui fait que de nombreux
ennemis vous attaqueront sans que vous ne les ayez seulement aperçus.
Le mode libre pour sa part vous permettra de jouer à la manière d’un
Red Steel, avec le réticule qui parcourt l’écran et qui le fait tourner
lorsque vous pointer sur le bord. Ce mode est particulièrement utile
lorsqu’il s’agit d’arroser une zone avec la mitrailleuse, d’autant
qu’il n’empêche pas de locker les ennemis. Ici encore, la
reconnaissance de mouvement sera activement utilisée, pour recharger
par exemple d’un bref coup de Nunchuk ou encore, dans le mode assisté,
pour donner un coup de crosse avec l’arme, de la même façon que vous
donneriez un coup de batte – cette capacité est cependant à débloquer.
Enfin,
lorsque votre ennemi perdra un certain niveau d’énergie, vous aurez le
choix de lui assener un finish move faisant encore une fois appel à des
mouvements de la Wiimote et du Nunchuk, ce qui aura pour résultat
d’éliminer le malheureux, avec plus ou moins de style et de violence
suivant votre arme et sa position.
Un terme à la violenceIl
y a vraiment beaucoup de chose à dire, de critiques, bonnes ou
mauvaises, à faire sur cette adaptation. Elle ne plaira pas à tout le
monde c’est sûr, mais cette version Wii est en tout cas une bonne façon
de s’imaginer ce que pourrait être un G.T.A. sur la console de
Nintendo. Moins ambitieux et aussi moins fignolé dans son ensemble que
le soft de Take Two, Le Parrain parviendra tout de même à intéresser le
joueur, tout du moins jusqu’à son dénouement, après 30 à 35 heures de
jeu – voir plus s’il vous tient à cœur de remplir tous les objectifs du
jeu comme braquer toutes les banques, corrompre tous les chefs de
police ou voler tous les coffres-forts. De plus, il est aisé de
revenir sur le jeu après l’avoir terminé, fort de votre compréhension
du monde dépeint et évitant ainsi vos erreurs de jeunesse pour aller à
l’essentiel. Certains tireront peut-être même plus de plaisir lors de
leur second passage dans le jeu, notamment pour ce qui est des combats
à mains nues, qui sont beaucoup plus présent au début de l’aventure.
Si
l’on prend le jeu dans sa globalité, il s’avère qu’il est clairement
déséquilibré, se montrant brillant par endroits et totalement archaïque
à d’autres. Ceci dit, il excelle tant à procurer du plaisir au joueur
grâce à son gameplay que rapidement le reste tendra à s’effacer pour ne
garder qu’une bonne impression globale, bien qu’elle soit accompagnée
d’un léger arrière goût amer. Il s’agit d’un jeu moyen voir médiocre
qui se retrouve transcendé par la Wiimote et ainsi élevé au rang de bon
jeu, d’expérience à vivre. Peut-être pas un must have pour tout le
monde au final, mais une bonne expérience, longue et qui donne une
sorte d’avant goût à ce que l’avenir peut nous réserver de beau sur Wii. |