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PODCAST #91
E3 2019 : le grand débriefing
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Enterre-moi, mon amour est une expérience unique et passionnante que toute personne se devrait de faire au moins une fois, même si d’un point de purement ludique, le titre est forcément un peu limité. Avec ses différents embranchements scénaristiques et ses nombreuses fins, certes pas forcément simples à débloquer, le jeu vaut largement les quelque cinq euros demandés pour son acquisition. En revanche, l’absence de mode temps réel pénalise l’immersion et rend donc cette version Switch moins indispensable que ses homologues mobiles, bien que l’aventure reste magnifique.
Verdict !

Les +


  • Sujet passionnant et rarement abordé
  • Narration originale
  • Le couple formé par Nour et Madj
  • Beaucoup d’émotions
  • Très bonne écriture
  • De jolis artworks
barre

Les -


  • Très limité en termes de gameplay
  • Pas de mode « temps réel » sur Switch
  • Obligation de recommencer l’aventure de zéro à chaque fois
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Bury me, my Love
Par Kayle Joriin, le dimanche 7 juin 2020

La guerre. La guerre ne meurt jamais. Cette célèbre phrase d'introduction de la série Fallout peut s’appliquer de manière assez générale aux jeux vidéo, car les conflits armés, historiques ou imaginaires, y prennent clairement une place non négligeable. Leurs conséquences, en revanche, sont moins souvent abordées, à part comme rouage dramaturgique ou élément de background justifiant d’autres combats. Rares sont ainsi les titres à s’intéresser vraiment aux victimes des affrontements. Pas uniquement celles qui succombent, mais les survivants qui décident de quitter leur foyer pour tenter leur chance ailleurs, mus par un instinct naturel de conservation. Une thématique à laquelle s’intéresse Enterre-moi, mon amour, sorti sur iOS et Android fin 2017, avant d’être porté sur Switch et PC début 2019. Fruit du travail de documentation et de développement réalisé par The Pixel Hunt, Figs et ARTE France, ce jeu d’aventure textuelle nous narre en effet le périple d’une migrante syrienne, prénommée Nour, par le biais des messages qu’elle échange régulièrement sur WhatsApp avec son mari, Madj, resté au pays. Une expérience narrative puissante, traitant intelligemment d’un véritable sujet de société.

Le voyage en Occident

Septembre 2015. Depuis des années, la guerre civile syrienne fait rage et les bombes tombent sur la région d’Homs. Elles détruisent logements et commerces, fauchant des vies innocentes. En tant que médecin, Nour est au plus près de ces drames. Toutefois, lorsqu’elle découvre sa jeune sœur Nawal dans les décombres d’une boulangerie de Talbiseth et que celle-ci finit par succomber à ses blessures, quelque chose se brise. Elle décide alors de partir pour l’Europe en quête d’une vie meilleure, espérant que son mari pourra la rejoindre un jour ; lui qui, pour le moment, doit rester s’occuper de sa mère et de son grand-père. Le couple va donc préparer le voyage à venir, étudiant les cartes, faisant l’inventaire des objets indispensables et rassemblant leurs économies (environ 2 700 €). Ils garderont également le contact par téléphone, via une application de messagerie. Puis le 4 mars, ils se séparent, Majd embrassant sa femme sur le front et lui glissant à l’oreille ces quelques mots que les Syriens se disent en guise d’adieux : « Enterre-moi, mon amour ».

Cette introduction, le jeu passe malheureusement assez rapidement dessus et pour mieux comprendre les motivations de la jeune femme, il sera préférable de jouer au prologue gratuit, intitulé « Le Choix de Nour », disponible à cette adresse. Dommage d’ailleurs qu’il n’ait pas été inclus directement dans la version Switch, vu que la console de Nintendo ne dispose pas d’un navigateur intégré, contrairement aux autres supports sur lesquels est sorti le titre. Passé cette petite déception, on se lance néanmoins dans une aventure palpitante, bien que très basique d’un point de vue ludique, à la narration plutôt originale. Car si Nour reste le personnage principal, c’est à travers les yeux de Majd qu’on suivra son périple à distance. Concrètement, le gameplay se limite ainsi à lire une succession de courts messages, parfois agrémentés d’emojis, de photos ou de selfies – les images étant figurées par de charmants artworks –, tout en sélectionnant régulièrement les réponses qu’on souhaite envoyer.

Sur ma route

Nos conseils, que Nour ne suivra pas toujours, permettront d’orienter la progression du scénario, pour le meilleur ou pour le pire. Différentes routes et fins sont en effet disponibles, garantissant une vraie rejouabilité, malgré l’obligation de recommencer à chaque fois l’histoire depuis le début ; aucun système de sauvegarde n’étant disponible. De plus, si les conversations pouvaient se dérouler en pseudo temps réel sur les versions smartphones, nous obligeant à patienter entre certains échanges suivant les péripéties vécues par Nour, l’ensemble se déroule désormais sans interruption, le passage du temps étant simulé par une simple horloge qui défile. Un choix logique en l’absence de système de notification, retirant une partie non négligeable de l’immersion, mais rendant également les choses plus faciles à suivre dans le cadre d’une session de jeu classique. Et cela n’empêche pas de ressentir une véritable inquiétude pour le destin de la jeune femme, surtout lorsque les dernières informations reçues ne sont pas bonnes. Les dangers étant nombreux sur la route.

Inspiré du voyage vers l’Allemagne d’une jeune migrante nommée Dana, raconté par la journaliste Lucie Soullier du Monde.fr dans son article « Le Voyage d’une migrante syrienne a? travers son fil WhatsApp », Enterre-moi, mon amour demeure néanmoins une œuvre de fiction, dont les protagonistes sont donc inventés, même s’ils tirent évidemment leur substance des milliers de réfugiés fuyant une guerre, quelque part dans le monde. Or, force est de constater que le couple formé par Nour et Majd fonctionne à merveille, chacun possédant son propre caractère et ses contradictions, ce qui crée une dynamique très naturelle entre les époux – les digressions et traits d’humour succédant aux discussions plus graves. On peut certes se sentir parfois un peu extérieur aux dialogues, dans la mesure où l’on n’incarne pas ici un avatar totalement « personnalisable » dont on pourrait choisir librement les répliques. Toutefois, cela rend aussi le récit intéressant. Majd n’hésitant pas, en bon passionné d’histoire, à confier à sa femme quelques anecdotes sympathiques.

Un smartgame sur Switch

Bien qu’aucune information ne soit réellement mise en avant dans le jeu à ce sujet, les possibilités offertes à Nour pour poursuivre son aventure dépendent par ailleurs non seulement des choix effectués, mais également de facteurs comme son moral, sa relation avec Majd, son budget ou le fait de disposer d’un objet particulier. Autant d’éléments qu’il faudra deviner à travers les différents messages, la progression se voulant la plus fluide et naturelle possible, quitte à effacer les éléments vidéoludiques trop explicites au profit d’une expérience réaliste. Outre un rythme forcément assez lent, pouvant déplaire, une relative frustration sera ainsi susceptible de naître vis-à-vis de l’opacité du système ; cette dernière rendant la rejouabilité un brin aléatoire. Cela dit, il n’y a finalement pas de mauvaise voie, chacune nous apprenant quelque chose de nouveau sur les difficultés rencontrées par les migrants. Le tout, d’ailleurs, sans jamais tomber dans un discours moralisateur.

Reste alors la question de la pertinence de cette version Switch, vendue 4,99 €, soit légèrement plus chère que sur l’App Store et Google Play. Dans la mesure où une partie peut durer facilement trois à cinq heures et que pas moins de dix-neuf fins sont disponibles, il n’y a pas grand-chose à redire question durée de vie. Et si la présentation de l’interface de messagerie au format portrait peut s’avérer un peu étrange sur un téléviseur (les bords de l’écran étant alors occupés par un artwork), la possibilité de pivoter l’affichage pour passer en mode « tablette » est clairement la bienvenue. C’est d’ailleurs sans doute cette configuration, avec les Joy-Con détachés et en utilisant le tactile, qu’il faudra privilégier. Le plus gênant demeure néanmoins la perte du mode pseudo temps réel qui modifie tout de même pas mal l'expérience proposée. D’indispensable sur smartphone, Enterre-moi, mon amour devient donc ici un titre juste très recommandable, destiné surtout à ceux qui voudraient le vivre à leur rythme ou préféreraient simplement y jouer sur console.

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