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Sorti en même temps que la DS aux Etats-Unis, Asphalt GT avait pour mission de représenter glorieusement le genre automobile sur la nouvelle portable de Nintendo. Alors pari réussi pour le studio français ?
Alors que sur GBA, les jeux de course sont assez rares (et les bons se comptent sur les doigts d'une main), cela semble évoluer en même temps que la technologie. C'est ainsi qu'on trouve, dès la line-up de lancement, deux jeux de voitures pour la DS : Ridge Racer et Asphalt. En attendant la venue, inévitable, du comparatif entre les deux jeux, analysons pour lui-même le titre de Gameloft. Un jeu de voiture fort complet
| Chaque épreuve nécessitant un type de voiture bien particulier, l'argent récolté dans les championnats sera bien vite englouti dans l'achat de véhicules destinés à remplir de nouvelles épreuves, etc. Voilà pour le principe du jeu, alléchant, et plutôt riche. Reste à savoir si le jeu est suffisamment intéressant et prenant pour mériter d'être visité dans les modes. Une jouabilité agréable...Venons en à la jouabilité. Asphalt est un jeu d'arcade, c'est-à-dire que la prise en main est assez immédiate, et ne pose pas de problème. En quelques minutes, les dérapages sont effectués avec aisance (pour l'élégance, ce sera après quelques heures d'entraînement). La fluidité du jeu, quasiment parfaite, sublime le plaisir de jeu. Même si le contrôle du véhicule est très arcade, il garde un très léger caractère réaliste, qui donne au final de très bonnes impressions. Comme de plus le jeu est très rapide, et qu'une barre de boost permet de l'augmenter encore, il semble qu'on ait là tous les ingrédients pour faire un excellent jeu de course, dans la lignée d'un Burnout.
On peut noter au passage que le stylet, contrairement à l'orientation de Ridge Racer DS, n'est pas du tout utilisé pour ce jeu : tout au plus est-il utilisable pour naviguer dans les menus. Bref, il est inutile. De même, le double écran, autre caractéristique de la DS, n'est pas utilisé : lors de la course, l'action se déroule sur l'écran du haut, tandis que l'écran du bas représente le plan du circuit avec diverses informations d'importance secondaire. En d'autres termes, les spécificités de la DS ne sont pas du tout exploitées. Il n'est certes pas facile de faire évoluer le gameplay d'un jeu de voiture, surtout avec un écran tactile (quoique Namco l'ait risqué avec Ridge Racer DS). Mais tant que les développeurs n'oseront pas, rien de nouveau ne sera fait. Bref, petite déception de ce côté là. ... mais entachée par quelques défauts persistants Le manque d'originalité n'est pas le seul défaut d'Asphalt (si tant est que ce soit un défaut). En effet, le jeu de Gameloft, malgré toutes ses qualités, souffre de nombreux bugs d'affichage, d'une 3D parfois approximative, et surtout d'une gestion des collisions sinon désastreuse, du moins mauvaise. Chaque collision avec une voiture fera saccader et ralentir votre véhicule, si bien que le moindre contact avec un concurrent vous est désavantageux. Le problème s'accroît avec le trafic. Si l'idée d'incorporer des voitures "neutres" est intéressante (et inspirée de Need for Speed, premier du nom), la gestion des collisions avec ces dites voitures rend tellement pénible leur évitement que le jeu en devient parfois frustrant. En fait, ce problème des collisions n'est qu'une exemplification d'un sentiment général que l'on a en s'essayant à Asphalt : le jeu n'était pas terminé lorsqu'il est sorti, il a été bâclé. Et en effet, de trop nombreux indices convergent en ce sens : certains niveaux ne sont pas loin d'être laids et emplis de bugs, alors que d'autres s'en sortent bien mieux. Le meilleur exemple est le circuit de Cuba, où, une seconde après le départ de la course, un camion percute presque nécessairement l'arrière de la voiture ; la seule solution consistant à de suite braquer à gauche pour l'éviter. Ce qui donne, au passage, une idée du piètre niveau de l'intelligence artificielle, où chaque voiture est comme sur un rail. Dans ce même niveau, lors de l'utilisation de tremplins dans le tunnel, on verra la voiture sauter allégrement par-dessus la voûte de celui-ci sans qu'une quelconque gestion des collisions ne se fasse. Ensuite, dans de nombreux circuits, les arbres sur le côté de la route, ou les palmiers au milieu, ne vous ralentiront même pas si vous foncez dedans. Et puis, il y a ces affreux têtes à queue, qui sont la seule sorte d'accident que le jeu connaisse, et qui sont particulièrement mal gérés. Et enfin, last but not least, si le jeu propose un replay de la course, ce dernier est particulièrement bâclé : on n'y voit plus ni les concurrents, ni le trafic, ni les obstacles qui parsèment la course durant le jeu. Des détails, certes, mais qui, accumulés, gâtent tout ce que le jeu pouvait avoir de bon. Voilà donc comment une technique hésitante peut niveler tout le bien que le jeu promettait. Sans doute faut-il en imputer la raison au fait qu'il s'agisse d'un portage de la version N-Gage ; portage qui, couplé à la volonté de Gameloft de sortir le jeu le même jour que la DS, en a précipité le développement et les optimisations. Le fait qu'il n'y ait eu que quatre mois entre l'annonce de la sortie du jeu sur DS, en Mai dernier, et sa sortie effective, en Novembre, n'est sans doute pas étranger à l'accumulation de petits défauts dont souffre Asphalt. Seule la partie sonore du jeu s'en tire assurément avec tous les honneurs, avec des musiques de bonne tenue, et des sons de moteur assez convaincants.
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