TEST : GANBARE GOEMON TOKAI DOCHU ÔEDO TENGURI KAESHI NO MAKI
UNE [jeu] Ganbare Goemon Tôkai dôchû Ôedo Tenguri kaeshi no Maki
Console :
console
Editeur :
Majesco Entertainment
Développeur :
Majesco Entertainment
Genre :
Aventure
Nombre de joueurs :
1 à 16
Informations :
LAN (jeu en local)
Site officiel
test apperçu newsnews soluces
sortie JAP23 juin 2005
sortie USANon prévue
sortie EURNon prévue
forum podcast
signé :
TEST

 

Dans le monde du jeu vidéo, Goemon est une véritable institution, au même titre que Mario, du moins au Japon car le personnage est peu connu en Occident. Ayant débuté en arcade en 1986, la série Ganbare Goemon compte près d’une quinzaine d’épisodes ayant vu le jour sur de très nombreuses plateformes. Les U.S.A. et l’Europe ont pu approcher la série, baptisée alors Mystical Ninja Starring Goemon, avec le premier des quatre épisodes SNES et les deux sur N64. Le dernier Goemon en date, Tôkai dôchu Ôedo Tenguri keashi no Maki, est quant à lui sorti sur DS en juin 2005 et n’a jamais connu de localisation. À noter que Konami l’a réédité fin octobre 2009 via sa gamme Konami Dendou Selection. Que vaut cet épisode ?



Go Ninja Go Ninja Go !


C’est par une belle après-midi ensoleillée que cette nouvelle aventure commence. Alors que Goemon, ninja et poète à ses heures perdues, et son bon-vivant ami Ebisumaru ont l’intention de se prélasser après un copieux repas chez eux à Edo, voilà qu’Ommi, l’idole de la ville et amie des deux compères, entre précipitamment dans la maison et leur annonce qu’un avis de recherche a été lancé contre eux.  À peine ont-ils le temps de prendre conscience de la nouvelle qu’ils sont arrêtés par les gardes de la ville et déférés devant un haut magistrat, Kinemon. Le fonctionnaire les accuse alors d’avoir cambriolé la demeure d’un riche notable et de nombreuses personnes auraient été témoins de leur forfait.

En conséquence, Kinemon envoie au cachot les deux ninjas sans qu’ils puissent se défendre. Toutefois, le temps passé dans leur cellule sombre et humide est de courte durée. En effet, alors qu’ils sont en train de faire le point sur la situation, ils sont libérés par Yae, amie de Goemon et membre d’un clan de ninjas spécialisé dans les missions de reconnaissances et d’infiltration. Maintenant libérés et errant dans les rues d’Edo, nos deux héros vont devoir prouver leur innocence.  Ils seront bien entendu aidés par Yae et Sasuke, le ninja androïde créé par le génial et un peu pervers inventeur Monoshiri.

Leur quête les conduira à retrouver les vrais coupables, dont le leader se fait appeler Mr Goemon, mais surtout à affronter une mystérieuse organisation composée de tengus s’attelant à la recherche de puissants artefacts appelés les Trois Armes Célestes. Les tengus sont des divinités mineures à l'apparence d'hommes-corbeaux que l'on retrouve dans certaines religions comme le bouddhisme et le shintoïsme.

Tiens bon, Goemon.


Pour les néophytes, Ganbare Goemon est une série se déroulant dans le Japon féodal (durant l’Epoque d’Edo entre le début du XVIIe siècle et 1868 vers la restauration Meiji) nourrie de références culturelles (à l’image de Muramasa : The Demon Blade, par exemple) mais en adoptant un ton humoristique en étant truffée d’anachronismes et bourrée de clins d’œil aux univers télévisuel et vidéoludique. La plupart des épisodes de la série se présentent comme un mix entre le jeu d’aventure façon Zelda et le jeu d’action/plate-forme en 2D à scrolling horizontal et/ou vertical pour les lieux faisant office de « donjons ».

Celui sur DS ne déroge pas à cette règle même si, malheureusement, la partie aventure est bien plus prépondérante. Seuls quelques donjons sont orientés action/plate-forme. Mis à part dans ces derniers, on peut sauvegarder à tout instant. Décomposée en huit chapitres, cette dernière aventure ne devrait pas bouleverser les fans qui retrouveront très vite leurs marques.

Goemon et ses amis sont switchables à tout moment de l’aventure. Tous possèdent en commun barre d’énergie et un nombre de vies. Pour affronter leurs adversaires, ils disposent aussi bien d’armes de contact que de projectiles mais dont l’utilisation coûte quelques ryō , la devise de l'époque. Au fil de l’histoire, Yae pourra avec son bazooka fétiche viser simultanément de multiples cibles alors qu’Ebisumaru aura l’occasion de lâcher les gaz au sens propre. Les ennemis vaincus laissent échapper des ryō , de la nourriture pour reprendre de l’énergie et surtout des manekineko (les petites statuettes en céramique de chats porte-bonheur) qui augmentent la force des armes de contact tant que l’on n’est pas touché par l’ennemi.

Enfin, Goemon et ses potes peuvent déclencher des jutsu dévastateurs éliminant tous les ennemis présents à l’écran. Pour ce faire, il faut au préalable les avoir appris auprès d’un maître dans l’une des villes parcourues. Il s’avère nécessaire de passer de l’un des ninjas aux autres car ils acquièrent durant leurs pérégrinations des équipements spéciaux leur permettant de franchir des obstacles et/ou de résoudre diverses énigmes. Ainsi, Goemon peut pousser des blocs de pierre avec des gants de force, Sasuke franchir des précipices à l’aide de ballon. Quant à Ebisumaru et Yae, ils peuvent respectivement creuser des trous dans le sol ou traverser des rivières avec des tenues de ballerine et de poisson.

Les villes et villages visités sont l’occasion de glaner de précieuses informations auprès des citadins, de se reposer dans des auberges et hôtels, dont l’état des chambres dépend du prix investi, ou de se prélasser au spa et choisissant d’aller dans les salles réservées aux hommes ou aux femmes (gags à la clef comme Goemon se retrouvant entouré de vieilles dames). Les restaurants permettent de déguster des plats traditionnels pour reprendre de l’énergie et les boutiques d’acheter divers objets : vies, nourritures utilisables lors des combats, pièces d’armures qui permettent de se faire toucher un certain nombre de fois sans perdre d’énergie…

Enfin, le robot géant Goemon Impact créé par le « Sage » Monoshiri répond aussi à l’appel. À l’inverse des autres épisodes, l’action ne se déroule plus à l’intérieur du cockpit. Cette fois, Goemon dirige son avatar de métal de l’extérieur grâce à une DS. Dans les faits, ces phases de gameplay ressemblent à un classique jeu de baston 2D. L’affrontement se déroule sur l’écran du haut alors que sur celui du bas se trouvent diverses touches que l’on actionne avec le stylet et auxquelles répond le G.I. Il peut donner des coups de poing ou faire sortir des lasers par ses yeux. Il peut aussi empoigner l’ennemi pour le projeter ou… l’embrasser. Il y a même un bouton d’autodestruction.

Au final, cela donne des affrontements comparables à ce que l’on voit dans des sentai comme Bioman comme à la fin du chapitre 6 où Goemon est sur une plage alors que les robots, dont on ne distingue que les ombres, s’affrontent au loin dans l’océan bercé par un magnifique soleil couchant.



Pas de vrais sushis à se faire.


Même si maintenant cela prêterait à sourire, Ganbare Goemon DS, sorti au Japon six mois après la console, fut l’un des premiers titres à réellement exploiter le stylet. Bien que l’essentiel du soft se joue à la croix directionnelle et aux boutons, celui-ci est utilisé de bien des manières, que ce soit lors des combats et bien sûr pour résoudre de très nombreuses énigmes qui nécessitent parfois malheureusement la compréhension de la langue. Ainsi, il faudra peindre sur le sol d’un temple le nom « hotei » en hiragana  (nom du dieu du Commerce, un des sept dieux de la Fortune)  ou encore frapper suivant un rythme précis aux portes d’un autre.  D’autres demanderont de reconstituer sur des visages en porcelaine ceux très disgracieux des trois filles d’un notable. Il sert aussi lors des phases de plate-forme mais jongler entre le stylet et la croix et les boutons n’est parfois pas aisé.



Enfin, le stylet permet d’examiner les éléments du décor pour y débusquer les 30 statuettes de Nosutora-kun, un éléphant avec une bouse sur la tête. Cette recherche constitue la principale quête annexe du jeu et permet de débloquer de nouvelles tenues pour les héros. Afin de les localiser plus facilement, on peut toujours demander de l’aide à Plasma, un personnage très gay-friendly, vêtu seulement d’un pagne et d’une cagoule, dansant dans des boîtes de nuit aux côtés de pantins de bois. Une autre quête annexe consiste au fil de l’histoire à aider un ami de Goemon, Tokutaro, à se rendre jusqu’à la capitale pour y devenir l’apprenti d’un artiste en échange de porte-monnaie permettant d’accumuler de plus en plus de ryō, chose indispensable pour apprendre les jutsu. Une dernière influe même à différents stades sur l’apparence du boss de fin.

En plus des quêtes annexes, le jeu propose quelques mini-jeux. Dans l’aventure même, Goemon pourra faire de la poterie. Autrement, les autres sont accessibles à partir de la page de présentation. Le premier, Quarth, est un mélange entre le shoot’em up à défilement vertical et le puzzle façon Tetris. Dans les faits, le vaisseau, qui s’avère être le G.I., se déplace de gauche à droite en bas de l’écran et doit, en tirant des carrés, donner de l’épaisseur à des barres métalliques dans le but de les détruire une fois que ces dernières ont l’apparence dune forme géométrique.

Petit exemple, si la pièce qui tombe a la forme d’un « T », il faut rembourrer chaque côté de la tige vertical pour que le T devienne un rectangle puis disparaisse. À l’occasion, il faut parfois affronter le boss emblématique de la série Gradius.  Le second, un vrai shoot’em up cette fois, sera malheureusement inaccessible au plus grand nombre. En effet, il faut pour y jouer posséder la cartouche GBA « Ganbare Goemon 1 & 2 ».

Techniquement, malgré cinq années écoulées, Goemon reste très actuel et agréable à regarder même si les modèles en cel-shading 3D des personnages ont un peu vieilli. Que ce soit durant les phases d’aventure ou de plate-forme, l’ensemble reste fluide même si, pour les secondes, on note une petite rigidité concernant les sauts. Les décors, entièrement en 2D, sont superbes avec un style graphique proche de celui-ci de Saga Frontier 2 sur PSone, à savoir des environnements donnant l’impression d’avoir été dessinés à la main. Chaque lieu visité a ses propres personnalité et ambiance exception faite des donjons orientés plate-forme où on note hélas des redondances et parfois un level design quasi-identique. Avec des couleurs vives et regorgeant de détails ou de clins d’œil, ils renforcent l’immersion dans l’aventure et servent de soutien à un humour toujours omniprésent.

Plus c’est court, mieux c’est ou non ?


http://document.nintendo-difference.com/551/imgs/12.jpgDifficile d’énumérer  tous les gags, clins d’œil et références tant il y en a : des statues de tanuki tirant la langue peuvent être aperçues dans le fourbi des boutiques, des animaux et démons regardent d’un air médusé Goemon entrant dans un théâtre kabuki. Jurôjin, un des sept dieux de la Fortune symbolisant la prospérité et la longévité, médite sous une cascade dont l’eau s’écoule d’une narine d’un visage sculpté dans la montagne.
À un moment donné, Ebisumaru goûte une mixture mijotée par Mr Goemon qui le transforme en ballon de baudruche. Il faut alors l’amener à un guérisseur, sauf qu’il a peur d'être capturé par un couple de petits vieux à l’appétit gargantuesque le confondant avec un goret géant. Les ennemis ne sont pas en reste. Se battre contre des marrons ou des sushis mutants sur un pâté en croute en train d’être débité en tranches par un couteau géant provoque son petit effet.

Question références culturelles, la principale concerne Goemon lui-même puisqu’il est inspiré de Ishikawa Goemon (1558-1594), sorte de Robin des Bois nippon qui donna naissance à pas mal de légendes et de pièces pour le théâtre kabuki. Vient ensuite dans le chapitre 6 les sept dieux de la Fortune (Fortune = Bonheur ici) que Goemon doit trouver. Ces derniers l’aideront après cela à rejoindre une des bases des tengus grâce à leur navire : le Takarabune (ou Navire aux Trésors). Les Septs dieux sont d'ailleurs souvent représentés dans leur embarcation. Notre héros et ses amis croisent aussi l’esprit de Masakado, un samurai ayant vécu dans la première moitié du Xe siècle, détenteur d’une des Trois Armes Célestes : l’Épée de Kusanagi, apparaissant aussi dans Okami.

D’ailleurs, ils rencontrent à l'occasion dans un village isolé l’incarnation de la déesse du Soleil Amaterasu (incarnée dans une louve dans Okami) et ainsi que celle du dieu des tempêtes Susanoo. Sauf qu’ici, Amaterasu est une gamine aimant les fleurs et s’ébrouer façon Laura Ingalls de La Petite Maison dans la Prairie alors que Susanoo est un mioche pétochard avec de sérieux problèmes de vessie.

Les références vidéoludiques concernent certes Gradius mais principalement la série Goemon. Lors du chapitre 2, Goemon en investissant les geôles de la base tengu de Kanakawa va tomber nez à nez avec Monoshiri mais aussi « New Aged Goemon » qui va lui expliquer qu’il est ici pour un « crime ». Le crime en question est le suivant. Pour essayer de conquérir un nouveau public, Konami décida à partir d’un épisode donné de changer le design de Goemon pour le faire plus tendance, djeun’s. Cette version « New Aged » scandalisa les fans et les versions dans lesquelles elle apparut n’eurent que très peu de succès.

En conséquence, Konami décida de ne plus la réutiliser. Le chapitre 4, se déroulant dans le village d’Eijiri alors en pleine festivité, est quant à lui un véritable hommage au niveau 2 du premier Ganbare Goemon sur SNES car on y croise des danseurs portant le masque de Hyottoko ainsi que le même boss. Une des séquences a même été reprise ainsi que la musique qui allait avec. Pas mal de compositions sont tirées de cet épisode d’ailleurs. Le thème d’ouverture collant à la série est également là. Même si elles ne sont pas inoubliables, les différentes musiques sont en adéquation avec l’ambiance décalée du titre et garantissent l’immersion dans le titre. Enfin, le jeu est doublé lors des séquences introduisant chaque chapitre.

Malheureusement, toutes les qualités de Ganbare Goemon DS sont plombées par un très lourd défaut à savoir une durée de vie famélique. Quêtes annexes comprises, l’aventure se boucle en 6 heures environ, d’autant que le niveau de difficulté est peu élevé.
Du coup, cet épisode se destine principalement au noyau dur des fans. En revanche, certains se plaindront des phases de plate-forme, trop peu nombreuses et redondantes dans leur level design et/ou leurs environnements. Pour les nouveaux venus, cet épisode, pas le meilleur en plus (il lui manque le petit vent de folie et d’originalité des volets SNES), peut être l’occasion de découvrir la série et son univers mais ceux-ci regretteront une durée de vie trop faible et passeront à côté de nombreuses références et se sentiront pour le coup largués (le background des héros n’étant pas évoqué par exemple).



 

TEST Ganbare Goemon Tôkai dôchû Ôedo Tenguri kaeshi no Maki écrit par Xeen le 11 May 2010
14/20
Les modèles 3D en cel-shading accusent un peu le poids des années mais rien d’alarmant, d’autant qu’ils sont bien animés, possèdent pas mal de mimiques et que l’ensemble est assez fluide. Les environnements 2D n’ont rien perdu de leur superbe et semblent avoir été dessinés à la main en plus d’avoir un air cartoon. Un des points forts de cet épisode qui contribue grandement à son immersion.
9/20
Le seul mais énorme défaut du jeu. Seulement 6 heures en moyenne sont nécessaires pour boucler l’aventure principale et les quêtes annexes. Restent ensuite les mini-jeux. Les fans de la série sauront néanmoins donner au titre une certaine replay-value.
14/20
Dans l’ensemble, le titre est assez maniable que ce soit lors des phases d’aventure ou d’action/plate-forme. Par contre, ces dernières nécessitent un peu de dextérité lorsqu’elles requièrent le stylet.
14/20
Même si elles n’ont rien d’inoubliables, les compositions sont toujours en parfaite adéquation avec les situations décalées rencontrées tout au long de l’aventure. Quelques-unes sont tirées d’épisodes antérieurs comme le premier Ganbare Goemon sur SNES. Seuls les résumés contés en début de chapitre sont doublés.
Ganbare Goemon DS s’inscrit dans la lignée des précédents épisodes. Mélangeant les genres du jeu d’aventure et du jeu d’action/plate-forme, le titre propose de se replonger dans ce Japon de l’époque Edo complètement décalé, bourré d’anachronismes et de références autant vidéoludiques que culturelles. Le titre n’a pas pris une ride depuis sa sortie il y a cinq ans, que ce soit au niveau de la réalisation technique ou dans l’utilisation du stylet pour les énigmes ou les phases de plate-forme. Malheureusement, sa très faible durée de vie le destine surtout aux fans qui prendront plaisir à retrouver toutes les figures connues de la saga. Pour les autres, le titre n’a aucun intérêt si ce n’est de la découvrir. Du fait du nombre de références qui leur seront étrangères et des personnages non détaillées, il est probable aussi qu’ils aient du mal à entrer dans cet univers.
10/20
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RIGHT
 
+ Belle réalisation technique qui a peu vieilli.
+ Bonne exploitation du stylet pour l'époque.
+ Tout l'univers Ganbare Goemon.
 
- Court et facile.
- Peu de phases de plate-forme.
Pas d'avis supplémentaire
NOTE JOUEURS

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