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Une simulation d'avocat ? Peuh, ils sont fous ces Nippons ! Enorme succès populaire au Japon sur GBA, la folie Gyakuten Saiban se décide enfin à toucher l'Occident par l'initiative conjointe de Capcom et Nintendo, avec un remake du premier épisode pour la petite DS, intégralement traduit dans la langue de Molière qui plus est. Alors, prêts à jouer les ténors du barreau ?La ligue des justiciers Salle des accusés. Phoenix Wright, ou Nick pour les intimes, est nerveux. Logique, après tout, puisqu'il est à l'aube de son premier procès, une affaire sournoise de meurtre. Qui plus est, son ami d'enfance, le dénommé Paul Défès, se trouve être le principal accusé... Autant dire que la partie s'annonce serrée pour Nick, qui devra démonter toute l'accusation devant le procureur et disculper son ami. Fort heureusement, son mentor, Maya Fey, sera là pour lui prodiguer quelques précieux conseils. Ce premier procès, très court, remplira parfaitement son office de tutoriel, afin que le joueur dans la peau de Nick puisse se faire la main avec les différentes actions du tribunal. Car cette première affaire n'est qu'un prémice à quatre autres enquêtes, diablement plus tordues et longues.L'action dans Phoenix Wright se découpe donc en deux phases bien distinctes. En premier lieu, il s'agit de mener l'investigation sur le terrain, avec recherches de preuves, interrogatoire des témoins et tutti quanti. Bref, tout ce qui pourra être utilisé au tribunal pour défendre son bout de gras. Non sans rappeler les vieux point'n click LucasArts, ces passages manquent tout de même un peu de consistance pour être réellement passionants. Oh, bien sûr, ils restent sympathiques et tout à fait jouables, mais quelque chose d'un peu plus fouillé aurait été appréciable. Traînant parfois un peu trop en longueur, ils ne se terminent que lorsque tout a été vraiment examiné. Impossible donc de rater quelques indices, quitte à avoir plus de mal lors de sa plaidoirie au tribunal. En résumé, ces phases auraient gagné à être un peu élaguées, pour laisser exclusivement la vedette à ce qui constitue le gros morceau de Phoenix Wright : le moment du procès.On lève le doigt![]() Pour défendre son client, Phoenix ne dispose comme armes que de ses seules preuves, et surtout des dépositions des différents témoins. Chacun d'entre eux mentant, ou omettant une part de vérité, dans leur témoignage, c'est au joueur de trouver les contradictions, qu'elles soient apparentes ou non. Car le mensonge n'est pas si simple à dénicher, et il faudra parfois pousser jusqu'à la limite du bluff pour que les langues daignent se délier. Une fois l'erreur dénichée, il suffira alors d'étayer son argumentaire avec la bonne preuve, ce qui se fait via un "Objection", et de voir avec un sourire en coin son attaque aboutir et déstabiliser l'adversaire, tel un Shungokuzatsu parfaitement placé dans Street Fighter. Arme à double tranchant, cependant, puisque mal utilisée, elle peut valoir un avertissement du procureur. Et fatalement, cinq avertissements entraînent un verdict "Coupable", dit en termes plus vidéoludiques un Game Over.DS oblige, ce remake de Gyakuten Saiban 1 se voit mis à jour pour profiter des capacités uniques de la console. Ainsi, l'écran tactile servivra principalement à la navigation entre les menus, et tout ce que cela implique. | Tout bête, mais vu comme le tout est intuitif, il est quasiment impossible de retourner à la navigation via boutons des épisodes GBA. On se passera par contre de beugler "objection" et autres joyeusetés dans le micro, de peur d'être couvert de ridicule pour les générations à venir. Pour éviter l'inclusion de nouveautés pas forcément heureuses, seule la dernière enquête, inédite à cet épisode DS, utilise vraiment tactile et micro dans le cadre même de l'affaire. Entre autres, examen de preuves en 3D ou la mise en évidence d'empreintes digitales répondent à l'appel. Sympathique, même si leur utilisation semble assez maladroitement amenée.
Swimming, anyone ?Pourquoi Phoenix Wright est-il donc aussi prenant ? Indéniablement, grâce à sa qualité d'écriture. Pour un jeu à textes, ca tombe sous le sens, me direz-vous. Certes, mais il est toujours bon de le préciser. A commencer par les dialogues, souvent drôles et remplis de jeux de mots plus ou moins vaseux, mais qui font toujours sourire. Les procès, remarquablement bien construits, tiennent en haleine le joueur jusqu'au bout. Bien souvent, c'est au moment décisif, là où tout semble perdu, que surgit un ultime retournement de situation qui permet de renverser la vapeur. Chaque personnage dispose également de toute une panoplie d'animations, un peu cheap certes, mais qui leur confèrent un charme fou. Voir Nick pointer du doigt d'un air accusateur ou Hunter, l'avocat de l'accusation, hausser les épaules d'un air dédaigneux rajoute énormément au dynamisme des procès. D'ailleurs, et en évitant soigneusement tout spoil malvenu, la galerie de personnalités de Phoenix Wright : Ace Attorney est d'une variété époustouflante. Que ce soit pour les personnages principaux ou de simples témoins, difficile de ne pas se séparer de tout ce beau monde à la fin de chaque enquête sans verser une petite larmichette.![]() |

