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Nul besoin de faire ses preuves, personne à impressionner. Après deux épisodes de Guitar Hero qui ont suffit à intéresser et le néophyte de base par son accès accessible et les habitués des high scores, Activision nous balance sa troisième mouture. Son seul but : faire surcharger vos amplis et hurler vos guitares en plastique. Alors, ça crache ?Metal Up Your Ass ! Comme dans
les épisodes précédents, l’histoire du jeu n’est nulle autre que celle
de votre groupe, de ses débuts sur scène à Tournay-sur-Odon – centre
névralgique de la fameuse mégalopole française – jusqu’au duel
dantesque qui vous opposera au Diable lui-même. Sur votre chemin, vous
serez confronté à deux grandes stars du rock mondial : Tom Morello,
guitariste de Rage Against The Machine, et l’immense Slash, de
Guns’n’Roses, ces derniers ayant accepté de prêter leur image pour ce
jeu. L’histoire, on l’aura compris, est loin de constituer l’intérêt
principal du soft. Elle est contée sans texte ni parole, seulement par
un enchaînement très bref d’images illustrant la popularité
grandissante de votre groupe. Souvent amusantes, les étapes de votre
ascension condensent tous les clichés du groupe de rock qui ne part de
rien pour arriver aux sommets. Elles ne manqueront pas de faire sourire
ceux qui les connaissent, mais ne présenteront que très peu d’intérêt
pour les autres. Heureusement que le jeu ne se repose pas dessus… Il ne surprendra d’ailleurs aucun habitué dans son déroulement. Ce dernier reste absolument inchangé par rapport aux précédentes versions. Les chansons se présentent par groupes de quatre. Selon le mode de difficulté choisi (Facile, Moyen, Difficile ou Expert), il faut en réussir deux à quatre pour en débloquer une cinquième qui, une fois achevée, débloque le groupe de chansons suivant. La difficulté, très bien jaugée, permet à tout le monde de prendre son pied sur sa guitare : du néophyte en passant par le guitariste n’ayant jamais touché au jeu, jusqu’au PGM (ça y est, c’est dit !) friand de high scores. Non seulement le niveau de difficulté est sélectionnable dès le départ, mais les groupes de chansons sont également de difficulté croissante. Si le niveau choisi vous semble trop simple, attendez d’avoir débloqué les One (Metallica), Knights of Cydonia (Muse) et autres Through the Fire and Flames (Dragonforce) et vous comprendrez votre douleur. ![]() En
ce qui concerne la playlist, Activision devait viser juste étant donné
l’impossibilité de télécharger des chansons supplémentaire : une
exclusivité Wii qui laisse un goût amer dans la bouche, surtout lorsque
l’on sait que ce service est disponible sur les versions PS3 et Xbox
360. S’il fallait trouver un défaut au jeu, ce serait sans aucun doute
celui-là. Heureusement, la quantité importante de chansons « de basse »
comble tout de même largement le vide, et le moins que l’on puisse
dire, c’est que cette playlist est éclectique. Pour peu que l’on aime
le rock. Si vous préférez la bossa-nova ou la musique classique (qui
reste le type de musique le plus proche, en essence, du métal), il y a
de fortes chances pour que jouer ces chansons devienne vite un calvaire
et que vous reposiez ce satané instrument. De nombreux groupes
mythiques sont présents, et même si la plupart des chansons ont vu
passer plus d’une génération (le bon vieux temps ?), d’autres plus
récentes pourront plaire aux jeunes guitaristes en herbe. En tout cas,
cette playlist vous permettra de découvrir nombre de chansons, ce qui
constitue assurément une raison suffisante pour y jouer. Le coup de
cœur comme le dégoût musical vous guette… | Au total, ce ne sont pas moins de 42 chansons qui vous attendent, accompagnées d’une vingtaine supplémentaire qu’il vous appartiendra d’acheter au magasin. En effet, dans le mode Carrière, chaque chanson réussie vous rapportera un certain nombre de dollars. Plus vous avancerez, plus vous serez sponsorisé par de grandes marques de la musique, ce qui vous permettra de vous enrichir. Avec assez d’argent, vous pourrez alors acheter des chansons, de nouveaux personnages, de nouvelles guitares ou bien encore des finitions particulières pour vos grattes. Bref, vous avez votre petit revendeur à disposition et de l’argent à foison : le rêve de tout musicien est à portée de Wiimote. Le maniement du manche : tout un artAu
niveau de la maniabilité et de l'accessibilité, on peut difficilement
faire plus simple. Il suffit de suivre les indications de l'écran et
d'appuyer au bon moment sur les bonnes touches, le tout en rythme, tout
en gérant vibrato, huées du public, pression de la scène, solos
endiablés, et le tout en Duck Walk. Simple. La seule faille du gameplay
se situe dans le déclenchement du boost. En effet, il vous faudra soit
effectuer un mouvement de guitare du plus bel effet, certes, mais pas
des plus simples pour garder sa concentration sur les notes qui
suivent, ou appuyer sur un bouton qui n'est pas forcément très
accessible pour toutes les mains. Certains diront que cela ajoute une
très légère dose de stratégie, obligeant le joueur à bien réfléchir
avant de déclencher son boost, mais d'autres se plaindront simplement
du fait qu'il empêche d'enchaîner les notes de manière fluide. Un
bouton mieux placé aurait sans doute mieux fait l'affaire… Par contre, là où Activision n’a pas eu l’air de s’être beaucoup foulé, c’est sur l’aspect graphique du soft. Même si le tout est très agréablement coloré, certains décors et modélisations de personnages semblent vraiment faits à la va-vite. Et c’est sans compter les quelques bugs de collision guitare/guitariste du plus mauvais effet. A l’inverse, les personnages inspirés du rock sont très bien modélisés. Tom Morello, dont le modèle n’est autre que Jimi Hendrix, et surtout Slash, ont tous deux eu droit à une grande attention et une minutie du détail certaines. Mais tout bien réfléchi, et surtout tout bien joué, l’expérience montre que les graphismes du jeu sont bien peu importants pour la simple et bonne raison que le joueur n’y prêtre aucune attention. On se concentre tellement sur son manche, on le tripote tellement qu’on en oublie ce qui l’entoure, le seul but étant d’atteindre, évidemment, l’orgasme musical. On peut alors excuser Activision pour ce point négatif, mais sans oublier que les versions Xbox 360 et PS3 sont bien plus léchées, ce qui n’étonnera personne. ![]() Conclusion : ça crache !Ce Guitar
Hero III : Legends of Rock présente donc de nombreuses qualités et
relativement peu de défauts. Disposant d’une playlist fournie et
variée, d’une maniabilité hors paire et d’un facteur "amusement" non-négligeable, c’est le cadeau parfait à offrir pour un Noël en retard. Même
s’il n’est pas sans défaut, notamment niveau graphique ou absence de
l’option téléchargement de musiques sur Internet, il reste un excellent
jeu que l’on ne peut que conseiller. Accessible à tous, il présente
même de l’intérêt pour le guitariste aguerri qui désire s’entraîner au
déliement des doigts tout en s’amusant ! Bref, n’hésitez pas, vous
pouvez l’acheter les oreilles fermées. |

