Bien que la série des Trauma Center ait déjà fait un petit détour par
la Wii, il ne s'agissait alors que d'un remake du premier épisode, qui
malgré quelques petites nouveautés, n'en restait pas moins connu des
joueurs. Cette fois, c'est dans une aventure inédite qu'elle revient,
avec un crédo bien précis : à plusieurs, on s'en sort toujours mieux
que seul.
Nouvelles têtes Comme son nom l'indique, Trauma
Center: New Blood ne vous remet pas dans la peau de Derek Stiles, héros
du premier épisode, mais dans celle de Markus Vaughn et Valerie
Blaylock, deux docteurs qui, contrairement à Stiles, ont déjà fait leur
preuve dans le monde de la médecine en pratiquant de multiples
opérations.
Chronologiquement, le jeu se situe sept ans après
les évènements de Under The Knife 2, épisode DS encore inédit chez
nous. La menace de GUILT, virus ravageur créé par l'homme, est depuis
longtemps écartée, et c'est donc des opérations de routine qui occupent
nos deux médecins dans leur hôpital reculé d'Alaska. Au cours de l'une
de ces opérations, ils feront la rencontre d'Elena Salazar, une
infirmière qui les accompagnera ensuite pour tout le reste du jeu. Le
directeur commençant à se sentir aussi vieux que l'hôpital lui-même, il
décide de le fermer et de prendre sa retraite, obligeant Markus et
Valerie à retourner travailler dans leur précédent hôpital. C'est là
qu'ils apprennent l'existence d'un nouveau virus, Stigma, lui aussi
fabriqué par l'homme et impossible à guérir avec les traitements
habituels. Suite à ce que nos docteurs découvrent et grâce à
leurs essais pour se débarrasser du virus, ils sont engagés à Caduceus,
organisation chargée de combattre les maladies encore incurables. S'en
suit toute une série d'évènements qui va les mener dans des pays
lointains, en proie à la guerre civile et où le virus fait rage.
Jusqu'à découvrir l'instigateur de toute cette affaire, celui qui a
décidé d'utiliser Stigma contre l'humanité.
Le scénario de ce
nouvel épisode, très intéressant à suivre au demeurant, n'en reste pas
moins proche de celui des versions DS. Un virus créé par l'homme, une
organisation terroriste qui décide de s'en servir, un voyage dans un
pays où une épidémie s'est déclarée, force est de constater que ce
n'est pas l'originalité qui en est le point fort. On aurait bien sûr
préféré quelque chose d'inédit, mais même ainsi on arrive à se laisser
embarquer et à suivre le fil de l'histoire comme une série télé bien
ficelée. Une histoire d'ailleurs très bien racontée à travers de
multiples dialogues entre les personnages. Comme d'habitude, la série
emprunte au genre de la visual novel, avec des personnages fixes
par-dessus des décors et qui changent d'expression en fonction de la
situation. Nous ne sommes donc pas en présence d'une vraie cinématique,
mais cela reste tout de même assez immersif. D'autant que, pour une
fois, tous les dialogues du jeu ont été doublés (en anglais bien sûr),
ce qui donne encore plus de vie aux personnages et à l'histoire. Bref,
sur ce point, New Blood suit les codes de la série, même s'il les suit
d'un peu trop près.
Rien de neuf sous le scalpel
De même,
le principe de New Blood est celui de tous les autres épisodes :
effectuer des opérations chirurgicales sur des patients à l'aide d'une
multitude d'outils pour leur sauver la vie. On ouvre, on trifouille, on
retire les tumeurs qui trainent, on suture les blessures, et on
referme. Tout ça se fait simplement à l'aide de la Wiimote et
optionnellement du Nunchuk. À l'aide de celui-ci, on choisit un
instrument en tournant le stick dans une direction précise, puis on
pointe la Wiimote à l'endroit désiré pour l'utiliser. C'est aussi
simple que ça, et ça marche toujours aussi bien : au bout de quelques
sessions de jeux, on se souvient de la direction à laquelle chaque
instrument est assignée, ce qui fait que l'on travaille encore plus
vite et instinctivement. Par rapport au stylet, le viseur de la Wiimote
perd un peu en précision mais le jeu reste assez coulant à ce sujet,
vous permettant en général de ne pas forcément pointer pile au bon
endroit. Cela pourrait tout de même amener quelques erreurs, mais rien
de grave, la jouabilité se montre tout de même exemplaire.
À
tout moment, vous pouvez donc choisir dans un panel de huit
instruments, même si certains ne vous serviront que dans des cas bien
précis. Parmi les plus utilisés, citons le scalpel, ne serait-ce que
pour ouvrir le patient, mais qui servira aussi à faire sortir ce qui se
trouve sous les tissus ou à exciser différentes choses. Les sutures
vous seront très utiles pour refermer les plaies ouvertes, alors que le
drain permettra d'évacuer le sang qui s'en échappe. Enfin, n'oublions
pas la seringue qui permet d'injecter différents antidotes, mais sert
surtout à faire remonter les signes vitaux du patient.
Car ces
signes vitaux, c'est en quelque sorte votre barre de vie : s'ils
tombent à 0, votre patient est mort et votre carrière avec. Avec le
temps imparti, c'est la seule chose dont vous devez vous souciez
lorsque vous opérez. Ces signes vitaux baissent constamment au cours de
l'opération, et plus encore si vous mettez trop de temps à soigner les
blessures dont souffre votre patient. À vous donc de toujours y garder
un œil pour être sûr que votre protégé ne va pas clamser. Pour
vous aider dans cette tâche, vous pouvez à chaque instant de
l'opération utiliser un don, la « Main Curatrice », dont le Dr. Stiles
bénéficiait déjà dans le premier épisode de la série. En traçant une
étoile à l'écran, vous activerez ce pouvoir qui vous sera utile dans
bien des situations. Attention cependant à ne pas en abuser, car vous
ne pouvez vous en servir qu'une seule fois par opération. Si, par la
suite, vous vous rendez compte qu'elle aurait été plus utile à un autre
moment, il vous faudra réussir à vous en passer. Un don à n'utiliser
qu'en cas d'urgence, donc. |
Pour ce qui est des opérations en
elles-mêmes, elles s'avèrent être plutôt nombreuses et variées. D'un
côté, les opérations « banales », comme extraire des tumeurs, soigner
un blessé par balle en extrayant les morceaux qui se sont logés dans
ses organes, ou reconstruire les côtes d'un accidenté de la route. De
l'autre, les opérations spéciales Stigma, où il vous faudra affronter
en combat direct le virus, existant sous de multiples formes. Chacune
de ces formes faisant appel à une façon différente des autres de s'en
débarrasser, vous avez intérêt à être attentif à ce que vous diront vos
coéquipiers, tout en réparant les dégâts que le virus a causé. Le jeu
propose ainsi de nombreuses opérations, même si elles finissent par la
suite par se répéter ou se combiner. Mais qu'importe, chacune de ces
opérations est différente des autres puisque tout comme le scénario,
elles possèdent de nombreux rebondissements, ne vous laissant pas un
instant de répit jusqu'à ce que vous ayez refermé le patient.
Si
vous avez déjà joué à un autre épisode de la série, tout ceci vous
semblera extrêmement familier, et c'est normal puisque New Blood
n'introduit aucune nouveauté en ce qui concerne le gamepaly des
opérations. Les instruments utilisés sont les mêmes que d'habitude, et
aucun petit nouveau ne viendra montrer son nez. Même le défibrillateur,
que vous utiliserez de temps en temps, existait déjà dans le remake du
premier épisode sur Wii. De même, la façon d'effectuer les opérations
et de combattre Stigma ressemble beaucoup à ce que l'on faisait déjà
auparavant. New Blood n'offre donc à première vue pas de nouvelles
façons de jouer aux habitués. Heureusement, il se montre malgré tout
toujours aussi intéressant et fun, et cache en fait une surprise de
taille...
Opération à quatre mains Vous l'avez remarqué,
New Blood propose d'incarner non pas un mais deux docteurs. Si cet
élément est utile du point de vue scénariste, il représente également
une grande nouveauté dans la série. Car cette fois, c'est avec un ami
que vous allez pouvoir sauver des vies.
Si vous jouez seul, vous
aurez, avant chaque opération, la possibilité de choisir le docteur à
incarner. La différence ne se fait cependant sentir que lorsque vous
utilisez la Main Curatrice. Celle de Markus, « l'habituelle » consiste
à ralentir le temps, bien utile quand Stigma se montre trop féroce ou
qu'il ne vous reste plus que quelques secondes pour terminer. Valerie,
de son côté, est capable de stabiliser les signes vitaux du patient
afin de soigner ses blessures sans se soucier de cet aspect. Bien utile
quand celui-ci est sur le point de mourir. Dans les faits, cela change
assez peu de choses puisque le résultat est le même : vous faire gagner
du temps pour sauver votre patient. En dehors de ça, le choix du
docteur n'a aucune importance et le jeu en solo ne perdra pas les
habitués de la série.
Mais c'est lorsque l'on décide de jouer en
co-op que New Blood dévoile tout son intérêt. Cette fois, les deux
docteurs travaillent de concert afin de sauver le patient.
Concrètement, chacun possède sa Wiimote, avec un viseur de couleur
différente à l'écran, et peut agir sur le patient en même temps que
l'autre. Chaque joueur choisit son instrument séparément, ce qui veut
dire que les tâches peuvent facilement être reparties. On se prend
ainsi vite au jeu, à assigner à chacun sa mission pour finir
l'opération le plus vite possible et dans les meilleures conditions,
pour ainsi ne pas faire la même chose en même temps.
Cette
nouveauté se montre particulièrement utile lors de certaines opérations
ardues, notamment celles contre Stigma. Un joueur peut alors s'occuper
de combattre le virus lui-même, alors que l'autre se charge de réparer
les dégâts causés par celui-ci, par exemple les plaies qu'il ouvre ou
les tumeurs qu'il crée. Une idée très intéressante et très bien
exploitée, qui permet de beaucoup s'amuser. Lorsque les deux joueurs se
mettent d'accord, on peut vite obtenir un très bon résultat et faire
des merveilles. Sur ce coup, la série se renouvelle avec un ajout qui,
sans révolutionner quoi que ce soit, permet d'insuffler un peu
d'originalité.
Cependant, cette nouveauté possède un revers
assez gênant pour les joueurs faisant l'aventure en solo. La plupart
des opérations ont en effet été pensées pour être jouées à deux, avec
une répartition des tâches efficace. C'est surtout le cas des
opérations contre Stigma, puisqu'il faut littéralement faire deux
choses en même temps sous peine de voir les signes vitaux de son
patient s'effondrer très rapidement. Le joueur seul devra donc
s'occuper de tout ça en même temps, ce qui peut vite s'avérer très
difficile dès que les opérations se compliquent, alors qu'elles se
passent tranquillement à deux. Le jeu possède heureusement un niveau de
difficulté réglable, ce qui permet de se sortir des opérations les plus
ardues sans trop de dégâts, mais il faut reconnaître que cela peut
s'avérer assez frustrant. Il est dommage que le jeu n'équilibre pas
automatiquement la difficulté des opérations en fonction du nombre de
joueurs, mais ce petit défaut ne gêne heureusement pas le plaisir de
jeu.
Débriefing post-op
Trauma Center: New Blood reprend
beaucoup de ses ainés sans ajouter grand chose de neuf. Les opérations
comme le scénario sont connus des habitués, et aucun nouvel instrument
ne viendra troubler leurs habitudes. Mais qu'importe, car au final, le
principe se montre toujours aussi passionnant et amusant, et l'histoire
toujours aussi sympathique à suivre. Et c'est sans compter le
jeu en co-op, qui vous permettra de découvrir un gameplay tout à fait
différent de celui que l'on pratique seul, avec la nécessité de se
répartir les tâches pour être le plus efficace possible. Que ce soit
seul ou avec un ami, New Blood se révèle au final être un excellent
jeu, dans la lignée des autres épisodes de la série. Le genre qui
mérite toute votre attention, et encore plus si votre Wii crie famine
en ce moment... |