Les développeurs poursuivent leurs annonces lors de la GDC de San Francisco qui s’achève aujourd’hui, et c’est au tour de l’équipe floridienne de Studio Wildcard de présenter le portage Nintendo Switch de son survival préhistorique ARK : Survival Evolved prévu pour l’automne prochain. Déjà disponible sur PC (Steam), PlayStation 4 et Xbox One depuis le 29 août 2017, le jeu se verra également décliné en versions Android et iOS, pressenties aussi pour une publication d’ici la fin de l’année. Des mots des développeurs, ce portage réalisé en collaboration avec Abstraction Games, promet les mêmes caractéristiques et les mêmes fonctionnalités multijoueur que pour les autres versions déjà sorties, en témoigne ce premier aperçu de gameplay en mode portable.
Vidéo de gameplay d’ARK : Survival Evolved sur Nintendo Switch
Le joueur est amené à incarner un personnage qui se retrouve gelé, affamé et nu sur les rives d’une île mystérieuse appelée ARK. Il devra à la fois chasser, récolter des ressources, fabriquer des objets, cultiver les terres, rechercher des technologies et construire des abris pour résister aux aléas du climat. Il s’agira surtout de combattre, apprivoiser ou élever les dinosaures, léviathans et autres bestioles parmi la centaine de créatures primitives qui peuplent l’île, ou de faire équipe avec d’autres joueurs en ligne pour survivre et s’échapper de ces terres hostiles. Ayant bénéficié d’un travail de réalisme assez poussé, le jeu obligera le personnage à régulièrement se nourrir et boire pour survivre, avec de multiples types de plantes et de viandes ayant des propriétés nutritionnelles différentes, y compris la viande humaine. Toutes les actions physiques ont un coût de nourriture et d’eau, surtout les voyages de longue distance, pendant lesquels le poids de l’inventaire fera déplacer le personnage plus lentement. En outre, le cycle jour/nuit ainsi que les conditions météorologiques aléatoires ajoutent une couche de défi supplémentaire en modifiant les températures et les environnements. Enfin, le travail sonore semble lui aussi plutôt soigné, d’autant plus que la bande-son du titre est l’œuvre du compositeur Gareth Coker, architecte sonore pour Ori and the Blind Forest ainsi que pour certaines éditions inédites de Minecraft (Chinese Mythology, Battle Mini Game et Greek Mythology Edition)
En ligne, il sera possible de créer de véritables tribus pour y ajouter ses amis et leur associer des rôles et actions propres. Avec des serveurs pour les versions PC et consoles concurrentes regroupant plus de cent utilisateurs, le jeu permet également de transférer les objets et armes obtenus en mode solo local vers le mode multijoueur.
Même si des portages de qualité se sont multipliés ces derniers mois sur la console hybride (DOOM, L.A Noire, Dragon Ball Xenoverse 2, NBA 2K18) et ont rassuré le public quant au traitement donné à des titres tiers a priori gourmands en ressources, il est légitime de se questionner sur le travail d’adaptation d’ARK : Survival Evolved aux capacités de la Switch. Le site web GamesIndustry a pu s’entretenir lors de la GDC avec le PDG d’Abstraction Games, Ralph Egas, qui est revenu sur la progression de développement du portage, la puissance de a Switch et la problématique des cartouches de jeu.
« Studio Wildcard a pour l’instant demandé une simple version jouable. Ce n’est même pas un réel portage. Ils souhaitent simplement pouvoir jouer, mais le son n’est pas encore présent, de même pour les cinématiques et la majorité des contrôles. Il est possible de marcher et réussir quelques actions, mais rien d’autre n’est faisable pour le moment. C’est une première version de test et c’est ce qui avait été convenu. Nous avons encore beaucoup de travail, mais dans la plupart des cas, le jeu reste proche des 30 images par seconde. »
« La Switch n’est pas aussi puissante qu’une PS4 ou une Xbox One. Tout le monde le sait. Cela dit, la différence n’est pas aussi importante que la perception générale voudrait le faire croire. Dans certains passages du jeu, il est nécessaire de réduire la distance d’affichage, mais pas autant que ce qui pourrait être pensé par rapport à la Xbox One et la PS4. Évidemment, par rapport à la Xbox One X et la PS4 Pro, c’est une autre histoire. Mais comparé aux plateformes de base, la Switch s’en sort très bien. »
« La puissance n’est pas vraiment le problème. Ce qui est plus compliqué à aborder est la taille des cartouches de jeu. Les cartouches de 32 Go sont trop chères pour que cela soit rentable. Nous avons donc tout adapté sur des cartouches de 16 Go, alors que le jeu standard sur PS4 est beaucoup, beaucoup plus lourd. C’est d’un rapport de folie que nous parlons. Cependant, heureusement, il y a beaucoup de possibilités de réduction de poids sans suppression de contenu. Une autre chose envisagée est de produire une version cartouche complétée de téléchargements échelonnés pour amener au jeu complet. C’est probablement l’élément le plus difficile à gérer lorsqu’on découvre les fonctionnalités et bizarreries propres à une nouvelle plateforme. »
« Bien entendu, la Switch ne dispose pas d’autant de mémoire vive que la PS4 ou la Xbox One, ce qui signifie qu’il faut réduire le contenu qui est utilisé dans les temps de chargement réguliers. Il est donc nécessaire de diminuer un peu la présence des dinosaures et des effectifs présents simultanément. Mais seulement un peu. Le reste dépend uniquement d’une compression intelligente d’algorithmes. »
Ces déclarations restent pour autant peu rassurantes. Outre visiblement une expérience de jeu « un peu » réduite, surtout que les versions console déjà sorties sont réputées pour leurs écueils techniques et leurs lags, il semble qu’ARK : Survival Evolved prenne le même chemin que les récents portages de jeux gourmands en performance, avec un téléchargement relativement lourd de contenu sur la mémoire de la Switch en complément du jeu sur cartouche.