Lors de sa sortie sur Nintendo Switch, le 13 septembre 2019, Daemon X Machina nous avait proposé une expérience perfectible, mais loin d’être désagréable. Portant les ambitions de son producteur, Kenichiro Tsukuda, qui souhaitait en faire le meilleur jeu de mecha jamais créé, le titre de Marvelous First Studio n’avait malheureusement pas su transformer toutes ses idées. Malgré de bonnes sensations de pilotage, une vraie identité visuelle et sonore, ainsi qu’un contenu très honorable, il était difficile de le recommander sans réserve. Ses qualités bien réelles, doublées d’une sortie sur PC en février 2020, semblent cependant lui avoir permis de trouver son public et de justifier la production d’un second volet, Daemon X Machina : Titanic Scion, destiné cette fois-ci à l’ensemble des machines actuelles, dont la Nintendo Switch 2. Si nous n’avons malheureusement pas encore pu finir l’aventure afin d’en rédiger une critique complète, nous souhaitions toutefois livrer ici nos premières impressions à l’issue d’une session découverte de plusieurs heures sur la version définitive du jeu grâce à un code de test fourni par l’éditeur. L’occasion de constater que les développeurs se sont manifestement fait un devoir de corriger la plupart des lacunes de l’épisode original.
La narration de Daemon X Machina était trop décousue et son scénario pas toujours passionnant ? Daemon X Machina : Titanic Scion s’applique à poser clairement son contexte, ses enjeux et ses personnages dès l’introduction. On rentre donc beaucoup plus facilement dans l’histoire et bien qu’elle ne soit pas d’une originalité folle, on la suit avec plaisir. Située 300 ans après les événements du premier épisode, et sur une autre planète, l’intrigue réutilise des concepts connus comme les Outers, des humains modifiés par l’énergie Femto, et les Arsenaux, qui désignent désormais des exosquelettes à taille humaine et non plus des mecha de plusieurs mètres de haut. En revanche, d’autres notions sont nouvelles et certains termes ont des significations un peu différentes. On a donc presque parfois l’impression d’être face à un reboot de la série, mais cela ne pose guère de problème puisque cela permet de repartir sur des bases plus accessibles, parfaites pour donner à la franchise un petit coup de boost.
L’une des évolutions majeures de Daemon X Machina : Titanic Scion reste toutefois sa structure générale qui met de côté les missions cloisonnées et brin répétitives de son prédécesseur pour un monde ouvert explorable assez librement et regorgeant de choses à faire. entre les ressources à collecter, les trésors à dénicher, les souterrains à explorer et les ennemis de toutes sortes à dézinguer avant de piller sans vergogne leurs cadavres, il y a de quoi s’occuper et faire chauffer régulièrement le scanner environnemental afin d’identifier les différents points d’intérêt aux alentours. S’ajoutent bien entendu à cela de nombreuses missions que l’on pourra accepter via le terminal de notre base et réaliser généralement dans l’ordre souhaité, ce qui rend la progression beaucoup plus fluide. Le dit terminal permettra d’ailleurs aussi d’accéder directement à divers services, comme un magasin, une usine de fabrication de pièces et d’armes, un marchand de glace (?!?), une arène de combat ou un laboratoire de manipulation génétique offrant de nouvelles aptitudes en contrepartie de modifications esthétiques parfois importantes.
La personnalisation de l’Arsenal reste en outre toujours très complète avec la possibilité de mixer les pièces d’armure (tête, bras gauche, bras droit, torse et jambes) et d’équiper jusqu’à quatre armes principales entre lesquelles on pourra alterner, ainsi qu’une arme d’épaule (généralement assez balèze) et une arme auxiliaire (de type grenade ou chargeur additionnel). Tout un attirail que l’on pourra compléter avec des objets à usage limité et améliorer grâce à des modules boostant certaines statistiques. À l’instar du premier opus qui nous noyait sous un déluge de chiffres, les menus de Daemon X Machina : Titanic Scion peuvent d’ailleurs être un peu intimidants et lui donnent parfois de faux airs de RPG. D’autant que s’il n’y a pas, à proprement parler, de système général d’expérience et de montée de niveau, l’utilisation prolongée d’un type d’arme augmentera tout de même notre maitrise et offrira divers bonus supplémentaires.
Globalement, nous sommes toutefois plutôt ici devant un titre d’action-aventure open world, ce qui montre déjà à quel point les ambitions de Daemon X Machina : Titanic Scion n’ont plus rien à voir avec celles de son prédécesseur. Or, si nous avons jusqu’à présent plutôt abordé l’aspect aventure du jeu, il ne faut pas s’y tromper : les qualités de gameplay initiales de Daemon X Machina restent en effet intactes avec des affrontements toujours aussi plaisants et dynamiques. Plus organiques, les mouvements des nouveaux Arsenaux gagnent encore en fluidité, que ce soit au sol ou dans les airs, et offrent de délicieuses chorégraphies chargées de laser, de missiles, de coups de lame vicieux et de quelques techniques spéciales spectaculaires. On retrouve donc tout ce qu’on aimait en 2019, en mieux, et c’est finalement ce qu’on attend d’une suite.
Bien entendu, cette montée en gamme se constate également au niveau de la réalisation avec un passage remarqué sur une nouvelle génération de machines. La direction artistique est certes plus classique que par le passé, mais elle reste très plaisante, avec des personnages plutôt charismatiques et un mecha design de premier ordre. Les environnements gagnent aussi en richesse, même si on note quelques textures assez vilaines et une distance d’affichage un peu courte pour certains détails. En revanche, on pourra regretter un framerate limité à 30 images par seconde, et pas toujours constant, qui laisse cette version Nintendo Switch 2 à la traine par rapport à ses consœurs. C’était néanmoins assez prévisible et cela ne nous a pas vraiment gênés sur notre session. On vous laisse d’ailleurs en juger par vous-même avec notre longue vidéo de gameplay maison de plus de quatre heures permettant de découvrir le début du jeu.
Cette première session prolongée sur Daemon X Machina : Titanic Scion s’est montrée réellement enthousiasmante et donne clairement envie de poursuivre l’aventure pour savoir comment les choses vont évoluer. Marvelous First Studio semble avoir réussi à corriger la plupart des défauts du premier épisode, tout en amenant la série vers un nouveau niveau de qualité et d’ambition, et on ne peut que le saluer. Toutes proportions gardées au regard des deux séries concernées, on pourrait presque dire que Titanic Scion est à Daemon X Machina ce que Breath of the Wild est à The Legend of Zelda. On vous laisse méditer sur cette comparaison un brin osée, ou bien en juger par vous-même grâce à la démo disponible sur l’eShop, et on vous donne rendez-vous pour un retour plus complet dans notre futur test.