C’est la fin d’un long feuilleton judiciaire, qui concerne pour une fois les jeux vidéo. Les linkers, ces appareils permettant, entre autres, de jouer à des jeux piratés sur sa DS, viennent d’être définitivement interdits à la vente en France. Dans une décision de justice du 26 septembre, la Cour d’Appel de Paris a condamné six sociétés pour avoir importé, distribué et vendu des linkers dans l’Hexagone. Les peines vont d’une amende de 480 000 euros à des dommages et intérêts de plus de 4,8 millions d’euros, et même des peines de prison avec sursis.
Le jugement est l’aboutissement d’un long combat de Nintendo contre le piratage, entamé fin 2007 avec la saisie de milliers de linkers en France. Fin 2009, un premier procès a été perdu par Nintendo, la justice considérant que la modification de consoles, réalisée pour faire des sauvegardes de ses jeux ou créer des programmes soi-même, est légale. Mais la Cour d’Appel a finalement donné raison à l’entreprise, et sa décision, selon un communiqué de Nintendo France, “rejoint celles qui ont déjà été rendues dans d’autres pays d’Europe : Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas“.
Une décision bienvenue certes, mais qui intervient peut-être un peu tard, alors que la DS est en fin de vie et que son existence aura été plombée par un piratage massif, touchant aussi bien Nintendo que les éditeurs-tiers (n’hésitez pas à écouter ou réécouter notre podcast consacré à ce sujet, d’ailleurs). Mieux vaut tard que jamais, ceci dit. Autre point intéressant soulevé par ce jugement : il fera très probablement office de jurisprudence pour les autres consoles, et notamment pour la 3DS dont les premiers échos de piratage se font déjà entendre, sans pour autant voir les premiers linkers commercialisés. Des hypothétiques linkers 3DS qui seront, de toute manière, interdits en France.