Dans le genre improbable, la venue de contenu additionnel pour Mario Kart 8 Deluxe se pose là. C’est que le titre a bientôt six ans. Increvable, presque invincible même (en attestent ses chiffres de vente toujours aussi mirobolants), celui qu’une partie du public espérait voir laisser sa place à un potentiel Mario Kart 9, continuera donc de mener sa longue vie jusqu’en fin 2023. C’est à ce moment là que, après plus de six vagues d’un season pass tarifé à 24,99 €, le géant du kart racing tirera sa révérence. Un magnifique chant du signe donc, puisque lesdites vagues sont constituées, tenez-vous bien, de quarante-huit courses rétros remasterisées pour l’occasion. Soit quatre-vingt seize courses au total, en cumulant le jeu de base et le Pass circuits additionnels. Un nombre complètement maboule certes, mais qui peut effrayer le joueur averti : Nintendo aurait-il choisi la quantité à la qualité ?
Impressions rédigées par Kalimari, en complément du test de Draco publié le 25 avril 2017 et des impression de la vague 1 et de la vague 2 !
Disponible depuis un peu plus d’une semaine désormais, la troisième vague de ce DLC comporte, comme à son habitude, deux nouvelles coupes comportant chacune quatre courses supplémentaires. Côté villes, on retrouve cette fois-ci Londres et Berlin ; le circuit change à chaque nouveau tour, explorant les différentes variantes issues de Mario Kart Tour. Très agréables à conduire, notamment Balade berlinoise avec son trafic routier et son fameux mur ingénieusement composé de Whomps, on s’avoue être embêté par la lisibilité de Détour à Londres. Avec autant de bifurcations possibles, les premiers essais tendent à envoyer le joueur dans la mauvaise direction avant de rapidement se faire hameçonner par Lakitu. Ce n’est pas non plus son thème musical qui transcendera les pilotes, avec un son très rock qu’on aurait imaginé lorgner un peu plus du côté du punk. A contrario, Berlin époustoufle avec un mélange de techno et de classique, affichant là une des compositions les plus originales de l’opus mobile, réinterprétée cette fois-ci par MARIO KART BAND. Mont Festif, une « nouvelle » course déjà présente dans Tour, se présente avec une thématique de Noël franchement réussie et invitant au voyage. Son tracé est clairement en deçà d’un Dojo Ninja, mais à mille lieues de Cité Sorbet. Elle apporte avec elle des rampes similaires aux half-pipes de l’épisode Wii qui, si elles font perdre du temps aux joueurs, compensent avec plus d’objets et de pièces à récolter.
Toujours aussi fantastique, qu’il s’agisse de son circuit varié ou de ses environnements tirés de Super Mario Galaxy, Bois Vermeil (Wii) retient davantage notre attention avec sa légendaire musique. Sublimée par la réorchestration qu’elle a subi, Bois Vermeil s’affiche comme un des meilleurs tracés du DLC. Du même acabit, le Mont Éboulis (Nintendo 3DS) cumule un morceau entraînant, une thématique forte ainsi qu’un itinéraire agréable. Moins marquante que sur son jeu d’origine, il s’agit là d’une addition somme toute solide. Issue du même jeu, Route Arc-en-ciel frappe encore plus fort. Déjà magique à l’époque, la refonte visuelle lui apporte un bien fou. Avec sa variété visuelle, un tracé qui ne se boucle pas et un thème musical qui tabasse, il s’agit là de la meilleure course du DLC en plus d’être la meilleure Rainbow Road de la série ! Jardin Peach (Nintendo DS), avec ses virages à 90° et son mini-labyrinthe gardé par des Chomps, peine toujours autant à convaincre. Déjà à la traîne sur console portable, pas même le surprenant dernier tour « à l’envers » ne parviendra à la sortir du lot. Enfin, Lac Boo (Game Boy Advance) est, comme Pays Neigeux et Jardin Volant, la plus grosse refonte de cette nouvelle vague. Par ses graphismes bien sûr, mais aussi et toujours via sa bande-son, laquelle intègre désormais une superbe batterie. Son tracé, métamorphosé, emportera les joueurs avec de l’antigravité, mais aussi un long passage sous-marin (le premier du DLC !). Un peu courte, elle s’avère tout de même assez technique avec ses virages serrés et sa piste mouillée. Cette troisième vague, la meilleure, continue de rassurer et encourage même à attendre impatiemment les suivantes.
Quarante-huit courses pour vingt-cinq euros, c’est du pain béni. Vingt-cinq euros pour des courses juste – mais bien – remasterisées, c’est déjà un peu plus cher. La trop rare utilisation d’anti-gravité (une seule course sur seize), la direction artistique plus cartoon qui tranche radicalement avec le simili-réalisme du jeu de base, ainsi que les échelles de grandeur parfois étranges entre décors, personnages, modèles et joueurs peuvent quant à eux carrément rebuter les potentiels acheteurs. La vérité, la vraie, c’est que Nintendo propose ici davantage de quantité que de qualité. Une quantité somme toute satisfaisante, en attestent les remix réussis des musiques, la bonne adaptation des courses au gameplay de Mario Kart 8 Deluxe, ainsi que l’apparence globale, bien meilleurs qu’un simple portage de Mario Kart Tour. Pour le fan hardcore, ce DLC est l’assurance de doubler le contenu de son jeu (et son temps passé dessus) pour un prix moitié moindre. Pour le casual, c’est la possibilité de découvrir tout un tas de circuits jusqu’alors inconnus. Dans les deux cas, et après plus de huit ans à rouler sur les mêmes tracés, c’est une véritable et nécessaire bouffée d’air frais que Nintendo propose là à son titre phare, alors qu’il ne s’agit que d’une remasterisation de circuits rétros. Enfin, si vous possédez l’abonnement au Nintendo Switch Online + Pack additionnel, la question de l’achat ne se pose même pas, puisque le DLC est inclus « gratuitement » dans l’offre. Enfin, gratuit tant qu’on paie, quoi.