Depuis l’arrivée de la Nintendo Switch 2 il y a un an, trouver une manette capable de rivaliser avec l’excellente manette Pro officielle, à un prix abordable, semble assez utopique. Turtle Beach, oui encore eux, entendent pourtant relever ce pari avec l’Afterglow, une manette estampillée spécifiquement Switch 2 officiellement licenciée Nintendo, sans fil, affichée autour des 60 à 65 euros, qui mise sur trois arguments majeurs : un design transparent à LED particulièrement travaillé, des sticks TMR (Tunneling Magneto Resistance) plus safe, et un rapport qualité/prix bien alléchant sur le papier. Le constructeur remplit une bonne partie de son contrat, même si plusieurs compromis rappellent rapidement qu’il s’agit plutôt d’une manette de complément, conçue pour refiler un périphérique au joueur 2.
Difficile de rester indifférent devant cette Afterglow, avec son inspiration rétro-tech et sa coque entièrement translucide laissant apparaître tous les bidules électroniques, les circuits imprimés et les composants internes. Une fois sous tension, elle révèle ses effets RGB avec ses quatre LED visibles au rendu plutôt réussi, donnant à la manette une signature visuelle originale. Grâce à la translucidité du plastique, la lumière se diffuse dans toute la structure de la manette, créant un effet beaucoup plus homogène que sur les périphériques RGB classiques. Plusieurs animations sont d’ailleurs disponibles, on retrouve naturellement les traditionnels dégradés arc-en-ciel, mais également des effets dynamiques plus originaux, dont des modes permettant aux couleurs de réagir aux mouvements des sticks analogiques.
Et tout cela se programme sans logiciel relou, directement via des combinaisons de touches. En maintenant le bouton de fonction dédié, il est possible de changer les modes lumineux avec les gâchettes supérieures, de modifier les couleurs grâce à la croix directionnelle ou encore d’ajuster la luminosité avec les gâchettes arrière. Une approche simple et efficace, habituelle dans les accessoires de Turtle Beach, qui permet de personnaliser rapidement l’expérience.
En main, l’Afterglow fait bonne figure avec environ 380 grammes sur la balance, elle reste légère tout en conservant une sensation de solidité satisfaisante. Sa forme générale s’inspire clairement des standards actuels, et offre une prise en main naturelle. Elle souffre cependant d’un effet trop lisse au toucher, avec cette impression d’avoir un savon dans la main, prêt à s’échapper à tout moment. Mais Turtle Beach a eu la bonne idée d’ajouter un revêtement texturé au dos de la manette, qui améliore sensiblement la tenue pendant les longues sessions, et limite les risques de glissement lorsque les mains deviennent moites, même si on aurait aimé le même traitement sur les poignées.
Les gâchettes profitent elles aussi d’un traitement texturé assez agréable, mais le véritable argument technique de l’Afterglow se trouve au niveau de ses sticks analogiques. Le constructeur a choisi une technologie TMR, appartenant à la même famille que les sticks Hall Effect et reposant sur une détection magnétique du mouvement. Concrètement, les composants internes ne frottent pratiquement plus les uns contre les autres lors des déplacements du stick, l’usure mécanique est donc théoriquement fortement réduite, ce qui diminue potentiellement les risques de voir apparaître le célèbre phénomène de drift après plusieurs centaines d’heures de jeu. Au-delà de leur durabilité potentielle, ces sticks offrent également une excellente précision. Les mouvements sont fluides, réactifs et parfaitement adaptés aussi bien aux jeux d’action qu’aux titres demandant des ajustements plus fins, avec ce qu’il faut d’accroche aux doigts pour éviter les loupés.
Turtle Beach enrichit également sa copie avec plusieurs fonctionnalités supplémentaires bienvenues, cohérentes avec l’avancée technologique de la Switch 2. On retrouve le gyroscope exploitant les contrôles par mouvement, ainsi que le fameux bouton C dédié aux fonctions GameChat. Deux boutons arrière programmables sont également présents, un peu comme sur une bonne partie des manettes du constructeur, et en cohérence avec les propositions du périphérique officiel Pro Switch 2. Leur configuration est aussi particulièrement simple, il suffit d’activer le mode d’affectation via le bouton présent sur l’avant de la manette, puis d’associer la commande souhaitée à l’un des boutons situés à l’arrière. Ces palettes supplémentaires peuvent servir à reproduire n’importe quelle commande existante et permettent par exemple de garder les pouces sur les sticks dans les jeux compétitifs, ou d’accéder plus rapidement à certaines actions, comme les captures photo/vidéo.
L’autonomie constitue l’une des grosses questions du produit. Turtle Beach annonce jusqu’à quarante heures d’utilisation, « dans certaines conditions ». Dans la pratique, les résultats observés varient fortement selon l’utilisation de l’éclairage RGB. Avec les LED désactivées ou utilisées modérément, l’autonomie se montre effectivement très solide avec une quarantaine d’heures. En revanche, lorsque le système lumineux fonctionne à pleine puissance, l’autonomie chute généralement de quinze à vingt heures selon les usages. Mais même dans ce scénario moins favorable, les performances restent honorables pour une manette sans fil richement équipée, dont la recharge s’effectue via USB-C et demande environ une heure trente pour retrouver une batterie pleine.
Malgré ses points positifs, l’Afterglow souffre malheureusement de plusieurs limitations qui l’empêchent d’être considérée comme une concurrente directe de la manette Pro officielle. Le défaut le plus important concerne l’absence totale de vibrations, même minimes, sans vouloir absolument viser les vibrations HD proposées par Nintendo. C’est récurrent chez Turtle Beach, mais l’immersion en jeu en prend un coup, surtout si on y est habitué avec le matos accompagnant la console. Autre concession difficile à ignorer : l’impossibilité de sortir la Switch 2 du mode veille à distance. Contrairement à la manette officielle, appuyer sur le bouton Home ne permet pas d’allumer la console, il faut systématiquement passer par les Joy-Con ou, pire, affronter le cauchemar de devoir se lever du canapé et utiliser le bouton d’alimentation de la machine.
Les boutons principaux divisent également. Avec leur course relativement courte, leur réactivité est satisfaisante, mais ils produisent un cliquetis mécanique assez marqué, nettement plus perceptible que sur la manette Pro. Et cela peut paraître anodin, mais si la manette bénéficie d’une visibilité nocturne par ses LED, ce n’est pas le cas des boutons qui ne laissent pas transparaître les couleurs. Résultat, on a en main un objet lumineux, mais illisible à l’œil nu par effet de contraste, et donc sans atout particulier par rapport au matériel de Nintendo. La croix directionnelle n’atteint pas non plus le niveau d’excellence attendu, avec un certain manque de précision sur les diagonales, notamment dans les jeux exigeants comme les titres de baston. L’ergonomie présente enfin quelques choix discutables. Les boutons Plus et Moins sont placés sous les touches Home et Capture, contrairement aux habitudes prises sur les manettes Nintendo. Les premières heures donnent lieu à plusieurs erreurs de manipulation liées à la mémoire musculaire. Enfin, contrairement à la version officielle, ce modèle ne dispose d’aucune prise jack pour brancher directement un casque.
La comparaison avec la manette Pro officielle est inévitable. D’un côté, Nintendo conserve l’avantage sur plusieurs points essentiels : les vibrations HD, la possibilité d’allumer la console à distance, une croix directionnelle plus rigoureuse, des boutons plus silencieux et une intégration logicielle plus poussée au sein du système de la Switch 2. De l’autre, l’Afterglow répond avec des arguments que Nintendo ne propose pas : des sticks TMR anti-drift, une personnalisation RGB avancée, pour un prix inférieur. Turtle Beach a clairement choisi d’investir dans les éléments qui comptent le plus pour la longévité et le confort d’utilisation, quitte à sacrifier certaines fonctionnalités premium présentes sur le modèle officiel. Le résultat est une manette qualitative et originale, mais trop limitée sur certaines options clés, qui en font une excellente manette tierce qui mise sur la durabilité de ses sticks, un design attachant et une personnalisation poussée. Elle ne remplace pas totalement la manette Pro officielle, mais elle s’impose sans difficulté parmi les meilleures alternatives actuellement disponibles sur Nintendo Switch 2.
Belle comme un camion sorti du twining
Les sticks robustes et précis
La personnalisation à outrance
L’impression de qualité en main
Un prix honnête
Une autonomie variable selon l’utilisation
Pas de vibration, ni de sortie de veille, ni de prise jack
Un effet lisse déstabilisant
Des boutons et une croix moins satisfaisants
Un placement des boutons qui peut perdre au début