Presque dix ans après sa version d’origine sur Wii U, Xenoblade Chronicles X revient dans une Definitive Edition le 20 mars prochain sur Nintendo Switch. Un retour qui est donc plus que bienvenu, puisqu’au-delà du fait que le jeu restait bloqué sur une seule console et que ses fonctionnalités en ligne ont été coupées, on pouvait espérer dans le même temps l’ajout de nouveautés et du contenu qui n’avait pas pu être incorporé dans le titre d’origine et qui apparaissait dans l’artbook The Secret File – Art of Mira. Le fait de pouvoir enfin jouer à une version « complète » de l’œuvre de Monolith Soft ne restait qu’un doux rêve avant le 29 octobre 2024, le jour où Nintendo a annoncé Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition, en indiquant que le jeu bénéficiera de contenus additionnels, dont de nouveaux éléments scénaristiques. Après l’annonce, Nintendo et Monolith Soft ont diffusé des informations, des vidéos et des images qui laissaient déjà augurer le meilleur pour cette nouvelle façon de découvrir de Xenoblade Chronicles X, entre les éléments qui semblent venir tout droit d’Art of Mira et les nombreuses améliorations et autres nouveautés déjà remarquées. Il s’avère que nos premières heures passées sur cette Definitive Edition confirment ces espérances, du moins au niveau des améliorations et d’un point de vue technique. Retour sur notre premier contact avec la résurrection d’un véritable monument du RPG, avant notre verdict final.
En démarrant Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition, avant de se lancer d’emblée dans l’aventure, nous n’avons pas pu nous empêcher de faire d’abord un petit tour des paramètres afin de voir tout ce que Monolith Soft a concocté pour la nouvelle version de son bijou longtemps resté bloqué sur Wii U. Dans la lignée de Xenoblade Chronicles : Definitive Edition, on trouve donc bien plus d’options que dans le jeu d’origine. Elles permettent surtout de rendre le jeu plus confortable et agréable, avec toutes sortes de choix au niveau du gameplay (possibilité de choisir de se souvenir ou non du dernier emplacement du curseur dans le menu principal, vibrations de la manette, affichage des commandes dans les menus, affichage de la fenêtre d’acceptation des missions, navigation automatique des missions…). On peut aussi régler la vitesse de défilement du texte dans les boîtes de dialogues, paramétrer la caméra, montrer ou non la mini-carte et d’autres éléments sur l’interface de terrain (il est donc possible de tout désactiver pour ne trouver aucune information à l’écran lors des phases d’exploration) et même certains éléments sur l’interface de combat comme les textes des cris de guerre et les descriptions des arts. On peut également choisir notre mode de jeu préféré, afin que le jeu ne nous demande pas obligatoirement si on préfère jouer hors ligne ou en ligne à chaque fois qu’on le lance. Par ailleurs, cette fois-ci, il n’y a plus de texte qui indique en permanence à l’écran si on joue en ligne ou bien hors-ligne, ce qui est déjà une bonne avancée.
Toujours dans les paramètres, il y a aussi de véritables avancées au niveau de l’audio. On peut choisir d’augmenter ou de diminuer le volume de la musique, des effets sonores, des voix et des effets sonores système, et même de choisir entre les voix anglaises et japonaises, ce qui n’était pas possible dans le jeu d’origine. L’information au sujet de la possibilité de choisir les voix japonaises était déjà connue, mais en ce qui concerne les paramètres pour l’audio, nous pouvons enfin le confirmer. Même il y a dix ans, ce type de paramètres apparaissait déjà dans de nombreux jeux vidéo, mais ce n’était donc pas le cas de Xenoblade Chronicles X. La qualité du mixage audio du jeu d’origine ayant souvent été vivement critiquée, l’ajout de telles options est donc déjà rassurant. Cependant, on note l’absence de paramètres de difficulté.
La cinématique d’ouverture s’ouvrant sur la deuxième partie de la musique no5=KAKU-WEST*→▲★★KAI / Kakusei Houkai d’Hiroyuki Sawano permet assez difficilement de voir les améliorations apportées au jeu, mais il est clair que les graphismes ont été revus. Pour mieux s’en apercevoir, il faut s’intéresser aux phases qui vont suivre, à savoir la personnalisation de l’avatar masculin ou féminin et la découverte du monde du jeu, Mira. En ce qui concerne l’avatar, l’interface, les modèles et les options ont bien été améliorés, comme on avait déjà pu le constater. On est tout de même assez loin de la customisation proposée dans d’autres jeux, comme les dernières mastodontes de Capcom dans les séries Monster Hunter et Street Fighter pour ne citer qu’elles, mais les choix restent suffisamment variés pour que l’on trouve l’avatar qui peut nous convenir. Par ailleurs, à la fin de la personnalisation de l’avatar, on remarque qu’il est possible d’enregistrer jusqu’à cinq fichiers de sauvegarde d’avatar différents. Cela permettra donc plus tard, si l’on en a envie, de changer d’avatar à volonté, une fois que l’on pourra à nouveau revenir à la personnalisation.
Sans trop de surprise, le début de l’histoire ne change pas par rapport à Xenoblade Chronicles X. Durant les premières heures, on n’a fait que redécouvrir le début de l’aventure, en compagnie d’abord d’Elma, puis de Lin Lee Koo et des premiers compères que l’on peut recruter, comme Irina. Même en redécouvrant le jeu, et sans l’avoir trop oublié, on ne peut qu’être surpris et ébloui par les environnements gigantesques qui s’offrent à nous. On est clairement ici dans un monde ouvert, que l’on peut partir explorer assez rapidement. Le jeu a tout de même un fil rouge, qu’il faut suivre obligatoirement au début de l’aventure, mais après avoir un peu avancé, il est possible de visiter plus librement les différentes régions et si on aperçoit au loin quelque chose qui nous intéresse, on peut très bien aller voir de quoi il retourne sans attendre que le scénario nous y emmène. Attention toutefois de ne pas se faire surprendre car de nombreuses créatures, appelées indigènes ou xénoformes, habitent ces contrées. Les ennemis qui ont un niveau très avancé et que l’on peut trouver très tôt dans l’aventure était déjà un élément que l’on retrouvait dans Xenoblade Chronicles. Néanmoins, il est beaucoup plus accentué dans Xenoblade Chronicles X. En voulant s’aventurer assez loin, nous sommes donc tombés sur des créatures qui ont tout fait pour nous poursuivre et nous attaquer. Elles ont réussi à plusieurs reprises, et il nous a fallu rebrousser chemin ou bien choisir une autre route pour les contourner.
Plus haut, nous indiquions l’absence de paramètres de difficulté dans Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition. En effet, contrairement à la trilogie déjà disponible sur Switch, le jeu ne comporte pas de modes facile, normal et difficile ; il faut se contenter de la difficulté par défaut, imposée par Monolith Soft. Pour le moment, nous n’avons eu aucune difficulté dans les combats. En étant suffisamment préparé, durant les premiers chapitres, il a été plutôt facile de vaincre les boss et autres ennemis auxquels on devait faire face. Forcément, la difficulté finira par augmenter dans la suite de l’aventure, mais dans tous les cas, au cours des premières heures, il n’y a pas vraiment de soucis à se faire et il suffit de se laisser porter par les différentes missions.
Que ce soit dans le Xenoblade Chronicles X d’origine ou dans la Definitive Edition sur Switch, il est fortement conseillé de bien lire les conseils donnés par le jeu afin de comprendre au maximum les différentes mécaniques. Cette fois-ci, il n’est plus possible de consulter un mode d’emploi, puisque cette option n’est pas disponible sur Switch. Toutefois, Monolith Soft a visiblement pensé à tout, en donnant carrément accès à une série de conseils qui se débloquent progressivement en avançant dans l’aventure. Au début du jeu, on ne peut que constater que Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition nous bombarde de fenêtres remplies de conseils. Certains sont donnés par des personnages, comme Elma et Lin, ce qui les rend plus « vivants », mais pour la plupart, il faut se contenter de lire ce que le jeu nous conseille de faire. Il y en a surtout pour le système de combat, qui est toujours l’un des éléments les plus complexes de Xenoblade Chronicles X, mais le jeu en donne aussi pour l’exploration, les équipements et plus encore. Il y a aussi toutes sortes d’astuces plutôt utiles pour ne pas trop se perdre dans le jeu. Quand on connaît déjà le titre de Monolith Soft, on peut en avoir un peu marre d’être souvent interrompu par ces conseils, mail ils restent essentiels pour mieux s’y retrouver. Et si l’on ne veut pas du tout être interrompu au milieu de l’action ou d’une phase d’exploration intense, on peut très bien choisir de désactiver l’affichage de nouveaux conseils dans les paramètres, au risque de rater des éléments importants.
D’un point de vue technique, Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition étonne. Que l’on soit bien clair, on est ici face à un titre qui a tout de même dix ans d’ancienneté, mais dès les premières heures de jeu, on ne peut qu’apprécier la fluidité dans les déplacements et les capacités des héros en combat, la beauté des environnements, les nouveaux modèles pour les personnages les plus importants et bien plus. Évidemment, on a également essayé le jeu en mode portable. Alors que Monolith Soft avait eu de grosses difficultés avec Xenoblade Chronicles 2, et n’avait pas encore tout réglé dans Xenoblade Chronicles : Definitive Edition et Xenoblade Chronicles 3, Xenoblade Chronicles X a droit ici à un portage d’une qualité étonnante, même en nomade. La fluidité est bien là, et même si le jeu est très clairement plafonné à 30 images par seconde, nous avons noté très peu de ralentissements gênants et chaque lieu de Mira que l’on a pu explorer pour le moment, en s’arrêtant pour prendre des photos et observer l’environnement avec la caméra, semble conserver sa beauté sur le petit écran de la Switch. Toutefois, et cela vaut aussi bien pour le mode téléviseur que pour le mode portable, certaines textures, notamment au niveau d’éléments du décor comme les rochers, paraissent assez datées. Cela n’est pas bien gênant la plupart du temps, mais au bout de plusieurs heures, on ne peut que le remarquer.
Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition a bien d’autres améliorations et nouveautés que l’on peut déjà évoquer. Par exemple, en ce qui concerne les combats, au-delà des améliorations au niveau de l’interface, comme l’affichage qui est meilleur par rapport au jeu d’origine et les informations qui sont plus claires, il y a désormais la recharge rapide. Grande nouveauté de Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition, qui avait déjà été mise en avant au Japon par Nintendo, elle permet d’envoyer une décharge d’énergie auxiliaire vers notre arme, ce qui recharge instantanément une capacité (ici appelée art, comme dans les autres Xenoblade Chronicles) en plein combat afin de s’en servir une nouvelle fois sans attendre. Toutefois, cette recharge rapide fonctionne via une jauge segmentée. À chaque utilisation, elle diminue, et on peut donc se retrouver sans aucune recharge au beau milieu d’un combat, surtout après une utilisation intensive face à des ennemis avec de nombreux points de vie et un niveau similaire ou plus élevé que le nôtre. Heureusement, les développeurs ont pensé aux cartouches d’énergie, qui servent à stocker davantage de recharges rapides. Elles s’obtiennent tout simplement en augmentant le pourcentage de découverte de la planète Mira, ce qui pousse donc à l’explorer encore plus. Cette fonctionnalité de recharge rapide est bienvenue et rend les affrontements plus fluides et rapides, sans les rendre trop faciles puisque la jauge peut se vider assez vite si l’on n’y fait pas suffisamment attention. En plus de cela, la recharge rapide ne fonctionne pas pour les arts de tension si l’on n’a pas la quantité de PT suffisante pour les utiliser.
Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition comporte une section « membres d’équipes actifs » qui permet de changer à tout moment les membres de l’équipe (ceux qui apparaissent dans les phases d’exploration et les combats) et de retrouver les membres de réserve. Cette fois-ci, en retirant un personnage de l’équipe, il n’est plus nécessaire d’aller le chercher au sein de New Los Angeles (ce qui pouvait être assez fastidieux dans le jeu d’origine, étant donné qu’ils apparaissent à des points et des horaires précis). Il y a d’autres améliorations notables qui changent plutôt radicalement l’expérience de jeu, comme les personnages qui gagnent désormais de l’expérience et augmentent de niveau même quand ils ne sont pas dans l’équipe, l’entente qui augmente également bien plus vite que dans le jeu d’origine, et des indications concernant les missions qu’il faut terminer pour recruter de nouveaux alliés (du moins pour ceux que l’on peut trouver au moment de l’aventure).
Par ailleurs, pour garantir la meilleure expérience possible, Monolith Soft a fait le choix de supprimer totalement le niveau BLADE, les points de division et les capacités de terrain. Dans le jeu d’origine, le niveau BLADE et les points de division augmentaient en accomplissant des activités que l’on décrivait dans notre test. Et lorsque le niveau BLADE augmentait, on pouvait choisir d’améliorer une capacité de terrain pour installer par exemple de nouvelles sondes, ouvrir des coffres aux trésors spéciaux, et plus encore. Il n’y a plus tout cela dans Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition. Cependant, nous avons remarqué que pour récupérer certains trésors, il faut tout de même apprendre des compétences spéciales, comme la compétence en mécanique. La différence est qu’ici, il n’y a plus les niveaux de compétence. Pour récupérer ces trésors, il faudra donc terminer les missions correspondantes.
Qui dit Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition sur Switch dit aussi suppression du gameplay hybride, avec le GamePad en main et l’action sur le téléviseur. Le Wii U GamePad servait à afficher, en guise de véritable terminal, ce que l’on appelle le FrontierNav, le grand réseau du jeu qui permet de vérifier le placement de sondes et de consulter toute la carte du monde. On peut accéder au FrontierNav directement à partir du menu, pour se téléporter à des points déjà explorés, vérifier et remplacer des sondes, consulter les détails d’un site FN où l’on a installé une sonde… Les informations sont assez claires et on a peu de chance de se perdre dans l’interface du FrontierNav. Toutefois, il est dommage de constater que l’écran tactile n’est pas du tout compatible, même au moins pour le FrontierNav. Dans tous les cas, Monolith Soft a entièrement retravaillé ce système très important de Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition, et nous pouvons confirmer qu’il est très efficace sur Switch.
Par ailleurs, il est important de noter qu’en explorant Mira, on obtiendra toutes sortes de récompenses d’exploration, comme par exemple les cartouches d’énergie pour la recharge rapide. Listées sur le FrontierNav, elles poussent vraiment à explorer toutes les zones du jeu, bien qu’au début, les déplacements restent assez restreints puisqu’on ne dispose d’aucun véhicule et qu’on peut seulement marcher, courir, sauter et nager. Comme dans le jeu d’origine, il faudra attendre un moment avant d’embarquer à bord d’un Skell pour voler à travers les continents de Mira et aller véritablement où bon nous semble, tout en faisant toujours attention aux ennemis. Ce n’est pas encore quelque chose que l’on a pu redécouvrir dans Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition.
Dès les premières heures de jeu, on a donc déjà pu voir une grande partie de toute l’étendue du travail de Monolith Soft pour offrir la meilleure version possible de Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition. Les améliorations se situent aussi au niveau des missions, qui sont désormais mieux décomposées pour bien s’y retrouver, et pour les ressources que l’on doit partir chercher. Dans cette Definitive Edition, pour les missions où il est nécessaire de trouver certains objets, la carte affiche tous les points où l’on peut les trouver. Des points d’exclamation apparaissent aussi à l’écran, comme on a pu le voir dans Xenoblade Chronicles : Definitive Edition et Xenoblade Chronicles 3. Parmi les autres améliorations et ajouts dont nous pouvons parler, il y a la possibilité de prendre des captures d’écran sans l’interface durant les combats et les phases d’exploration en appuyant de manière simultanée sur les boutons L et R, ou encore la possibilité de changer l’heure, directement depuis le menu. Les emplacements où il est possible de changer l’heure restent accessibles dans cette Definitive Edition, mais ils sont donc désormais moins utiles. Pour rappel, changer l’heure a une utilité puisque cela permet de retrouver des personnages et des ennemis qui apparaissent uniquement à certains moments de la journée.
Ce n’est encore que le début, mais ce premier contact avec Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition signe les prémices d’un émerveillement qui finira, sans trop de doute, par se confirmer au fil des chapitres. On a très clairement pris du plaisir à recommencer à explorer Mira et à découvrir toutes les améliorations effectuées par Monolith Soft. On perd malheureusement le côté unique du gameplay hybride du jeu d’origine sur Wii U, mais tout a été retravaillé de sorte à offrir la meilleure version du jeu possible, cette fois-ci sur une console qui devrait enfin permettre à un public plus large de découvrir cette œuvre fascinante qu’est Xenoblade Chronicles X. On n’a pas encore pu découvrir les nouveaux éléments scénaristiques annoncés, notamment le nouvel épilogue, suggéré dans la dernière bande-annonce, qui n’est pas accessible séparément, contrairement à celui de Xenoblade Chronicles : Definitive Edition, intitulé Un avenir commun, qu’on pouvait lancer indépendamment de l’aventure principale. Nous n’avons pas non plus rencontré les personnages « inédits » de cette nouvelle version et d’autres nouveautés restent encore à découvrir. Néanmoins, ces premières heures passées en compagnie du jeu laissent bien entrevoir le meilleur pour la suite.