Si les Mii ont été mis en avant dans divers jeux dès leurs débuts sur Wii, Tomodachi Life a su s’imposer comme l’une des séries les plus appréciées où l’on retrouve ces personnages dont Nintendo ne compte absolument pas se débarrasser de sitôt. Après un premier épisode sur DS sorti uniquement au Japon, que l’on connaît là -bas sous le nom de Tomodachi Collection, la saga arrive enfin en Occident avec un volet sur 3DS intitulé Tomodachi Life. Sa popularité explose, au point que ce nouveau jeu totalise presque 7 millions d’exemplaires vendus à travers le monde, devenant ainsi la dixième meilleure vente parmi les titres édités par Nintendo sur la console. Comprenant manifestement que les Mii peuvent s’ouvrir à d’autres horizons en dehors des jeux de société, des party games, des petits jeux qui accompagnaient la Place Mii StreetPass et donc de Tomodachi Life, la firme japonaise sort le RPG Miitopia, d’abord exclusivement sur 3DS, avant de le porter sur Switch avec plusieurs nouveautés, dont une personnalisation beaucoup plus poussée. Il aura fallu attendre 2025 pour que Nintendo annonce un tout nouveau Tomodachi Life, sous-titré Une vie de rêve (Living the Dream). Peu d’informations avaient été divulguées à ce stade, mais début 2026, un Direct entièrement dédié au jeu a été diffusé, permettant d’en savoir beaucoup plus sur cette nouvelle mouture et surtout de connaître sa date de sortie, fixée au 16 avril prochain exclusivement sur Nintendo Switch. Nous avons justement eu l’opportunité de jouer à cet épisode inédit pendant plusieurs heures. Le titre a été essayé sur Switch 2, mais pour rappel, il s’agit exclusivement d’un jeu Switch et une mise à jour, voire une version Nintendo Switch 2 Edition, n’a pas été annoncée pour la nouvelle console.

Tomodachi Life : Une vie de rêve sort près de treize ans après l’épisode précédent, et pour la première fois depuis l’existence de la série, ce nouveau jeu profite d’une sortie mondiale. En effet, même si Tomodachi Life sur 3DS a pu voir le jour en Occident, il avait fallu attendre plus d’un an depuis sa sortie au Japon. En lançant Tomodachi Life : Une vie de rêve pour la première fois, on remarque tout de suite une première nouveauté : la possibilité de choisir la région dans laquelle on vit entre le Japon, l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Australie/Nouvelle-Zélande, Hong Kong/Taïwan/Corée du Sud et deux autres options « Autre » avec l’hémisphère nord et l’hémisphère sud. On fait donc le lien avec le Direct dédié au jeu, dont le contenu, les scènes et les personnages étaient différents entre les versions japonaise, américaine et européenne. En effet, en fonction de la région choisie, il pourra y avoir visiblement des différences, par exemple au niveau culturel. Après avoir effectué un choix, il ne sera pas possible de changer par la suite, de même lorsque l’on sélectionne la monnaie que l’on souhaite voir affichée tout au long du jeu. Au début, on a très souvent droit à un guide qui s’affiche sous la forme de grandes bulles, ce qui permet de savoir quoi faire exactement. Le concept est présenté de façon très simple et met donc surtout en avant la création des Mii, dont on observera la vie dans une sorte de réalité alternative au sein d’une île, dont on peut choisir le nom, qui est tout d’abord déserte.
Au début du jeu, il n’est pas possible de créer des Mii à volonté, dans le but de découvrir pas à pas les différentes activités ou les bâtiments principaux. Il faut effectuer plusieurs actions pour pouvoir créer d’autres personnages. Tout d’abord, il est nécessaire de créer le premier Mii, et il nous a donc été possible de passer en revue tous les éléments de personnalisation. Comme cela a été aperçu dans les vidéos et images déjà diffusées par Nintendo, la customisation est bien plus poussée que sur 3DS, mais sans non plus atteindre les niveaux de Miitopia sur Switch. La création est en tout cas facilitée avec l’ajout de l’option « avec indications ». En la choisissant, le jeu nous montrera des genres et des types de visage, des couleurs de peau, des longueurs de cheveux, des styles de coiffure, des couleurs de cheveux et quelques autres éléments. Ensuite, un Mii sera créé selon les choix effectués. On peut choisir de terminer la personnalisation ainsi, ou bien d’ajuster des détails via une interface assez fournie. Il est aussi possible de choisir simplement de changer l’équilibre des éléments choisis par le jeu. En changeant le Mii de A à Z, les options proposées sont bien plus variées, que ce soit au niveau de la peau, des coiffures, des yeux ou de la bouche. L’une des grandes nouveautés est d’ajouter du maquillage avec divers outils et la possibilité d’utiliser l’écran tactile. L’interface du maquillage se décompose en deux modes : simple et artiste. Avec ce dernier, on peut faire bien plus de choses, comme ajouter des motifs ou des formes. Cependant, il faut bien garder à l’esprit que le maquillage ne va pas aussi loin que Miitopia. Par exemple, il n’est pas vraiment possible de faire des mèches.
Après avoir personnalisé l’apparence de chaque Mii, on peut choisir son sexe entre homme, femme et non binaire, ainsi que ses préférences amoureuses. Dans les épisodes précédents, le choix des préférences amoureuses n’était pas disponible ; les Mii pouvaient avoir droit uniquement à des relations hétérosexuelles. De plus, il n’était pas possible de créer des Mii non binaires. Ce sont donc ici deux nouveautés qui sont plus que bienvenues, d’autant plus que pour les préférences amoureuses, il est possible d’en sélectionner une seule, plusieurs ou aucune. La date d’anniversaire et l’âge des Mii peuvent aussi être indiqués, et on peut même activer une option empêchant le vieillissement et indiquer qui sont les Mii qui ont des liens de parenté entre eux dans le monde réel. Comme dans les autres épisodes, les Mii ont des voix synthétisées. Dans Tomodachi Life : Une vie de rêve, on peut choisir parmi dix types de voix, générer une voix aléatoire ou la personnaliser avec plusieurs paramètres. Le résultat peut être assez réaliste, ou au contraire bien loin de la réalité. La personnalité des Mii peut également être personnalisée, ce qui se répercutera sur les mouvements ou la façon de parler. Les possibilités proposées sont donc bien plus variées que sur 3DS, mais avec quelques limites. Par exemple, au-delà de certaines options comme le maquillage, on peut voir assez facilement les limites de la personnalisation des Mii dans ce nouveau jeu avec les personnages non binaires. Pour chaque genre, on peut modifier le pronom à tout moment, mais il n’est pas possible d’entrer un pronom personnalisé et le jeu permet seulement de choisir entre il et elle. Heureusement, comme tout autre élément de personnalisation, on peut effectuer des modifications via le menu correspondant et donc changer de pronom à volonté, mais on peut être quelque peu déçu de constater que cela ne va pas plus loin.
Chaque Mii a son propre niveau de bonheur, que l’on peut augmenter en donnant de la nourriture, des vêtements, en acceptant des requêtes ou autre. Le rang de l’île peut aussi être augmenté grâce aux graines de bonheur obtenues en s’occupant des Mii. Celles-ci peuvent ensuite être versées à la fontaine à vÅ“ux, ce qui augmentera le rang de l’île et permettra d’obtenir des nouveautés qui seront plus ou moins importantes pour le développement des lieux et des personnages. On peut considérer Tomodachi Life : Une vie de rêve comme une sorte de mini « god game », dans le sens où l’on peut influer directement sur la vie des personnages. En effet, le jeu va beaucoup plus loin que simplement observer le comportement des Mii : on peut aussi forcer le destin en guidant par exemple des personnages l’un vers l’autre, en refusant au contraire qu’ils se rapprochent, en les nourrissant ou en leur achetant des vêtements. Cela était déjà le cas dans les autres épisodes, mais le nouveau jeu sur Switch est plus poussé et ouvert.
Tout au long de nos sessions, il nous a été possible de participer à différentes activités. Par exemple, les Mii nous demanderont parfois s’ils peuvent devenir amis avec d’autres personnages. Pour cela, ils voudront savoir quels sujets aborder, comme une activité. Ici, et à bien d’autres moments du jeu, Tomodachi Life : Une vie de rêve demande d’écrire le nom d’une activité et n’impose pas des choix définis ; c’est à nous de choisir. Pour le moment, les résultats ont toujours été positifs. Une fois que des Mii se rapprochent, ils peuvent devenir facilement amis et on peut choisir des surnoms, ce qui montre aussi comment cet épisode est plus varié en termes de personnalisation sur bien des niveaux.
Petit à petit, le jeu permettra de créer d’autres Mii et de construire plusieurs bâtiments, tels que la supérette pour fournir de la nourriture aux habitants de l’île, la boutique de vêtements pour acheter de quoi vêtir les Mii, la boutique de déco pour personnaliser la maison des personnages ou encore l’atelier de création. Dans ce dernier, on pourra confectionner des objets, comme des objets, ce qui montre là aussi comment cet épisode se distingue des autres au niveau de la customisation. Cette volonté comporte aussi des risques, comme le fait de se concentrer principalement sur la personnalisation en mettant de côté ce qui fait aussi la force de la série, comme les interactions entre les Mii ou la variété des scènes, et leur côté étrange et loufoque, que l’on retrouve difficilement ailleurs. Pour le moment, l’équilibre est plutôt bon. Petit à petit, on débloque de plus en plus de possibilités de customiser l’île (sol, intérieurs, arbres, objets…), tout en assistant aux interactions entre les personnages et en découvrant des scènes très souvent drôles, que ce soit par le biais de rêves ou de rencontres entre certains Mii. De plus, le titre embarque un cycle jour et nuit basé sur l’heure de la console, ce qui se répercute non seulement sur l’aspect visuel de l’île, mais aussi sur son développement. Par exemple, des relations peuvent évoluer au fil des jours (et non pas, logiquement, en une simple journée) et les assortiments disponibles dans les boutiques changent chaque jour.
Les moments deviennent de plus en plus variés à mesure que plus de Mii s’installent sur l’île. De plus, après être déjà devenus amis, si certains d’entre eux ont des préférences amoureuses en commun, ils peuvent tomber amoureux. Cela est plutôt rapide ; en quelques jours, nous avons assisté au tout premier mariage dans notre partie. Cependant, ce sont nos choix qui ont un impact sur la vie des personnages. Lorsque l’un d’entre eux dit qu’il ressent quelque chose pour un autre Mii, on peut le pousser à avouer ses sentiments, ou au contraire lui dire que c’est une mauvaise idée. Cela a ainsi un impact sur les relations, qui peuvent donc évoluer ou bien s’arrêter à de la simple ou de la grande amitié. On n’y a pas encore assisté, mais une fois mariés, tous les couples peuvent avoir des enfants. Cela va donc en tout cas donner lieu à encore plus de scènes et de possibilités, et on a hâte de découvrir tout cela par la suite.
À l’instar des volets précédents, Tomodachi Life : Une vie de rêve n’est pas vraiment pensé pour de longues sessions de jeu. On profite plutôt de la vie sur l’île petit à petit chaque jour, en s’occupant des Mii et en accédant à leurs requêtes sans trop se fatiguer. On peut considérer que l’on a ici un simulateur de vie « simplifié », mais avec une certaine profondeur, notamment avec les relations, les niveaux de bonheur et maintenant la personnalisation qui est beaucoup plus poussée que précédemment. Les développeurs ont également pensé à éviter les problèmes de la mouture sur 3DS, notamment avec l’ajout de différentes options et bien plus de variété. Au-delà des scènes qui s’avèrent plus nombreuses, on trouve également de nouveaux mini-jeux. On en a découvert plusieurs proposés simplement par des Mii qui sollicitent notre attention pour jouer, ainsi qu’un autre lors d’une demande de mariage qui, sous la forme d’un petit shoot ’em up, consiste à éliminer des pensées envahissantes.
Tomodachi Life : Une vie de rêve ne dispose pas (pour le moment) d’une version Switch 2 dédiée et fonctionne donc uniquement via la compatibilité de la machine avec les jeux Switch, mais cela ne présente pas vraiment de problème pour ce titre en particulier. À ce stade, il est difficile de savoir si Nintendo déploiera une mise à jour apportant des améliorations exclusives à la console, ou s’il y aura une version Nintendo Switch 2 Edition. Toutefois, après avoir essayé le jeu pendant plusieurs heures, cela ne serait peut-être pas nécessaire. Il tourne de façon très correcte sur Switch 2 et n’est pas trop gourmand en ressources. Cela changera peut-être en étoffant l’île, avec davantage de Mii et de constructions. En effet, pour le moment, notre île n’est pas énormément développée. On sait que dans d’autres jeux comme Animal Crossing : New Horizons, après avoir installé de nombreux éléments, il peut y avoir des ralentissements ou des textures, voire des objets, qui mettent du temps à charger. Cela ne nous est en tout cas pas arrivé avec Tomodachi Life : Une vie de rêve à l’heure actuelle. En mode portable sur Switch 2, on a essayé le jeu avec l’option de l’amélioration ajoutée il y a quelques jours, ce qui permet donc de profiter des performances des jeux Switch comme si on jouait en mode téléviseur. Cela signifie que des éléments comme la définition d’image s’en trouvent améliorés, ce qui est bien le cas pour Tomodachi Life : Une vie de rêve. Cependant, alors que les options indiquent qu’une fois que ce paramètre est activé, la fonctionnalité tactile de l’écran est désactivée, il nous a bien été possible de l’utiliser, notamment pour la personnalisation des Mii.
Ce premier contact avec Tomodachi Life : Une vie de rêve s’avère donc largement positif, grâce à la découverte de plusieurs nouveautés qui rendent le jeu déjà bien plus varié par rapport aux autres épisodes grâce à ses éléments de personnalisation plus poussés. Cependant, bien que nous n’ayons rien trouvé d’alarmant à ce niveau, il ne faudrait pas que le titre s’écarte de ce qui a contribué au succès mondial de la série sur 3DS, notamment à travers la variété des scènes et des interactions entre les Mii. Un simulateur de vie comme celui-ci peut assez vite devenir répétitif s’il n’y a pas assez de possibilités de s’amuser. Néanmoins, durant les premières heures de jeu, on peut difficilement s’ennuyer, à moins de vouloir à tout prix faire évoluer les relations entre les personnages et créer un maximum de Mii d’un seul coup. Comme pour d’autres jeux du genre, on imagine donc facilement qu’il vaudra mieux profiter de Tomodachi Life : Une vie de rêve à petites doses pour l’apprécier pleinement.