[ZELDA] Les épisodes portables – Première Partie

Un an après l’euphorie suscitée par The Legend of Zelda : A Link to the Past auprès des joueurs (rappelons que le jeu a été vendu à plus de 4,6 millions d’exemplaires), Nintendo a bien entendu envisagé une suite à sa saga devenue culte dans le monde du jeu vidéo. Cependant, contre toute attente, cette suite n’a pas été développée sur la Super Nintendo comme beaucoup l’aurait espéré, mais sur la petite console portable de Nintendo : la Game Boy ! Ainsi, le 4ème épisode des aventures de Link a donc été développé sur cette petite machine créée en 1989 par Gunpei Yokoi et est devenu ainsi le premier opus à sortir sur une console portable. Un pari d’autant plus audacieux de la part de la firme puisqu’il s’agissait d’un nouveau support, beaucoup moins puissant que la Super Nintendo : Restait à savoir si le jeu allait être un succès !

Le réveil de Link

Sorti le 18 novembre en 1993 dans notre verte contée, The Legend of Zelda : Link’s Awakening était le tout premier essai de Nintendo dans le monde du jeu portable. Passer de la Super Nes à la Game Boy était une étape assez délicate tant la conception des consoles était différente. En effet, Nintendo devait retranscrire un gameplay semblable à « A Link to The Past » avec 2 boutons et 2 gâchettes en moins et faire de « Link’s awakening » un titre aussi plaisant que son prédécesseur. Pour cela, Nintendo a du innover en insérant quelques nouveautés sympathiques qui démarqueraient de l’épisode SNES.

Concernant l’histoire, le jeu prend place après la victoire de Link sur Ganon et de ce fait, sauver Hyrule d’une époque sombre. Notre cher héros a décidé de prendre le large afin de trouver de nouvelles aventures et acquérir sagesse et connaissance. Cependant, une tempête venue chambouler son voyage en mer, ce dernier se retrouve avec un radeau complètement détruit. De par les flots, notre héros en tunique verte est retrouvé inconscient sur une plage par une jeune fille du nom de Marine. A son réveil, Link découvre que pour quitter l’île, il doit réveiller le « poisson-rêve », un être magique endormi dans un œuf situé au plus haut sommet de l’île. Aussi, il devra explorer les 4 coins de l’île pour trouver les 8 instruments magiques qui ont le pouvoir de réveiller la divinité.

Cet épisode possédait une particularité à l’époque par rapport à ces prédécesseurs : tous les personnages emblématiques de la série étaient absents. Si Zelda était quelquefois cité, il s’agissait du premier jeu de la série à se dérouler en dehors d’Hyrule. Cependant, quelques ressemblances étaient présentes entre ces 2 univers. La relation Link/Marine pouvait être comparée à Link/Zelda à savoir une certaine romance plus ou moins implicite, mais jamais révélée au grand jour (en plus de partager à peu près le même physique, quand Link confond Marine avec Zelda au début du jeu). De même, le village Cocolint pouvait être comparé à celui de Cocorico aussi bien au niveau syntaxique qu’au niveau de ses habitations : un magasin, une statue, des poules, etc… Bref, avec tous ces éléments, les fans de l’épisode SNES retrouvaient leurs repères tout en découvrant de nouveaux aspects tant au niveau de l’univers qu’au niveau du gameplay.

C’est à partir du menu, ouvrable avec le bouton « START », que le joueur devait attribuer les différents objets aux boutons « A » et « B » et de la console. Si dans la version SNES le bouton « B » (par défaut) était toujours attribué pour l’épée, dans cet épisode, Link pouvait enlever son arme pour prendre un autre objet : une solution un peu déroutante, car il était nécessaire à chaque fois de repasser par son inventaire pour reprendre son arme. Cependant, Nintendo en avait profité pour faire de ce défaut un élément de gameplay indispensable afin de procéder à des combinaisons obligatoires pour franchir les nombreux obstacles. Par exemple : la plume, donnant la capacité à Link de sauter, associée avec les bottes de pégases (pour courir rapidement), était une combinaison nécessaire pour franchir des séries de trous, chose que Link ne pouvait faire avec la plume seule.



Comme pour son prédécesseur, Link pouvait également améliorer son équipement, afin d’explorer des endroits inaccessibles (par exemple, le bracelet de force pouvait être amélioré afin de soulever des objets plus lourds). Cette combinaison entre le gameplay de « A link to the Past » et les nouveautés apportées ont rendu cet épisode authentique tout en réconfortant le fan en lui proposant des nouveautés inédites et bien intégrées pour la console. Concernant les graphismes, Link’s Awakening pouvait se vanter d’être un des jeux les plus beaux de la Game Boy malgré son âge.

Proposant un graphisme semblable à son prédécesseur, le soft montrait à quel point la Game Boy pouvait impressionner malgré sa moindre puissance face à la SNES. De plus, quelques cinématiques venaient ponctuer le jeu : elles s’étaient révélées impressionnantes à l’époque.

Et qui dit Zelda, dit musique. Le jeu pouvait se targuer d’avoir l’un des thèmes les plus emblématiques de la série : « la ballade du poisson-rêve », maintes et maintes fois reprise et acclamée par les fans. Ce thème, chanté également par Marine, donnait une dimension mélancolique au soft et concordait parfaitement au thème du jeu à savoir « le rêve ». Si le thème symbolique de la série était présent, le jeu proposait des musiques qui collaient parfaitement aux divers endroits et scènes du jeu.

Le scénario, bien que classique aujourd’hui, se révélait plutôt triste : la décision de quitter l’île impliquait également sa destinée. C’est au fur et à mesure de sa progression que le joueur avançait la tristesse dans l’âme, qu’il apprenait les secrets de l’île et les conséquences qu’impliquerait le réveil du poisson rêve, et la relation entre le héros et Marine assez ambigüe.

De nombreux mini-jeux sont également venus agrémenter le soft : pêche, phase de plateforme, jeu de la pince, etc… De quoi alimenter la grande durée de vie du titre. Cet épisode était également celui qui a proposé bon nombre de caméos (NDLR : le caméo est principalement un clin d’œil) provenant des jeux Nintendo : par exemple, vous croiserez souvent des monstres issus de Mario ou encore des personnages provenant d’autre univers comme Mr Write (alias Dr Wright de SimCity) ou les Chomps. Avec tous ces éléments, Nintendo a su proposer un Zelda aussi légendaire que « A link to The Past ». Nintendo a su rassurer les joueurs en leur proposant un soft original et bien ancré : musique, gameplay, durée de vie… tout y est.

Cette formule gagnante a été payante pour Nintendo puisque ce n’est pas moins de 3,83 millions de copies qui ont été vendues à travers le monde. Grâce à son univers et à son charme, beaucoup de joueurs et de journalistes considèrent cet épisode comme l’un des meilleurs de la série. Link’s Awakening sera aussi édité en couleur sur… Game Boy Color

Les jeux en couleur

C’est le 23 novembre 1998 que la Game Boy Color faisait son apparition. Pour fêter cette sortie, Shigeru Myamoto a décidé de ressortir The Legend of Zelda : Link’s Awakening mais cette fois-ci en couleur. Également compatible avec l’ancienne Game Boy, cette version proposait un nouveau donjon basé sur les couleurs. Au bout du parcours se trouvait une tunique sympathique donnant des bonus supplémentaires en fonction de la couleur choisie.

Une autre quête annexe permettait à Link d’être pris en photo en fonction de la zone où il se trouvait et donnant ainsi des scènes plutôt comiques. Cette même quête annexe introduisait l’accessoire Game Boy Printer grâce auquel le joueur pouvait imprimer les photos durement acquise dans le jeu.

Cette réédition a également fait un joli score avec 2,22 millions de ventes et est également disponible sur l’eShop de la Nintendo 3DS au prix de 6€.

Maîtrise du pouvoir du temps et des saisons

8 ans après la sortie de Link’s Awakening, Nintendo a attaqué fort en sortant non pas un mais deux jeux Zelda pour la Game Boy Color. Confié à Capcom, le soft proposait deux aventures totalement différentes, mais complémentaires niveau scénario. En effet, une tout autre fin devait être révélée si le joueur accomplissait les deux jeux. Si le soft était uniquement destiné à la Game Boy Color, le joueur pouvait accéder à une boutique cachée si ce dernier jouait à ces épisodes sur la Game Boy Advance, sorti en 2001 soit la même année que les deux jeux.

Oracle of Seasons, comme son nom l’indique, se concentre sur les 4 saisons. Ainsi, avec l’aide d’un sceptre, Link pouvait changer les saisons et débloquer de nouveaux passages. En été, Link pouvait franchir quelques montagnes grâce aux lianes qui avaient poussé durant cette saison ou encore l’hiver qui permettait de passer des lacs gelés et arriver à des zones jusque là, inaccessibles. De bonnes idées qui faisait de cet épisode un excellent jeu en proposant un univers riche.

Si le monde pouvait s’avérer plus grand dans Oracle of Seasons car il réunissait à la fois Holodrum et Subrosia, celui de Oracle of Ages proposait deux versions de sa carte. En effet, dans Oracle of Ages, Link possède la faculté de voyager à travers le temps. Ainsi, ses actions dans le passé avaient des conséquences dans le monde présent, ce qui lui ouvrait de nouveaux chemins. Question scénario, le jeu possédait les mêmes bases : Link doit soit sauver Din, l’oracle des saisons du terrible général Onox et Nayru, l’oracle des âges, de la sorcière Veran.

Lorsque le joueur avait fini l’une des deux aventures, ce dernier avait accès à un mot de passe qui permettait d’obtenir la vraie fin sur l’autre épisode et ainsi, rencontrer la princesse Zelda et combattre Ganon. Un 3ème jeu était également prévu et devait se concentrer sur Farore, l’oracle des secrets (également présent dans les deux jeux). The Legend of Zelda: Mystical Seed of Courage, de son nom, a malheureusement été annulé en raison de la complexité du transfert de partie entre les 3 jeux.

Si le soft proposait les mêmes bases que Link’s awakening, les deux jeux se démarquaient par leurs univers originaux et leurs complémentarités. Les deux épisodes ont également eu un joli succès commercial avec pas moins de 4 millions d’exemplaires vendus pour chaque épisode.

Des softs légendaires

Ces 3 jeux ont su marquer leur époque en proposant des aventures riches, ce qui s’est avéré plutôt surprenant à l’ère de la Game Boy. Si Link’s awakening a particulièrement marqué les esprits des joueurs, c’est grâce à ses prouesses techniques et des musiques touchantes qui ont permis à ce volet de devenir l’un des meilleurs jeux de tous les temps.

Nintendo permet également aux jeunes joueurs de découvrir ce soft si acclamé en proposant le jeu sur l’eShop de la Nintendo 3DS. Si Oracle Of Ages et Oracle of Seasons se font encore attendre, il ne reste plus qu’à savoir comment Nintendo va pouvoir effectuer le lien entre les 2 softs (on pense que le système de mot de passe sera toujours présent).

 Link’s Awakening a su contribuer à l’âge d’or de la saga et les jeux « Oracles », pourtant confiés à un développeur externe (Capcom), ont su perpétuer cette légende. Mais la légende ne va pas s’arrêter là…

# Fin de la partie 1 de ce dossier, retrouvez la partie 2 le mardi 8 novembre.

  • Nintendo-Difference

    par Draco

    le 2 novembre 2011 à 23:08

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