En résumé
L'avis de Draco
Développé en un temps record, ce Mario Tennis s'avère ni bon ni mauvais, sans doute amusera-t-il les plus jeunes et les plus novices d’entre nous, mais pour combien de temps ? Offrant pourtant des graphismes et une fluidité sympathiques, le jeu est malheureusement flingué par son manque d’ambition. Entre les courts de tennis déjà vus ou manquant totalement de folie, le système de jeu ultra classique et les contenus aussi pauvres que les vérités dans un discours politique, dur de défendre le dernier opus signé Camelot. Ajoutons à ça que les modes se suivent et se ressemblent quand ils ne sont pas tout simplement creux comme le « défi méga balle ». Heureusement, le mode en ligne rehausse un peu la durée de vie de ce titre mais ne sauve pas vraiment les meubles. Marrant à plusieurs lors de sessions de jeux courtes, le jeu lasse rapidement à cause d’un contenu faiblard et d’un manque de sensation. Après tant d’années d'attente, triste retour pour la licence Mario Tennis....
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par Draco
le 17 novembre 2015 23:00
Voilà un bail que Mario et toute sa bande n’étaient pas venus fouler un terrain de tennis dans un jeu entièrement dédié sur consoles de Salon. Il y avait bien eu un épisode 3DS plutôt bien développé (Mario Tennis Open), mais rien depuis mars 2009 et encore, il s’agissait d’une refonte de l’épisode GameCube sur Wii. Autant dire qu’il était temps pour Nintendo de s’atteler à la tâche. Mais que peut bien offrir ce jeu par rapport aux précédents jeux Mario Tennis si ce n’est, forcément, des graphismes améliorés ? La réponse ne va pas vous plaire…
Mario Tennis : Ultra Smash était la seule véritable surprise de la conférence Nintendo du mois de juin (Nintendo Digital Event), cinq petits mois plus tard, voilà qu’il sort déjà sur Wii U, l’occasion pour nous de le tester plutôt longuement. À l’allumage, plusieurs modes de jeux sont présents :
# Méga match : « Attrapez un méga champignon pour devenir géant et retourner l’échange en votre faveur »
# Défi méga balle : « Jouez avec une balle géante et essayez de tenir l’échange le plus longtemps possible tout en travaillant votre technique. »
# Ascension des champions : « Enchaînez le plus de victoires possible face à des adversaires de plus en plus coriaces. Votre amiibo peut même s’entrainer en jouant à vos côtés. »
# Match standard : « Plongez-vous dans des parties intenses sans méga champis. »
# Jeu en ligne : « Affrontez des joueurs du monde entier seul ou à deux contre deux. Vous pouvez jouer en double avec un amiibo. »
On a donc d’abord logiquement testé en premier le mode « Méga match » qui permet, comme tous les autres modes, soit de jouer en coopération à deux contre deux (seul avec un bot, ou seul avec un ami contre la machine) soit à un contre un. Premier constat : un nombre très faible de personnages jouables sont proposés, 12 sont débloqués par défaut (Mario, Luigi, Toad, Peach, Daisy, Harmonie, Bowser, Wario, Waluigi, Yoshi, Boo, Donkey Kong) et 4 autres sont à récupérer en jouant au jeu (Toadette, Bowser Jr, Bowser Skelet, Princesse Libella). Selon le choix des personnages, on obtient un style de jeu plus ou moins différent, Mario & Luigi sont complets, c’est-à-dire équilibrés un peu dans tout, tandis que Toad est spécialisé dans la vitesse (il se déplace plus vite sur le court de tennis, idéal pour rattraper les balles croisées), alors que Donkey Kong l’est dans la puissance (il renvoie les balles avec plus de puissance), etc… Une pauvreté de choix déconcertante à l’heure où les jeux à licences chez les éditeurs tiers proposent tous des dizaines et dizaines de personnages.
Trois niveaux de difficulté sont proposés : Novice, Amateur et Pro, sachant que Novice est vraiment très simple et n’offrira absolument aucun challenge. En réalité, assez rapidement, seul le mode Pro offrira des échanges retors et quelques sueurs froides. Ensuite vient le temps de choisir son terrain de jeu, par défaut il y a peu de choix, mais le nombre de court de tennis s’étoffe heureusement un peu, chacun proposant d’influer sur la vitesse et le rebond de la balle. Ainsi on retrouve le classique terrain en terre battue, ou encore celui avec le gazon, mais rapidement d’autres terrains plus folkloriques se débloquent comme le terrain Glace, Sable, Moquette et Champignon pour ne citer qu’eux. Moins d’une dizaine de terrains de tennis, tous se ressemblant plus ou moins, et aucun n’apportant un réel changement par rapport au précédent. Une fois la sélection du nombre de sets et de jeux, la partie peut commencer…
Développé par Camelot Software, à qui l’on doit les autres Mario Tennis, on peut se demander si la pression mise par Nintendo aux développeurs de sortir ce jeu en un temps record ne leur aura pas coûté toute leur originalité. Car si Mario Tennis : Ultra Smash est graphiquement léché et offre une fluidité remarquable, les premiers échanges de balles de tennis nous laissent craindre un jeu désespérément triste. Le constat est d’autant plus terrible que le dernier réel opus sorti sur consoles de salon était Mario Power Tennis sur GameCube et que rien de ce qui en avait fait sa qualité n’a été utilisé. Les terrains se suivent et se ressemblent tous, aucun ne propose de paris fous, tout est ultra classique et manque de fun et de challenge. En solo, le seul intérêt du jeu sera de tenter de débloquer les personnages et les courts de tennis tout en tentant d’obtenir les médailles, sorte d’achievment que seul les plus geeks d’entre nous tenteront sans se lasser via le mode « Ascension des champions ». Pas d’histoire, aucun scénario, rien de rien, on est face à un jeu de tennis arcade classique dans lequel on aurait remplacé des personnages lambdas par ceux de Nintendo.
Camelot n’a même pas eu le temps de proposer un système de tournoi, on se retrouve donc face au même mode de jeu sur lequel on aurait enlevé ou rajouté un petit quelque chose. Autant dire que l’on fait très rapidement le tour du jeu. L’une des seules nouveautés du titre est l’apparition du système de méga champis. Lancé par un Toad à l’extérieur du court de tennis, ce champignon permettra à son personnage de devenir géant et de couvrir, durant un temps limité, une bonne partie du terrain et de renvoyer les frappes avec une puissance importante. Le seul hic est que ce champignon n’apporte en définitive pas grand-chose si ce n’est un gros déséquilibre en pleine partie…
Concernant le gameplay, il reste lui aussi très classique. Chaque balle qui arrive peut être renvoyée avec l’un des quatre boutons X, Y, A et B, chacun étant associé à un renvoi particulier de la balle. Par exemple B permet de renvoyer une balle lente, basse au faible rebond permettant de piéger celui qui se serait un peu trop éloigné du filet central tandis qu’Y permet de renvoyer une frappe rapide. Garder le doigt appuyé sur B permettra de lifter grandement la balle, et appuyer au bon moment sur A + B ou B + A permettra au choix de lober ou de faire un amorti. Des zones « chances » apparaissent régulièrement sur le court de tennis, s’y rendre rapidement et appuyer au bon moment sur le bon bouton permettra de réaliser différentes choses, par exemple une zone chance rouge demandera de renvoyer la balle en appuyant sur B et l’adversaire tentant de la renvoyer reculera assez violemment. Enfin, il sera possible d’effectuer des Super Smash, des tirs ultras puissants, donnant lieu à une animation rapide et tristement identique d’un personnage à l’autre. Du coup, quel que soit le personnage utilisé, rien ne change, les animations sont les mêmes pour tout le monde, on se croirait revenu 10 ans en arrière.
En terme de sensation, Mario Tennis : Ultra Smash est assez particulier, s’il n’est qu’un bête jeu arcade, on se dit qu’il aurait au moins pu apporter quelques sensations liées aux jeux de tennis, pourtant on a jamais vraiment l’impression de faire ce que l’on souhaite de la balle rendant le jeu encore plus limité. Pas besoin de vous parler de l’interaction inutile de l’amiibo qui permet en définitive de jouer à deux contre un (WTF ?). Il semble donc que le mode amiibo ait bien été intégré sous la volonté de Nintendo, Camelot s’est exécuté, certainement pour faire plaisir à son riche mécène pour un résultat totalement creux.
Quant au GamePad, parlons-en. Il n’apporte strictement rien au jeu, Camelot n’a pas offert de soin particulier, un comble pour un jeu estampillé Nintendo à l’heure où il est plus que jamais nécessaire de rappeler la raison d’être de la Wii U : sa manette. Apparemment même Nintendo a baissé les bras dans ce domaine, faisant de la Wii U une console lambda, moins puissante que les autres, heureusement sauvée par ses licences. À noter qu’il est possible de jouer directement sur le GamePad ou de faire apparaitre le score sur celui-ci, rien de plus.
Mario Tennis : Ultra Smash est un jeu malgré tout fun pour peu qu’on veuille y jouer à deux, mais il est torpillé par son manque d’inspiration et de nouveautés dans cet épisode. Le peu de nouveautés, comme les méga champis, n’apportent rien, si ce n’est un peu de frustration, tandis que les mécaniques que l’on connaissait déjà n’ont pas évolué, pire, elles ont régressé par leur manque de folie sur les courts de tennis. On est face à un jeu bien trop sobre pour ne pas dire pauvre et ceux qui comptaient y trouver un certain challenge pour y jouer en solo vont très vite déchanter. Le système amiibo est à oublier et le choix des personnages trop peu ambitieux à l’heure où de nombreux jeux à licence proposent pléthores de personnages jouables. Nintendo apparait ici (et comme souvent) bien trop radin. Un jeu ni bon ni mauvais, dommage pour un jeu qui n’était pas réellement revenu sur consoles de salon depuis aussi si longtemps…