Pikmin 3 Deluxe

En résumé

  • Sorties :
  • 30 Octobre 2020
  • 30 Octobre 2020
  • 30 Octobre 2020

L'avis de Kayle Joriin

Toujours aussi mignon, efficace et plaisant à jouer, Pikmin 3 demeure l’excellent jeu qu’il était déjà en 2013, bien que les années ne l’aient pas épargné et que cette version Deluxe ne fasse pas vraiment d’efforts pour remettre le titre au goût du jour d’un point de vue technique. Passé cette déception (et quelques autres), force est néanmoins de constater qu’en termes de maniabilité, des ajustements pertinents ont été réalisés pour améliorer l’expérience globale. En outre, la possibilité de parcourir l’histoire en coop, l’intégration des DLC de la Wii U et l’ajout de missions additionnelles scénarisées constituent autant d’arguments pour faire de ce portage, sinon un must-have de la Switch, au moins un petit coup de cœur de fin d’année. Reste alors la question du prix que chacun est prêt à y mettre et sur ce point, il est finalement difficile de se prononcer.

Les plus

  • L’univers charmant créé par Shigeru Miyamoto
  • Mélange efficace d’aventure et de stratégie temps réel
  • Sept espèces de Pikmin avec leurs spécificités
  • Trois héros à contrôler en parallèle
  • La liberté offerte par l’aventure principale…
  • … désormais jouable à deux en coopération
  • Des modes annexes plaisants…
  • … avec scores et classements en ligne
  • Gameplay et maniabilité optimisés
  • DLC de la version Wii U intégrés par défaut
  • Missions scénarisées inédites

Les moins

  • Toujours quelques soucis de pathfinding
  • Une vraie remasterisation n’aurait pas été de refus
  • Commandes tactiles oubliées
  • Pas de jeu en ligne
  • Deux fois plus cher que la version Wii U
  • Nintendo-Difference

    par Kayle Joriin

    le 30 octobre 2020 12:04

Sorti sur Wii U à l’été 2013, Pikmin 3 constituait alors l’une des premières grosses exclusivités de la machine et marquait surtout le grand retour de la série, neuf ans après le second volet – la Wii s’étant contenté d’accueillir des rééditions estampillées « Nouvelle façon de jouer ! ». Depuis, la licence créée par Shigeru Miyamoto s’est cependant faite assez discrète, entre un spin-off 3DS signé par le studio Arzest (Yoshi’s New Island) et un quatrième opus dont on ne sait toujours rien de concret, malgré un développement entamé en 2014. D’ailleurs, si la franchise a enfin refait parler d’elle cette année, ce n’était pas pour évoquer son futur, mais plutôt pour exploiter son passé, avec l’annonce de Pikmin 3 Deluxe, un nouveau portage amélioré venant enrichir la ludothèque de la Switch à moindre frais. Du moins en ce qui concerne Nintendo, car du côté des fans, cette « seconde chance » va se payer au prix fort, et indépendamment de la qualité du titre, on peut s’interroger sur la pertinence de l’achat, notamment lorsqu’on possède déjà l’original.


Plan à trois

Scénaristiquement, ce troisième épisode change tout d’abord un peu la donne par rapport à ses prédécesseurs puisqu’il nous propose d’incarner un trio de personnages inédit composé du Capitaine Charlie, de la botaniste Brittany et de l’ingénieur Alf. Originaires de la planète Koppaï – laquelle souffre d’une grave crise alimentaire –, les astronautes ont fait un voyage de 279 millions d’années-lumière en vue de rassembler des vivres sur PNF-404, le terrain de jeu habituel de la saga. Manque de bol, ils vont se retrouver séparés dès l’introduction et perdront au passage la clé supraluminique leur permettant de rentrer chez eux. Après un court prologue dans la peau de Charlie, on prend donc rapidement les commandes d’Alf afin de secourir les autres membres d’équipage, de récupérer la clé égarée et de dénicher un maximum de nourriture, quitte à croiser deux célèbres Hocotatiens en cours de route.

Explorer un monde inconnu est néanmoins plus facile à dire qu’à faire, a fortiori quand on ne mesure que quelques centimètres de haut et que la moindre branche ou le moindre insecte constituent des obstacles considérables. Sans compter qu’il faut trouver un moyen pour ramener jusqu’au vaisseau les énormes fruits récoltés un peu partout, ceux-ci étant alors transformés en délicieux jus vitaminés, tandis que les graines sont conservées. Au cours de leur mission, nos héros vont heureusement pouvoir compter sur l’aide des Pikmin, de petites créatures autochtones, mi-végétales mi-animales, dont l’apparence croquignolette cache une agressivité et un comportement grégaire semblable à celui des fourmis (une inspiration assumée par Shigeru Miyamoto). Il sera ainsi possible de les rassembler d’un coup de sifflet puis de les lancer sur diverses cibles de manière à effectuer des actions contextuelles, comme ramasser des objets ou attaquer des bestioles indigènes dont les cadavres serviront ensuite à nourrir une nouvelle génération de Pikmin.

Petits, mais costauds

En pratique, le gameplay mélange intelligemment aventure et stratégie temps réel, offrant un résultat aussi efficace que plaisant. La centaine de Pikmin que l’on peut réunir simultanément forme en effet une véritable armée avec différents types d’unités disposant de leurs propres capacités. Les Pikmin rouges sont de bons guerriers et résistent aux flammes. Les jaunes sont insensibles à l’électricité et leur faible poids permet de les projeter plus haut. Quant aux bleus, ils sont les seuls à pouvoir se déplacer dans l’eau sans se noyer et s’avèrent indispensables lors des manœuvres aquatiques. À ces espèces connues, présentes depuis le premier épisode, s’ajoutent en outre deux nouvelles catégories : les Pikmin roc, capables briser les matériaux fragiles, voire la carapace de certains ennemis, et les Pikmin ailés, de piètres combattants que leur faculté de vol rend cependant moins sujets aux aléas du terrain.

Enfin, les Pikmin violets et blancs, issus du deuxième volet, viennent compléter les effectifs, bien qu’ils ne soient jouables que lors de missions annexes. Les premiers, lents et puissants, sont parfaitement adaptés au transport de charges lourdes, puisqu’ils peuvent soulever dix fois plus que leurs cousins. Les seconds, en revanche, privilégient la rapidité et la sournoiserie, empoisonnant les sales bêtes qui auraient l’audace de les boulotter. Autant de possibilités qu’il faut donc utiliser à bon escient, que ce soit en alternant entre chaque espèce selon la situation, en guidant précisément les Pikmin pour éviter qu’ils ne se mettent dans pétrin (le pathfinding n’étant pas toujours très malin) et en gérant intelligemment la composition du groupe. Un groupe que l’on peut d’ailleurs répartir à loisir entre les trois héros afin d’effectuer plusieurs actions en parallèle ou d’atteindre des zones autrement inaccessibles – nos collègues pouvant être balancés de la même manière que les Pikmin, à ceci près qu’ils sont nettement plus lourds.

Be Fruit

Quoiqu’il en soit, ces subtilités de gameplay s’assimilent très naturellement par le biais d’un sympathique mode Histoire, permettant de faire la connaissance des différentes espèces de Pikmin et d’explorer les cinq régions de la planète PNF-404. Parsemée de petites énigmes à résoudre et d’une belle brochette de bestioles à affronter – dont quelques boss imposants –, la progression s’appuie totalement sur l’idée que « l’union fait la force ». En effet, si individuellement, chaque Pikmin n’est guère dangereux et constitue une proie facile, en groupe, les petites créatures sont capables d’accomplir à peu n’importe quelle tâche, à condition d’être suffisamment nombreuses. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de transporter de gros objets, de reconstituer rapidement un pont de tuiles, d’abattre des murs bloquant le chemin ou d’occire un dangereux ennemi avant qu’il ne puisse réagir (et faire un carnage dans nos rangs).

Cela dit, malgré le fourmillement d’activités à l’écran, force est de reconnaître que l’expérience demeure plutôt zen, notamment grâce à un challenge abordable – qu’on peut moduler grâce à trois niveaux de difficulté – et à une progression assez libre. L’aventure se subdivise ainsi en journées d’environ treize minutes à l’issue desquelles nos héros doivent retourner en orbite, abandonnant les Pikmin retardataires à la gourmandise des bêtes nocturnes. De plus, chaque jour écoulé nécessite de consommer une fiole de jus de fruit, sans quoi c’est le game over alimentaire. Ces deux contraintes n’ont cependant rien d’insurmontable et nous incitent surtout à faire preuve d’organisation, sans pour autant nous brider. Il est dès lors possible d’avancer comme on le souhaite, en privilégiant le scénario ou en explorant à fond les environnements à la recherche de tous les secrets qu’ils renferment. De quoi s’occuper pendant facilement dix à quinze heures, auxquelles on peut ajouter le temps passé sur les modes de jeu annexes.

Le retour d’Olimar

Le mode Missions propose tout d’abord des défis en temps limité, classés en trois catégories : chasse aux trésors, extermination des créatures ou combat de boss. L’occasion de revisiter les régions déjà parcourues, avec quelques changements topographiques et de nouveaux objectifs à remplir – ces derniers étant sanctionnés par un système de score, doublé de classements en ligne. Relativement peu nombreuses par défaut dans la version Wii U original, ce qui obligeait à passer par l’eShop pour en acquérir de nouvelles, ces missions intègrent ici l’intégralité des anciens DLC payants, et mine de rien, cela fait une bonne vingtaine de niveaux supplémentaires. Le Duel Bingo, quant à lui, permet à deux joueurs de s’affronter sur des cartes dédiées. Le but est alors de récupérer différents objets figurant sur une grille afin de former une ligne horizontale, verticale ou diagonale et de remporter la partie. Une variante très fun n’ayant pas, hélas, fait l’objet d’améliorations particulières sur Switch.

Fort heureusement, Pikmin 3 Deluxe ne se contente pas non plus du minimum syndical en termes de contenu puisqu’il introduit un nouveau mode inédit, intitulé « Histoire annexe », nous narrant l’épopée vécue par Olimar et Louie en parallèle de l’aventure principale. La structure des niveaux est d’ailleurs globalement similaire à celle du mode Missions, mais chacun bénéficie d’une petite scénarisation sympathique et certains offrent des conditions de victoire assez originales. En outre, si le prologue, relativement bref, peut faire redouter une durée de vie un peu légère, l’épilogue s’avère sensiblement plus long et l’ensemble garantit au moins deux à trois heures additionnelles, sans compter l’aspect scoring toujours motivant.

Optimisation contrôlée

Paradoxalement, les ajouts les plus intéressants de ce portage Switch ne sont toutefois pas forcément les plus « visibles ». Il y a bien entendu la possibilité, très appréciable, de jouer au mode Histoire à deux en écran splitté, là où la version Wii U limitait le multijoueur aux seuls modes annexes (Missions et Duel Bingo). Les amateurs de coopération peuvent donc maintenant explorer PNF-404 en duo et il faut avouer que le gameplay s’y prête parfaitement, bien qu’on puisse encore déplorer l’absence de jeu en ligne. Néanmoins, c’est plutôt dans ses subtils ajustements de sa maniabilité que Pikmin 3 Deluxe apporte une réelle plus-value. L’amélioration du système de verrouillage et la réattribution de certaines actions rendent ainsi l’ensemble nettement plus intuitif. Non pas que l’original était désagréable à prendre en main, simplement, une fois qu’on a goûté aux nouvelles commandes, il est honnêtement difficile de revenir en arrière.

Malheureusement, cela ne signifie pas que l’exercice est parfaitement réussi et quelques petites déceptions pointent le bout de leur nez. Pas de souci en ce qui concerne le passage à un écran unique vu qu’il était déjà possible de jouer en « Off-TV » à l’époque. On perd le double affichage et la vue aérienne sur la carte, mais on gagne en contrepartie tous les avantages habituels de la machine hybride de Nintendo. En revanche, l’absence de fonctionnalités tactiles, pourtant présentes sur le GamePad, est clairement regrettable, surtout en mode portable. D’autant que l’utilisation du gyroscope, parfaitement adaptée au mode téléviseur et rappelant avec nostalgie cette bonne vieille Wiimote, s’avère beaucoup moins ergonomique lorsqu’on souhaite s’amuser en nomade.

Côté réalisation, enfin, il n’y a pas grand-chose à signaler, et c’est sans doute un peu dommage, car pour un jeu vieux de sept ans, on aurait pu espérer mieux en termes de remasterisation. On remarque, ici ou là, de petits changements graphiques et esthétiques, cependant, il ne s’agit pas à proprement parler d’améliorations. En effet, si certaines zones ont été retravaillées pour offrir des détails supplémentaires, d’autres passages semblent au contraire avoir été un peu simplifiés, notamment au niveau des textures, sans que l’on sache réellement pourquoi. L’ensemble reste néanmoins tout à fait charmant et suffisamment fluide, malgré une technique accusant parfois un peu le poids des ans. Pas de quoi donc bouder son plaisir face à une expérience toujours aussi plaisante, et lorsqu’on prend en compte le contenu supplémentaire et les optimisations de gameplay, cette version Switch est sans doute celle à privilégier aujourd’hui, même si le prix d’entrée n’est peut-être pas totalement justifié.

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