En résumé
L'avis de Ramzabeoulve
Resident Evil 4 Wii Edition est de ces titres qui posent un réél dilemme : jeu d'anthologie contre portage facile, argent contre coeur. Si RE4 mérite assurément ses deniers pour qui n'y a jamais touché, pas sûr qu'il les mérite une deuxième fois pour ceux qui souhaiteraient y remettre un petit coup, surtout au prix auquel il est proposé en Europe. Capcom n'ayant de leçons d'opportunisme à recevoir de personne, RE4 Wii ne daigne même pas cacher un minimum la volonté affichée de l'éditeur d'arrondir les fins de mois.
Les plus
Les moins
par Ramzabeoulve
le 5 septembre 2007 22:00
Alors que le cinquième épisode de la saga Resident Evil se fait
toujours autant désirer sur next-gen, Capcom décide de porter RE4 sur
Wii, histoire que les joueurs aient leur fix de zombies en attendant la
sortie d’Umbrella Chronicles en fin d’année. Contrôles à la Wiimote de
rigueur et bonus PS2 en prime, cette Wii Edition pas vraiment
désintéressée remplit-elle son office d’apéritif de luxe ?
Resident
Evil 4 Wii Edition aura au moins le mérite de confirmer une bonne fois
pour toutes les choses : plus de deux ans après sa sortie originale sur
GameCube, le titre de Capcom mérite définitivement sa place au panthéon
des meilleurs titres last-gen. Le seul test qui aurait pu l’égratigner
est celui du temps, et ce portage opportuniste lui fait passer le
contrôle technique presque sans couac. RE4 : quinze heures d’action pur
jus anthologiques, décomposée en un triptyque à l’éxécution impeccable.
Que ce soit le village et ses paysans tellement peu accueillant que
même l’euro n’a pas été adopté dans le coin, l’église et ses moines
dérangés du buble, ou l’île regorgeant de soldats un peu trop
entraînés, chaque instant, chaque action est maîtrisée par un Capcom
rarement autant en forme. Et le poids des années n’y change rien : RE4
est toujours jouissif deux ans après, il le sera encore dans cinq ans,
voire dix. La classe des jeux d’exception, ceux qui se comptent sur les
doigts des deux mains sur toute une génération de consoles.
| Difficile de manquer son coup… |
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Sûr,
d’aucuns reprocheront encore et toujours le tournant 100% action de ce
volet, délaissant caméras fixes, portes-chargement et persos à la
colonne en béton armé. Mais laissons les pisse-froid des fora crier à
l’hallali : avec RE4, Capcom a réalisé un tournant sans faute dans la
saga, fixant de nouvelles marques pour les épisodes à venir. Et dans
une série vieille d’une décennie telle que Resident Evil, aux
conventions gravées dans la roche, l’exercice n’était pas des plus
faciles. Fatalement, le seul terrain d’attaque possible reste sur le
plan technique. Forcément, deux ans et une bonne dose de titres
next-gen plus tard, la superbe graphique de l’époque a pris un peu de
plomb dans l’aile. RE4 Wii Edition, certes, mais graphismes GC, ni plus
ni moins. Sans aller jusqu’à dire qu’on déterre là une relique du
passé, un lifting, même minime, eût été le bienvenu de la part de
Capcom. Ceux qui n’ont jamais touché à ce bijou peuvent arrêter la
lecture ici et courir se délester de 40€ chez leur revendeur, il le
mérite amplement. Quant aux autres, pas si sûr qu’ils crachent une
deuxième fois au bassinet…
Ce
portage Wii, a défaut de réinventer le titre, laisssait au moins
présager d’une certaine redécouverte, via la fameuse maniabilité à la
Wiimote censée renforcer l’immersion. Pari pas vraiment remporté,
puisque RE4 Wii s’avère fainéant dans son utilisation de la manette. Si
les séances d’onanisme Wiimotesques sont pardonnables, certaines choses
le sont un peu moins. Par exemple, le fait que la visée du sniper
s’effectue toujours au stick s’avère légèrement ridicule. Mais le plus
gros défaut de ce portage, c’est que s’il pousse effectivement la
précision, il le fait à un excès ridicule. Indubitablement, le jeu sied
à merveille à la manette de la dernière de Nintendo, rendant les tirs
localisés un poil plus précis. Mais pourquoi avoir remplacé la visée
laser pour un réticule énorme et grossier, qui de plus change de
couleur dès qu’un ennemi est à portée de tir ? Un simple coup d’oeil
aux images suffit : avec pareil assistance, n’importe quel manchot
devient fatalement un as de la gâchette. Et du coup, c’est le plaisir
de jeu qui s’en ressent. Alors oui, Capcom a bien tenté de compenser
cette large aisance par un plus grand nombre d’ennemis, mais ce ne sont
pas quelques vagues sporadiques de Ganados supplémentaires qui
convaincront. De là à dire que RE4 Wii ne fait finalement que s’adapter
au public de la console, il n’y a qu’un pas que ce test ne franchira
pas.
| Ne jamais oublier de donner pour sa paroisse |
Si l’annonce du portage PS2 avec du contenu exclusif avait
fait couler beaucoup d’encre, les joueurs Nintendo auront obtenu
justice au bout du compte, puisque Resident Evil 4 Wii Edition leur
permet d’enfin bénéficier de ces bonus. Passons sur le costume de
mafiosi de Leon et l’armure d’Ashley, restés PS2 jusqu’au bout, pour
s’intéresser à la véritable pièce digne d’intêret, le mode Separate
Ways. Nom on ne peut plus explicite, puisqu’il permet bien entendu de
suivre les pérégrinations d’Ada pendant que Leon se démène au milieu
des Plagas. Changement de protagoniste, mais même action effrénée, à
travers des décors connus ou inédits. Plus de RE4 dans RE4, robe bien
évasée en prime : difficile de faire la fine bouche, surtout quand cela
permet d’éclaircir quelques zones d’ombres de l’histoire. Certes, il ne
faut que quatre bonnes heures pour en venir à bout. Mais RE4 n’étant
déjà pas des plus longs à la base, voilà un bonus de choix qui aurait
pu valoir son petit pesant de pesetas dans la balance finale. Reste
qu’à 40€ le portage, sachant que pour le même contenu, la version PS2
est à 20€, ca donne à réfléchir.