En résumé
L'avis de Draco
Capcom nous délivre là une œuvre pure et parfaite ou la magie graphique opère avec un réalisme impressionnant. Jamais nous n’avions eu autant de sueurs froides. Le jeu est non seulement passionnant mais il arrive également à innover sans dénaturer la série en conciliant fans et détracteurs de l’ancienne série. Un jeu d’anthologie qui aura su nous marquer et qui laissera le souvenir d’une réussite implacable et inoubliable !
Les plus
Les moins
par Draco
le 29 novembre 1899 23:50
1996, Resident Evil dit Biohazard sort au Japon. C’est le succès immédiat, les joueurs sont confrontés au premier réel survival-horror sur console. Une équipe des S.T.A.R.S est prise au piège dans un manoir qui trône dans les hauteurs de Raccoon City dans une forêt étrange et dangereuse. C’est de là que tout va commencer, c’est de là que toute la série puise son gameplay, un gameplay qui n’évoluera plus jusqu’à aujourd’hui…
L’attente interminable sera-t-elle véritablement récompensée ou serons-nous simplement éblouis par la beauté graphique du jeu ? Se cache-t-il derrière cela un véritable intérêt ? Nous avons passé près de 17 heures à pouvoir apporter les réponses à nos questions et avons finalement rendu un verdict qui ne se décidera pas dans une simple note finale mais tout au long de ces lignes. Ce test ne contient aucun spoiler (révélation) afin que vous puissiez le lire en toute tranquilité. Jeu testé à partir d’une version commerciale américaine.
Servis par une intro de toute beauté, dont on a encore du mal à se persuader qu’elle était en temps réel, nous voilà lâchés au cœur de la forêt espagnole (même si cela ne sera jamais vraiment mentionné) avec une mission simple et précise : retrouver Ashley, la fille du président des Etats-Unis enlevée par un groupuscule non identifié en Europe. Les traces de l’investigation vont mener Léon S. Kennedy au cœur d’une forêt, c’est là que tout va commencer… il croyait avoir échappé au cauchemar, pourtant…
Il est vrai que les premières interrogations se sont posées quant à la nouvelle maniabilité du jeu, une certaine anxiété de savoir si évoluer dans un environnement 3D serait intuitif. Dès les premières minutes de jeu la réponse apparaît, elle l’est ! Pas plus de 10 minutes suffisent à s’habituer à une maniabilité qui aura le mérite de ne finalement déranger ni les fans de la série ni ceux qui dénoncent depuis 1996 quelque chose de trop difficile de prise en main.
Cependant, Capcom a voulu continuer, à travers cette maniabilité, à donner au joueur un sentiment d’insécurité omniprésent, afin d’augmenter, entre autres, le stress lors des phases de combat (et de recherche). Sachez donc que Resident Evil 4 propose une maniabilité intéressante sans pour autant offrir le confort recherché… mais est-ce le but de la série ? Ainsi après avoir terminé le jeu le verdict de ce côté là est sans appel, c’est plus que réussi !
Un petit point noir au tableau cependant lorsque vous visez avec votre arme de poing (le pistolet) sur les ennemis. Disons que ce ne sera pas tout le temps une partie de plaisir, c’est assez mal foutu, on peine souvent à toucher sa cible précisément alors qu’elle est souvent à un mètre de vous.
Mais concernant les autres armes, c’est de l’excellent travail. Pour courir il vous suffit de maintenir appuyé le bouton B et pousser le pad. R sert à dégainer l’arme et le bouton A à tirer. Si vous ne dégainez pas votre arme le bouton A sera tout simplement le bouton d’action. Le menu de l’inventaire est pratiquement identique à celui que l’ont peut trouver dans les autres Biohazard, ce qui aura le mérite de ne déboussoler personne. La caméra se place au-dessus de l’épaule, le meilleur endroit après mûre réflexion.
| Une première rencontre mouvementée |
Lorsque l’on avait eu la démo entre les mains la peur du montage made in Capcom s’était fait ressentir, entendez par-là que l’on espérait seulement qu’ils n’avaient pas mis juste le seul bon morceau du jeu. Car l’ambiance effroyable qui s’en dégageait aurait glacé de terreur le plus téméraire d’entre nous.
Oui, l’atmosphère était du jamais vu et le jeu complet l’est encore plus. C’est bien simple, il n’y a rien de comparable à ce niveau-là, jamais un jeu du genre n’a proposé un rythme aussi incroyable, aussi effréné, vous n’avez pas le temps de relâcher une seule seconde votre attention, vous êtes plongé dans un monde qui vous remplira d’effroi, où il faudra savoir tenir sa respiration. L’intelligence artificielle des ennemis, leur ténacité incroyable et leurs réactions humaines surprennent tout d’abord pour en laisser baba ensuite. Resident Evil 4 est un jeu complètement à part dans la série.
Il est important de se rendre compte ô combien l’atmosphère a été travaillée par l’équipe de Shinji Mikami que ce soit au point de vue du level-design qui est monstrueusement bien choisi qu’au niveau de l’ambiance sonore. Le degré des sonorités est poussé à son maximum, c’est bien simple, le travail fait de côté-là est largement au-dessus de n’importe quel jeu.
Entendre des ennemis gueuler, avec un bruit de tronçonneuse derrière, ça dépote un maximum. Les 12 premières heures se déroulent dans un rythme très soutenu avec des ennemis qui arrivent partout, qui hurlent, qui vous balancent des cocktails molotov, des haches et des serpes, planquez-vous dans une cabane et soyez certains qu’ils défonceront les fenêtres et les portes afin de vous en déloger (vous aurez même droit à une canonnade du plus bel effet dans la cours du château… un petit conseil de jeu, lors de ce passage pensez à vous munir du sniper). Amusez-vous à tirer dans une porte en bois pour en constater la déflagration… vous êtes devant un jeu au réalisme encore plus poussé que n’importe quelle autre production même si on peut reprocher que tout ne soit pas destructible (à ce niveau là autant que tout le soit). Le jeu bénéficie du son Dolby Pro Logic II. Alors qu’en stéréo c’est déjà magistral… à vous d’imaginer le rendu avec l’installation nécessaire.
| Ashley : l’origine des problèmes |
Si un ennemi court vers vous, pensez à lui tirer une petite balle dans l’une de ses jambes pour le voir s’affaler par terre comme un vieux bibendum chammalow, puis tirez lui deux balles dans la tête avant qu’il ne se relève histoire de voir exploser le crâne avec un bruit si proche de la réalité que vous ne pourrez empêcher une petite esquisse de dégoût. Un ennemi vous balance une hache dans la figure ? Avec un peu de chance ou beaucoup de doigté vous pourrez tirer une balle dans la hache afin d’en stopper la course. Lorsque vous tirez sur un ennemi qui se tient près de vous est qu’il est déstabilisé, le bouton d’action « A » apparaît, appuyez dessus pour lui flanquer un coup de pied acrobatique et le propulser loin de vous. Si un ennemi réussit à vous attraper, ce sera l’icône du pad qui clignotera, il faudra alors le bouger comme si votre propre vie en dépendait afin de se défaire des bras de l’assaillant à coup de coude ou à coup de pied. Votre rapidité pour l’exécution des boutons sera plus que jamais importante si vous ne voulez pas y laisser trop de plumes.
| Une ballade en bateau reposante |
Le jeu frôle le bourrin sans jamais le devenir, on ressent parfois même l’impression d’être devant un Metal Gear avec la possibilité de tuer de loin, de façon méthodique. Finalement, Capcom vous laisse le choix de la tactique… avec le sniper ou en fonçant dans le tas avec le fusil à pompe et la mitrailleuse.
Adieu les rubans encreurs qui vous servaient à sauvegarder les parties car dorénavant c’est illimité. Capcom a cependant désiré garder le petit côté kitsch de la chose en conservant les machines à écrire. L’une des innovations majeures dans le jeu est l’apparition de vendeurs d’armes. Reprenant un concept qui avait débuté sur les épisodes antérieurs (améliorer ses armes), Resident Evil 4 donne une toute nouvelle dimension au jeu en proposant des vendeurs disséminés un peu partout dans l’aventure chargés de vous proposer armes, munitions et surtout perfectionnement des armes. Car n’espérez pas trouver un Sniper dans les herbes mortes… dans Resident Evil 4 tout ou presque s’achète. Pour récolter cet argent vous devrez buter des ennemis afin de les dépouiller, casser des caisses ou des jarres et trouver les objets précieux disséminés un peu partout.
Ces objets précieux sont plus ou moins bien cachés, certains peuvent rapporter gros car lorsque vous en trouvez il vous suffit de les revendre au marchand d’armes.
Ainsi en parallèle de l’aventure une petite quête aux objets précieux est à prévoir. Imaginez à présent que vous achetiez le fusil à pompe, le vendeur vous proposera contre de l’argent de perfectionner votre arme en améliorant soit la puissance, soit le temps de recharge, soit la capacité… plus vous avancerez dans le jeu plus les améliorations coûteront cher, ainsi le mieux est d’acheter la carte aux trésors que vend le marchand et qui recense sur votre carte (accessible via le bouton Z) par une étoile tout les objets précieux.
#row_endSachez enfin que certaines armes comme le fusil à pompe ou encore le sniper seront proposés en deux versions (la seconde version plus tard dans le jeu) ainsi ne gaspillez pas votre argent à trop perfectionner l’une de ces armes dans les 10 premières heures de jeu. Gérer son argent comme on le ferait dans un RPG apporte, l’air de rien, un nouveau souffle à la série.
Lorsque vous débuterez une partie vous la commencerez en Normal, le niveau étant déjà plutôt élevé il est donc inutile de râler. A chaque fin de chapitre, le jeu vous indique le nombre de fois où vous êtes mort, le nombre d’ennemis que vous avez tué et le pourcentage de vos balles qui ont trouvé preneur… ainsi évitez de mourir bêtement, de tirer dans le vide ou de contourner des ennemis car ces statistiques compteront à la fin du jeu (afin de ne pas spoiler, vous n’en saurez pas plus).
Au niveau des armes c’est plus que complet avec des grenades à partition, des grenades incendiaires, des grenades flash (afin d’éblouir vos ennemis, ces grenades sont très utiles ne les utilisez pas pour un ou deux ennemis) mais également des armes lourdes telles que le lance-roquette, le fusil à pompe, le magnum, la mitrailleuse, le sniper, le lance-mine…
| Les effets de lumières sont époustouflants |
Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, il est très rare d’être à court de munitions ce qui s’explique par le fait que le mode Normal est plus que généreux de côté-là. Cependant la générosité s’arrête sur quelques armes bien précises, ainsi n’espérez pas tirer plus de 3 ou 4 fois avec le lance-roquette compte tenu du prix que cela coûte (en prenant bien en compte le fait que vous ne trouverez pas de roquette au fond d’un tiroir). Ainsi, sachez que vous n’aurez pas le plaisir de manier toutes les armes en une seule partie car il faudra bien gérer votre argent entre l’achat d’armes utiles, l’achat de valises de rangement (qui vous permettront de ranger plus de choses dans l’inventaire), les améliorations, etc… Concernant l’inventaire sachez que les coffres ne sont plus d’actualité, ainsi vous ne pourrez rien déposer… si vous n’avez plus de place dans votre inventaire il faudra soit trouver un marchand afin de vendre des objets/armes pour vous décharger soit les jeter. Vous pourrez ranger les affaires qui se trouvent dans votre valise, en le faisant judicieusement vous pourrez gagner une place importante (ainsi pensez à le faire si vous ne pouvez plus rien porter).
Partir avec l’appréhension de savoir si, comme sur les anciens Resident Evil, il est possible de torcher entièrement le tout en 5 ou 6 heures traversera n’importe quel fan. Mais vous devrez ranger vos préjugés dans la cabane au fond du jardin. Le spectre de tonton Mikami viendra vous rappeler dans la nuit qu’il a mis un point d’honneur à ce que ce soit très long… A chaque fois que vous sauvegardez, le temps de jeu est affiché ainsi il est très facile de savoir combien d’heures on passe la manette à la main. On a mis très exactement 16 heures et 38 minutes pour venir à bout du jeu sans avoir terminé le jeu à 100%, c’est à dire sans récupérer tout les objets secrets du jeu. Ainsi, en le faisant, il aurait fallu rajouter grosso modo deux heures de plus. Même si on a terminé le jeu assez rapidement, la durée moyenne se situe entre 17 et 20 heures ce qui est très bon et ce qui en fait l’épisode le plus long de la série. Au niveau de l’histoire, le scénario du début est quasi-inexistant, vous devez sauver Ashley, et vous communiquez par visiophone (ce qui ne manquera pas de rappeler des passages de Metal Gear Solid, oui encore lui) les informations que vous découvrez ici ou là. Plus vous avancerez, plus le scénario prendra de l’ampleur et s’ouvrira sur une affaire complexe dans la lignée des précédents épisodes. Toutefois, ça pêche un peu de ce côté-là malgré quelques jolis rebondissements, malgré quelques révélations croustillantes et malgré le lien intéressant avec les autres opus de la série.
| Des ennemis charismatiques et inquétiants |
Pourquoi ? Ce n’est pas assez tordu… l’histoire manque de « charisme ». Le jeu est bien en dessous de l’excellent scénario de Code Veronica X (le meilleur scénario de la série). Il manque donc un peu de travail sur cette histoire pour en faire un Resident Evil parfait. Rassurez-vous, le scénario reste haletant et l’apparition de certaines figures familières fait un pont intéressant entre les anciens Resident Evil et celui-ci (Resident Evil 4 se déroule 6 ans après Resident Evil 2).
Le travail graphique mériterait plus qu’un simple hymne à la joie car ce n’est ni plus ni moins qu’un travail parfait, une équipe qui a su exploiter au maximum la machine sur laquelle elle a travaillé. Le jeu recèle de milliers de petits détails, la forêt criante de réalisme, le château oppressant à souhait, les corbeaux, petits insectes, vaches et poules sont magnifiquement réalisés.
Les ennemis, qu’ils soient humains ou non, sont modélisés avec un souci du détail effarant, il suffit de s’attarder quelques secondes sur le visage ou le corps pour se rendre compte que c’est du niveau d’un Half-Life 2. Les character-designers n’ont pas chaumé, à croire que leur propre vie en dépendait.
Le level-design est somptueux, bien trouvé et donne une toute nouvelle dimension au jeu. Malgré quelques bugs de collision le reste est du 100% réussi ! Le passage à la 3D totale est plus que réussi, un véritable travail d’orfèvre. Le jeu offre une profondeur exceptionnelle mais offre surtout une variété des environnements extraordinaire. Les différents effets et rendus sont réalisés à la perfection, que ce soit l’eau, le feu, on a véritablement l’impression d’être en train de jouer à un film de qualité DVD. Mêmes la teinte des couleurs est monstrueusement bien pensée. Certains boss sont monstrueux comme en témoignera le premier que vous affronterez (qui ? surprise…), à ce moment-là, un grand sentiment d’impuissance et de peur vous rend les mains moites. Le jeu comporte beaucoup d’ennemis (appelons-les chefs de groupe), qui sont plus résistants que les autres et/ou qui peuvent vous massacrer d’un seul coup comme en témoigne le fou furieux que vous rencontrerez en tout début d’aventure armé de sa tronçonneuse et qui pourra vous décapiter sans aucune censure cachée si vous l’avez laissé approcher de trop près. Soyez rassurés si vous êtes friands de ce genre d’ennemis coriaces, un remake d’Édouard aux Mains d’Argent vous arrachera au moins une fois la tête quelques heures de jeux plus loin. Le jeu est sanglant et violent, il mérite pour une fois la mention « Mature, 17 ans et plus ».
| Un nouveau copain prêt à partager son arbre. |
Finalement une des choses qui peut vraiment gêner après coup, le seul point dérangeant du jeu, ce sont les énigmes. En effet le jeu est beaucoup trop assisté de ce côté-là. Vous arrivez devant une porte et celle-ci est fermée, vous possédez la rune, la clef ou quoi que ce soit pour l’ouvrir… cela le fera automatiquement. Pire, les énigmes sont pratiquement inexistantes, remplacées par le côté action du jeu. En effet, on a l’impression que Shinji Mikami, dans son souci de vouloir donner un rythme de tous les diables, a fait exprès de limiter au possible les énigmes et donc les temps morts.
Chose que l’on reproche carrément car un Resident Evil se base également sur les énigmes et en les réduisant ainsi ou en les assistant de la sorte on perd un peu de ce charme qui plaisait tant dans cette série. Le duo Leon/Ashley est intéressant et donne un peu plus de piment à l’aventure puisque vous devrez protéger plus d’une fois cette jolie jeune fille (donnez lui l’ordre de vous attendre et de vous suivre avec le bouton X ou de se cacher dans un container si besoin est lorsque ça chauffe un peu trop) mais également la diriger au besoin, sans armes, juste elle et sa lampe torche histoire de vous souvenir de ce que veut dire le mot survival-horror. Autre point intéressant, le clin d’œil fait au système de Shenmue. Entendez par là qu’il vous arrivera souvent de combattre un boss et de pouvoir éviter certains de ses coups en appuyant sur les boutons indiqués à l’écran au bon moment. Il vous arrivera aussi, à la manière d’un Indiana Jones, de vous faire courser par une pierre géante… pour vous enfuir il faudra taper sur le bouton indiqué le plus vite possible. Les temps de chargement sont quasi-inexistants et les cinématiques d’ouverture des portes ont disparu. Bref, Capcom a désiré ponctuer l’aventure en renforçant le gameplay, pari réussi !
Devant tant de travail on ne peut qu’être fasciné, Capcom a su trouver la juste note graphique et sonore et a su offrir un nouveau genre au survival-horror sans le dénaturer. L’ambiance qui s’en dégage, le rythme incroyable de l’aventure et les temps morts quasi-inexistants ne sont qu’une des nombreuses facettes intéressantes de Resident Evil 4. Tout ou presque a été réussi. Une aventure haletante durant laquelle de la première à la dernière heure l’envie d’en savoir plus sur cette énorme machination se fait ressentir. On regrettera cependant que le scénario ne soit pas plus tordu que cela.
Vous aviez déjà peur avec les anciens Resident Evil ? Alors, c’est que vous n’aviez rien vu. Le réalisme, la jouissance de buter des mecs au sniper ou de leur faire exploser la tête, les innovations liées aux armes, les lieux bien trouvés et les boss monstrueusement impressionnants complètent un peu plus le jeu. Une énorme réussite, pour l’un des jeux les plus beaux de tous les temps sur console de salon, un jeu qui mérite à lui seul l’achat de la console. Un cadeau de début d’année inespéré.
Resident Evil 4 marque un tournant incroyable dans le jeu vidéo et renouvelle le genre avec brio, se passer d’une telle réussite serait la plus grande erreur que vous puissiez commettre.