Test Nintendo Switch de SEGA Ages Shinobi

En résumé

  • Sorties :
  • 23 Janvier 2020
  • 23 Janvier 2020
  • 31 Octobre 2019

L'avis de Kalimari

Le joueur appréciant le plaisir brut de l'arcade et la difficulté faisant l'apologie de l'apprentissage « bête et méchant » n'a pas à hésiter : SEGA AGES Shinobi est un véritable délice, bénéficiant de tout le savoir-faire de M2 en matière d'émulation, laquelle est fidèle et de qualité. Il n'empêche que le titre souffre un poil des affres du temps, plus visuellement que dans sa maniabilité et son gameplay très simples, de quoi repousser ceux qui sont moins conciliants avec les « vieilleries » des années 80. Pour peu qu'on outrepasse ce détail, sa difficulté en dents-de-scie et quelques vils segments de son level-design, Shinobi était et reste un excellent titre du genre, lequel s'ouvre désormais à un public plus large via sa version SEGA AGES.

Les plus

  • Le plaisir brut de l'arcade, intact
  • Un gameplay simple, mais maîtrisé
  • Du challenge à l'ancienne
  • La bande-son, soignée pour l'époque
  • La difficulté du mode Ages, plus accessible
  • La présence de la sauvegarde
  • L'habillage autour du titre, agréable et modulable
  • Un vrai régal en portable

Les moins

  • Une difficulté variable
  • Certains passages vraiment méchants
  • Des combats de boss assez uniformes
  • Pas très joli, avec le temps
  • Nintendo-Difference

    par Kalimari

    le 14 décembre 2020 17:47

Premier épisode d’une franchise iconique et véritable mastodonte d’une époque désormais révolue, Shinobi refait surface sur Nintendo Switch dans une version SEGA Ages mêlant tradition et modernité, comme à l’habitude de la gamme rétro de l’ancien constructeur nippon. Disponible pour 6,99 € sur le Nintendo eShop, cette nouvelle mouture revisite la forme originelle du titre (celle provenant des bornes d’arcade), tout en y incorporant plusieurs niveaux de difficulté pour les moins à l’aise ou le jeune public. De quoi suffire pour craquer sans culpabiliser ?


Shinobusiness

Dans Shinobi, le joueur incarne Joe Musashi, un ninja talentueux. Lorsque les jeunes élèves de son clan se voient kidnappés par la terrible organisation Zeed, c’est à notre combattant des ombres qu’il incombe de sauver ses poulains et de terrasser l’ennemi. Un scénario prétexte digne des productions d’antan, certes, mais qui a pour mérite de proposer un semblant de narration quand la majorité des titres d’arcade ne s’en souciaient guère. Un pitch qui explicite certains éléments de gameplay et objectifs, à l’image des jeunes ninjas qu’il faudra tous délivrer avant de finir un niveau, sans quoi la porte de sortie ne sera pas accessible. Un soin apporté également à la bande-son du titre, elle-même composée par Yasuhiro Kawakami (son tout premier travail au sein de SEGA) ; les pistes, peu nombreuses, restent néanmoins en mémoire et invitent à remettre un crédit avec ses beats entraînants. Côté graphismes et direction artistique, s’il est loin d’être désagréable à l’œil, force est de constater qu’il ne brille pas non plus en comparaison d’autres jeux issus du même constructeur, tels qu’Out Run (1986). Et si le temps a depuis fait son œuvre, les animations restent aujourd’hui encore de qualité.

Shinobi propose un gameplay mêlant action et plate-forme, où le héros est capable d’effectuer des sauts pour passer du premier-plan à l’arrière-plan et inversement, et est armé de shurikens ; pour le point culture, Joe Musashi est plus précisément équipé de hira shuriken, des armes – et outils – de jet en forme d’étoile (elles sont en réalité incapables de tuer, mais plus destinées à blesser sa cible ou détourner son attention). Après avoir libéré suffisamment de jeunes ninjas au sein d’un même niveau, le joueur se voit récompensé d’une amélioration de ses capacités : des missiles en lieu et place des shurikens et un sabre pour remplacer ses coups de pieds. Qu’il s’agisse d’attaquer à distance ou au corps-à-corps, la touche d’action reste la même ; seule la distanciation entre la cible et Joe utilisera le coup approprié. Si certains ennemis demandent deux shurikens avant de s’effondrer, ces derniers ne résisteront pas bien longtemps aux missiles, dont la hitbox et les dégâts sont sensiblement plus élevés.

Joe Le Taxeur

Attention toutefois, car la moindre mort se solde par un retour au début du niveau visité, la perte du bonus d’attaque acquis et le retrait d’une vie (trois par crédit, qu’on peut regagner en bouclant le bonus stage à chaque fin de monde). Et comme les jeunes ninjas sauvés ne réapparaissent pas après avoir été délivrés une fois, il est impossible pour le joueur d’espérer acquérir à nouveau ledit bonus d’attaque. La mort elle, en revanche, est omniprésente, arcade oblige. Outre soutirer les piécettes des joueurs passionnés, l’intérêt était aussi d’étirer la durée de vie du titre. Il faut dire qu’une fois pleinement assimilé et maîtrisé, et pour peu qu’on dispose d’un solide niveau de jeu, Shinobi peut se tracer en un peu plus d’une demi-heure. Il faudra évidemment bien plus de temps pour les néophytes, le soft souffrant d’une difficulté générale en dents-de-scie et étant parfois assez vil dans ses situations (des ennemis hors-champs qui usent de projectiles).

Avec cinq mondes – ou « missions » – et dix-neuf niveaux, le joueur visitera du pays, tant Shinobi propose des environnements variés et distincts. Des décors urbains, d’autres plus japonisants, des docks ou encore des lieux plus verdoyants, tout y est pour proposer une aventure aux allures de carte postale. Les ennemis, assez nombreux dans leur variété, proposent tous un petit quelque chose différent, comme de ces squelettes statiques et prévisibles, mais qui reviennent indéfiniment à la vie. Du côté des boss, au nombre de cinq, leur difficulté et leur intérêt se montrent déjà beaucoup plus variables. Le premier grand ennemi du jeu ferait passer le second pour une vaste blague, tant il se présente comme une menace bien plus tangible, c’est dire. Trop uniformes dans leurs patterns, tous les boss s’éliminent de la même manière, à savoir trouver leur point faible et le bourrer avec une grande précision (ou à l’aide des missiles, plus permissifs). Joe pourra également user de techniques secrètes, un pouvoir utilisable via une autre touche et dont l’utilisation est unique à chaque niveau. Sa force ? Donner une invincibilité momentanée au joueur, toucher toutes les cibles à l’écran et ce jusqu’à trois ou quatre fois.

Shinoobies

Par chance, il s’agit ici de la version SEGA Ages. Qui dit SEGA Ages, dit ouverture à un plus grand public avec des paramètres modifiant la difficulté des titres explorés. Dans le cas de Shinobi, c’est un peu à contre-courant avec l’idée même de l’arcade, à savoir une difficulté élevée poussant à apprendre et mémoriser chaque pattern du jeu. Toutefois, les joueurs ne sont pas tous égaux quand il s’agit de venir à bout d’un titre, notamment lorsqu’il est originellement pensé pour être dur. Nombre de récents débats n’ont d’ailleurs pas manqué d’exploser à la sortie de jeux comme Sekiro, pour ne citer que lui. Et si l’expérience proposée résultant d’une vision de son créateur est respectable, il peut-être aussi bon de penser à l’ouvrir à un maximum de clients sans pour autant trahir ses idées, notamment via des modes alternatifs. Qu’il s’agisse d’un public plus jeune ou de joueurs moins doués, mais aussi des handicapés physiques.

Si le mode Ages de Shinobi ne s’adresse pas forcément à ces derniers, il propose toutefois des aides notables pour les deux premiers : dès son apparition, Joe Musashi est équipé de missiles et d’un sabre, mais également d’une tenue blanche en lieu et place du traditionnel équipement noir, laquelle permet de recevoir deux coups au lieu d’un avant de périr ; une fois le joueur touché, elle devient rouge, mais peut regagner sa couleur d’origine lorsque le niveau est complété. Il faut également noter la présence de sauvegarde à tout moment, bien que dispensable via les crédits infinis et la possibilité d’accéder aux niveaux que l’on souhaite, pour peu qu’on les ait finis. Une fois le jeu bouclé, ou après avoir signé un abandon, il est possible d’enregistrer son score en ligne pour le comparer à ceux du monde entier ; des scores scindés selon le mode de jeu choisi, qu’il s’agisse du Arcade ou du Ages. Un petit mot également sur l’habillage et les options visuelles du titre, très chouettes au demeurant : le joueur peut opter pour la version japonaise ou américaine du jeu, ajouter un filtre cathodique, régler la résolution de l’écran de jeu et changer l’illustration qui l’encadre (une d’entre elles simule même la borne d’origine !).

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