Shantae: Risky’s Revenge (DSiWare)

En résumé

  • Sorties :
  • 11 Février 2011
  • 4 Octobre 2010
  • Non prévue

L'avis de Kayle Joriin

Oui, Shantae : Risky's Revenge est certainement ce qui se fait de mieux actuellement sur le DSiWare, surtout si les jeux de réflexion ne sont pas votre tasse de thé. Beau, varié, incroyablement plaisant à jouer et à parcourir, le titre de WayForward tirera une larme émue aux vieux joueurs qui regrettent « l'âge d'or des jeux vidéo » et montrera aux plus jeunes ce qu'est un vrai bon jeu d'action/plates-formes à l'ancienne. Il n'est certes pas dénué de petits défauts et certains le trouveront peut-être un peu trop Old School. Mais c'est un jeu avec de vrais morceaux d'amour dedans, et venant de la délicieuse Shantae cela ne se refuse pas !

Les plus

  • Sacrément joli
  • Gameplay aux petits oignons
  • Bande son de qualité
  • Traits d'humour sympathiques
  • Shantae : mi-humaine, mi-génie, 100 % sexy

Les moins

  • Un peu trop Old School ?
  • Prix élevé pour un DSiWare
  • Quelques soucis avec la croix directionnelle
  • En anglais uniquement
  • Nintendo-Difference

    par Kayle Joriin

    le 30 avril 2011 22:00

Après deux ans d’existence, on ne peut pas vraiment dire que le DSiWare
se soit imposé comme un incontournable dans le petit monde des
plates-formes de téléchargement. Lent et peu ergonomique, le service de
Nintendo propose certes quelques titres de qualité, mais il est souvent
difficile d’y séparer le bon grain de l’ivraie. Parmi la masse de jeux
obscurs et d’applications bidons, on trouve cependant de petites perles
comme Shantae: Risky’s Revenge, un titre d’action/plates-formes
développé par les californiens de WayForward Technologies et disponible
depuis février dernier sur le DSiWare européen. Reste à savoir si le
jeu, acclamé par la presse outre-atlantique, vaut bien ses 1200 Points
Nintendo.

Rendez-vous manqué

Tout d’abord, il faut savoir que Risky’s Revenge n’est
pas une nouvelle franchise, mais la suite tant attendue des aventures de
Shantae, une jeune fille mi-humaine, mi-génie, qui avait fait ses
premières armes dans un jeu éponyme sorti sur Game Boy Color en 2002.
Distribué uniquement aux Etats-Unis, à une époque où la GBA était déjà
disponible depuis presque un an, le titre de WayForward n’eut
malheureusement qu’un succès d’estime. L’accueil de la critique fut
cependant très positif, et le studio remit donc régulièrement en avant la
jeune héroïne dans différentes démos techniques destinées à chaque
nouvelle génération de consoles Nintendo (GameCube, GBA, DS et Wii). Une
version GBA, déjà développée à 50 % lors de son annulation, proposa
même une démo plutôt complète, dont quelques extraits vidéos sont
disponibles sur le net.

Huit longues années après ses premières
aventures, c’est donc sur DSiWare que la belle donzelle a fini par
trouver refuge pour le plus grand plaisir des fans de la première
heure. Et même si le billet d’entrée s’avère
relativement élevé pour un jeu téléchargeable, le voyage vaut clairement le
détour.

My tipiak is rich !

Pourtant, il faut avouer que le « pitch » de départ ne casse pas trois pattes à un génie. L’exposition annuelle des
chasseurs de reliques de Scuttle Town est sur le point de commencer, et
Oncle Mimic se prépare à lancer les festivités avec l’objet mystère de
l’année. Seulement, après avoir débarrassé le fameux objet de sa gangue
de pierre, le vieux barbu semble quelque peu décontenancé en découvrant
une étrange lampe à huile. Alors qu’il tente de noyer le poisson en
expliquant qu’il doit sûrement s’agir d’une erreur, la plantureuse
pirate Risky Boots fait une entrée fracassante et s’empare de la lampe au nez de Shantae, et à la barde de son oncle. Évidemment notre jeune
héroïne tente de l’en empêcher, mais elle se retrouve KO à la suite d’un
bref combat contre un imposant bateau pirate (un bateau avec des yeux
et des pattes). Après avoir repris ses esprits, la belle apprend de son
oncle que la lampe en question est en fait particulièrement dangereuse,
et que si la vile pirate réussissait à mettre la main sur les trois
sceaux magiques permettant d’utiliser son pouvoir, les conséquences
pourraient être terribles. Bien décidée à contrecarrer les plans de sa
Némésis, Shantae se lance donc à la recherche des trois sceaux, espérant
récupérer au passage son poste de génie protecteur de Scuttle Town
duquel elle vient de se faire licencier à la suite de l’incident. Sale
journée…

Commence alors une aventure haute en couleurs, dont le
scénario, somme toute assez basique, profite de nombreux petits traits
d’humour bon enfant qui ne seront malheureusement compréhensibles que
par les anglophones. Le titre de WayForward a en effet la « bonne idée »
de n’être disponible que dans la langue de Shakespeare, et même s’il
reste tout de même abordable au plus grand nombre, il est tout de même
dommage qu’un éditeur quelconque (au hasard Nintendo) ne se soit pas
dévoué pour traduire le jeu. Le nombre de lignes de dialogues n’était
d’ailleurs pas particulièrement élevé, et les jeux de mot plutôt
contextuels n’auraient pas souffert d’une traduction en français. Il est
donc vraiment regrettable qu’un titre aussi prometteur ne se soit pas
vu offrir toutes les chances de séduire son public.

Magical Girl in Monster World

Concrètement,
les nouvelles aventures de Shantae se basent sur un gameplay vraiment
bien fichu, à défaut d’être très original, qui mélange savamment action,
plates-formes et une pointe d’aventure. Héritière spirituelle du héros
de Kabuki: Quantum Fighter, notre héroïne se sert de la longue tignasse
violette comme d’un fouet, afin de botter le cul de ses ennemis,
d’activer différents mécanismes, d’ouvrir des coffres ou de briser des
urnes et autres vases qui ne demandaient rien à personne. Limitées à un
unique coup horizontal (utilisable en plein saut ou bien accroupi), les
techniques capillaires de la belle sont heureusement complétées par
trois types de magie (feu, boule protectrice et nuage magique) possédant
chacune trois niveaux de puissance. Ces magies peuvent être achetées au
bazar de Scuttle Town contre des espèces sonnantes et trébuchantes, mais nécessitent, dans leurs déclinaisons les plus puissantes, un nombre plus ou moins important de pots de « confiture
magique » (Magic Jam). Ces objets, plutôt rares, sont généralement bien
planqués dans les donjons et autres cavernes secrètes, et il faudra donc
fouiller les moindres recoins des zones parcourues afin d’en dénicher
suffisamment pour se payer les meilleurs améliorations. La boutique
propose également des potions de soin et de magie permettant de remplir
les jauges correspondantes, ainsi que différents objets offrant des
capacités passives ou renforçant la chevelure de notre héroïne. Ce n’est
pas donné, mais elle le vaut bien !

Au-delà de cette panoplie de
techniques plus ou moins classiques, Shantae acquiert assez rapidement
la capacité de se transformer en différents animaux (singe, éléphant et
sirène) dont les aptitudes spéciales lui permettent d’accéder à de
nouvelles zones. En effet, si le monde de Sequin Land n’est pas
cloisonné et qu’il est donc possible de s’y balader assez librement,
certaines zones ne sont accessibles qu’une fois débloqués une
transformation ou un pouvoir spécifique. Sous sa forme simiesque,
Shantae peut ainsi sauter plus haut et s’accrocher aux murs, ce qui lui
permet par exemple de franchir certaines falaises. En outre, sa petite
taille lui donne la possibilité de se faufiler dans les espaces réduits
et d’accéder à des passages secrets dissimulés dans certains murs. Sa
transformation en pachyderme, bien que limitant sa mobilité, lui permet
de détruire tout type d’objets en pierre comme ces golems insolents qui
vous barrent la route ou ces gros rochers qui cachent l’accès à une
caverne débordant de trésors. Enfin, la forme de sirène offre
logiquement la possibilité de se déplacer librement sous l’eau, mais
également de cracher des bulles sur les poissons belliqueux façon Shoot
Them Up aquatique.

À l’obtention de chaque nouvelle faculté, il
faudra donc penser à fouiner dans les zones déjà parcourues, histoire de
découvrir de nouveaux passages et d’accéder à des endroits auparavant
hors de portée. Bien que de taille relativement modeste, Sequin Land
recèle donc de nombreux petits secrets et son exploration constitue un
bon moyen pour rallonger un peu la durée de vie du jeu, sans que cela
s’avère obligatoire, répétitif ou même lassant. Tout juste pourra-t-on
regretter que la carte du monde (que l’on achète aussi au bazar) ne soit
pas plus précise et n’offre pas la possibilité d’effectuer des
annotations pour savoir où revenir une fois telle ou telle capacité
acquise. Cela dit, les autels de téléportation permettent de se déplacer
assez rapidement d’un bout à l’autre de la carte, sachant qu’ils
fonctionnent par paire et que l’un des deux doit d’abord être « réveillé
». Ajoutons à cela des points de sauvegarde réguliers (notamment juste
avant les quelques boss du jeu) ainsi qu’un système de checkpoint qui
permet de recommencer au début du tableau en cours en cas de chute dans
le vide et nous obtenons donc un titre riche, équilibré et très plaisant
à parcourir.

D’ailleurs, si certains aspects du titre évoquent
clairement le style « Metroidvania », l’expérience de
jeu rappelle davantage la série des Wonder Boy/Monster World. L’aspect «
Aventure » du jeu de WayForward n’est peut-être pas aussi développé que
dans la mythique franchise de SEGA, notamment en ce qui concerne la
gestion de l’équipement, mais il y a tout de même un petit air de famille. Les vieux fans ayant passé des
heures sur les Dragon’s Trap, Wonder Boy V et autre Monster World IV, devraient donc être aux anges.

C’était vraiment mieux avant, en fait…

Cette
parenté se retrouve d’ailleurs sur le plan technique, puisque le jeu
offre une 2D jolie et colorée, qui sans forcément atteindre la finesse
des plus belles productions DS (nous sommes tout de même sur DSiWare),
rappelle clairement l’âge d’or des 16-bits. Le titre possède une vraie
esthétique, les environnements et les ennemis sont assez variés, et on
parcourt les différents tableaux avec un réel plaisir. On peut également remarquer le soin particulier apporté à l’animation
des personnages, notamment la petite Shantae qui est juste mignonne à
croquer. Elle compense ainsi des dialogues pas toujours très
percutants par des attitudes amusantes et un brin malicieuses. En effet, La belle n’hésite pas à remonter son soutif lorsqu’elle reste
trop longtemps « immobile » et nous gratifie d’une petite danse du
ventre lorsqu’elle se transforme. Chaque transformation correspond d’ailleurs à une étape de sa danse, et
il faut donc attendre quelques secondes lorsque l’on souhaite avoir
accès aux deuxième et troisième transformations. Ce n’est pas bien
grave, d’autant que le temps se fige dès que Shantae entame sa danse, mais un raccourci aurait tout de même été plus ergonomique.

Pour
finir sur l’aspect technique, si le titre n’est évidemment pas doublé à
cause des limites du format DSiWare, les musiques s’avèrent en revanche
variées, entrainantes et bien adaptées aux différents environnements. La
musique orientale de Scuttle Town reste ainsi longtemps en mémoire, et
on s’amuse à laisser le bouton de danse appuyé juste pour le plaisir de
voir Shantae se trémousser en rythme.

Malheureusement,
tout n’est pas rose dans le titre de WayForward. Et même si les défauts
restent minimes et n’entachent pas le plaisir de jeu, il est
nécessaire d’en parler. Outre l’absence de traduction française, déjà
évoquée précédemment, la dureté de la croix directionnelle de la DSi
pose quelques soucis lorsqu’il faut maintenir enfoncer les diagonales
(pour ramper par exemple), et on peut également éprouver des difficultés
à manier la forme simiesque de Shantae lors de certaines phases de
plate-forme. De plus, il faut bien avouer que la difficulté du jeu est
loin d’être insurmontable et si certains passages exigent un peu de
concentration, il suffit la plupart du temps d’avoir un bon stock de
potions pour passer la plupart des obstacles sans aucun souci, y compris
le boss final. Enfin, la durée de vie de base tourne aux alentours
d’une demi-douzaine d’heures, même s’il est possible de la rallonger en
recherchant à obtenir tous les objets magiques et en passant un peu de
temps dans la Battle Tower qui n’est jamais qu’une sorte de mini-mode
Time Trial. Certains pourront donc trouver cela un peu léger vu le prix
de vente plutôt élevé du titre.

Au final, l’ultime regret que
l’on peut avoir vis-à-vis de Shantae: Risky’s Revenge est un peu
paradoxal, puisqu’il concerne son support même. Incontestablement le jeu
est une réussite, et il s’impose sans mal comme l’un des meilleurs jeux
du DSiWare, voire même le meilleur. Seulement les aventures de la belle
donzelle avaient un tel potentiel qu’on aurait rêvé de les
voir débarquer sur cartouche dans un titre encore plus grand, encore
plus varié, encore plus beau et encore plus long. Quoiqu’il en soit, les
gars de WayForward ont eu tellement de difficultés à nous offrir cette
séquelle et le résultat est d’une telle qualité, que l’on ne peut que
les remercier pour leur travail et présenter leur bébé pour ce qu’il est
: l’exemple même de ce que doit être un vrai bon jeu DSiWare.

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