Test d’Achilles : Survivor sur Nintendo Switch

En résumé

  • Sorties :
  • 29 Octobre 2025
  • 29 Octobre 2025
  • 30 Octobre 2025

L'avis de Draco

Achilles Survivor est un jeu profondément paradoxal sur consoles Nintendo. D’un côté, il propose une expérience de survie méthodique, prenante et intelligemment construite, capable de captiver pendant des dizaines d’heures grâce à sa gestion des pouvoirs et des structures. De l’autre, il souffre d’un portage bâclé qui saborde une partie du plaisir sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2. Un titre addictif et exigeant, mais dont la version testée ne rend clairement pas justice à ses qualités ludiques.

Les plus

  • Un gameplay clair, efficace et très addictif
  • La dimension tower defense qui enrichit intelligemment le bullet heaven
  • Des parties tendues et exigeantes, même pour les joueurs expérimentés
  • Une progression gratifiante via les pouvoirs et les héros
  • De nombreux objectifs secondaires pour renouveler les runs
  • Gros contenu, des tonnes de choses à débloquer
  • Une belle durée de vie

Les moins

  • Un portage absolument indéfendable sur Nintendo Switch
  • Un downgrade graphique massif et non optimisé
  • Une répétitivité qui pourra rebuter
  • Nintendo-Difference

    par Draco

    le 21 janvier 2026 15:45

Achilles Survivor est un jeu qui s’inscrit dans la continuité de l’univers développé par Dark Point Games avec Achilles : Legends Untold (testé par nos bons soins à cette adresse), sorti il y a quelques mois déjà sur Nintendo Switch. On y retrouve le personnage d’Achille et cet imaginaire fortement inspiré de la mythologie grecque, même si l’approche ludique diffère radicalement. Achilles Survivor ne cherche pas à raconter une histoire, mais utilise ce cadre mythologique comme toile de fond pour une expérience de survie intense, brute et exigeante : le bullet heaven. Un genre popularisé par Vampire Survivors, qui donnera presque son nom au genre, le Vampire Survivors-like.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.


Artwork d'Achilles : Survivor


Compte à rebours vers l’enfer


Achilles Survivor repose sur une boucle de jeu simple, lisible et immédiatement compréhensible par n’importe quel péon qui se respecte. Chaque partie débute par un décompte clair avec, à son terme, bien souvent un affrontement contre le boss final du niveau qui attend le joueur. Entre-temps, il faut survivre. Des vagues d’ennemis s’enchaînent sans relâche, de plus en plus nombreuses, de plus en plus agressives, transformant rapidement l’arène en un véritable champ de bataille.

Chaque ennemi vaincu lâche des orbes d’expérience (et un peu d’or). Ces orbes servent à deux choses bien distinctes : alimenter la progression immédiate durant la partie en cours, mais aussi permettre d’améliorer durablement les statistiques des héros dans le magasin entre les runs. On se retrouve ainsi face à un jeu qui assume pleinement son héritage roguelite, puisque mourir fait partie de l’apprentissage et que chaque tentative rend le joueur un peu plus fort pour la partie suivante.


Image d'Achilles : Survivor


Un Bullet Heaven mâtiné de Tower Defense


Avant d’entrer plus en profondeur dans le gameplay, il convient de replacer Achilles Survivor dans son contexte ludique. Le titre s’inscrit dans le sous-genre des bullet heaven, également connus sous les appellations Vampire Survivors-like, Survivors ou Reverse Bullet Hell. Il s’agit d’une déclinaison moderne du shoot ’em up et du run and gun, dans laquelle le joueur affronte des vagues successives d’ennemis en vue de dessus, avec des attaques entièrement automatisées. L’action ne repose donc pas sur la gestion des tirs, mais sur le placement, l’esquive et les choix d’amélioration, l’objectif étant de survivre le plus longtemps possible face à des hordes toujours plus oppressantes.

Achilles Survivor reprend cette formule désormais bien connue tout en y ajoutant une dimension tower defense qui fait toute sa singularité. Ici, survivre ne consiste pas uniquement à fuir les ennemis, mais aussi à façonner le terrain en construisant des structures offensives et défensives sur des emplacements prédéfinis. Cette hybridation entre bullet heaven et stratégie apporte une couche de réflexion supplémentaire, transformant chaque partie en un exercice de planification autant que de survie.


Image d'Achilles : Survivor


Survivre en construisant plutôt qu’en frappant


La grande particularité d’Achilles Survivor réside dans son approche très passive de l’action. Ici, on ne frappe pas, on ne déclenche aucun pouvoir manuellement. Le rôle du joueur se limite à guider le héros, éviter les hordes d’ennemis et construire intelligemment des structures aux emplacements prédéfinis sur la carte.


Artwork d'Achilles : Survivor


Ces structures constituent le cœur du gameplay. Offensives ou utilitaires, elles permettent de contrôler le terrain : tourelles de feu, pièges empoisonnés, pics surgissant du sol, structures de soin, améliorateurs de pouvoirs ou encore marchés pour dépenser l’or. Chaque structure a un coût en ressources, principalement de la pierre, qu’il faut récolter via des carrières préconstruites à des emplacements spécifiques. Une fois une carrière érigée, il est nécessaire de rester dans sa zone d’influence pendant un certain temps afin de récupérer la pierre, le tout sous la pression constante des ennemis.

Ce système impose une vraie prise de décision : faut-il sécuriser une zone pour récolter des ressources, au risque de se faire submerger, ou investir rapidement dans des structures offensives pour respirer un peu ? La gestion du terrain devient rapidement aussi importante que l’optimisation des pouvoirs.


Image d'Achilles : Survivor


Des pouvoirs passifs mais une progression bien pensée


Chaque héros commence une partie avec un seul pouvoir, par exemple une épée tournoyante. Au fil des minutes et de l’expérience accumulée, on débloque jusqu’à quatre pouvoirs maximum. Tous sont entièrement passifs : une fois activés, ils se déclenchent automatiquement pendant une durée donnée, se désactivent, puis se rechargent avant de repartir en boucle.
À chaque fois que la jauge d’expérience se remplit, le jeu propose un choix d’améliorations : augmenter la durée d’un pouvoir, renforcer ses dégâts, améliorer un bonus passif (vitesse de déplacement, quantité d’orbes récupérées, etc.). Le joueur n’a donc qu’une seule responsabilité : choisir intelligemment ses améliorations. Une mauvaise décision peut condamner une partie, tandis qu’un build bien pensé peut rendre la survie étonnamment confortable… jusqu’à ce que la difficulté rattrape tout le monde.

Chaque pouvoir peut monter de niveau, et plus son niveau est élevé, plus il devient destructeur. Cette montée en puissance progressive procure un réel sentiment de progression, d’autant plus satisfaisant que le joueur n’a aucun contrôle direct sur l’action : tout se joue dans l’anticipation et l’optimisation.


Image d'Achilles : Survivor


Une galerie de héros et des objectifs éprouvants


Un total de 17 héros sont jouables, dont une partie se débloque progressivement en avançant dans le jeu ou en accomplissant certains exploits spécifiques. Ces personnages sont répartis en cinq spécialisations distinctes : Commandant, Roublard, Guerrier, Tireur d’élite et Sorcier. Chaque classe possède ses propres forces et faiblesses, influençant directement le style de jeu, la survie et la manière d’aborder les vagues ennemies.

Choisir un héros ne se limite donc pas à une simple préférence de pouvoir : chaque partie fait également progresser la classe associée en termes d’expérience. Cette expérience de classe peut ensuite être dépensée dans la boutique du jeu, baptisée Faveurs, afin de débloquer ou d’améliorer des bonus persistants. Un système qui encourage l’expérimentation, la spécialisation et la rejouabilité sur le long terme.


Artwork d'Achilles : Survivor


Avant chaque partie, on choisit donc son héros, chacun disposant d’un pouvoir unique parmi les quatre utilisables. Les trois autres pouvoirs restent communs à l’ensemble des personnages et des classes. Chaque niveau propose un objectif principal, mais aussi plusieurs objectifs secondaires. Certains demandent simplement de vaincre un nombre précis d’ennemis ou de construire un certain nombre de structures. D’autres sont nettement plus exigeants : atteindre un seuil de santé maximale ou survivre pendant des paliers de 30, 40, 50, voire 60 minutes. Tenir une heure entière face à des vagues incessantes, avec des ressources de plus en plus rares, relève clairement de l’épreuve d’endurance mentale.

Achilles Survivor est un jeu extrêmement chronophage. Certaines parties peuvent durer entre 30 minutes et une heure, exigeant une concentration constante. Pourtant, malgré l’aspect répétitif inhérent au genre, la tension permanente et l’obsession de la survie rendent l’expérience étonnamment addictive.


Image d'Achilles : Survivor


Une catastrophe technique sur Nintendo Switch


Malheureusement, une partie de cet édifice ludique s’effondre à cause d’un portage catastrophique. Sur Nintendo Switch et sur Nintendo Switch 2, Achilles Survivor est une véritable purge graphique. Le contraste avec la version originale, pourtant plutôt jolie, est saisissant. Le downgrade est massif, brutal et surtout incompréhensible.

Textures grossières, lisibilité en berne, fluidité mise à mal : rien ne semble avoir été optimisé. Les développeurs n’ont visiblement fourni aucun effort pour adapter correctement leur jeu à la machine de Nintendo, reproduisant exactement les mêmes problèmes déjà observés sur Achilles : Legends Untold. Le résultat est d’autant plus regrettable que le gameplay, lui, fonctionne à merveille. Mais à force de tirer sur la technique, l’expérience finit par fatiguer visuellement, surtout lors des parties longues où l’écran se remplit d’ennemis et d’effets.


Artwork d'Achilles : Survivor


Malgré ces lourdes concessions techniques, Achilles Survivor nous a réellement éclatés manette en main, porté par une durée de vie colossale et un contenu particulièrement généreux. L’achat reste pertinent en mode portable, mais sur un écran plus confortable, mieux vaut clairement privilégier les versions concurrentes (PlayStation/Xbox) ou PC, bien plus à même de rendre justice au jeu.



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