Test de Cronos : The New Dawn sur Nintendo Switch 2

En résumé

  • Sorties :
  • 5 Septembre 2025
  • 5 Septembre 2025
  • 5 Septembre 2025

L'avis de Draco

Avec Cronos : The New Dawn, Bloober Team signe l’arrivée d’un véritable survival horror ambitieux sur Nintendo Switch 2, porté par une histoire maîtrisée, une narration intelligente et une ambiance d’une efficacité redoutable. Son univers oppressant et son excellente bande-son synthé offrent une expérience prenante du début à la fin, renforcée par un mystère qui ne se dévoile pleinement qu’au terme de l’aventure. Toutefois, si l’atmosphère et le scénario brillent, le reste demeure plus conventionnel. Le gameplay, solide mais daté, reprend sans surprise tous les codes des grands classiques du genre sans jamais chercher à les réinventer. Le portage Nintendo Switch 2, bien que globalement correct, reste enfermé dans une fluidité limitée à 30 images par seconde avec quelques ralentissements et des textures un peu brouillonnes qui trahissent une adaptation un peu paresseuse. Un titre classique dans ses mécaniques, mais marquant dans son atmosphère et son récit que l'on ne peut que recommander à tous les amoureux du genre.

Les plus

  • Horrifique à souhait
  • L’histoire et la façon dont elle est amenée au joueur
  • Une bande-son immersive et de grande qualité
  • Une ambiance oppressante de bout en bout
  • La gestion de l’inventaire

Les moins

  • Un survival horror très classique qui n’invente rien
  • Un portage un peu feignant (30 fps, quelques ralentissements et textures dégradées)
  • Nintendo-Difference

    par Draco

    le 11 décembre 2025 10:20

Dernier né du studio polonais Bloober Team, notamment connu pour la série Layers of Fear ou le récent remake de Silent Hill 2, le très attendu Cronos : The New Dawn a vu sa date de sortie confirmée en juillet dernier sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S, en même temps que l’annonce presque miraculeuse d’une version Switch 2. Depuis le 5 septembre 2025, la nouvelle console de Nintendo tient donc enfin son premier survival horror ambitieux signé par l’un des spécialistes du genre, et si le titre s’inspire volontiers de jeux cultes comme Silent Hill ou Resident Evil (avec un peu de Dead Space également), il avait tout de même fort à faire pour réussir à offrir quelque chose de suffisamment original pour les fans d’épouvante. Les développeurs de Cracovie y sont-ils parvenus ? En un sens, oui, mais tout dépend de quel point de vue.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.


Cronos : The New Dawn


Une histoire rondement menée


Dans Cronos : The New Dawn, on incarne une agente temporelle appelée la « Voyageuse ». Évoluant dans un futur dévasté, peuplé de créatures cauchemardesques ayant le pouvoir de fusionner entre elles, cette Voyageuse est envoyée dans une Pologne des années 80 frappée par une infection mystérieuse qui a, semble-t-il, anéanti toute forme de vie humaine. Sa mission, dont on ne connait pas grand-chose au départ (le joueur restant volontairement dans le flou une bonne partie de l’aventure et n’en comprenant les enjeux qu’au fur et à mesure de sa progression), consiste à extraire les esprits, ou « essences », de personnes clés en alternant entre les époques afin de préserver l’avenir. Il apparaîtra toutefois que cette mission dissimule une réalité bien plus complexe, mêlant identité, manipulation et cycles temporels.



Le scénario est sans nul doute l’aspect le plus impactant du titre. L’histoire, et la manière dont les développeurs la racontent, sont en effet particulièrement réussies. Le jeu n’explique rien : ni qui est le personnage incarné, ni quelle mission lui incombe, ni ce qui a conduit le monde à sa perdition. Au fil de la progression, le joueur sera amené à lire des journaux abandonnés, à écouter des cassettes laissées par d’anciens voyageurs temporels et à comprendre les choses par lui-même afin de démêler certains éléments du mystère. Là où la narration excelle, c’est que la compréhension complète n’émerge réellement qu’à la toute fin, lorsque de nombreuses réponses viennent enfin éclairer les questions qui auront alimenté la réflexion du joueur tout au long des seize heures que dure l’aventure. Le jeu propose d’ailleurs une fin alternative et un new game+ franchement bienvenus. L’occasion de relancer une nouvelle partie et d’augmenter d’autant la durée de vie.



Un gameplay sans surprise


Disons-le clairement, Cronos : The New Dawn n’invente rien en termes de gameplay, mais il a le mérite de maîtriser ce qu’il entreprend. On pourra aimer ce classicisme ou le lui reprocher, car il est vrai que les mécaniques de jeu sont à la fois datées, archaïques et déjà vues. Néanmoins, c’est aussi ce qui fait une partie de son intérêt : ce retour pur et dur aux sources du survival horror. Le titre emprunte ainsi les codes des deux références incontestées du genre, Silent Hill et Resident Evil, bien qu’on retrouve également des similitudes avec Dead Space, voire même BioShock. Qu’il s’agisse de ses (quelques) énigmes, de la gestion de l’inventaire ou bien des phases d’exploration et de combat, on reste face à une formule très académique qui ne surprendra strictement personne.



On progresse ici en vue à la troisième personne, avec la caméra au-dessus de l’épaule, et il vaut mieux être efficace dans sa prise de décisions car l’inventaire ne permet de stocker que très peu de choses. La combinaison de la Voyageuse pourra heureusement être améliorée dans des lieux de repos, mais les éléments nécessaires pour cela seront rares et parfois bien cachés dans les niveaux. Sans ces précieuses améliorations, il ne sera pas possible d’augmenter la résistance du personnage ou le nombre d’objets transportables, ce qui rendra l’aventure encore plus cauchemardesque qu’elle ne l’est déjà. D’ailleurs, même avec, on sera régulièrement contraint de stocker son équipement dans les coffres disséminés un peu partout à travers le jeu afin de n’emporter avec soi que le minimum vital – la fabrication de fioles de soin ou de munitions à la volée, directement depuis le menu, apportant cela dit une marge de manœuvre assez appréciable.



La gestion de l’équipement est ainsi primordiale et il conviendra d’être pragmatique en toutes circonstances. Faut-il opter pour un fusil à pompe, puissant mais limité en cartouches, ou bien un pistolet rempli de munitions ? Doit-on combattre toutes les monstruosités rencontrées ou préférer la fuite – lorsque cela est possible – pour économiser quelques balles ? Face à ces dilemmes, le jeu offrira toujours suffisamment de ressources pour s’en sortir, à condition toutefois de viser juste et d’utiliser efficacement son environnement, comme ces tonneaux explosifs permettant d’éliminer plusieurs ennemis d’un coup. Tuer tout le monde sans fuir sera donc possible, mais attention : il faudra faire mouche systématiquement. Pour ce faire, on disposera d’un arsenal plutôt varié, se récupérant au compte-gouttes tout au long de l’aventure, et allant du simple pistolet au lance-grenades, en passant par le fusil à pompe, le canon scié ou le pistolet mitrailleur. Certaines caractéristiques des armes, comme la puissance de feu ou la taille du chargeur, pourront être améliorées en dépensant l’argent récolté dans les différents lieux visités, et on aura également accès à du matériel un peu moins conventionnel comme des mines à déclenchement automatique ou un lance-flamme secondaire permettant de disperser et d’affaiblir les ennemis quand on commence à se faire submerger.



Il faudra sauver quelques personnages d’importance en important ensuite leur conscience (appelée ici “essence”) dans un phylactère qui est, lui aussi limité en place et dans lequel on peut sélectionner l’une d’entre elle pour s’octroyer un bonus passif (plus de puissance au pompe, plus d’énergie vitale, etc…).


Mais une ambiance monstrueuse



Dès lors, chaque pièce visitée et chaque recoin fouillé doivent l’être minutieusement, comme si sa vie en dépendait, car la mort attend systématiquement l’imprudent. Un faux pas, un regard oublié dans un coin, et une horreur peut tomber sur notre Voyageuse pour l’occire violemment. Plusieurs créatures apparaitront au cours de l’aventure, mais les plus tenaces et les plus nombreuses sont celles qui peuvent fusionner avec les cadavres de leurs congénères afin de gagner en puissance. Pour les abattre, pas de fantaisie, on reste dans le conventionnel : tirer dans la tête ou dans les jambes – la première option étant la plus efficace pour s’en débarrasser en économisant le plus de munitions possible. On notera par ailleurs la présence, dans les options, d’une assistance à la visée plus ou moins soutenue, ce qui facilitera grandement les choses. L’expérience ne sera alors plus tout à fait la même, mais au moins le jeu a le mérite de s’adapter à tout type de profils.



C’est de toute manière avant tout par son ambiance que Cronos : The New Dawn impressionne. Les couloirs sont souvent étroits, sombres (la lampe torche aide bien) et crasseux, les bestioles croisées s’avèrent particulièrement répugnantes, et les sursauts sont garantis. Le jeu n’invente certes rien, mais il excelle dans sa gestion de l’horreur, réussissant à instaurer une atmosphère prenante et angoissante, avec une pression qui ne retombe jamais. Une atmosphère à laquelle participe grandement la bande-son synthé, digne des meilleurs films fantastiques des années 80, ou plus récemment de la célèbre série Stranger Things. Le résultat ainsi est excellent, aussi bien au niveau des musiques que des bruitages, et il devient encore plus exceptionnel avec un casque vissé sur la tête.



Le constat est également plutôt positif côté visuel avec une réalisation graphique suffisamment à la hauteur pour ne pas desservir l’expérience. Évidemment, cette version Nintendo Switch 2 ne rivalise pas avec ses consœurs, que ce soit en termes de détails ou de fluidité, puisqu’elle est ici verrouillée à 30 images par seconde avec parfois quelques très légers ralentissements. Peut-être est-ce par manque de temps ou parce que la console n’est pas encore, et on le comprend, maitrisée parfaitement. On pardonnera donc aisément à Bloober Team qui rend ici une copie digne d’intérêt, certes pas parfaite, mais diablement efficace.


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