En résumé
L'avis de Klaus
Quelques semaines seulement après sa sortie, la Nintendo Switch 2 s’offre une nouvelle exclusivité de poids et un véritable mastodonte du jeu de plateforme-aventure avec Donkey Kong Bananza. Ce nouvel épisode - douze ans après la sortie de Tropical Freeze - est également le premier titre de la franchise développé en interne par Nintendo depuis Donkey Kong Jungle Beat et visiblement, le personnel avait conscience de l'enjeu. Le résultat, c'est une toute nouvelle formule terriblement efficace avec de véritables innovations, tant au niveau artistique que du gameplay. La priorité est donné au fun, à la découverte d’une ribambelle de personnages hauts en couleur et à l’exploration d’un monde souterrain immense aux lieux divers et variés. On retient aussi une attention particulière à l'aspect musical à travers le personnage de Pauline. En sortant un jeu Donkey Kong qui déborde autant de créativité, Nintendo nous laisse par ailleurs espérer l’arrivée d’autres titres aussi innovants, que ce soit pour la même série ou pour d’autres licences qui mériteraient un retour sur le devant de la scène ou un dépoussiérage de leurs mécaniques. Évidemment, à la fin, on en redemande, mais on finit tout de même par être rassasié grâce à une durée de vie solide et l'aspect « collection d'objets » très gratifiant.
Les plus
Les moins
par Klaus
le 16 juillet 2025 16:18
Plus de 20 ans après Donkey Kong Jungle Beat, une partie de l’équipe qui en était à l’origine revient avec Donkey Kong Bananza, un épisode complètement inédit et cette fois-ci tout en 3D. Sortant tout juste un mois et quelques jours après le lancement de la Nintendo Switch 2, ce volet constitue aussi l’héritage de Super Mario Odyssey et en reprend certains éléments. L’équipe qui avait été assignée à ce projet n’est autre que Nintendo EPD Production Group No. 8 (aussi appelé Nintendo EPD Tokyo), autrefois connue sous le nom de Nintendo EAD Tokyo Software Development Group, à qui l’on doit également Super Mario Galaxy, Super Mario 3D World ou encore Captain Toad : Treasure Tracker, en plus de Donkey Kong Jungle Beat, qui était le titre fondateur du studio, créé après le développement de Super Mario Sunshine. À bien des égards, il paraissait assez clair, dès l’annonce de Donkey Kong Bananza, que Nintendo souhaitait proposer quelque chose de totalement nouveau avec cet épisode mettant en scène le célèbre primate créé par Shigeru Miyamoto. Il est aussi bien établi que l’arrivée de ce titre est un événement pour Nintendo, comme on a pu le constater avec les différentes démos jouables, les événements et le Direct entièrement dédié. Il se trouve qu’après l’avoir essayé dès le mois d’avril, nous avons eu la chance de jouer longuement à la version finale de Donkey Kong Bananza ces derniers jours. Il est donc temps de rendre notre verdict.
Test réalisé à partir d’un code fourni par l’éditeur
L’aventure de Donkey Kong Bananza commence sur l’île Lingot, loin des côtes de l’île de DK. Donkey Kong explore alors le tunnel minier de cette nouvelle île et tombe sur sa première banane dorée, appelée ici cristal de banandium, que l’on peut considérer comme un rocher aromatisé à la banane. Tant que c’est à la banane, cela ne semble pas poser problème à DK. En plus de frapper les ennemis qui apparaissent assez vite, le héros peut aussi détruire de nombreux éléments du décor avec ses coups de poing. Dès le départ, bien que le jeu dispose de plusieurs cinématiques et offre plusieurs possibilités pour découvrir un peu plus l’histoire, on comprend très vite que Donkey Kong Bananza se concentre avant tout sur l’exploration et la destruction. Cependant, quelques limites sont imposées. Au niveau de l’exploration, la téléportation est seulement possible à certains endroits et la progression se fait de manière assez linéaire. Concernant la destruction, il n’est pas possible d’absolument tout casser : certaines zones ne peuvent pas être détruites ou demandent de débloquer de nouvelles choses pour pouvoir le faire. Tout cela semble évidemment volontaire pour profiter au mieux de l’aventure.
Le début de Donkey Kong Bananza introduit aussi plusieurs mystères, à commencer par le banandium donc, puis la pierre mystérieuse sur laquelle DK tombera après avoir été amené sous terre à la suite d’une violente tempête. Nintendo a souhaité garder le mystère sur cette pierre pendant environ deux mois, avant de finir par révéler officiellement qu’elle renfermait une jeune fille, qui n’est autre que Pauline dans sa jeunesse. En tant qu’humaine, l’héroïne, âgée ici de 13 ans, souhaite remonter à la surface, mais elle en est incapable. Pour cela, elle devra donc compter sur l’aide de DK, qui n’hésitera pas une seconde à l’accompagner dans cette nouvelle aventure. Le duo devra explorer l’immense monde souterrain pour arriver jusqu’au cœur de la planète, où l’on raconte qu’un vœu est accordé à celles et ceux qui parviennent à l’atteindre. Si Pauline est déterminée à rejoindre la surface, DK, lui, ne peut s’empêcher d’être uniquement intéressé par les bananes, mais cela ne se répercute heureusement pas sur l’aide qu’il peut apporter à Pauline.
DK et Pauline vont alors devoir traverser de nombreuses épreuves, à commencer par l’exploration de nombreuses strates, qui elles-mêmes sont divisées en plusieurs zones. On peut les considérer comme différents mondes à la façon de ceux qui apparaissent dans d’autres jeux Donkey Kong. Les personnes qui ont joué à Super Mario Odyssey pourront aussi y voir des similitudes entre les différents pays thématiques. Chaque strate a une atmosphère marquée, que ce soit sur le plan visuel ou musical. On rencontre aussi de nombreux personnages, comme les Fractons, des pierres mystérieuses et parlantes que l’on peut frapper, mais qui ne peuvent être détruites définitivement. Elles sont enrobées de mystère, et même si elles sont majoritairement de couleur bleue, il existe différentes sortes de Fractons, avec des apparences uniques, que l’on rencontrera tout au long de l’aventure. Les Fractons ne sont pas les seuls nouveaux personnages de Donkey Kong Bananza, il y a aussi de nombreux animaux qui parlent, avec leur propre langage (que DK et Pauline comprennent), mais leur lore est développé différemment, par exemple avec des pierres où l’on peut lire différentes inscriptions racontant des histoires.
En ce qui concerne les animaux, ils sont tous doublés uniquement par des seiyuu, mais pas en japonais. En effet, comme dans d’autres jeux tels que Kirby et le monde oublié, Nintendo a inventé un langage fictif – difficilement déchiffrable mais avec à chaque fois des textes offrant une traduction – pour chaque espèce d’animaux. C’est l’un des nombreux éléments qui facilitent l’immersion dans ce monde étrange. Pauline, quant à elle, parle bien notre langue et est d’ailleurs doublée en français, anglais, japonais, italien, allemand, espagnol européen, néerlandais, russe, coéren, chinois, espagnol d’Amérique latine et portugais brésilien. En français, Pauline est doublée par Charlotte Hervieux, qui est surtout connue pour avoir prêté sa voix à Elsa dans La Reine des Neiges 2. Généralement, elle est surtout active dans le domaine des anime et des séries télévisées et animées.
Comme on avait pu le voir dans le Direct dédié à Donkey Kong Bananza, Pauline peut aussi interpréter plusieurs chansons au cours du jeu. Parmi elles, il y a celles qui vont permettre à DK de se transformer. Ces chansons ont une seule interprète pour l’ensemble du jeu, peu importe la langue choisie : Jenny Kidd, une chanteuse et doubleuse ayant grandi dans le Midwest (qui double aussi Pauline en anglais). Chaque transformation de DK a une chanson attitrée. Par défaut, elles se jouent à chaque fois qu’elles sont activées, mais dans les options, il est possible de les désactiver complètement. Dans tous les cas, les chansons de Pauline font partie des meilleurs morceaux du jeu. Cette fois-ci, c’est Naoto Kubo, connu pour son travail sur Captain Toad : Treasure Tracker, Super Mario Maker et Super Mario Odyssey (c’est notamment lui qui a composé Jump Up, Super Star!), qui a occupé le poste de directeur du son. Il a aussi composé des musiques, mais il n’était pas le seul compositeur : quatre autres personnes étaient en charge de la composition des musiques, à savoir Daisuke Matsuoka, Reika Nakai, Yuri Goto et Tsukasa Usui. Kubo et Matsuoka travaillent depuis longtemps chez Nintendo, mais Nakai, Goto et Usui sont des recrues relativement jeunes. Par exemple, Nakai a travaillé sur les musiques du Pass circuits additionnels de Mario Kart 8 Deluxe et The Legend of Zelda : Echoes of Wisdom. De même, Goto a composé des musiques pour Echoes of Wisdom, tandis qu’Usui a commencé sa carrière en travaillant sur le Pass circuits additionnels de Mario Kart 8 Deluxe et The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom.
Les musiques de Donkey Kong Bananza sont plutôt nombreuses et diffèrent à chaque strate que l’on peut explorer au cours du jeu. Plusieurs d’entre elles entretiennent le mystère et l’étrangeté de ces zones, puisque l’on trouve de nombreuses pistes que l’on peut qualifier d’atmosphériques. Le titre est aussi relativement moderne dans le sens où les morceaux s’adaptent et transitionnent naturellement en fonction de la situation. Bien sûr, il y a aussi différentes musiques pensées pour les affrontements, notamment ceux qui se jouent contre les boss, par exemple les membres de la Void Company, qui cherchent aussi à atteindre le cœur de la planète avant DK et Pauline. Mais ce qui nous a surtout marqué, ce sont évidemment les chansons de Pauline, qui adoptent d’ailleurs les différents langages fictifs associés aux animaux des transformations de DK.
Les transformations de DK, appelées ici Bananza, s’obtiennent en ramenant des disques dans plusieurs strates à des doyens. Les pouvoirs de Bananza de DK lui octroient plusieurs compétences importantes et vont lui permettre de détruire encore plus de choses et d’atteindre de nouveaux lieux. Par exemple, avec la Bananza Autruche, il peut se mettre à planer sur une certaine distance et à larguer des œufs explosifs. Avec la Bananza Zèbre, il peut charger au galop et traverser ainsi des zones desquelles il tombera normalement très facilement ou aussitôt, ou encore effectuer des attaques tournoyantes. L’une des transformations que l’on utilisera le plus est certainement la Bananza Kong, qui permet d’effectuer des coups de poing chargés et ainsi de détruire encore plus de choses. Cependant, il est important de noter que la plupart du temps, les transformations de DK demandent d’utiliser de la bananergie. Elle est représentée par une jauge de couleur jaune qui s’affiche toujours à l’écran, et qui diminue au fil du temps. Inévitablement, on utilisera certaines transformations plus que d’autres (peut-être plus par réflexe ou pour plutôt choisir la voie de la facilité), mais le jeu nous impose parfois d’utiliser obligatoirement telle ou telle transformation. Mieux encore, il est possible de passer de l’une à l’autre très facilement, même une fois que l’une d’elles est activée, et cela ne consomme pas de bananergie.
Tout au long de l’aventure, on peut obtenir des points de compétence qui permettent d’améliorer les compétences des pouvoirs de Bananza et différentes capacités de DK. Par exemple, il est possible de prolonger la durée des Bananzas, de réduire encore plus le temps pendant lequel on peut déclencher une Bananza, d’offrir la possibilité à DK de surfer sur l’eau, d’augmenter la portée du sonar de ses claques pour détecter l’emplacement d’objets éloignés ou encore d’augmenter le maximum de sa jauge de vie. Un point de compétence s’obtient à chaque fois que cinq cristaux de banandium sont récoltés. Généralement, on trouve les cristaux de banandium un par un, mais il existe des grappes de trois et de cinq bananes dorées. On peut aussi en obtenir d’autres façons, par exemple en dépensant des rondelles de banandium au troc de rondelles ou encore en participant aux parcours et batailles des défis des ruines. Les batailles permettent d’obtenir une seule banane, mais les parcours en contiennent trois. Cependant, les parcours peuvent se révéler être particulièrement corsés ; il faudra donc redoubler d’efforts pour pouvoir obtenir chaque cristal de banandium, et donc augmenter et obtenir toutes les compétences.
L’aventure de Donkey Kong Bananza va bien au-delà du fait de simplement progresser dans la quête principale pour aller au cœur de la planète. DK et Pauline peuvent participer à d’autres activités, comme la recherche de fossiles, qui vont leur permettre d’obtenir des tenues pour Pauline ainsi que des cravates, des jeans et de nouvelles couleurs pour DK. On peut aussi s’amuser à récolter beaucoup d’or pour débloquer de nouveaux défis, faciliter l’exploration des strates ou encore acheter des objets à la quincaillerie comme des ballons et des cartes révélant l’emplacement de fossiles et de bananes. À noter que ces cartes peuvent aussi être obtenues naturellement dans le jeu en tombant sur des coffres, qui peuvent donc en renfermer. Ces derniers peuvent aussi contenir des jus de pomme (permettant de faire revenir DK à la vie s’il n’a plus de cœurs), des jus de melon (une boisson qui permet à DK d’activer ses Bananzas sans avoir le plein de bananergie) et des ballons rouges (qui permettent de se rattraper sans subir de dégâts après être tombé dans le vide… ce qui peut arriver fréquemment durant les défis). Les cristaux de banandium rappellent évidemment la récolte des Lunes de puissance de Super Mario Odyssey, mais il y a donc une différence dans le fait que les bananes dorées permettent de gagner des points de compétence. Il y a donc une certaine motivation à aller trouver tous ces cristaux, contrairement à des items importants que l’on peut trouver dans d’autres jeux qui sont uniquement là pour la complétion. Bien sûr, il y a aussi cet aspect qui est simplement gratifiant dans Donkey Kong Bananza, mais chaque objet, y compris les fossiles donc, a son utilité.
Il existe aussi une activité secondaire qui se débloque après avoir suffisamment descendu dans le monde souterrain : le Rallye Rambi. Il permet d’affronter Diddy et Dixie, de retour dans cet épisode, dans une course à dos de Rambi. Elle est assez amusante, mais il est regrettable de constater que l’activité est finalement plus secondaire qu’elle n’en a l’air. On n’y passera pas beaucoup de temps, d’autant plus qu’elle n’est pas jouable en multi et qu’il n’existe pas de classement autre que l’inscription de notre record dans le jeu.
Enfin, on peut jouer à un mode qui est totalement distinct du jeu principal : DK Artist. Celui-ci est uniquement jouable avec le mode souris du Joy-Con 2 droit, et permet de sculpter dans de la roche en se reposant sur différents modèles, comme le visage de DK ou une pomme. On peut même rajouter de la matière et sculpter pour détruire les modèles afin de réaliser nos propres créations. On peut aussi ajouter des effets, de nouvelles couleurs, ou encore lisser. Ce mode est très secondaire et n’est pas là pour être gratifiant dans le jeu principal, puisqu’il n’y a pas de bananes ou autres objets à la clé, mais on peut s’amuser à y passer de temps en temps plusieurs minutes, surtout en ayant toutes sortes d’idées de créations (il n’est cependant pas certain d’arriver à les réaliser…).
Le rythme de l’aventure de Donkey Kong Bananza se révèle être assez intéressant, puisque l’on peut faire le choix d’absolument tout explorer, quitte à passer plusieurs heures dans chaque strate, ou bien se concentrer sur l’histoire et se rendre uniquement à chaque point d’exclamation indiqué sur la carte. Si l’on a eu parfois une sensation de répétitivité dans les débuts de l’odyssée de DK et Pauline, elle a fini par se dissiper après avoir obtenu petit à petit les différentes Bananzas. En tant que partenaire de DK, Pauline va aussi servir de narratrice en commentant nos actions, comme la découverte de bananes ou de fossiles. Elle est aussi là pour encourager DK ou lui dire de faire une pause lorsque sa jauge de vie est presque à zéro. Les personnes les plus exigeantes en auront peut-être vite assez marre des commentaires de l’héroïne, mais ils sont peu envahissants et nombreux. On peut aussi choisir de désactiver les sous-titres des propos de Pauline dans les options pour éviter d’être trop déconcentré. Par ailleurs, on apprécie particulièrement le travail sur la localisation française, que l’on doit à Sylvain Gsell, Jean-Paul Hausmann et David Cuassèque pour la traduction, et Stéphane Zussy, Laurence Uhlen et Damien Brichard pour l’assurance qualité, qui n’ont pas hésité à renforcer l’humour qui transparaît dans cet épisode, notamment à travers des jeux de mots bien pensés.
En parlant des options, il existe le mode assistance (activé par défaut), qui indiquera pratiquement toujours la bonne direction à suivre. De plus, il réduit les dégâts subis de moitié par DK. C’est donc assez utile pour profiter au mieux de l’aventure principale, mais la difficulté va surtout résider dans le fait de tout terminer à 100 %. En effet, comme indiqué plus haut, il existe des défis qui permettent d’obtenir des cristaux de banandium. Les défis qui comprennent des batailles sont toujours assez faciles, mais les parcours peuvent être plus compliqués. Parfois, on s’est surpris à passer un peu trop de temps à comprendre comment terminer ou tel parcours, et surtout à trouver l’une des bananes. Dans chaque parcours, il est possible de récupérer trois cristaux de banandium, mais l’un d’eux est pratiquement toujours bien caché, et/ou demande d’élaborer une stratégie ou d’utiliser avec précision des compétences de DK. On peut beaucoup s’amuser à aller chercher toutes les bananes dorées dans ces défis, même si parfois, on peut perdre patience en ne sachant pas quoi faire pour les récupérer. En tout cas, ici, le mode assistance sera surtout utile pour éviter de subir trop de dégâts. Pour le reste, il ne donnera aucun indice sur la façon de terminer des défis ou de trouver les cristaux de banandium.
Pour revenir aux options, il faut savoir qu’elles permettent aussi de régler plusieurs paramètres pour la caméra. Il existe aussi une compatibilité avec les commandes par mouvements, qui servent à vise lorsque DK arrache par exemple des éléments de décor pour ensuite les projeter sur des cibles. On peut régler les axes, la vitesse des commandes ou encore les secousses de la caméra. Cependant, même en passant du temps à régler tout cela, on constate que le jeu a de légers soucis de caméra. Il y a eu plusieurs moments où l’on a fini par se perdre un peu dans le décor ou du moins à être légèrement déboussolé. Cela peut arriver fréquemment, surtout si l’on souhaite tout détruire sur notre passage. Le fait de proposer de détruire pratiquement tout est un avantage, cela peut même être terriblement fun, surtout après avoir amélioré certaines compétences, mais il y a aussi l’inconvénient de la caméra qui peut être assez gênant au début de l’aventure. Attention, cela ne gâche pas tout le jeu pour autant, mais on se demande parfois si cela aurait pu ou pourrait être amélioré.
D’un point de vue technique, Donkey Kong Bananza s’en sort aussi relativement bien, que ce soit en mode téléviseur ou en mode portable. Rien de bien surprenant, d’autant plus que cela avait déjà été constaté dans les différentes démos et les événements où le titre était jouable. Visuellement et artistiquement, le fait que l’aventure se déroule exclusivement dans un monde souterrain n’a absolument pas empêché les développeurs de libérer toute leur créativité. Au contraire, cela a visiblement permis de l’étendre, avec des décors étranges voire insoupçonnés quand on pense à des paysages souterrains. Évidemment, certaines strates rappellent des pays de Super Mario Odyssey ; les développeurs en ont parlé directement, en donnant l’exemple de la technologie voxel que l’on pouvait voir dans les pays des Neiges et de la Cuisine, mais Donkey Kong Bananza a véritablement sa propre identité. Elle arrive même à être couplée à de nombreuses références aux jeux Donkey Kong, sans trop les forcer, témoignant de l’amour porté pour la franchise par Nintendo EPD Tokyo. Elles sont musicales, visuelles, scénaristiques… En conséquence, les fans de longue date devraient être ravis du lot de surprises réservé par cet épisode.
Cela a fini par être confirmé seulement il y a quelques jours, mais Donkey Kong Bananza était évidemment développé à l’origine sur Switch, et a été ensuite transféré sur Switch 2. Cela peut se ressentir au niveau visuel ; certaines textures, par exemple, peuvent ressembler à ce que l’on trouve déjà sur Switch. Là où Donkey Kong Bananza peut impressionner, c’est notamment au niveau de sa résolution ou de sa fréquence d’images par rapport à des jeux Switch, ou encore par la présence de nombreux effets spéciaux et visuels, qui laissent imaginer ce dont on aura droit plus tard, lorsque les développeurs auront encore plus maîtrisé la bête. Le jeu est aussi quasiment fluide en toutes circonstances, sauf dans certaines zones, souvent assez spécifiques, et des combats de boss très chargés. Ce problème avait déjà été récemment remarqué et reconnu par Nintendo, notamment par l’un des réalisateurs, Kazuya Takahashi, un ancien employé de SEGA et Square Enix/Luminous Productions. Dans une interview, il parlait de la présence d’effets, comme les arrêts (ici appelés hit-stop ou slow-motion), qui soulignent l’impact des attaques. Il citait aussi l’utilisation de la technologie des voxels, qui implique de grands changements dans la destruction du décor, pouvant entraîner des soucis de performance. Ils sont évidemment regrettables, mais bien moins que des problèmes que l’on pouvait trouver sur de nombreux jeux sur Switch. Comme l’avait souligné Takahashi, Nintendo a fait le choix de prioriser le fun et le gameplay, plutôt que visiblement tout faire pour empêcher des problèmes de performance. Vu tout ce que l’on a pu faire dans le jeu, et le plaisir ressenti, on peut affirmer que c’est un mal pour un bien.
Explorer toutes les strates, trouver tous les fossiles, les cristaux de banandium et autres objets ou encore évidemment finir l’aventure principale demandent de passer de nombreuses heures sur le jeu. La durée de vie peut s’élever à une vingtaine d’heures rien que pour finir l’histoire, voire seulement une dizaine d’heures si l’on décide de se concentrer uniquement sur le fil rouge. Quant à la durée de vie totale, elle peut facilement dépasser la trentaine d’heures pour tout finir. Elle n’est en tout cas pas gonflée artificiellement par la complétion ou autre, puisque comme indiqué précédemment, chaque objet a son utilité. On dit évidemment tout cela en sachant que Donkey Kong Bananza fait partie des jeux Switch 2 aux tarifs les plus élevés (en France, il coûte officiellement 69,99 € en dématérialisé et 79,99 € en physique).
Avec autant de choses à faire et un prix qui paraît plus élevé, il convient aussi de revenir sur le développement, l’implication et le nombre de personnes assignées au projet. En décortiquant les crédits, on a constaté qu’un grand nombre de personnes ont travaillé sur la programmation, et encore plus sur l’art (terrain, PNJ, animation, ennemis, modélisation d’asset, illustrations…). En plus de la musique, Nintendo a aussi dû faire appel à plusieurs sound designers. Shigetoshi Gohara a dirigé le tout, aux côtés d’Hiroki Araya (sound design des ennemis et des boss), Nobuyoshi Suzuki (sound design de DK et la voix de Pauline), Juri Nakahra (sound design des PNJ et de leurs voix), Yu Shimazaki (sound design des objets et de l’interface), Nozomu Sakurai (sound design du terrain et des objets qui y sont reliés) et Nobuyuki Sakai (sound design des cinématiques). Mahito Yokota, qui est donc un vétéran de Nintendo, était aussi là pour gérer la production du son, aux côtés d’Atsushi Yamaguchi. Mais Donkey Kong Bananza n’est pas seulement le fruit du travail de Nintendo en interne : on a noté la présence de 19 autres sociétés externes qui ont aidé à la création de cet épisode. Parmi elles, il y a bien sûr 1-UP Studio, anciennement Brownie Brown, qui avait déjà travaillé sur Super Mario Odyssey, ou encore tri-Crescendo. Ce dernier travaille souvent en collaboration avec d’autres studios sur différents jeux, notamment des RPG comme les Baten Kaitos, Eternal Sonata, Blue Dragon : Awakened Shadow, Tales of Zestiria, Berseria et Arise ou encore SD Gundam Battle Alliance. Pour Nintendo, tri-Crescendo avait déjà aidé au développement de certains jeux dont Super Smash Bros. For 3DS & Wii U, Super Smash Bros. Ultimate ou encore Mario Sports Superstars.
Donkey Kong Bananza permet aussi de s’amuser encore plus grâce à son mode coopératif local, qui permet à une deuxième personne d’utiliser des attaques vocales effectuées par Pauline en utilisant un Joy-Con 2 en mode souris (le mode DK Artist n’est donc pas le seul à l’utiliser). Bien sûr, il y a aussi une compatibilité avec GameShare et GameChat. Enfin, c’est là aussi très secondaire, comme les activités énoncées plus haut, mais on trouve également une compatibilité amiibo. Les amiibo de la série Donkey Kong, dont la nouvelle figurine avec DK et Pauline qui permet de débloquer directement la robe de diva de Pauline (offrant en plus, le fait d’avoir deux fois plus de chances qu’un disque apparaisse en éliminant un ennemi), permettent de faire apparaître des lettres KONG dorées explosives, ce qui peut aider dans certains cas, tandis que tous les autres amiibo font apparaître des sphères géantes à utiliser également dans le jeu (mais qui sont moins utiles que les amiibo Donkey Kong, étant donné qu’elles ne sont pas explosives).
En finissant les activités dites « principales » qu’offrent Donkey Kong Bananza, on n’a pu que beaucoup apprécier le temps passé en compagnie de DK et son acolyte, qui n’est donc pas si nouvelle, mais qui permet de découvrir de nouvelles facettes de Pauline et même de voir comment elle évolue au cours de leur aventure. Peut-être que beaucoup de personnes finiront par regretter le fait que l’histoire manque d’impact ou qu’elle n’occupe pas une place plus importante dans le jeu, mais de notre côté, on a apprécié particulièrement les interactions entre les personnages, l’importance de la musique ou encore les références qui permettent en plus à ce nouveau jeu de Donkey Kong de créer une grande célébration du personnage et de la franchise, tout en offrant d’excellentes nouveautés.