Test de Little Nightmares III sur Nintendo Switch 2

En résumé

  • Sorties :
  • 10 Octobre 2025
  • 10 Octobre 2025
  • 10 Octobre 2025

L'avis de Skyward

Little Nightmares III est une suite parfaitement décente aux deux opus précédents, et on salue Supermassive Games pour ne pas avoir complètement saboté l’esprit de cet univers de Tarsier Studios. Difficile de croire qu’une nouvelle équipe a conçu le jeu tant les visuels et le ressenti sont similaires. On regrette en revanche un manque de charme et de cohérence dans l’univers, qui est cette fois un patchwork maladroit de tableaux plus qu’un monde cohérent au lore travaillé, sans doute dans le but de justifier un DLC. De plus, si on salue l’ouverture plus poussée au mode multijoueur, le jeu demeure dans un entre-deux curieux où il n’est totalement satisfaisant ni en solo, ni à deux. En revanche, on salue le travail fait sur l’accessibilité. Enfin, comme les deux jeux précédents, Little Nightmares III n’est pas très long et se finit en 6 à 8 heures grand maximum, ce qui rend le rapport qualité-prix (39,99 euros sur l’eShop pour la Switch 2) discutable.

Les plus

  • Une continuité solide avec les jeux précédents
  • Une série toujours aussi stressante
  • Certains tableaux superbes
  • De belles options d’accessibilité
  • Une ouverture vers le multijoueur

Les moins

  • Un manque de cohérence et de richesse dans l’univers présenté
  • Un mode multijoueur perfectible
  • Un rapport durée/prix moyen
  • Nintendo-Difference

    par Skyward

    le 11 novembre 2025 10:00

Little Nightmares III était bien parti pour ne jamais voir le jour. Tarsier Studios, à l’origine du développement des deux premiers jeux de la série, ne prévoyait absolument pas de continuer la série après la sortie du deuxième épisode en 2021, se concentrant sur de nouvelles franchises. Mais l’éditeur Bandai Namco Entertainment avait, quant à lui, souhaité que la saga continue. Les rênes ont donc été confiées à Supermassive Games, ayant une belle expertise dans le monde de l’horreur, étant à l’origine des jeux de la série The Dark Pictures Anthology, ainsi que d’Until Dawn et The Quarry. Supermassive Games avait déjà travaillé sur la saga Little Nightmares, ayant développé Little Nightmares II : Enhanced Edition sur PS5, Windows et Xbox Series. Le choix du nouveau studio n’est donc pas incohérent, mais on peut malgré tout douter de la volonté de confier un jeu avec une identité aussi forte et assumée à un autre studio que celui d’origine. Nous allons si le résultat est à la hauteur ou non.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.


Artwork de Little Nightmares III


Petit et seul


Dans Little Nightmares III, on incarne deux enfants, Low et Alone, qui semblent voyager depuis déjà un bout de temps dans la Spirale, un ensemble de mondes horrifiques interconnectés par des miroirs, à la recherche d’un portail de sortie. Là où le premier jeu n’avait qu’une protagoniste, et le deuxième un héros principal accompagné pendant un moment par l’héroïne du premier jeu (étant donné que c’était une préquelle), dans Little Nightmares III, les petits compagnons affrontent tous les monstres du jeu en binôme. Le joueur a d’ailleurs la possibilité de choisir lequel des deux incarner, le second étant mû par une IA ou par un ami si on choisit le mode multijoueur.



Une belle imitation


Le monde de Little Nightmares III n’est pas dépaysant, malgré le changement de studio. On retrouve exactement la même esthétique, des monstres similaires aux visages terrifiants, des graphismes réminiscents des deux premiers opus. Les développeurs de Supermassive Games ont fait un excellent travail pour que la transition se fasse de la façon la plus délicate possible. Les mondes que l’on parcourt sont stressants, terrifiants, et Low et Alone paraissent plus démunis que jamais face aux entités qui habitent ces dimensions. Dans l’ensemble, on retrouve les mêmes sensations que dans les jeux précédents. On reprochera en revanche deux aspects qui affaiblissent ce troisième épisode. Premièrement, bien qu’il y ait des moments d’horreur solides, aucune phase ne se rapproche, en termes de stress et de peur, de certains passages des jeux précédents, comme la course-poursuite au restaurant du premier jeu ou la maîtresse à la tête serpentine dans le second.


Image de Little Nightmares III


Un monde sans queue ni tête


L’autre problème de Little Nightmares III est sa thématisation, qui manque de cohérence et de cohésion. Dans le premier jeu, tout se passait à bord d’un bateau, structure immense dans laquelle on évoluait petit à petit jusqu’à comprendre les enjeux de cet univers : c’était un huis clos angoissant. Le deuxième jeu se concentrait sur le thème de la ville, le héros parcourant plusieurs lieux synonymes d’angoisse urbaine chez les enfants, comme l’école ou l’hôpital. Le troisième jeu est un patchwork un peu maladroit en comparaison. Bien que certains tableaux, comme la fête foraine, soient absolument terrifiants et fabuleux, les niveaux n’ont en apparence pas de cohérence entre eux. On passe d’une nécropole habitée par un poupon géant à une usine de sucettes glauque, avant de traverser un cirque et de se perdre dans un institut. On passe d’un lieu à l’autre par des sauts de miroirs, et il n’y a donc pas réellement de continuité. Ce choix semble cohérent avec le fait qu’un futur DLC permettra de parcourir de nouveaux mondes, mais l’univers en pâtit un peu.


Image de Little Nightmares III


De la continuité


Concernant le gameplay, il y a une continuité avec ce qui existait précédemment, complétée de quelques ajouts bienvenus, mais aussi d’une faiblesse due au choix de rendre le jeu compatible multijoueur. Comme dans les opus précédents, Low et Alone doivent faire preuve de sagesse et d’adresse pour parcourir les terrifiants tableaux dans lesquels ils sont plongés. Le jeu alterne entre des phases de gameplay plus « calmes », où il faut réfléchir et résoudre quelques énigmes simples, consistant souvent à transporter des objets d’un point A à un point B, des phases d’infiltration où il faut tout faire pour éviter de se faire repérer par des entités, et des phases de course-poursuite horrifiques où il faut réussir à échapper à ces créatures lancées contre les enfants à toute berzingue.


Image de Little Nightmares III


Mais aussi des nouveautés


Nouveauté cependant : les deux enfants possèdent chacun un outil spécifique, ce qui les rend complémentaires et nécessite une coopération tout au long du jeu. Low possède un arc permettant d’activer certains interrupteurs, Alone une gigantesque clé à molette permettant de briser les objets fragiles. En mode solo, l’enfant que l’on n’incarne pas est dirigé par une IA qui exécute les mouvements nécessaires. Si l’IA n’est sincèrement pas mauvaise et fonctionne toujours bien, on a quand même la sensation étrange de faire une aventure qui n’était pas vraiment pensée pour être jouée en solo. Pourtant, lorsqu’on joue en multijoueur, ce qui est possible gratuitement pour les amis grâce au téléchargement d’un Pass d’amitié, l’expérience n’est pas beaucoup plus satisfaisante, étant donné que les interactions entre les deux petits héros sont souvent assez simples et ne nécessitent pas de coopération poussée à la Split Fiction. On est donc dans un entre-deux étrange qui, s’il n’est pas fondamentalement raté, n’est pas non plus totalement satisfaisant. On salue en revanche le travail fait sur l’accessibilité. Il est possible de changer la police pour une police plus adaptée aux personnes atteintes de dyslexie, de modifier la luminosité, de rendre plus facilement visibles les objets avec lesquels on peut interagir, etc.


Image de Little Nightmares III


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