Test de Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection sur Nintendo Switch 2

En résumé

  • Sorties :
  • 13 Mars 2026
  • 13 Mars 2026
  • 13 Mars 2026

L'avis de Klaus

Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection parvient à s'imposer comme une véritable alternative à la longue série de Capcom qui fête cette année ses 22 ans, mais aussi parmi tous les RPG de capture ou collection de monstres. Avec son cadre qui lui permet d'être compris et apprécié sans avoir joué aux autres Stories, Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection devient plutôt accessible, mais il reste important de noter que cet épisode offre beaucoup de challenge par le biais de ses combats contre des boss très puissants en dehors de l'aventure principale. C'est aussi l'un des atouts de ce RPG, puisque les personnes qui recherchent de la difficulté dans les combats d'un jeu de genre trouveront ici un excellent moyen de se surpasser tout en se plongeant dans des mécaniques qui peuvent paraître plus profondes qu'il n'y paraît. Les problèmes de performance et concessions techniques soulevés avec la version Nintendo Switch 2, qui suscitaient de l'inquiétude durant les premières heures de jeu, n'empêchent finalement pas de la considérer comme une solide recommandation, bien que les plus exigeants préfèreront certainement se tourner vers les versions PlayStation 5, Xbox Series et PC, qui sont évidemment plus puissantes qu'une mouture hybride. Dans tous les cas, Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection est à la fois un excellent épisode de la saga dérivée, mais aussi un RPG marquant grâce à ses mécaniques profondes, couplées à une mise en scène très réussie pour une intrigue qui, certes, montre ses limites, mais qui saura toucher à la fois les fans et les personnes qui découvriront les Stories, voire Monster Hunter dans son ensemble, pour la première fois. Et comme le dit si bien Rudy : « Encore une victoire pour les gentils ! »

Les plus

  • Une boucle de gameplay passionnante et addictive
  • Un bestiaire varié et bien exploité
  • Des thèmes de combat très réussis
  • Une localisation française soignée
  • Le traitement du ou de la protagoniste dans cet épisode
  • Le développement de chaque personnage important
  • Une durée de vie très copieuse
  • Des améliorations et nouveautés efficaces
  • Du challenge avec les monstres invasifs et les dragons anciens calamiteux
  • Une intrigue intéressante...

Les moins

  • ... mais qui aurait pu aller un peu plus loin
  • Les performances en dents de scie sur Switch 2
  • La répétitivité des histoires secondaires des personnages
  • La longueur et la difficulté de certains affrontements peuvent rebuter
  • Nintendo-Difference

    par Klaus

    le 13 mars 2026 8:00

À l’instar de franchises populaires et bien installées depuis une vingtaine voire une trentaine d’années, Monster Hunter s’est aussi décliné en jeux dérivés, comme Monster Hunter Diary, Monster Hunter Puzzles : Felyne Isles, Monster Hunter Explore, Monster Hunter Now ou encore Monster Hunter Stories. Ce dernier a donné naissance à une véritable saga à part entière chez Capcom, après un premier épisode sur Nintendo 3DS et une adaptation en anime. Dix ans plus tard, Capcom continue de la faire vivre avec un tout nouveau jeu, Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection. Dans la continuité des épisodes précédents, ce volet poursuit le concept de se lier d’amitié avec les monstres, ici appelés Monsties, et de coexister avec eux, plutôt que de les chasser. Cette approche a aussi un impact sur le gameplay où les combats se déroulent au tour par tour, se débarrassant ainsi du genre de l’action RPG de la série principale. Évidemment, on peut se dire que conserver le titre Monster Hunter entre en totale contradiction avec les jeux, puisque dans les Stories, on ne chasse pas les monstres. Certes, on doit les combattre, mais il n’est pas question de chercher à les tuer. Au contraire, dans Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection, il faut sauver les espèces en voie d’extinction et restaurer les habitats de tous les Monsties. Sur le papier, on pourrait donc croire que cet épisode ne fait que reprendre ce qui fonctionnait avec les épisodes, mais comme on le soulignait dans notre preview, Capcom nous ayant donné l’opportunité d’essayer longuement la version Nintendo Switch 2, il va au-delà avec un cadre et un protagoniste bien différents. De plus, ce jeu sortant plusieurs années après Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin, cela a été l’occasion pour les développeurs de reprendre des éléments des derniers jeux principaux, Rise et Wilds. Il y avait donc de quoi rendre ce nouveau volet encore plus rafraîchissant et différent des autres épisodes. Après nos premières impressions qui s’avéraient plutôt encourageantes malgré quelques inquiétudes liées aux performances de la version Nintendo Switch 2, il est temps d’offrir notre verdict complet. Comme pour la preview, toutes les images de ce test proviennent de notre partie exclusivement sur Nintendo Switch 2.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.



Restaurez-les tous


Après la preview du jeu, il nous a donc été possible de jouer longuement à Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection et de découvrir toutes ses facettes, que ce soit au niveau de l’histoire, des nouveautés liées au gameplay, des personnages et de tout un tas d’éléments du jeu. Il était déjà clair qu’avec la démo du jeu, qui comprend une grande partie du début de l’aventure, ce nouvel épisode promettait d’être copieux, grâce à ses mécaniques et son système de combat profonds, le tout couplé au scénario, aux histoires secondaires et aux quêtes. Cela donnait véritablement un bon aperçu de la nouvelle aventure concoctée par une équipe qui reprend certains membres clés des épisodes précédents, qui se sont également alliés à de nouvelles têtes. Dès le début du jeu, on ne peut que souligner un point positif : la cinématique d’introduction, en plus de présenter une mise en scène particulièrement soignée, liste une bonne partie des personnes impliquées dans le développement. Au-delà de l’importance de créditer très tôt les personnes derrière une Å“uvre, cette séquence dégage une certaine fierté de la part de l’équipe, montrant son savoir-faire et les évolutions qui ont pu être effectuées par rapport au jeu précédent.



Si la preview publiée sur Nintendo-Difference en février dernier s’avérait majoritairement positive, il était difficile d’oublier ou de simplement mettre de côté les problèmes relevés avec la version Nintendo Switch 2. Ce sont les mêmes que ceux qui ont pu être aussi soulignés par les joueurs et joueuses qui ont essayé la démo, à savoir un taux d’images par seconde instable, ou encore des graphismes assez flous, surtout en mode portable. Sur Switch 2, Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection ne propose pas de modes ou d’options permettant de paramétrer la performance, contrairement à d’autres jeux. Il est, par exemple, impossible de choisir un mode qui se concentre sur les performances, ce qui permettrait d’avoir un taux d’images par seconde fixe. À l’heure actuelle, il se situe généralement à 30 images par seconde, mais cela peut clairement varier en fonction de la zone explorée, des combats, des cinématiques ou d’autres situations. Le jeu va donc « souffrir » particulièrement dans les zones très chargées, comme les villes, qui ont le mérite d’être plutôt vivantes, avec de nombreux personnages qui se déplacent ou à qui on peut parler. À l’inverse, durant les combats, il n’y a pratiquement rien à signaler en dehors des soucis liés aux graphismes, principalement en mode portable. On conseille alors de plutôt jouer en mode TV. Précédemment, on conseillait alors de paramétrer la vitesse de la caméra. Cela n’est pas non plus un miracle, mais de cette façon, les problèmes liés à la version Switch 2, comme les ralentissements, sont moins visibles.



Les problèmes de performances vont donc surtout se situer dans les zones plus « ouvertes », comme les zones entièrement explorables et les villes. Comme cela avait aussi été souligné dans la preview, des textures peuvent mettre un peu de temps à charger et un effet de flou légèrement gênant se remarque dans les endroits éloignés. En ayant joué plus longtemps, ces soucis sont toujours visibles, et on se demande toujours s’ils peuvent être rectifiés et corrigés par le biais d’une ou plusieurs mises à jour. Étant donné qu’ils sont soulevés depuis la sortie de la démo, on peut espérer que Capcom fournisse des améliorations dans les jours à venir. Toutefois, après de longues sessions de jeu avec la version Nintendo Switch 2, il s’avère que finalement, on peut très bien arriver à s’habituer à ce portage et cela n’a plus beaucoup d’impact sur l’appréciation que l’on peut avoir. Y compris en mode portable, l’expérience reste tout de même assez agréable, bien que l’on conseille toujours de plutôt jouer principalement en mode TV. C’est aussi pour mettre en avant le fait que le jeu dispose de grands décors à admirer, notamment grâce à la possibilité d’explorer chaque zone de différentes façons grâce aux Monsties utilisés comme montures. Certains peuvent voler, d’autres escalader ou bien nager. Après plusieurs heures de jeu, on débloque de plus en plus de Monsties, dont notamment les Canynes de Monster Hunter Rise. En plus de pouvoir escalader, ils se déplacent aussi bien plus vite, ce qui rend l’exploration encore plus agréable. Cela ne va pas non plus très loin, puisque dans chaque zone, il est souvent nécessaire de voler pour atteindre certains lieux ; on ne peut donc pas tout explorer à dos de Canyne, bien que cela reste un sérieux avantage et permette de moins remarquer les problèmes de la version Nintendo Switch 2.



Il est intéressant de voir comment le jeu permet d’interagir avec ce que l’on trouve dans chaque zone. Par exemple, on peut attaquer directement les monstres sur le terrain. Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection automatise certains aspects, comme la puissance de notre personnage et de nos Monsties face aux adversaires. Lorsque l’on attaque une créature directement sur le terrain avec le bouton B, soit un combat se déclenche automatiquement, soit le monstre est vaincu instantanément, ce qui permet de récupérer des matériaux. Cette technique ne fonctionne pas contre des ennemis plus puissants que nous, ceux qui n’ont pas encore été affrontés, ou bien évidemment les boss et les monstres qui doivent être vaincus dans le cadre des quêtes. Par ailleurs, si un combat est déclenché, il est possible d’infliger un coup de grâce aux ennemis moins puissants que nous ou du moins déjà vaincus auparavant. Cela « sauve » pratiquement en grande partie le jeu, puisqu’il faut savoir que les affrontements peuvent durer assez longtemps. Cela n’est pas forcément lié au genre de ce RPG, qui comprend des combats exclusivement au tour par tour, mais plutôt aux mécaniques reliées à la série. Il peut être souvent très important d’élaborer des stratégies, de choisir le bon timing pour attaquer ou se défendre, d’utiliser les bonnes capacités ou armes, ou encore de toucher précisément une faiblesse de l’ennemi. Cela peut donc donner lieu à des combats qui peuvent paraître interminables. Ainsi, le coup de grâce devient une excellente mécanique.


 


Le coup de grâce a d’autres avantages, puisqu’au début du combat, on peut être intéressé par le fait de vouloir que le Monstie que l’on affronte se replie. En effet, dans cette saga dérivée de la série principale, l’une des grandes mécaniques est de récolter les Å“ufs des Monsties dans des tanières. Celles-ci ont plusieurs niveaux de rareté et peuvent, soit se trouver simplement sur le terrain, soit apparaître après qu’un monstre décide de se replier à la fin d’un combat. Toutefois, il n’arrive pas toujours qu’un Monstie choisisse de se replier après avoir été vaincu. Pour maximiser les chances, il existe un objet que l’on peut lancer à l’adversaire : le marqueur. C’est là que le coup de grâce peut également entrer en jeu. Après avoir lancé un marqueur au début de l’affrontement, il suffit d’attendre que le tour se termine pour ensuite utiliser un coup de grâce, ce qui termine le combat instantanément et amène le Monstie à se replier.



Au début du jeu, on peut être légèrement perdu avec tous les éléments de gameplay à prendre en compte, surtout si l’on découvre pour la première fois de la série. Toutefois, Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection a le mérite d’expliquer clairement chaque aspect avec précision et de façon très compréhensible. Par ailleurs, comme cela avait été souligné dans notre preview, le jeu le fait aussi intelligemment : étant donné que le personnage que l’on incarne est déjà très compétent, il n’a plus rien à apprendre et pour présenter les mécaniques importantes, il va souvent s’adresser à une apprentie Ranger, Thea. Cela nous donne donc l’occasion de découvrir chaque aspect du jeu ou du moins de mieux les assimiler en même temps qu’elle. Après avoir fait de longues sessions, il s’avère que la boucle de gameplay est particulièrement passionnante et addictive. On se met à apprécier le fait d’affronter les Monsties, récupérer leurs Å“ufs pour ensuite les faire éclore, restaurer les habitats en relâchant les Monsties ainsi obtenus pour ensuite en obtenir avec un meilleur rang, de nouveaux types, de nouvelles couleurs, jusqu’à pouvoir affronter d’autres monstres encore plus puissants et ainsi de suite. Cela s’ajoute au rite de transmission, qui permet de transmettre des gènes, autrement dit des capacités, appartenant à des Monsties vers d’autres Monsties. Ainsi, ils deviennent encore plus forts.



Toutes ces mécaniques sont à la fois profondes et faciles à comprendre. Toutefois, le titre conserve une certaine complexité, à la hauteur de la réputation de la série Monster Hunter dans son ensemble, qui pourrait rebuter certaines personnes, notamment face à la longueur et la difficulté de certains affrontements, comme ceux contre les monstres invasifs où il est important de savoir toucher les bonnes faiblesses et d’utiliser un type spécifique de Monstie ainsi que les bonnes armes. Car en plus des Monsties, ici, le ou la protagoniste peut également se battre. Il ou elle a accès à tout un arsenal d’armes à forger après avoir vaincu certains monstres. De même, de nombreuses armures sont disponibles. Chaque arme et chaque armure dispose d’un élément (feu, eau, foudre, glace ou dragon), de statistiques et d’un ou de plusieurs joyaux à équiper ou déjà équipés. Bien que les véritables vedettes du jeu soient les Monsties, les capacités du ou de la protagoniste ont une grande importance et peuvent renverser le cours d’une bataille, ou du moins lui permettre de survivre suffisamment longtemps. Durant l’histoire, il s’avère que, si l’on prend le temps de faire des quêtes, d’aller à la rencontre de nombreux Monsties et de faire quelques séances de « leveling », les combats ne sont pas bien difficiles, même si l’on n’adopte pas les bonnes stratégies pour vaincre les boss les plus forts. La véritable difficulté réside dans les affrontements contre des boss très puissants, à savoir les monstres invasifs et furieux ainsi que les dragons anciens calamiteux, qui apparaissent assez tôt dans l’aventure. Les experts ou les plus tenaces ont pu le remarquer dans la démo avec le Namielle. Ils ne sont pas non plus insurmontables, mais ils peuvent demander beaucoup de préparation et d’essais. C’est ici que tous les éléments importants, comme la restauration d’habitant, le rite de transmission, la complétion des histoires secondaires et des quêtes, la nécessité d’équiper les bonnes armes et armures, entrent véritablement en jeu. C’est aussi l’une des grandes forces de Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection, mais la longueur des combats contre ces ennemis et leur complexité pourra rebuter. Par ailleurs, il n’est pas possible de paramétrer la difficulté. Cela n’est pas non plus un problème, puisqu’on peut ainsi être poussé à se dépasser et à découvrir la profondeur de toutes les mécaniques du jeu.



Comme son nom l’indique, la saga des Monster Hunter Stories met l’accent sur l’histoire. Cela constitue donc l’un de ses attraits par rapport aux épisodes de la série principale. Ici, le scénario a été pensé pour un public plus âgé d’après le réalisateur, Kenji Oguro, comme nous l’avions abordé dans la preview ainsi que dans un article traitant du développement. On peut donc penser logiquement que l’équipe à l’origine du jeu sait que les fans ont grandi au fil des épisodes et qu’ils continuent donc à s’intéresser à la série. Toutefois, plutôt que d’offrir une suite directe de Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin, il a été décidé de créer un volet que même les personnes qui n’ont jamais joué à un Monster Hunter Stories vont pouvoir profiter. Cela ne signifie pas pour autant que le jeu se détache complètement de l’histoire entamée avec les titres précédents, puisque l’univers de la saga est conservé. En effet, il s’agit tout de même d’une suite, mais qui se déroule 200 ans après les événements du jeu précédent. De cette façon, le scénario, écrit par Megumi Shimizu de la société storyriders (qui était déjà à l’Å“uvre sur les autres Monster Hunter Stories), Dai Sato de la même entreprise (au sein de laquelle il avait supervisé le scénario des deux premiers jeux) et Tomoyuki Hosokawa (lui aussi scénariste sur les deux premiers titres), peut être compris par les personnes qui découvriront la saga avec cet épisode, tandis que les fans pourront trouver des références.



En voulant s’adresser à un public plus âgé, on pense forcément au traitement du ou de la protagoniste dans l’aventure. C’est justement l’une des nouveautés de cet épisode, au point que l’on peut la considérer comme l’une des plus importantes. En effet, bien qu’il ou elle soit personnalisable, notre avatar se met enfin à parler dans Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection, ce qui n’était pas le cas dans les autres jeux. Il ou elle participe directement à l’histoire et a une grande importance. Bien qu’il ou elle soit personnalisable (couleur de peau, visage, yeux, cheveux, accessoires, tenue indépendamment de l’armure équipée, costumes en DLC ou en bonus de données de sauvegarde grâce aux autres jeux Monster Hunter), ce qui permet éventuellement de s’identifier à lui ou elle, l’avatar a son propre passé et son développement que l’on découvrira tout au long de l’aventure. S’il s’agissait déjà d’un point positif au début de l’histoire, cela ne fait que se confirmer et se bonifier par la suite. On apprécie son intégration et son importance dans le scénario, ainsi que sa maturité. Il est aussi intéressant de noter que, bien que son nom de base soit Leo ou Leia en fonction de la version choisie, il est également possible de choisir son nom. Cela n’a pas d’impact réel dans l’histoire, puisqu’étant donné qu’il s’agit d’un prince ou d’une princesse, les personnages peuvent s’adresser à lui ou elle sans mentionner son nom, en l’appelant par exemple tout simplement « Votre Altesse ».



Le fait de découvrir l’aventure d’un ou d’une protagoniste qui peut parler n’est pas non plus une approche moderne ou renversante, mais dans le cas de la saga de Monster Hunter Stories, c’est donc une véritable avancée, ou du moins une nouveauté efficace. Proposer un protagoniste qui ne parle pas n’est pas non plus un défaut, des jeux peuvent devenir intéressants en gardant cet aspect grâce à la personnalisation et à la possibilité de faire des choix. Mais ici, cela ne semblait donc pas convenir à Capcom, qui a préféré changer la formule. Du côté des autres personnages, on a ici un RPG assez classique où le ou la protagoniste a, à ses côtés, un groupe de personnages. Chacun est accompagné d’un Monstie et a une arme avec des talents actifs et passifs ainsi qu’une armure fixe. Il est impossible de les personnaliser, mais en terminant leurs histoires secondaires qui se débloquent en avançant dans l’aventure principale, les Monsties évoluent, tandis que les personnages obtiennent de nouveaux talents. Par exemple, l’héroïne Eleanor peut cuisiner de nouveaux plats qui offrent des avantages temporaires intéressants au cours du jeu, comme l’augmentation des points d’expérience. D’ailleurs, à chaque plat cuisiné, en plus d’une petite animation sophistiquée, le jeu dévoile à chaque fois une sublime illustration qui saura donner l’eau à la bouche aux plus gourmands.



En plus du ou de la protagoniste, les autres personnages du groupe ont également droit à leur propre développement. Comme indiqué juste avant, chacun a aussi une histoire secondaire qui se décompose en plusieurs chapitres. Ces derniers se débloquent donc à mesure que l’on avance dans l’aventure principale, et on peut choisir de les suivre immédiatement après y avoir accès. On peut également choisir de les ignorer, mais ce serait prendre le risque de ne pas débloquer les évolutions des Monsties et les nouveaux talents des personnages. Beaucoup préféreront donc prendre le temps de profiter de chaque histoire secondaire, ce qui permettra aussi de souffler un peu avant de reprendre l’aventure principale, mais aussi de devenir plus fort de façon plus « naturelle ». En effet, dans une approche un peu moins moderne que d’autres RPG de ces dernières années, il peut être judicieux de prendre le temps d’augmenter le niveau de notre personnage et des Monsties pour éviter les complications durant l’aventure et les affrontements les plus difficiles. Cela peut aussi être purement et simplement une solution pour éviter d’avoir trop de fil à retordre durant l’histoire, puisque l’on devra souvent faire face à des ennemis assez puissants, bien que la véritable difficulté réside dans des batailles pouvant être particulièrement difficiles contre les monstres furieux et les dragons anciens calamiteux. Ce qui est cependant regrettable avec les histoires secondaires, c’est qu’elles suivent toujours une même structure (par exemple, le fait de réunir des ingrédients pour cuisiner de nouveaux plats avec Eleanor ou de trouver puis affronter un ennemi inconnu avec Ogden), et deviennent ainsi assez répétitives. Alors que l’on espère à chaque fois qu’elles seront différentes, même avec le même personnage, on devra souvent faire la même chose. Toutefois, chaque histoire secondaire permet d’en savoir plus sur les personnages, leur passé, ce qui est un point positif.



Le pouvoir de l’amitié à son paroxysme


Par rapport aux épisodes précédents, Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection propose aussi une intrigue plus mature par le biais du conflit entre les nations d’Azuria et Vermeil. Toutefois, bien que cet historique politique fasse partie intégrante du début de l’histoire, il finira par se dissiper jusqu’à reprendre bien plus tard, ce qui donne parfois l’impression qu’il a été mis de côté pour mettre l’accent sur d’autres thèmes. En soi, cela n’est pas vraiment un problème puisque le jeu explore différents sujets tournant autour des monstres et aborde plusieurs mystères qui donnent envie de continuer pour en savoir plus et les résoudre, mais le grand potentiel de l’histoire s’effrite quelque peu, le jeu préférant donc réserver toutes les surprises et les grands rebondissements à la fin de l’aventure. De façon générale, le scénario reste tout de même intéressant, et durant les cinématiques, la mise en scène est systématiquement réussie. Dans la preview, on le mettait aussi en avant, puisque cette maîtrise de la mise en scène se voit dès la première cinématique. Que ce soit en termes de chorégraphie avec les monstres, de moments émotionnels entre les personnages et leurs Monsties, ou de révélations, Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection parvient à nous captiver. Cela est également dû au travail effectué par des équipes externes, Capcom s’étant associé par exemple à Silicon Studio et Graphinica. On peut là aussi mentionner le travail au niveau des musiques. Yuko Miyata et Kodai Ikeda, qui travaillent chez Capcom depuis maintenant quelques années, ont su offrir une bande-son soignée, notamment à travers des thèmes de combat plus que réussis. Les morceaux qui accompagnent l’exploration des zones sont cependant bien plus discrets, le jeu mettant plutôt l’accent sur l’ambiance, les bruitages et les cris des monstres, notamment pour signifier que l’on approche du territoire d’un monstre invasif ou furieux.



Là où Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection constitue une grande réussite, c’est aussi par le biais de son bestiaire. Malgré des inquiétudes que l’on peut soulever en constatant que certains monstres peuvent revenir régulièrement au fil des zones explorées, et que certains d’entre eux ont déjà été aperçus puisque les membres de l’équipe en ont déjà, il s’avère très varié et la direction artistique plutôt différente des épisodes de la série principale ne signifie pas que le design des monstres est finalement plus « édulcoré ». Le jeu leur rend véritablement hommage, non seulement au niveau de leur modélisation, mais aussi par rapport à leurs comportements et même à leurs thèmes de combat pour certains d’entre eux. L’idéal est de plonger dans le jeu sans savoir quels monstres des autres jeux reviennent, mais il est intéressant de voir comment cet épisode dérivé parvient à réunir des créatures apparues dans des volets de la série principale, y compris de Rise et de Wilds.



Le système de combat est aussi, et heureusement, l’une des grandes réussites de cet épisode, et combine les bases de la saga entamée sur 3DS avec des nouveautés bien pensées. Toujours au tour par tour, les combats reposent sur un principe pierre-feuille-ciseaux. Trois types d’attaques peuvent être utilisés : Force, Technique et Vitesse, chacun avec son atout et une faiblesse ayant un impact sur le déroulement des duels qui ont lieu au cours de chaque combat, à moins que l’on choisisse d’enchaîner les coups de grâce. Les dégâts sont donc plus ou moins importants en fonction du Monstie et des armes utilisés. Le jeu dispose aussi d’une fonction importante mettant en scène l’amitié entre le Monstie et son partenaire, avec une jauge à remplir au cours de la bataille. En arrivant à la remplir suffisamment, on pourra déclencher des talents d’amitié très puissants et même des ruées synchronisées avec le compagnon et son Monstie. En effet, à chaque combat, on est accompagné de l’un des personnages du groupe que l’on peut changer à partir du menu. Il sera toujours accompagné de son Monstie de prédilection, tandis que de notre côté, l’avatar dispose d’une équipe de six Monsties que l’on peut changer aux campements. Tous les Monsties et chaque personnage montent de niveau, hormis les monstres qui ne figurent pas dans l’équipe. Une approche qui rappelle donc d’autres séries comme Pokémon, mais avec des éléments bien différents par le biais de tout un tas de mécaniques comme l’éclosion des Å“ufs. Par exemple, des Monsties avec un rang suffisamment important peuvent éclore avec un niveau déjà assez avancé, ce qui évite de refaire du leveling avec eux. Par ailleurs, on peut cuisiner des plats très facilement pour obtenir davantage de points d’expérience. Tout est pensé pour que l’on évite d’en avoir marre de cette boucle de gameplay très consistante et qui nécessite beaucoup de préparatifs.



En plus des talents des Monsties et de notre personnage, il faut également prendre en compte d’autres éléments durant les combats, comme les parties des monstres que l’on peut le plus souvent choisir. Elles peuvent permettre de trouver les points faibles de l’adversaire et d’épuiser leur jauge d’âme de wyverne. Un élément essentiel à prendre en compte, surtout pour les affrontements contre les boss les plus forts du jeu qui ont la capacité de se transformer et d’utiliser des capacités surpuissantes. C’est après plusieurs longues heures de jeu que l’on découvre la véritable profondeur des combats et que l’on fera encore plus attention à ne pas perdre de CÅ“urs. En effet, lorsqu’un personnage ou un Monstie perd tous ses PV, il perd un cÅ“ur, chacun en ayant trois pour un total de 12 CÅ“urs à chaque combat. Si un personnage ou un monstre perd tous ses CÅ“urs, c’est le game over. Les compagnons, qui sont toujours gérés par ordinateur, peuvent parfois nous donner des CÅ“urs, tandis que de notre côté, on peut également en récupérer grâce aux essences vitalité. Les objets peuvent avoir leur importance durant les combats, mais il faut là aussi faire attention à leur utilisation puisque leur utilisation nécessite d’effectuer un tour, où un monstre peut donc pendant ce temps accumuler de la puissance pour infliger de sérieux dégâts au prochain tour.



La profondeur de Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection peut être assez intimidante, mais une fois que l’on a bien appris à maîtriser chaque aspect important du jeu, on prend beaucoup de plaisir durant chaque phase d’exploration et de combat, en collectant des Å“ufs dans les tanières ou en restaurant les habitats. Dit comme cela, collecter des Å“ufs ne donne peut-être pas forcément envie, mais c’est une mécanique très intéressante et amusante. C’est aussi intéressant de constater comment cet aspect n’est jamais vraiment très répétitif. À chaque entrée dans la tanière, le Felyne « star » de cet épisode, Rudy, se mettra parfois à intervenir pour indiquer s’il y a beaucoup d’objets ou de matériaux à récupérer en plus des Å“ufs. Parfois, il y aura des Å“ufs à récupérer à deux endroits différents, ce qui sera ensuite plutôt pratique pour la restauration d’habitat. Mais en récupérant des Å“ufs, il faudra parfois, voire toujours, faire attention au monstre de la tanière qui pourra arriver si l’on prend trop de temps à choisir l’Å“uf. Cela peut même devenir un peu stressant, sans que l’on ressente non plus beaucoup de frustration. Il faut tout de même faire bien attention, car les monstres des tanières sont plus puissants qu’à l’accoutumée, bien décidés à récupérer leurs Å“ufs s’ils voient que quelqu’un essaye de les leur dérober.



Cela n’est pas forcément un défaut, mais Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection donne parfois l’impression d’osciller entre mécaniques d’un autre temps et éléments modernes. Citons par exemple le système de sauvegarde. Si le jeu embarque bien une fonction de sauvegarde automatique, évitant ainsi les mauvaises surprises si l’on quitte brusquement le jeu, il ne comprend pas de sauvegarde manuelle à tout moment. Pour sauvegarder manuellement, il faut atteindre des points de charavane, qui permettent aussi d’attendre le jour et la nuit, le jeu devenant différent en fonction du moment de la journée, faisant ainsi apparaître par exemple les dragons anciens calamiteux. Autre aspect « vieillot » du jeu : l’impossibilité d’explorer librement le monde entier d’une seule traite, puisqu’on fera souvent face à des murs invisibles entre chaque zone. Pour voyager de zone en zone, il n’y aura donc pas d’autre choix que de se téléporter, ce qui n’est pas vraiment un problème, mais on ne peut donc que s’empêcher de remarquer les limites du jeu, malgré le fait que son monde soit très vaste. Heureusement, cela ne se répercute pas non plus sur la carte et l’exploration, deux aspects qui sont ici très réussis. Néanmoins, il est regrettable de noter que le problème des cinématiques qui ne s’arrêtent pas en revenant à l’accueil de la console n’a pas été réglé depuis la démo. En effet, si l’on revient au menu de la Switch 2 pendant une cinématique, et que l’on retourne au jeu quelques secondes après, la cinématique s’est poursuivie sans notre intervention. Dans d’autres moments, le jeu se met « en pause » automatiquement en ouvrant le menu. Il n’y a plus qu’à espérer que Capcom fournisse un correctif assez rapidement. À noter que si l’on rate une cinématique, il reste possible de la revoir grâce au coffre situé dans chaque base du jeu.



Toutes les qualités de Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection s’ajoutent à d’autres éléments très appréciables, comme la durée de vie et la localisation française très soignée. Avec tous les Monsties à entraîner, les Å“ufs à collecter, les boss très puissants à affronter, l’histoire et les quêtes, il y a donc sérieusement de quoi faire dans ce nouvel épisode. Dans une interview, Oguro déclarait qu’il est possible de terminer l’histoire principale en 30 heures, mais le producteur exécutif, Ryozo Tsujimoto, précisait que cela pouvait être difficile. Effectivement, si l’on n’arrive pas à utiliser les bonnes stratégies contre les boss, en étant peu entraîné et avec un niveau assez bas, la progression peut vite devenir compliquée et on préfèrera prendre le temps de terminer des quêtes ou de restaurer les habitats de nombreux Monsties. De façon générale, on peut donc considérer, comme l’avait dit Tsujimoto, que l’aventure principale peut se terminer entre 40 et 50 heures. Mais à côté, il y aura tellement à faire que la durée de vie peut facilement dépasser la centaine d’heures. Cela permet aussi de mieux comprendre pourquoi les développeurs ont cette fois-ci décidé de se débarrasser des fonctions en ligne des deux épisodes précédents. Ici, l’aventure est purement solo, ce qui peut évidemment décevoir les personnes qui avaient apprécié les affrontements en ligne, mais avec la quantité de contenu dans ce nouveau volet, on ne peut pas vraiment s’en plaindre. Dans la lignée des autres jeux, la traduction française est également impeccable et devait représenter un vrai défi avec la quantité de termes à traduire et à prendre en compte à partir des anciens épisodes. Après mûre réflexion à la suite de ces longues sessions de jeu, Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection a donc un grand nombre de qualités qui font de cet épisode une solide recommandation, et ce malgré les problèmes relevés avec la version Switch 2, d’autant plus qu’étant donné qu’ils ne sont pas non plus gravissimes, ils pourraient éventuellement être corrigés par le biais de futures mises à jour.


 


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