En résumé
L'avis de Chozo
Le réalisme atteint un nouveau palier sur NBA 2K26, avec une technicité nécessaire mettant toujours plus sur le côté les néophytes du basket. Ambiance de dingue en match avec un design sonore de premier plan, bande originale mélangeant totalement les genres, cet épisode est un divertissement total qui se permet même, pour la première fois, de freiner un peu l’obligation permanente de passer par les microtransactions pour profiter correctement du titre. D’une richesse remarquable en termes d’options, de modes, d’animations fidèles aux joueurs et joueuses, le millésime 2026 rejoint le mode FUT d’EA en termes d’inclusivité, n’en déplaise à quelques rageux mécontents. Mais même la philosophie globale évolue, puisque la liberté totale n'est plus tout à fait garantie, avec des limitations qui permettront d'équilibrer davantage les parties entre avatars créés de toutes pièces, mais sur une base plus saine et égalitaire. Encore une fois, il s’agit de la meilleure simulation de sport de l’année, qui arrive toujours à s’améliorer, surtout sur une Switch 2 qui, même si ce n’est pas un modèle de maîtrise technique, permet de vivre une expérience complète dans des conditions tout à fait acceptables.
Les plus
Les moins
par Chozo
le 6 novembre 2025 10:00
On nous l’annonce systématiquement à chaque rentrée. Le nouveau NBA 2K se présente plus réaliste, plus ambitieux, plus complet, pour se rapprocher encore davantage de l’expérience dans les gradins bien trop chers de la ligue fermée américaine. Là, l’événement est plus particulier, puisque NBA 2K26 débarque avec une version Nintendo Switch 2 qui accueille une édition en tout point équivalente à ce qui est proposé sur les autres plateformes. Disons joyeusement adieu aux versions dégradées qu’a connues la grande sœur de la console de Nintendo. Visual Concepts et Take-Two doivent encore inventer des nouveautés pour contrebalancer la présence discutable de la monnaie virtuelle qui gangrène la communauté du jeu et son aspect pay to win… Il y a malgré tout une place pour les joueurs old school plus férus de saison régulière classique, et ce, avec une proposition pour le coup toujours aussi grisante… Sur Switch 2 aussi, même si les premières semaines ont été difficiles à digérer, en raison d’une version sortie à la limite de l’injouable, entre latence, framerate catastrophique et IA pire que la défense des Sacramento Kings. Heureusement, un patch a corrigé le tir, mais avec toujours une réticence à la fluidité constante.
Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur (version 1.05).
NBA 2K26 était attendu au tournant pour plusieurs raisons. La première concerne le gameplay pur et surtout le moteur ProPlay, existant depuis NBA 2K24, fondé sur la captation de mouvements issus de matchs IRL et permettant l’intégration de mouvements de plus en plus diversifiés, réalistes et naturels. Ici, gros focus sur les animations de la partie basse du corps, notamment sur la gestion des déplacements, des appuis, du footwork, des accélérations, des positionnements défensifs… Chaque joueur possède ses moves reconnaissables entre mille : le shoot super rapide et le coup de poignet de Nicolas Batum, le tir « poussé » de Curry, la gestuelle chelou d’Haliburton, la prise d’espace à mi-distance de Shai Gilgeous-Alexander… On est comme à la maison.
La jauge de tir a par ailleurs connu une refonte pour se caler fidèlement aux attributs de chaque joueur, avec enfin une largesse accordée aux finitions au panier, tout comme aux gestes de protection de cercle, entre contres plus simples et rebonds plus aisés à anticiper. C’est beau, c’est presque totalement fluide sur Switch 2, c’est complexe à prendre en main, mais c’est aussi incroyablement grisant et fun pour un connaisseur du genre. Techniquement, outre un framerate un peu compliqué, sachez qu’en mode portable, la version Switch 2 tombe à une résolution de 720p… Un petit choc, quand même.
C’est aussi un moteur qui permet la personnalisation à outrance, en combinant différents styles de layup, de jeu au poste ou de shoots en sortie d’écran. La défense n’est pas en reste, puisqu’elle se voit encore améliorée pour stopper efficacement les attaques un peu trop faciles, et surtout dans la gestion des collisions, le gros point noir de l’édition 2K25.
Tout ce constat demeure validé, que ce soit auprès des hommes comme des femmes, avec une captation de mouvements des stars de la WNBA fidèlement reproduits, A’ja Wilson, Caitlin Clark ou Tamika Catchings en tête. Ces dernières bénéficient d’une visibilité bien plus importante cette année, notamment dans le mode MyTEAM qui unit joueuses WNBA et joueurs NBA pour la première fois dans l’histoire de la série. L’engouement pour la ligue féminine, qui explose en ce moment aux États-Unis, avec des joueuses françaises majeures grandement couvertes médiatiquement, n’y est sans doute pas pour rien.
L’autre attente concerne évidemment l’expérience MyPLAYER. Premier ajustement bienvenu : le build du joueur créé est calibré de manière à empêcher les profils beaucoup trop abusés, en mode Monstars de Space Jam. Place à la spécialisation dans un domaine en particulier : défense, shoot, création, rebond, QI basket… et aux objectifs spécifiques qu’il faudra remplir pour progresser dans la discipline choisie. Le résultat ? Le jeu oblige à faire des choix plus réalistes et à se créer un vrai rôle dans l’équipe. C’est aussi une manière de faciliter la progression, sans forcément faire appel aux Virtual Coins (VC), cette monnaie un peu moins indispensable cette année, même si l’évolution du joueur est bien entendu toujours plus facile en dépensant de l’argent véritable.
La création de l’avatar passe aussi par un catalogue d’animations, utile pour saisir l’impact des mouvements associés à chaque profil de joueur, mais aussi ses faiblesses évidentes dans la phase finale de création, le « Scouting Report ». C’est au travers de l’option « Create your Own Build », permettant de présenter des dizaines de comparaisons de joueurs, que la création devient encore plus ludique. Il s’agit d’un facilitateur de choix des insignes, ces attributs boostés aux niveaux à sélectionner — entre bronze, argent, or, Hall of Fame et légende — dont les minimums de points d’attributs à déverrouiller permettent de redistribuer les points restants dans d’autres catégories.
Niveau scénario, force est de constater que les efforts ont été fournis pour proposer une expérience immersive plus engageante qu’à l’accoutumée, mais aussi plus épurée au niveau des éléments périphériques de l’histoire. Et la qualité est là, avec un Spike Lee à la manette qui déploie ses gimmicks de réalisateur pour un rendu efficace, où les choix et l’ambition de l’avatar se heurtent aux sacrifices indispensables à la montée des échelons vers la gloire.
Dans ce récit intitulé Out of Bounds, on incarne MP, un joueur/influenceur un poil rebelle qui s’oppose à ses parents en partant tester la grande aventure européenne pour se faire connaître et viser une draft en NBA. Le Prélude, soit le scénario se passant avant la draft, propose une suite d’une petite dizaine de matchs pour une durée d’environ trois heures au total, qu’on ne voit réellement pas passer. Grosse révolution, cette fois non, le joueur ne choisit pas sa franchise de draft : ce sont les performances qui définissent la place et l’équipe qui le sélectionnera.
Ce mode Carrière est également intimement lié au hub du jeu, The City, qui a, lui aussi, bénéficié d’un important travail pour y apporter plus de dynamisme et de cohérence. Il est désormais rempli de quêtes annexes et d’événements ponctuels qui relancent son intérêt. On y retrouve rapidement ses repères, avec ses terrains ouverts au jeu en ligne pour les différents modes : Proving Grounds (matchs 1v1, 2v2, 3v3 ou 5v5), Pro AM et ses tournois 3×3 ou 5×5, The Rec et ses matchs réalistes en 5v5, ou encore le tout nouveau Street Kings, qui propose d’affronter l’IA sur les terrains de streetball de NBA 2K25, dans un décor inspiré de Rome. De son côté, le circuit de karting fait bien son retour, avec de nouveaux véhicules et des récompenses à la clé.
Nous avons à présent droit à une carte plus restreinte, ce qui permet de parcourir moins de distance entre les différents lieux, un changement loin d’être négatif. Ici aussi, les VC sont étonnamment plus faciles à accumuler grâce à la multitude de récompenses disponibles. Mais le grand retour dans cette version 2026 de The City est sans conteste celui de MyPARK, hérité des premiers épisodes de NBA 2K proposant du jeu en ligne, avec des playgrounds accessibles via un ballon géant visible dans la ville.
Ces terrains prendront une allure différente au fil des semaines, avec notamment des versions remasterisées des parcs de NBA 2K16. Le but reste évidemment d’enchaîner le plus grand nombre de victoires consécutives pour rester sur le terrain et accumuler un maximum de VC.
Enfin, pour NBA 2K26, exit les affiliations, place aux « Crews » qui réunissent jusqu’à 50 joueurs dans une même communauté avec leur propre bannière. Des groupes plus restreints, oui, mais une implication poussée pour chaque joueur, et plus d’objectifs hebdomadaires permettant de gravir les échelons du classement général et gagner encore plus de monnaie virtuelle.

Revenons rapidement sur les autres modes de jeu déjà connus, qui bénéficient cette année de nouvelles fonctionnalités. Après avoir déjà profité d’un relooking avec les « ères », permettant de lancer des saisons NBA sur différentes générations de ligues et de joueurs, MyNBA accueille désormais une nouvelle option : MyPlayer ADN. Celle-ci permet d’intégrer l’avatar de son MyPlayer dans n’importe quelle équipe créée dans MyNBA, quelle que soit la génération de ligue sélectionnée. L’expérience s’en trouve encore plus riche et variée, avec de nouveaux objectifs liés aussi bien aux résultats sportifs qu’à l’entente d’équipe ou à la gestion financière. Ces objectifs varient selon la vision du propriétaire de la franchise : viser le titre, rétablir la balance budgétaire ou encore décrocher un choix de draft élevé la saison suivante. Même les infrastructures, équipements et installations ont désormais un impact concret, que ce soit pour maintenir les performances sur le terrain ou pour attirer les meilleurs agents libres.
La petite cerise sur le gâteau vient de la possibilité de jouer les Playoffs en ligne. Les joueurs peuvent ainsi créer et classer toutes les équipes qualifiées pour les phases finales, puis inviter jusqu’à quinze participants, une excellente manière de renforcer l’immersion et la tension propre aux matchs à élimination directe.
Le mode MyGM n’est pas en reste, avec une trentaine de scénarios possibles. On y incarne directement le manager général d’une franchise au moment de l’intersaison. Le joueur peut sélectionner trois défis spécifiques à chaque équipe, chacun comportant des objectifs précis : bien drafter, échanger intelligemment des joueurs ou négocier les contrats. La simulation des matchs, longtemps critiquée dans la série, a été nettement améliorée, notamment grâce à une accélération des simulations particulièrement appréciable. L’utilisateur dispose désormais de trois options de jeu : Normal, Intelligent, axé sur la stratégie et les compétences de gestion, et Plus Rapide, qui permet d’avancer plus vite dans la saison, quitte à négliger certains objectifs secondaires.
Dernier mode, MyTEAM, le célèbre deck builder de la série, franchit un cap historique en matière d’inclusivité en proposant des options inédites. Pour la première fois dans l’histoire de NBA 2K, donc, les joueuses WNBA font leur apparition, à l’image de ce que propose déjà la simulation de football d’Electronic Arts. Les mêmes attributs et badges que pour les joueurs masculins sont présents, permettant un mélange total entre cartes masculines et féminines. De nouvelles cartes spéciales font aussi leur apparition, notamment les consommables Game Changer, qui offrent des bonus uniques, en particulier pour accroître le gain de points MyTEAM.
Ce mode comprend par ailleurs différentes compétitions, dont King of the Court et son grand prix de 10 000 dollars pour le vainqueur, mais aussi Breakout : Gauntlet, où chaque carte joueur ne peut être utilisée qu’une seule fois par run, nécessitant logique et stratégie, ou encore All-Star Team-Up et ses matchs coopératifs en 5v5, où chaque participant contrôle sa carte NBA ou WNBA favorite.